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        La Ville sans Juifs

        Belfond
        EAN : 9782714476296
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 192
        Format : 140 x 205 mm
        La Ville sans Juifs

        Dominique AUTRAND (Traducteur), Olivier GUEZ (Préface)
        Collection : Belfond Vintage
        Date de parution : 07/09/2017
        En 1922, Hugo Bettauer, journaliste, romancier, grand provocateur, imagine une étonnante satire politique. Alors que Vienne traverse une grave crise économique et sociale, les autorités arrivent à une conclusion imparable : pour sortir du marasme, il suffit de faire partir tous les habitants juifs.
        À Vienne, en 1922, les Juifs autrichiens occupent les postes-clés de la ville. Certes, les viennois apprécient hautement leurs qualités, mais les estimant trop écrasantes pour que la majorité aryenne puisse elle aussi prendre son essor, obtiennent du Parlement l’expulsion de tous les Juifs d’Autriche. Expulsion douloureuse mais non physiquement... À Vienne, en 1922, les Juifs autrichiens occupent les postes-clés de la ville. Certes, les viennois apprécient hautement leurs qualités, mais les estimant trop écrasantes pour que la majorité aryenne puisse elle aussi prendre son essor, obtiennent du Parlement l’expulsion de tous les Juifs d’Autriche. Expulsion douloureuse mais non physiquement brutale, chaque individu recevant une indemnité proportionnelle à ses précédentes déclarations fiscales, ce qui ne manque pas de faire naître, chez certains, quelques regrets tardifs.
        Après le départ du dernier Juif, fêté dans l’allégresse, l’euphorie retombe très vite. Des secteurs entiers de l’économie périclitent. Les Juifs savaient certes gagner de l’argent, mais avaient aussi l’art d’en dépenser. Le cours de la couronne s’effondre, le chômage et l’inflation galopent alors que, de son côté, la vie intellectuelle et culturelle tombe au plus bas. Vienne perd son prestige de capitale et prend des allures de ville de province.
        On en vient bientôt à souhaiter secrètement le retour des Juifs…

        EXTRAITS
        « De l’université à la rue Bellaria, une véritable muraille humaine cernait le splendide et serein bâtiment où siégeait le Parlement. En cette matinée de juin, tout Vienne semblait s’être donné rendez-vous, à dix heures, là où allait se jouer un événement historique d’une portée imprévisible. Bourgeois et ouvriers, dames et femmes du peuples, adolescents et vieillards, jeunes filles, petits enfants, malades dans leurs fauteuils roulants, surgissaient pêle-mêle, criaient et discutaillaient politique et suaient abondamment. À tout moment, un nouvel exalté se mettait à haranguer la foule et sans cesse on entendait retentir le même slogan :
        ‟Dehors les Juifs !” »


        « Mesdames et messieurs ! J’ai dit que je tenais le Juif, considéré en soi et objectivement, pour un individu estimable, et je le maintiens. Mais le hanneton doré, avec ses ailes étincelantes, n’est-il pas lui aussi une créature belle et estimable, et n’est-il pas malgré tout exterminé par le jardinier consciencieux, parce que la rose lui est plus chère que le hanneton ? Le tigre n’est-il pas un animal magnifique, plein de force, de courage et d’intelligence ? Et n’est-il pas cependant chassé et traqué parce que la lutte pour la vie l’exige ? C’est de ce point de vue et de lui seul que nous devons considérer la question juive. C’est nous ou bien les Juifs ! »
         

         
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        EAN : 9782714476296
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 192
        Format : 140 x 205 mm
        Belfond
        18.00 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • Annette55 Posté le 28 Mars 2018
          Voici un livre étonnant dont je n'avais jamais entendu parler , découvert à la médiatèque , écrit en ........1922 par Hugo-Bettauer, écrivain sans tabous , fantasque, romancier et journaliste, grand provocateur, qui s'attirait les foudres de la presse bien - pensante ........une curiosité! Dans cette satire il dénonce avec force et ironie la lâcheté des politiques et la versatilité des masses, " un roman d'après demain " , ainsi qualifié par lui , un récit de politique fiction étonnamment prémonitoire, : solution au marasme autrichien , faire partir tous les habitants juifs. En réalité , l'idée principale de l'auteur est de dénoncer l'antisémitisme montant et de démontrer jusqu'à l'absurde que les autrichiens "juifs d'origine, "ne sont en rien responsables des problèmes multiples auxquels l'Autriche est confrontée et que leur départ ne ferait qu'aggraver la crise grave que traverse le pays ........ L'auteur met Vienne , sa ville , en scène avec force détails et quelques personnages conventionnels , l'émotion ne transparaît pas .......l'écriture est froide. Au début c'est la liesse populaire , les Viennois sont euphoriques , ils font la fête , ils vont récupérer les logements libérés par les juifs expulsés :quarante mille libérés d'un coup .......il faut montrer... Voici un livre étonnant dont je n'avais jamais entendu parler , découvert à la médiatèque , écrit en ........1922 par Hugo-Bettauer, écrivain sans tabous , fantasque, romancier et journaliste, grand provocateur, qui s'attirait les foudres de la presse bien - pensante ........une curiosité! Dans cette satire il dénonce avec force et ironie la lâcheté des politiques et la versatilité des masses, " un roman d'après demain " , ainsi qualifié par lui , un récit de politique fiction étonnamment prémonitoire, : solution au marasme autrichien , faire partir tous les habitants juifs. En réalité , l'idée principale de l'auteur est de dénoncer l'antisémitisme montant et de démontrer jusqu'à l'absurde que les autrichiens "juifs d'origine, "ne sont en rien responsables des problèmes multiples auxquels l'Autriche est confrontée et que leur départ ne ferait qu'aggraver la crise grave que traverse le pays ........ L'auteur met Vienne , sa ville , en scène avec force détails et quelques personnages conventionnels , l'émotion ne transparaît pas .......l'écriture est froide. Au début c'est la liesse populaire , les Viennois sont euphoriques , ils font la fête , ils vont récupérer les logements libérés par les juifs expulsés :quarante mille libérés d'un coup .......il faut montrer au monde entier que l'Autriche peut vivre sans les juifs ! La populace observe quotidiennement le départ des trains d'évacuation et insulte copieusement les malheureux juifs expulsés après cette loi, ces chiens galeux ! Mais petit à petit l'enthousiasme fond comme neige au soleil, l'absence des juifs se fait sentir , l'économie périclite, le chômage est massif, les commerçants ne gagnent plus leur vie , ils ne sont pas à la hauteur , le tourisme périclite ........ Le fin de cette satire est optimiste toutefois.Mais trois ans plus tard, les antisémites se vengeront et ne pardonneront jamais à Hugo-Bettauer son pamphlet grinçant et absurde , il meurt assassiné par un militant nazi . Son premier fils sera exterminé à Auschwitz et moins de cinq mille sept cents juifs vivent encore à Vienne à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L'auteur est visionnaire : ce pamphlet dérangeant , surprenant , apparaît , quatre- vingt- seize ans plus tard , malheureusement , toujours d'actualité!
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        • Deanerys Posté le 22 Février 2018
          Je remercie Cultura et le comité de lecture qui m’ont permis de découvrir ce roman. Alors il ne s’agit pas vraiment d’une nouveauté dans le sens où ce roman a été écris en … 1922 ! Cependant, il est très intéressant puisque l’auteur a été visionnaire d’un point de vue historique sur ce qui arriverait aux Juifs. J’ai vraiment aimé découvrir cette histoire fictive avec mon recul sur l’Histoire. Si ce roman n’est pas exceptionnel en terme d’écriture (l’histoire est simple, les personnages pas spécialement attachants), il reste intriguant quand on connait la date à laquelle il a été écrit. Il est paru en 1922. A cette date, le parti nazi allemand n’est pas encore au pouvoir, Hitler n’a pas encore fait parler de lui et nous nous trouvons dans l’entre deux guerre. Pourtant, l’antisémitisme (même s’il n’est pas à son maximum) est bien présent. Les Juifs sont les souffres douleurs, on leur reproche beaucoup de choses, notamment de s’enrichir et d’être la cause des divers maux. L’auteur, vraiment lucide sur son époque, il a donc décidé d’écrire ce roman dans lequel il veut démontrer l’absurdité des thèses antisémites en imaginant l’expulsion des Juifs d’Autriche. Dans ce roman, nous allons donc nous... Je remercie Cultura et le comité de lecture qui m’ont permis de découvrir ce roman. Alors il ne s’agit pas vraiment d’une nouveauté dans le sens où ce roman a été écris en … 1922 ! Cependant, il est très intéressant puisque l’auteur a été visionnaire d’un point de vue historique sur ce qui arriverait aux Juifs. J’ai vraiment aimé découvrir cette histoire fictive avec mon recul sur l’Histoire. Si ce roman n’est pas exceptionnel en terme d’écriture (l’histoire est simple, les personnages pas spécialement attachants), il reste intriguant quand on connait la date à laquelle il a été écrit. Il est paru en 1922. A cette date, le parti nazi allemand n’est pas encore au pouvoir, Hitler n’a pas encore fait parler de lui et nous nous trouvons dans l’entre deux guerre. Pourtant, l’antisémitisme (même s’il n’est pas à son maximum) est bien présent. Les Juifs sont les souffres douleurs, on leur reproche beaucoup de choses, notamment de s’enrichir et d’être la cause des divers maux. L’auteur, vraiment lucide sur son époque, il a donc décidé d’écrire ce roman dans lequel il veut démontrer l’absurdité des thèses antisémites en imaginant l’expulsion des Juifs d’Autriche. Dans ce roman, nous allons donc nous rendre compte de la façon dont son traité les Juifs. Décris comme « esprits mauvais, têtes de turcs, vampires et oppresseurs du peuple », on voit clairement qu’ils sont mal jugés, qu’on les accuse de tout et n’importe quoi. En ce sens, il va rapidement être décidé que le pays se porterait mieux sans eux et ils vont petit à petit être expulsé jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun. Bien sûr, cette expatriation va rendre les autrichiens euphoriques. Enfin ils vont pouvoir récupérer les logements, l’argent, les commerces et divers emplois. Mais au fil du temps, ils vont se rendre compte que tout ne marche pas comme ils l’auraient voulu. L’économie ne cesse de chuter, le chômage augmente, les commerces font faillites et l’inflation s’installe. Mais cette fois, ils n’ont plus personne sur qui rejeter la faute. Et il va être bien difficile de s’en prendre à eux-mêmes alors que les Juifs ont toujours représenté la cible parfaite. J’ai vraiment aimé cet ouvrage écrit avec beaucoup de dérision et de cynisme. Tout ce qui se passe est assez gros bien sûr mais je pense que c’était voulu par l’auteur pour renforcer le côté absurde des thèses antisémites. Il a ainsi voulu montrer que non, les Juifs ne sont pas responsables de tous les maux du monde. Si l’histoire est écrite sur un ton léger, on sent que le sujet ne l’est pas et que l’auteur sentait que la situation des Juifs ne cessait de se détériorer. Malgré tout il a choisi de finir sur une note optimiste qui malheureusement ne sera pas le cas de la réalité … C’est un ouvrage vraiment intéressant à lire avec notre recul. C’est fou de se dire que ce roman a été quasiment prémonitoire. Je pense que l’auteur a imaginé une théorie extrême : l’expulsion des Juifs, sans soupçonner que ça deviendrait réalité quelques années plus tard. Je pense qu’il ne pouvait même pas imaginer que le destin des Juifs serait bien plus noir et dramatique que son scénario. En tout cas il a été très lucide sur les évènements et a été courageux d’écrire un tel roman dans ce contexte.
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        • miriam Posté le 3 Février 2018
          Ville sans Juifs est une curiosité dont je n'avais jamais entendu parler?un livre de politique-fiction, on dit maintenant dystopie,  genre très en vogue. Sauf que cette fiction parue en 1925, annonce précisément ce qui va se dérouler dans la décennie suivante. Du point de vue littéraire, Le roman de Bettauer ne se distingue ni par l'originalité de son style, ni par la psychologie des personnages, très conventionnels. Mais par la précision de l'anticipation il est stupéfiant. Certes, l'antisémitisme, en Autriche ne date pas du nazisme. Bettauer a payé de sa vie le succès de La ville sans Juifs, en 1925 son assassin, en revanche , Rothstock, fut libéré d'asile psychiatrique dès 1933, comme homme libre. Dans la préface, Olivier Guez écrit : "il s'agit moins d'un livre prophétique toutefois que d'une fiction politique car Bettauer ne croit pas, ne peut pas croire aux "Heil" grotesques et aux brassards à croix gammée, à la haine absurde qui provoquerait la ruine d'une ville et de tout un pays...." Et justement, c'est cela qui m'a frappée, la description précise de l'évolution politique : "après la prétendue politique de redressement qui a duré deux ans, la situation financière de l'Autriche s'est à nouveau détériorée? Quand la valeur de la couronne autrichienne... Ville sans Juifs est une curiosité dont je n'avais jamais entendu parler?un livre de politique-fiction, on dit maintenant dystopie,  genre très en vogue. Sauf que cette fiction parue en 1925, annonce précisément ce qui va se dérouler dans la décennie suivante. Du point de vue littéraire, Le roman de Bettauer ne se distingue ni par l'originalité de son style, ni par la psychologie des personnages, très conventionnels. Mais par la précision de l'anticipation il est stupéfiant. Certes, l'antisémitisme, en Autriche ne date pas du nazisme. Bettauer a payé de sa vie le succès de La ville sans Juifs, en 1925 son assassin, en revanche , Rothstock, fut libéré d'asile psychiatrique dès 1933, comme homme libre. Dans la préface, Olivier Guez écrit : "il s'agit moins d'un livre prophétique toutefois que d'une fiction politique car Bettauer ne croit pas, ne peut pas croire aux "Heil" grotesques et aux brassards à croix gammée, à la haine absurde qui provoquerait la ruine d'une ville et de tout un pays...." Et justement, c'est cela qui m'a frappée, la description précise de l'évolution politique : "après la prétendue politique de redressement qui a duré deux ans, la situation financière de l'Autriche s'est à nouveau détériorée? Quand la valeur de la couronne autrichienne est tombée à deux-centièmes de centimes, les désordres ont commencé..[...] des incidents se produisaient tous les jours, des magasins étaient pillés, il y avait des pogroms , la colère et le désespoir de la population ne connurent plus de borne et finalement on dut prodéder à des élections...." Le lois anti-juives furent votées et les Juifs expulsés. "Après la grande expulsion, tout Vienne se transforma en un camp de porteurs de croix gammées. Hommes et femmes, adolescents et enfants, presque tout le monde exhibait l'emblème que l'on voyait sur toutes les affiches, sur les drapeaux et les insignes." "nous n'avons plus aucune chance de nous rattacher (à l'Allemagne), ou bien croyez vous que les Allemands sont aussi crétins que nous et qu'ils vont flanquer leurs Juifs dehors" Véritable prophétie, l'auteur montre tous les travers des Nazis. On se demande comment, sachant ce qu'il savait, on n'a pas pu éviter la catastrophe. Le roman de Bettauer est d'un optimisme étonnant. Selon le roman, les Juifs, détenteurs des richesses et du commerce, ruinent l'économie en émigrant. L'Autriche est ruinée par leur départ. On réclame leur retour. Et ils rentrent en triomphateurs. Ce que Bettauer n'avait pas prévu, c'est la Seconde Guerre mondiale!
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        • cvd64 Posté le 2 Janvier 2018
          ce pamphlet me fait penser à une autre de mes lectures "un juif pour l'exemple" en moins noir et tragique car l'auteur a choisi la satyre et que le texte prémonitoire s'il en faut est antérieur aux faits qui se sont déroulés quelques années après son écriture.
        • PauleGut Posté le 23 Novembre 2017
          A LIRE!!!! LA VILLE SANS JUIFS Écrit en 1922 et sorti chez Belfond en octobre 2017. Lu en deux soirées. Voici un livre visionnaire, écrit par un romancier et journaliste provocateur en 1922. Il s'agit de La Ville sans Juifs, une satire sur le sujet hautement actuel à l'époque de sa parution en 1922, l'antisémitisme. Il s'agit du roman le plus célèbre de Hugo Bettauer, qui sera assassiné par un militant nazi pour avoir écrit cette œuvre magistrale. Dans ce récit, un politicien fictif ordonne l'expulsion de tous les Juifs de Vienne. Les citoyens de Vienne célèbrent tout d'abord l'expulsion des Juifs mais leur sentiment change quand les théâtres, les commerces, les banques et tout le système économique tombe en banqueroute. La presse, les hôtels et les stations de vacances souffrent financièrement. La vie culturelle et intellectuelle disparaît. Le déclin économique est si ample qu'un mouvement populaire se lève demandant le retour des Juifs. Merveilleusement bien écrit, un style fluide, des mots simples pour des événements épouvantables et effrayant par son côté politique fiction devenu réalité, ce petit bijou mérite amplement sa place dans toute bibliothèque.

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        "Un livre d'exception écrit par un homme d'exception."
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