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Belfond
EAN : 9782714493866
Code sériel : ROVI
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 176
Format : 140 x 205 mm
Nouveauté

Au bord de la nuit

Eugène BADOUX (Traducteur)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 02/09/2021
Au bord de la nuit est un livre unique, inoubliable. Publiée en Allemagne en 1933, interdite par le régime nazi, injustement oubliée, saluée par Patrick Modiano, une œuvre d’une infinie délicatesse et d’une écriture subtilement poétique, à redécouvrir d’urgence.
« Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d’une main... « Là-bas, à l’extrémité du jardin, sous les grandes feuilles de la tonnelle, monsieur Hennicke, le maître de géographie, et ses deux fils étaient assis. Une lampe à pétrole, placée au milieu de la table, répandait une chaude lueur jaune. De temps en temps elle filait et monsieur Hennicke, d’une main légère, diminuait alors la flamme. Il avait un livre ouvert devant lui et lisait à haute voix. La tête dans les mains, ses deux fils, collégiens de première année, blonds et dégingandés, aux visages moites et boutonneux, buvaient ses paroles. Leurs regards étaient fixes, perdus dans l’obscurité du jardin ou en une contrée plus lointaine encore. »
 
La vie d’un quartier de Brême, celui du port, entre le crépuscule et la nuit. Une succession de tableaux intimistes, d’instants de vie brefs et attendrissants, de destins qui se croisent et se défont, se mêlent encore, en plein cœur d’une ville qui s’endort, enveloppée par les ténèbres.
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EAN : 9782714493866
Code sériel : ROVI
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 176
Format : 140 x 205 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Tempsdelecture Posté le 9 Octobre 2021
    Au bord de la nuit de l’auteur allemand méconnu Friedo Lampe est le premier de ces ouvrages, le second est le passionnant Le chat, le général et la Corneille, qui a été l’objet d’une chronique ultérieure. Au bord de la nuit fait partie de la collection Vintage de la maison d’Editions, collection qui regroupe les classiques de la maison, où l’on classe forcément Friedo Lampe, mort en 1945, et faisant partie de ces écrivains trop discret, en tout cas, bien injustement oublié. Il est mort l’année ou l’Allemagne a été démantelée, la longueur de son oeuvre en a fait les frais. J’ai pris connaissance de l’auteur avec ce surprenant et visionnaire texte, obligeamment entouré des notices biographiques et exégètes. Si j’ai utilisé le terme de surprenant, c’est que le récit se déroule sur le seul temps d’une soirée mais inclut une multitude de personnages, dans qui serait être un quartier de la Brême natale de Lampe. Nous ne sommes pas du tout sur une diégèse classique, introduction, développement, fin. Friedo Lampe pose son regard – ou plutôt il déploie son microscope – sur ceux qui hantent ce bout de ville, entre artère principale et embarcadère un soir parmi d’autres. Plus qu’un... Au bord de la nuit de l’auteur allemand méconnu Friedo Lampe est le premier de ces ouvrages, le second est le passionnant Le chat, le général et la Corneille, qui a été l’objet d’une chronique ultérieure. Au bord de la nuit fait partie de la collection Vintage de la maison d’Editions, collection qui regroupe les classiques de la maison, où l’on classe forcément Friedo Lampe, mort en 1945, et faisant partie de ces écrivains trop discret, en tout cas, bien injustement oublié. Il est mort l’année ou l’Allemagne a été démantelée, la longueur de son oeuvre en a fait les frais. J’ai pris connaissance de l’auteur avec ce surprenant et visionnaire texte, obligeamment entouré des notices biographiques et exégètes. Si j’ai utilisé le terme de surprenant, c’est que le récit se déroule sur le seul temps d’une soirée mais inclut une multitude de personnages, dans qui serait être un quartier de la Brême natale de Lampe. Nous ne sommes pas du tout sur une diégèse classique, introduction, développement, fin. Friedo Lampe pose son regard – ou plutôt il déploie son microscope – sur ceux qui hantent ce bout de ville, entre artère principale et embarcadère un soir parmi d’autres. Plus qu’un simple regard, il infiltre chaque scène, chaque intériorité, et navigue de l’une à l’autre : jamais le flux de conscience n’a aussi bien porté son nom. Lire Friedo Lampe, c’est se rappeler le style unique de Virginia Woolf, la révolution de son style – à l’époque – qui peut désorienter le lecteur. Le roman démarre au coucher du soleil, à sept heures et demi, pour se terminer quelques heures plus tard. La particularité de ce mode de narration réside donc dans sa fluidité, la narration se perpétue d’un personnage à l’autre sans nul besoin d’artifice quelconque. Bien sûr, c’est déroutant, mais j’ai lu avec l’impression de visualiser une scène en continu grâce à l’objectif de l’auteur. Le dialogue lit les personnages entre eux, comme un long telephone arabe, une chaîne dont chacun des maillons est un des personnages du récit. L’intérêt de ce roman est non pas uniquement dans son contenu même, mais dans sa forme qui donne presque au lecteur l’impression de visualiser un film. La prouesse de l’écriture de Friedo Lampe est de donner une autre dimension artistique à son récit : celle d’un hybride entre littérature et cinéma, ou l’imagination du lecteur est mise à contribution, et l’image créée dans son esprit est ainsi plus prégnante qu’avec une narration classique. Un parc, un port, une rue principale – l’Oberstrasse -, un cinema on ne peut pas dire que des détailles particuliers qualifient cette ville allemande, que nous présente l’auteur, plutôt anonymisée par le manque de toponymes. Le don de l’écrivain réside d’ailleurs dans la simplicité, la banalité de la scène choisie en y inscrivant la diversité des caractères qui s’entrecroisent au quotidien à travers des épisodes de vie, des jeux d’enfants, un match de catch, le départ d’un navire et quelques incidents mineurs, en une soirée d’automne. C’est donc sur ces flux, certains très courts, d’autres plus longs, de consciences de personnages, tout ce qu’il y a de plus banals et sur la simplicité d’une soirée d’automne au sein d’une ville portuaire allemande que l’écriture de Friedo Lampe exploite pour en faire un texte singulier. Lors de mes cours de littérature anglaise, lorsqu’il fallait aborder la problématique du Stream of Consciousness, les enseignants abordèrent Woolf, mais aussi James Joyce ou encore Dujardin pour la partie française. Friedo Lampe brille aux abonnés absents et pourtant ce titre-là est un exemple frappant de ce mode de narration, qui a surtout été l’instrument d’auteurs anglophones. Friedo Lampe mériterait sa place dans le panthéon, d’autant qu’il représente l’Allemagne, ou la littérature n’a pas forcément osé s’aventurer sur ce terrain-là. On ne peut que féliciter cette initiative des Editions Belfond de mettre en lumière à travers ce texte, et ses explications bienvenues, un auteur injustement passé dans l’oubli. L’étude conclusive du roman d’Eugène Badoux apporte d’ailleurs un éclairage précis sur les signes avant-coureurs, de mauvais augure, qui ressortent de ce texte publié en 1933 et qui contient peut-être déjà les premiers coups de tonnerre de deux décennies terribles. Avec un peu de recul, considérant le titre, le français est l’exacte traduction de l’allemand, la date de rédaction et le contenu même, toute sa dimension métaphorique s’éclaire en une ultime coup de lucidité : si justement, Friedo Lampe, a choisi cette période bien définit de cette fin de jour, il est effrayant de constater l’acuité de l’homme quant à sa vision de l’avenir bien sombre, cette réalité au bord de basculer. C’est donc une écriture d’une extrême sensibilité qu’est celle de Friedo Lampe, comme l’était l’homme selon les descriptions liminaires, qui annonce, peut-être pas un monde, en tout cas un pays sur le point de s’embraser. Il est l’auteur également d’un second roman Orage de septembre ainsi de quelques nouvelles, dont on peut garder l’espoir qu’ils seront réédités un jour.
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  • Mariemrc Posté le 7 Septembre 2021
    Un port, des hommes, des femmes, des enfants. Des ruelles étroites et sombres, un vendeur de saucisse, un douanier solitaire, un catcheur malheureux … Ouvrir ce roman c'est laisser surgir une constellation de personnages, entrer dans une vie un bref instant avant de s'envoler quelques minutes plus tard vers une autre. Les mots coulent, fluides et guident le lecteur dans un mouvement incessant, celui d'une nuit chaude du mois de septembre. On se pense presque en voyage. Le lecteur flotte au-dessus de la ville portuaire tandis que l'auteur écarte des rideaux, entrebâille une porte, éclaire l'obscurité pour mieux nous laisser distinguer ces ombres passantes. Alors on referme le livre avec la sensation d'avoir compris quelque chose, peut-être l'auteur a-t-il réussi à nous révéler la poésie qui hante chaque instant de nos vies. Mais cela sans extravagance, avec une douceur caressante et une justesse délicieuse.
  • Zazaboum Posté le 21 Août 2021
    Brême, années 30, en fin de journée, comme une suite de tableaux où les personnages peuvent aller de l’un à l’autre, Friedo Lampe raconte ce qu’il voit en éclairant tour à tour les scènes décrites, sans qu’il y ait une histoire commune. Les personnages se côtoient, se mêlent, parfois, les faits se superposent, parfois, dans ce quartier populaire près du port. La solitude et la mort frôlent l'amour et le désir, caressent l'envie et la haine, chaque personnage est un héros mis en avant par la poursuite dont Lampe a endossé le rôle ! Nulle mention de politique mais le livre a été confisqué en 1933 parce qu’il abordait des thèmes honnis par l’idéologie nazie ! J’ai aimé cette manière d’écrire, façon BD sans dessin ou théâtre à plusieurs tableaux sur une scène pivotante. On picore ou prend tout, en tout cas on ne peut rester indifférent à toutes ces vies croisées. #FriedoLampe #NetGalleyFrance #rentreelitteraire2021 Challenge RIQUIQUI 2021
  • sylvaine Posté le 17 Août 2021
    Publié dans la collection vintage chez Belfond Au bord de la nuit est un roman de Friedo Lampe paru en novembre 1933 et saisi en décembre 1933 pour "outrage à l'honneur du peuple allemand". Ecrit par un auteur même pas inscrit au parti !! Friedo Lampe fut fiché SUSPECT et plongé dans la nuit de l'oubli.. Mon enfant, à sa naissance rouge et fort, Après quatre semaines était mort .Il aimait l'air tiède, libre et weich Et ne pouvait respirer au Troisième Reich. Mais nous voulons avoir patience et espérer ; Peut-être le verrons-nous un jour ressusciter. Le saisi.. écrit il dans la marge d'un exemplaire. Brême, le canal, le parc, la voix de chemin de fer, quelques immeubles, la rue du Port, un bateau, une douce soirée de septembre. Des enfants, un vieillard, un jeune homme, deux étudiants en partance pour Amsterdam, une salle de spectacle , un match de catch, un jardin, un air de flûte. et des rats sur la berge ... Atmosphère étrange, récit puzzle où les pièces finissent par s'emboiter et hypnotiser le lecteur. A découvrir UN grand merci aux éditions Belfond pour ce partage via Netgalley #FriedoLampe #NetGalleyFrance !
  • gouelan Posté le 16 Février 2019
    Au bord de la nuit, dans la ville de Brême, l'auteur campe ses personnages là où son regard semble se poser, comme par hasard. Il attrape au détour d'une rue, sous une pergola, derrière les fenêtres allumées, des scènes, des conversations, des bribes de vie à la tombée du jour. Comme un cameraman, avec pour fond d'écran le port, les bateaux, la pourriture de l'eau, les façades d'immeubles où la vie a ses habitudes, ses solitudes, la fraîcheur d'une fin d'été et le bruissement du vent, un banc dans un parc, les rats qui furètent et rongent dans les fossés gorgés d'eau. Il entrelace les histoires brièvement aperçues en leur faisant suivre le cours d'une mélodie. Les notes d'une flûte s'échappent par une fenêtre entrouverte, la lune dore les nuages, les réverbères s'allument, un spectacle de catch attire les passants. Un bateau est prêt pour de départ, un voilier entre au port. Le train comme une chenille de lumière traverse ce temps d'un soir. Une petite fille fait un cauchemar, où les rats attaquent les cygnes, les dévorent cruellement… Le temps s'écoule à travers cette tristesse révélée par les ombres esquissées. Une écriture pointilleuse, un travail d'artiste. On a l'impression... Au bord de la nuit, dans la ville de Brême, l'auteur campe ses personnages là où son regard semble se poser, comme par hasard. Il attrape au détour d'une rue, sous une pergola, derrière les fenêtres allumées, des scènes, des conversations, des bribes de vie à la tombée du jour. Comme un cameraman, avec pour fond d'écran le port, les bateaux, la pourriture de l'eau, les façades d'immeubles où la vie a ses habitudes, ses solitudes, la fraîcheur d'une fin d'été et le bruissement du vent, un banc dans un parc, les rats qui furètent et rongent dans les fossés gorgés d'eau. Il entrelace les histoires brièvement aperçues en leur faisant suivre le cours d'une mélodie. Les notes d'une flûte s'échappent par une fenêtre entrouverte, la lune dore les nuages, les réverbères s'allument, un spectacle de catch attire les passants. Un bateau est prêt pour de départ, un voilier entre au port. Le train comme une chenille de lumière traverse ce temps d'un soir. Une petite fille fait un cauchemar, où les rats attaquent les cygnes, les dévorent cruellement… Le temps s'écoule à travers cette tristesse révélée par les ombres esquissées. Une écriture pointilleuse, un travail d'artiste. On a l'impression de survoler de là-haut les nombreux personnages, de zoomer par instants, de tendre l'oreille, de donner un coup de projecteur, puis de prendre du recul pour voir ce qui se passe ailleurs. Changer de lieu puis revenir et comprendre que chaque instant est lié, que chaque personnage, sans vraiment se connaître, tisse une toile commune. En 1933 ce roman fut saisi, retiré des librairies et des bibliothèques. Friedo Lampe eut sa fiche SUSPECT. Il montrait sans doute trop les faiblesses et les tares des hommes, leur simplicité, leur fragilité, leurs peurs. Et cela en fait d'autant plus un roman à lire. Un roman extraordinaire, tellement innovant dans son découpage, dans sa présentation des personnages qui surgissent comme de nulle part et se laissent découvrir à l'improviste. Il offre des moments de beauté ténébreuse qui s'enroulent au crépuscule puis s'enfoncent dans la nuit. Il dessine bien les tourments de ses années, comme une ombre qui rampe, à l'image de ces rats rongeant les cygnes majestueux. C'est une ambiance plus qu'une histoire, qui flotte encore une fois le livre fermé, comme si cette nuit ne s'achevait pas tout à fait. Un auteur découvert dans les pages du roman Dora Bruder.
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