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La Découverte
EAN : 9782707153265
Code sériel : 263
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 308
Format : 125 x 190 mm

Un si fragile vernis d'humanité

Banalité du mal, banalité du bien

Date de parution : 04/10/2007

Comment comprendre la facilité des hommes à entrer dans le mal ? La réponse à cette question devient chaque jour plus urgente. Michel Terestchenko rouvre ici le débat, avec un brillant et profond essai, unanimement salué.

On a pu espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Michel Terestchenko rouvre ici le débat, en complétant notamment la...

On a pu espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Michel Terestchenko rouvre ici le débat, en complétant notamment la démonstration de Hannah Arendt. Héros ou salaud ? C'est toujours une décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouvera in fine.
Mais qu'est-ce qui explique cette décision ? C'est là où l'enquête de M. Terestchenko prend toute son ampleur. Elle montre combien est stérile l'opposition entre tenants de la thèse de l'égoïsme psychologique et défenseurs de l'hypothèse d'un altruisme sacrificiel. Ce n'est pas par « intérêt » que l'on tue ou que l'on torture. Ni par pur altruisme qu'on se refuse à l'abjection.
Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l'autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse, invitent à comprendre tout autrement les conduites de destructivité. Tirant les conclusions philosophiques de recherches récentes entreprises en psychologie sociale et s'appuyant sur certains exemples historiques particulièrement éclairants, l'auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l'absence ou de la présence à soi.

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EAN : 9782707153265
Code sériel : 263
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 308
Format : 125 x 190 mm
La Découverte

Ils en parlent

Que des gens normaux, ni particulièrement sadiques ni dénués de sens moral, puissent se muer en criminels en série, voilà bien le fait nouveau que nous apporte le XXe siècle. Une révélation d'autant plus inquiétante qu'elle nous renvoie à notre présent - de la Bosnie à la Tchétchénie - aussi bien qu'à nous-mêmes. D'où vient cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Par quels mécanismes un individu ordinaire peut-il être amené à s'en remettre à une autorité exigeant de lui des comportements destructeurs, que ce soit au nom de l'ethnie, de la religion, ou même de la croissance économique ? C’est cette énigme persistante que Michel Terestchenko prend à bras-le-corps dans Un si fragile vernis d’humanité, un des essais les plus remarquables de la rentrée. Mais après s’être penché sur Les violences de l’abstraction, ce philosophe discret et singulier ne se contente pas ici, d’emboîter le pas à Hannah Arendt. De même que ce ne sont pas toujours des purs salauds qui se livrent à l’abjection, de même n’est-il pas besoin d’être un héros pour accomplir le bien. Cette position n’a l’air de rien ? Elle révolutionne nos représentations les mieux ancrées. […] Cet essai est important, qu’on le lise comme un rappel à l’humilité ou une invite à la résistance, c’est-à-dire à la « consistance ». Deux vertus qui, de nos jours, ne sont plus guère au programme.

Alexandra Laignel-Lavastine / Le Monde des Livres

 

« Pourquoi une situation conduit-elle d'excellents pères de famille à massacrer des civils ? Comment expliquer l'obéissance à un ordre reçu dans certaines circonstances de l'Histoire et en faire la théorie générale ? Voici qui est au centre du travail remarquablement documenté du philosophe Michel Terestchenko. »
LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN

« [Une] réflexion qui, tout en insistant sur la "banalité du mal", n'oublie pas non plus -et même rappelle opportunément- que les hommes savent aussi, dans certaines circonstances, faire le bien et mettre en oeuvre la sollicitude pour leurs compatriotes écrasés par l'adversité. »
ÉTUDES

« Certains bourreaux ont été pris dans un engrenage qui les a privés de leur libre arbitre, aveuglant leur conscience. En face, "la plupart des sauveteurs agissaient parce qu'ils devaient agir, qu'ils ne pouvaient pas faire autrement", mus par une nécessité intérieure sans aucun calcul d'intérêt personnel ni de gloire, souligne ce livre profond. »
FAMILLE CHRÉTIENNE

« Aujourd'hui, après le smassacres des khmers rouges, le génocide rwandais et et les charniers de Yougoslavie et d'ailleurs, [Michel Terestchenko] repart sur les chemins balisés par Arendt pour sonder davantage l'étiologie du mal. Au-delà de la perpétuation de l'espèce qui est loi de nature, l'homme, constate-t-il, cherche à donner un sens à sa vie. Mais ce vernis d'humanité est aussi très fragile. »
L'EXPRESS

« Toute la richesse du livre est là. Il nous montre que, entre le camp du bien et le camp du mal, la ligne de démarcation est très, très mince. Il obéit au principe de précaution. Prendre conscience de notre fragilité, n'est-ce pas la meilleure manière de s'en prémunir... »
LA PROVENCE

« [Un si fragile vernis d'humanité] essaye de comprendre le chemin qui mène à des voies violentes et inhumaines. [...] Soumission à l'autorité, effet de meute, absence à soi, autant de thèmes évoqués sans compassion particulière, mais avec raison. »
L'HUMANITÉ

« Voici un livre, de lecture extrêmement agréable, qui fait un apport très original à la morale pratique et dont les conséquences devraient amener chacun d'entre nous à la réflexion. On ne peut qu'en conseiller vivement la lecture à tous les publics. »
REVUE PHILOSOPHIQUE

« Il faut remercier l'auteur pour cette réflexion de grande allure. »
L'HOMME

 

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Kookabura Posté le 15 Mars 2018
    L'analyse des auteurs philosophiques convoqués et des expériences de psychologie sociale est intéressantes (surtout ces dernières). En revanche l'auteur décolle à partir de (ou plutôt malgré) ces fondements dans des sphères métaphysiques où il est difficile de le suivre :le miracle de l'action humaine libre, cause première jamais déterminée ... après avoir utilisé pour construire son propos des expériences de psychologie sociale on nage en plein paradoxe. Un ouvrage malgré tout intéressant sur le type de personnalité susceptible d'être altruiste et le rôle de l'éducation dans la formation d'une telle personnalité, et qui invite à se pencher directement sur ces études de psychologie (Milgram, Zimbardo, Batson ...) et celles auxquelles elles ont donnée naissance.
  • Alcapone Posté le 27 Janvier 2017
    A propos des origines du totalitarisme, David Rousset déclarait « Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible » (L’univers concentrationnaire, 1946, p. 181) et rien ne parait aussi vrai qu’après cette lecture. Car comment expliquer autrement les mécanismes de déshumanisation mis en oeuvre à travers les régimes totalitaires ? Revenant sur les processus de décision qui guident le choix de chaque personne en vertu de son sens moral (mais pas seulement et c’est tout là l’intérêt son argumentaire), Michel Terestchenko, en évoquant « Un si fragile vernis d’humanité », repose la question du « Héros ou Salaud » déjà débattue par Hannah Arendt (cf. Les origines du totalitarisme, 1951 et Eichmann à Jerusalem, 1963). Entre « Banalité du bien » et « Banalité du mal », le professeur de philosophie questionne notre "humanité grise" en introduisant le nouveau paradigme selon lequel nos actes ne seraient pas exclusivement motivés par des intérêts égoïstes mais également conditionnés par notre présence ou notre absence à soi. L’idée n’étant pas de fustiger ni de s’indigner des horreurs commises au nom de telle ou telle idéologie, la démonstration de Michel Terestchenko participe d’une démarche de compréhension dont l’objectif n’est certainement pas de... A propos des origines du totalitarisme, David Rousset déclarait « Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible » (L’univers concentrationnaire, 1946, p. 181) et rien ne parait aussi vrai qu’après cette lecture. Car comment expliquer autrement les mécanismes de déshumanisation mis en oeuvre à travers les régimes totalitaires ? Revenant sur les processus de décision qui guident le choix de chaque personne en vertu de son sens moral (mais pas seulement et c’est tout là l’intérêt son argumentaire), Michel Terestchenko, en évoquant « Un si fragile vernis d’humanité », repose la question du « Héros ou Salaud » déjà débattue par Hannah Arendt (cf. Les origines du totalitarisme, 1951 et Eichmann à Jerusalem, 1963). Entre « Banalité du bien » et « Banalité du mal », le professeur de philosophie questionne notre "humanité grise" en introduisant le nouveau paradigme selon lequel nos actes ne seraient pas exclusivement motivés par des intérêts égoïstes mais également conditionnés par notre présence ou notre absence à soi. L’idée n’étant pas de fustiger ni de s’indigner des horreurs commises au nom de telle ou telle idéologie, la démonstration de Michel Terestchenko participe d’une démarche de compréhension dont l’objectif n’est certainement pas de trouver des excuses à l’impensable mais bien d’identifier les raisons qui mènent aux conduites de destructivité pour mieux se prémunir des dangers de l’endoctrinement. Aussi, à la question de savoir ce qu’on aurait fait à la place des uns ou des autres, Michel Terestchenko n’apporte pas de réponses catégoriques : ce qu’il faut retenir de ce brillant et passionnant essai, c’est qu’il appartient à chacun d’agir ou de ne pas agir en fonction de sa présence à soi... Une oeuvre humble mais magistrale qui vaut bien 5 étoiles ! Pour lire la chronique dans son intégralité, rendez-vous sur les Embuscades littéraires d'Alcapone
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  • marcossor Posté le 11 Mars 2014
    Rarement un livre de science humaine et de philosophie m'aura autant toucher. Une profondeur et une clarté, une émotion aussi qui en font un grand livre. Il nous aide à penser autrement. Que demander de plus?
  • mariecesttout Posté le 6 Février 2014
    Lu, et relu plusieurs fois, à la suite du Journal d’Etty Hillesum, car je savais qu’il en parlait . Si, depuis la brillante étude d’Hannah Arendt et tout ce qui a suivi comme réflexion , on en sait plus sur la banalité du mal, sur ces hommes tout à fait ordinaires et absolument pas , pour la plupart, dénués de sens moral ( cf Franz Stangl , commandant du camp de Treblinka, qui a eu l’occasion de s’expliquer, et surtout le livre de Christopher Browning au sujet du massacre de Josefow pour lequel chacun avait la possibilité de refuser sans sanctions -seule une dizaine d’hommes sur 500 qui formaient le bataillon refusa.. sans commentaire..-) qui ont massacré leurs semblables , et continuent où que ce soit,et tous les jours, on ne sait finalement pas grand-chose de ces figures qui sortent elles, finalement hélas rarement, de l’ordinaire , comme cette Etty Hillesum, ou Sophie Scholl et son frère, tous ceux qui ont été nommés les Justes en Israël et bien d’autres donc, mais aussi beaucoup d’autres personnages cités dans cette étude à titre d’exemples. Raoul Wallenberg ou l’extraordinaire Giorgio Perlasca , homme d’affaire italien qui s’est fait passer pour un diplomate... Lu, et relu plusieurs fois, à la suite du Journal d’Etty Hillesum, car je savais qu’il en parlait . Si, depuis la brillante étude d’Hannah Arendt et tout ce qui a suivi comme réflexion , on en sait plus sur la banalité du mal, sur ces hommes tout à fait ordinaires et absolument pas , pour la plupart, dénués de sens moral ( cf Franz Stangl , commandant du camp de Treblinka, qui a eu l’occasion de s’expliquer, et surtout le livre de Christopher Browning au sujet du massacre de Josefow pour lequel chacun avait la possibilité de refuser sans sanctions -seule une dizaine d’hommes sur 500 qui formaient le bataillon refusa.. sans commentaire..-) qui ont massacré leurs semblables , et continuent où que ce soit,et tous les jours, on ne sait finalement pas grand-chose de ces figures qui sortent elles, finalement hélas rarement, de l’ordinaire , comme cette Etty Hillesum, ou Sophie Scholl et son frère, tous ceux qui ont été nommés les Justes en Israël et bien d’autres donc, mais aussi beaucoup d’autres personnages cités dans cette étude à titre d’exemples. Raoul Wallenberg ou l’extraordinaire Giorgio Perlasca , homme d’affaire italien qui s’est fait passer pour un diplomate espagnol à Budapest et a permis de sauver des milliers de personnes. Des gens très ordinaires aussi, le plus souvent. Comme dans le village de Haute Loire de Chambon- sur- Lignon, où tout le village d’environ 3000 habitants s’est mobilisé derrière le pasteur André Trocmé et son épouse Magda, et ont sauvé plus de 5000 Juifs.. Mais pour lesquels « l'action altruiste jaillissait du plus profond de leur être comme une obligation à laquelle ils ne pouvaient se soustraire, porteuse sans doute de dangers considérables, mais qui n'avait rien de sacrificiel », et qui, en s’engageant de la sorte,ne renonçaient ni à leur être ni à leurs intérêts profonds : « Ils y répondaient, tout au contraire, dans une parfaite conformité et fidélité à eux-mêmes. » En fait, la rencontre entre une situation, celle d’un être en détresse qui appelle à l’aide, et une personnalité, un caractère qui s’est construit, constitué de longue date et qui trouve là l’occasion d‘exprimer, de mettre en œuvre l’être qu’il est avec soudain une énergie , une efficacité, une détermination qui commandent toutes ses facultés. C’est-ce que M.T appelle la « présence à soi » qui n'exige en rien l'abandon à un autre - Dieu, la loi morale ou autrui. Et qui s’oppose à la "déprise de soi" qui est au contraire l'un des chemins qui mène le plus sûrement à l'obéissance aveugle et à la servilité. Dans ses démonstrations il reprendra bien sûr les expériences et travaux bien connus de Milgram et ceux de Zimbardo , l’expérience de la prison de Stanford. En passant aussi bien sûr par Abou Ghraib.. Une part de cet ouvrage est consacrée à l’évolution des idées sur égoïsme-altruisme, de La Rochefoucauld à Levinas, c'est loin d'être simple, mais c'est passionnant, de bout en bout.
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  • weda Posté le 3 Juin 2012
    Parfois un peu pointu dans les raisonnements pour les profanes, ce livre nous révèle à quel point la nature humaine est se nourrit de son instinct animal. Il est souvent surprenant de lire les récits des expériences faites sur des gens tout à fait ordinaires qui semblent se comporter de manière anormale quand on perturbe leur environnement. Hors puisqu'ils sont une majorité à réagir de manière surprenante c'est bien que c'est notre perception de l'esprit humain qui est faux. A méditer...
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