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La Découverte
EAN : 9782707157096
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 168
Format : 135 x 220 mm

La neuroéthique

Ce que les neurosciences font à nos conceptions morales

Collection : Textes à l'appui / Philosophie pratique
Date de parution : 12/03/2009

En quoi les sciences du cerveau permettent de progresser dans l'élucidation de quatre questions : le rôle des émotions dans nos décisions morales, la place de la responsabilité et de la liberté individuelle, l'observation des états mentaux et, enfin, l'amélioration des capacités humaines.

Depuis quelques décennies, les progrès de l'imagerie cérébrale (scanners et résonance magnétique) ont permis un développement sans précédent de notre connaissance du cerveau. Comme souvent – pensons au génie génétique –, les avancées scientifiques et les applications qu'elles rendent possibles soulèvent des questions éthiques fondamentales. Leur enjeu apparaît ici d'autant...

Depuis quelques décennies, les progrès de l'imagerie cérébrale (scanners et résonance magnétique) ont permis un développement sans précédent de notre connaissance du cerveau. Comme souvent – pensons au génie génétique –, les avancées scientifiques et les applications qu'elles rendent possibles soulèvent des questions éthiques fondamentales. Leur enjeu apparaît ici d'autant plus décisif qu'elles concernent un organe qui symbolise pour beaucoup la personne elle-même : mieux connaître le cerveau, c'est mieux nous connaître ; et agir sur lui, c'est agir sur notre identité. Jusqu'où pouvons-nous et devons-nous aller ?
Au-delà des problématiques proprement éthiques, le domaine de la neuroéthique s'étend à des questions philosophiques fondatrices, que les neurosciences renouvellent en profondeur : la nature de l'être humain, les rapports de l'âme et du corps, le libre arbitre ou l'identité personnelle. Cet ouvrage est principalement consacré à quatre de ces questions : le rôle, classiquement dévalorisé par les philosophes, des émotions dans nos décisions morales ; la place de la responsabilité et de la liberté individuelle à l'épreuve du déterminisme cérébral ; l'observation des états mentaux à travers la neuro-imagerie qui réactive un vieux rêve, lire dans l'esprit ; et enfin l'amélioration des capacités humaines que promettent les médicaments du cerveau.
En soumettant les neurosciences à l'examen philosophique et, réciproquement, en étudiant en quoi leurs avancées nous obligent à repenser nos conceptions morales, cette réflexion solidement argumentée évite à la fois un refus de principe et un enthousiasme naïf.

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EAN : 9782707157096
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 168
Format : 135 x 220 mm
La Découverte

Ils en parlent

« La neuroéthique cherche son chemin. Elle l'a trouvé dans ce livre, qui est un ouvrage de réflexion philosophique sur les neurosciences et leurs implications à trois niveaux: premièrement, notre vision de l'être humain et de sa responsabilité devant ses actes; deuxièmement, les dérives potentielles des neurosciences dans le domaine de l'ingénierie génétique et neuronale, et troisièmement, la compréhension des bases neurologiques du jugement moral. »
CERVEAU ET PSYCHO

« Soumettre les neurosciences à l'examen philosophique et réciproquement, étudier en quoi leurs avancées nous obligent à reconsidérer nos conceptions morales, telle est l'ambition de ce livre. Pari réussi: il évite un refus de principe aussi bien qu'un enthousiasme trop simpliste. »
LA RECHERCHE

PRESSE
Bernard Baertschi, maître d’enseignement et de recherches à l’Institut d’éthique biomédicale et au département de philosophie de Genève, œuvre essentiellement en philosophe classique. Le sous-titre de son livre, « ce que les neurosciences font à nos conceptions morales », donne le ton. Il s’agit avant tout de mettre en perspective les principales théories philosophiques du jugement moral, de la responsabilité et de l’identité personnelle à la lumière des découvertes récentes des neurosciences. Comme il l’assène à ses collègues philosophes, « si déjà au XVIIIe siècle, il était judicieux d’aborder les questions philosophiques en tenant compte de ce que les sciences nous apprenaient, c’est devenu une exigence absolue de nos jours ».
Stanislas Dehaene / La vie des idées

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Dwalin Posté le 11 Juin 2018
    L'auteur résume ainsi : éthique des neurosciences et neuroscience de l'éthique. Je ne vais que soulever les questions qui y sont évoquées (parfois avec un commentaire personnel clairement identifié comme tel par sa mise entre parenthèses) : - le cerveau n'est pas n'importe quel organe, y toucher c'est toucher à ce que nous sommes, d'où l'omniprésence des questionnements fondamentaux en neurosciences. - on a observé que, confronté à un visage étranger, les zones du cerveau qui s'activent sont celles de la peur et de la colère. Une dérive possible serait d'interpréter cela comme une excuse au racisme, c'est un exemple qui est choisi pour frapper le lecteur et bien lui faire comprendre l'enjeu. La Raison doit nous aider, sur ce point Kant a raison (sur ce point ...). - des cas de personnes atteintes de lésions à différentes zones du cerveau sont évoqués qui nous montrent par exemple qu'en cas de lésions du lobe pré-frontal, les émotions sont mises entre parenthèses et l'individu fait ses choix de manière totalement froide (l'idéal de Kant ^^). Il est alors incapable de tout choix moral (et tant pis pour Kant ...) - Ce qui nous montre que dans certains cas les neurosciences peuvent donner des réponses, en confirmant... L'auteur résume ainsi : éthique des neurosciences et neuroscience de l'éthique. Je ne vais que soulever les questions qui y sont évoquées (parfois avec un commentaire personnel clairement identifié comme tel par sa mise entre parenthèses) : - le cerveau n'est pas n'importe quel organe, y toucher c'est toucher à ce que nous sommes, d'où l'omniprésence des questionnements fondamentaux en neurosciences. - on a observé que, confronté à un visage étranger, les zones du cerveau qui s'activent sont celles de la peur et de la colère. Une dérive possible serait d'interpréter cela comme une excuse au racisme, c'est un exemple qui est choisi pour frapper le lecteur et bien lui faire comprendre l'enjeu. La Raison doit nous aider, sur ce point Kant a raison (sur ce point ...). - des cas de personnes atteintes de lésions à différentes zones du cerveau sont évoqués qui nous montrent par exemple qu'en cas de lésions du lobe pré-frontal, les émotions sont mises entre parenthèses et l'individu fait ses choix de manière totalement froide (l'idéal de Kant ^^). Il est alors incapable de tout choix moral (et tant pis pour Kant ...) - Ce qui nous montre que dans certains cas les neurosciences peuvent donner des réponses, en confirmant ou infirmant certaines théories philosophiques, elles n'apportent pas seulement de nouvelles questions. - La question de la responsabilité pénale est abordée : le suspect avait-il conscience du caractère illicite de son acte ? ou d'un autre point de vue a-t-il été empêché par son désir de ne pas agir comme sa raison le lui indiquait pourtant ? - Que se passe-t-il dans le cerveau quand on prend une décision ? Des actes sont parfois entrepris avant même que l'individu aie conscience d'en avoir pris la décision. - Suit logiquement la question du libre arbitre ... (Pour moi on touche là un point crucial : si on remet le libre arbitre en cause, plus de responsabilité possible, ce qui me paraît inacceptable.) - Lire dans l'esprit, fût-ce de façon sommaire comme avec un détecteur de mensonge, est également lourd d'implications éthiques. Penser et agir sont deux choses distinctes, (et personnellement je serai intransigeant sur cette évidente atteinte à l'intimité la plus profonde d'une personne). Même si à l'heure actuelle le danger semble plutôt venir des technologies espionnes (micro, caméras) que de l'imagerie cérébrale, le risque n'en est pas moins palpable. - Il est tentant d'appliquer ça pour tenter d'obtenir une réponse théologique. Mais il est évident que, qu'une expérience mystique soit authentique ou non, elle ne peut se manifester qu'en activant une zone du cerveau : la même qu'active un certain type de crise d'épilepsie accompagné d'hallucinations, et dont une des fonctions trace la limite entre le moi et le non-moi, ce qui est finalement assez cohérent avec le fait qu'elle soit le siège des manifestations mystiques. - Dernier chapitre : les médicaments du cerveau et la neuro-amélioration. - Imaginons une drogue sans effet néfaste, la pilule du bonheur. A quel point est-ce désirable ou effrayant ? Ne pas ressentir les émotions adéquates ne paraît a priori pas bon. Mais peut-être dans quelques siècles cela nous paraîtra-t-il normal et aurons-nous oublié nos appréhensions. - Les transhumanistes croient en l'amélioration de l'être humain. Quelle est la frontière entre soigner et améliorer ? De quelles améliorations peut-on être raisonnablement sûrs qu'elles ne se révèleront pas néfastes une fois qu'il sera trop tard pour faire marche arrière ? - Un exemple pour vous montrer qu'on n'est pas dans la science-fiction (le futur, c'est maintenant !) : le dopage, tout simplement. - La "chirurgie esthétique du cerveau" : si un médicament vous permet d'être moins timide, intellectuellement plus séduisant, d'avoir un meilleur sens de l'humour ... - L'importance du mérite : si une pilule booste votre mémoire et vous permet de passer vos examens plus facilement, vous n'en aurez pas moins travaillé. Mais n'aurez-vous pas autant travaillé que celui qui n'en a pas pris et par qui sans cette pilule vous auriez été surclassé ? Il ressort d'ici en conclusion (c'est je pense généralement admis, limite un lieu commun, mais c'est une bonne ouverture conclutatoire ^^) que l'Homme a désormais en main sa propre évolution. A nous de faire les bons choix.
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