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Le Songe de Goya

Belfond
EAN : 9782714480958
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 134 x 190 mm
Le Songe de Goya

Collection : Belfond Pointillés
Date de parution : 10/01/2019
Le songe de la raison engendre des monstres.
En décembre 1792, Francisco Jose de Goya y Lucientes, peintre du roi, se réveille aux Mallos, un village perdu dans l’Aragon. Il n’y a là-bas que la gardienne Rosario, sa chatte Loca et, la nuit, des morts. Des morts tyranniques, qui n’aspirent qu’à une chose : danser jusqu’au bout de la... En décembre 1792, Francisco Jose de Goya y Lucientes, peintre du roi, se réveille aux Mallos, un village perdu dans l’Aragon. Il n’y a là-bas que la gardienne Rosario, sa chatte Loca et, la nuit, des morts. Des morts tyranniques, qui n’aspirent qu’à une chose : danser jusqu’au bout de la nuit, à en faire crever les vivants.
Qui est cette vieille sorcière et comment Goya s’est-il retrouvé dans cette étrange demeure ? Il se souvient s’être couché chez un ami, à Séville… ou était-ce sur un bateau, pris dans une terrible tempête ? Il n’a qu’une seule obsession : quitter ce village, reprendre ses pinceaux et peindre pour impressionner la cour. Mais les grotesques qui peuplent ses rêveries fantastiques en ont décidé autrement.
Le songe de la raison engendre des monstres… C’est ce que Goya comprend, cloué au lit, entre deux crises de fièvre et de délire causées par le saturnisme. De ce terrible songe dont il fut prisonnier naîtront ses célèbres Caprices, satires d’une société sur le déclin.
 
Aurore Guitry transforme le peintre en héros de roman, en le faisant voyager dans l’univers de ses tableaux. Et nous révèle un Goya romanesque et génial, drôle et désenchanté, mais surtout terriblement visionnaire.
 
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EAN : 9782714480958
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 134 x 190 mm

Ils en parlent

Un roman audacieux, où Aurore Guitry forge des images admirablement suggestives et étaie, sans jamais tout à fait les élucider, les oeuvres les plus mystérieuses de Goya.
Zoé Courtois / Le Monde

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • prettyrosemary Posté le 4 Mai 2019
    Dans ce roman, Aurore Guitry imagine ce qui a pu se passer dans la tête du peintre alors qu’il souffrait effectivement de fortes fièvres qui lui souffleront l’inspiration quelques temps plus tard pour Les Caprices, ses célèbres oeuvres de caricature satirique. Une grande partie de ce roman consiste donc en un bon gros trip bien fucké, voyage onirique et pictural du grand maitre espagnol. Alors soyons clairs, je pense qu’il y a plusieurs niveaux de lecture suivant notre connaissance ou non de l’oeuvre de Goya. Un tas de références me sont forcément passées sous le nez puisque la plupart des personnages que l’on croise sortent tout droit de ses tableaux ou sont inspirés de personnes qu’il a côtoyées. Evidemment, on passe à côté d’une certaine expérience que goûteront certainement les amateur.ices d’art mais en refermant ce livre, j’ai tout de suite eu envie de me ruer sur la page Wikipedia du gaillard pour en savoir plus sur les sombres dingueries sorties de son ciboulot, aussi c’est une lecture qui peut également faire office de porte d’entrée. Une drôle de porte d’entrée hein ! J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce petit village paumé dans l’Aragon, parodie de purgatoire où les habitants, morts ou... Dans ce roman, Aurore Guitry imagine ce qui a pu se passer dans la tête du peintre alors qu’il souffrait effectivement de fortes fièvres qui lui souffleront l’inspiration quelques temps plus tard pour Les Caprices, ses célèbres oeuvres de caricature satirique. Une grande partie de ce roman consiste donc en un bon gros trip bien fucké, voyage onirique et pictural du grand maitre espagnol. Alors soyons clairs, je pense qu’il y a plusieurs niveaux de lecture suivant notre connaissance ou non de l’oeuvre de Goya. Un tas de références me sont forcément passées sous le nez puisque la plupart des personnages que l’on croise sortent tout droit de ses tableaux ou sont inspirés de personnes qu’il a côtoyées. Evidemment, on passe à côté d’une certaine expérience que goûteront certainement les amateur.ices d’art mais en refermant ce livre, j’ai tout de suite eu envie de me ruer sur la page Wikipedia du gaillard pour en savoir plus sur les sombres dingueries sorties de son ciboulot, aussi c’est une lecture qui peut également faire office de porte d’entrée. Une drôle de porte d’entrée hein ! J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce petit village paumé dans l’Aragon, parodie de purgatoire où les habitants, morts ou vifs, en tiennent tous une sacrée couche. D’abord cloué au lit dans la maison de la gardienne Rosario, l’unique lanterne dans l’obscurité, Goya va peu à peu s’hasarder au dehors et rentrer dans d’autres cahutes aux noms énigmatiques pour faire la connaissance de ces drôles d’énergumènes. Et on en vient à ce que j’ai préféré : LE STYLE. Vous savez que je suis ultra faible dès que la langue se teinte de gouaille… Fidèle à la caricature et aux personnages grotesques du songe de Goya, la plume d’Aurore Guitry est pleine d’humour. J’ai carrément adhéré à ce ton à la fois paillard et inquiétant qui nous immerge aussi bien dans la réalité historique que dans le surréalisme du rêve.
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  • zazy Posté le 20 Avril 2019
    La chambre, le lit tanguent, il est sur un bateau puis se retrouve dans un asile d’aliénés d’où il part et se retrouve dans une petite chambre, un lit crasseux, à Mallos, village quasi fantôme de l’Aragon. Comment est-il arrivé, il ne saurait le dire. Une femme s’occupe de lui. Son nom ? Rosario, la gardienne des Mallos, enfin c’est ainsi qu’elle se présente. Rosario soigne ses blessures, assez vilaines au demeurant, avec des onguents, une potion des plus amères, le lait de la main rouge, lui fait manger de la viande crue. Ses rêves, plutôt des cauchemars, sont peuplés de monstres et autres créatures qui dansent une sarabande effrénée, où réalité et hallucinations se mélangent au gré des visions. Sortant de son coma, il se retrouve chez son ami, se sert de ses hallucinations pour peindre autre chose que les portraits de cour, quelque chose qui lui tient de plus en plus à cœur. Ainsi serait la genèse des Caprices. Des scènes que Aurore Guitry a parfaitement décrites. La journée, il satisfait aux commandes de notables et la nuit, il retranscrit ses hallucinations, dénonçant la folie, le Mal, l’hypocrisie, la bassesse. "Tous les grands veulent leur portrait. Le jour, il croque leur visage.... La chambre, le lit tanguent, il est sur un bateau puis se retrouve dans un asile d’aliénés d’où il part et se retrouve dans une petite chambre, un lit crasseux, à Mallos, village quasi fantôme de l’Aragon. Comment est-il arrivé, il ne saurait le dire. Une femme s’occupe de lui. Son nom ? Rosario, la gardienne des Mallos, enfin c’est ainsi qu’elle se présente. Rosario soigne ses blessures, assez vilaines au demeurant, avec des onguents, une potion des plus amères, le lait de la main rouge, lui fait manger de la viande crue. Ses rêves, plutôt des cauchemars, sont peuplés de monstres et autres créatures qui dansent une sarabande effrénée, où réalité et hallucinations se mélangent au gré des visions. Sortant de son coma, il se retrouve chez son ami, se sert de ses hallucinations pour peindre autre chose que les portraits de cour, quelque chose qui lui tient de plus en plus à cœur. Ainsi serait la genèse des Caprices. Des scènes que Aurore Guitry a parfaitement décrites. La journée, il satisfait aux commandes de notables et la nuit, il retranscrit ses hallucinations, dénonçant la folie, le Mal, l’hypocrisie, la bassesse. "Tous les grands veulent leur portrait. Le jour, il croque leur visage. La nuit, il dessine les Mallos : Rosario, les moines, la Bruja et son cortège de fous qui bourdonnent autour de lui.". Je suis entrée facilement dans les délires de Goya. Son arrivée chez Rosario après son départ de l’asile d’aliénés est très réaliste. Après c’est un vrai mélange d’onirisme, de souvenirs mixés à l’aune du délire. Ce livre est d’une grande fluidité, facile à lire, prenant, court, très dense. Il me fait penser de loin, à la série « Contes et légendes » que je lisais adolescente. Je n’avais de Goya que le souvenir des portraits sur commandes et j’ai découvert, par le biais de cette lecture, un nouveau côté du talent du peintre que j’apprécie beaucoup plus. Le gâcheur de Rosario exorcise ses démons avec les Caprices, satires des meurs espagnoles. La dualité existe ; au jour, les bourgeois et la cour, à la nuit ses rêveries fantastiques et grotesques. Un livre court, dense. J’ai aimé entrer dans les fulgurances de Goya et découvrir un autre versant de l’art de l’artiste. Aurore Guitry, une auteure à lire.
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  • RAPHIKI Posté le 23 Mars 2019
    Il existe des livres qui vous tombent dans les mains comme par magie, des livres dont vous n'auriez sans doute jamais croisé le chemin dans les dédales de votre librairie fétiche et qui vous projette dans des sphères inattendues. C'est là toute la force et la richesse de l'opération Masse Critique dont je remercie, une fois encore, les instigateurs qui m'ont permis de m'embarquer dans un songe épouvantable et merveilleux signé Aurore Guitry, et de découvrir la voracité et le génie des Caprices de Goya, accompagnant les sombres heures de la vie de l'artiste. Fils d'un maître doreur espagnol, Francisco José de Goya y Lucientes fraichement sorti de son apprentissage de peintre, connait une ascension sociale spectaculaire puisqu'attaché aux services de la Cour du Roi d'Espagne pour lequel il deviendra portraitiste officiel. Une charge qui comme tout celle d'importance l'obsédera et le poussera dans une grande détresse en 1792 lorsque, atteint de saturnisme - dont certains l'imputent à la forte teneur des peintures en plomb, il se trouvera dans l'incapacité d'honorer ses commandes. C'est à cette période douloureuse et fantasque que le roman d'Aurore Guitry s'attèle avec plus ou moins de liberté et une écriture d'une grande finesse. A ce moment crucial... Il existe des livres qui vous tombent dans les mains comme par magie, des livres dont vous n'auriez sans doute jamais croisé le chemin dans les dédales de votre librairie fétiche et qui vous projette dans des sphères inattendues. C'est là toute la force et la richesse de l'opération Masse Critique dont je remercie, une fois encore, les instigateurs qui m'ont permis de m'embarquer dans un songe épouvantable et merveilleux signé Aurore Guitry, et de découvrir la voracité et le génie des Caprices de Goya, accompagnant les sombres heures de la vie de l'artiste. Fils d'un maître doreur espagnol, Francisco José de Goya y Lucientes fraichement sorti de son apprentissage de peintre, connait une ascension sociale spectaculaire puisqu'attaché aux services de la Cour du Roi d'Espagne pour lequel il deviendra portraitiste officiel. Une charge qui comme tout celle d'importance l'obsédera et le poussera dans une grande détresse en 1792 lorsque, atteint de saturnisme - dont certains l'imputent à la forte teneur des peintures en plomb, il se trouvera dans l'incapacité d'honorer ses commandes. C'est à cette période douloureuse et fantasque que le roman d'Aurore Guitry s'attèle avec plus ou moins de liberté et une écriture d'une grande finesse. A ce moment crucial où tout bascule, ou le rêve et la raison se juxtaposent pour accoucher d'un délire d'une étonnante clairvoyance sur la société notamment. Elle nous emporte avec frénésie dans un songe démoniaque, sur les terres arides des Mallos, un village décimé par la sécheresse et la maladie, un petit univers étouffant où Goya sera recueilli par Rosario, une femme intrigante toujours suivie de sa chatte Lucia, dévorant ses victuailles à même la chair et couvant son sanctuaire de damnés comme une mère attentionnée. Une terre où il ne fait pas bon sortir la nuit au risque d'être terrassé par la fièvre du Carnaval intempestif auquel se livre les morts sans relâche, en se riant des pauvres âmes perdues, encore revêtues d'un costume de chair dont ils ont auront tôt fait de s'occuper. Le récit est court et efficace, le lecteur se prête facilement au jeu et se délecte à s'enfoncer avec horreur dans cette fresque complètement folle.
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  • Horizon_du_plomb Posté le 16 Février 2019
    Voilà un roman fantastique qui m'a permis de connaître un peintre que je connaissais essentiellement de nom, tout en ayant déjà croisé ses peintures à Paris. Merci donc aux éditions Belfond et à Babelio pour ce beau cadeau. « Goya porte une main tremblante à son front. Elle se couvre d'une peinture qu'il étale dans sa paume. Du noir et du rouge, pigments de la douleur qui lui serre le crâne. » (Précisons que l'artiste n'est aucunement en contact avec des pigments réels à ce moment là, en plein désert.) « Devant la porte, le souffle lui manque, comme à la chasse lorsqu'il braque son fusil vers le ciel. » Ce roman tient à la fois de « Don Quichotte » et du « Portrait de Dorian Gray ». On va suivre le peintre au seuil de la maladie et l'accompagner dans « une traversée du désert », ferrant le choix vers une nouvelle orientation artistique, une nouvelle optique qui donnera lieu à sa série des Caprices. Goya va se retrouver au règne du mal tranquille, celui où un bûcher de Satan se confond avec une chandelle dans une chambre solitaire. « Tu te préoccupes de ce qu'elle montre, petit, au détriment de ce qu'elle cache. Regarde mieux. » Au cours de ce... Voilà un roman fantastique qui m'a permis de connaître un peintre que je connaissais essentiellement de nom, tout en ayant déjà croisé ses peintures à Paris. Merci donc aux éditions Belfond et à Babelio pour ce beau cadeau. « Goya porte une main tremblante à son front. Elle se couvre d'une peinture qu'il étale dans sa paume. Du noir et du rouge, pigments de la douleur qui lui serre le crâne. » (Précisons que l'artiste n'est aucunement en contact avec des pigments réels à ce moment là, en plein désert.) « Devant la porte, le souffle lui manque, comme à la chasse lorsqu'il braque son fusil vers le ciel. » Ce roman tient à la fois de « Don Quichotte » et du « Portrait de Dorian Gray ». On va suivre le peintre au seuil de la maladie et l'accompagner dans « une traversée du désert », ferrant le choix vers une nouvelle orientation artistique, une nouvelle optique qui donnera lieu à sa série des Caprices. Goya va se retrouver au règne du mal tranquille, celui où un bûcher de Satan se confond avec une chandelle dans une chambre solitaire. « Tu te préoccupes de ce qu'elle montre, petit, au détriment de ce qu'elle cache. Regarde mieux. » Au cours de ce parcours, l'auteure va donner des éléments biographiques de Goya par petites touches à la fois expressionnistes et surréalistes, et cela marche presque mieux qu'une biographie classique. Parfois, l'auteure va nous commenter une peinture de Goya et son histoire, comme par exemple « La era » qui montre bien le contraste avec ce qui allait venir (voir citation). « Le vent pousse des nuages de sable vers la falaise. Ils prennent la forme de silhouettes gémissantes qui viennent batifoler au pied de la roche. Rosario suit leurs ébats avec attention. » C'est un roman court certes mais dont les mots et l'atmosphère réussie marquent l'esprit. L'auteure, tout en ayant une écriture limpide, facile à lire, trouve souvent des images porteuses qui émaillent bien son récit. En critique, on peut dire qu'on a parfois l'impression d'un carnet de notes, d'esquisses que l'auteure aurait reliées. De même, parfois, elle s'appuie un peu facilement sur la description d'autres peintures (on croise ainsi Rembrandt, Murillo, Roelant Roghman,… d'ailleurs j'ai souvent eu à l'esprit Félicien Rops et Bosch même si on n'en parle pas). N'empêche, à l'arrivée, on a bien un tout aux cavalcades à la fois classiques et exotiques. « Mais la Nature ! Tous ces barbouilleurs oublient ses difformités. » «  Le moine du milieu porte un calice doré en forme de pot de chambre. Il s'arrête devant l'âne, le brandit vers le ciel nocturne comme pour le sanctifier puis le place respectueusement sous la bête. Celle-ci se déboutonne, ferme les yeux et un geyser ambré fait vibrer les parois du récipient. - Hi han ! Et voici le remède. » Je ne résiste pas à la tentation de vous renvoyer vers une gravure des caprices: « Asta su Abuelo » , « Même son grand-père », pour vous inciter à lire ce prolongement de vie de l'artiste. Sans le sombre allegro, l'intelligence n'est qu'une technique sèche qui se crevasse au temps. D'ailleurs, quelque fois, c'est la réalité qui dépasse la fiction (http://www.ventscontraires.net/article.cfm/1914_ou_est_donc_passee_la_tete_de_goya.html). «  L'allégresse prolonge la vie. »
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  • Delphine-Olympe Posté le 29 Janvier 2019
    Etonnant petit livre que celui-ci, qui mêle l’oeuvre et la biographie de Goya ! Or, lorsqu’on connaît les séries de gravures de l'artiste, véritables charges contre la société de son temps, on peut s’attendre à croiser de terrifiantes créatures... En 1793, alors qu’il est parvenu à entrer dans les faveurs de la famille royale, qu’il est devenu le peintre officiel de la cour, Goya tombe gravement malade. Sans doute le saturnisme, qui lui inflige de terribles épisodes de fièvre allant jusqu’au délire. Au plus fort de ces crises, Goya se voit soigné par une sorcière entretenant des relations avec les morts, confronté à des moines à tête de bourrique ou de dindon, à des médecins aussi sots que des ânes ou à de nobles femmes cédant à leurs plus bas instincts... Dans ses rares moments de lucidité, Goya souffre de ne plus pouvoir peindre. Terriblement affaibli, il tient à peine debout, tandis que, dehors, les échos du carnaval semblent rejouer l’infernale comédie du songe de sa raison. Lorsque, après plusieurs mois, il vaincra la maladie - qui le laissera néanmoins sourd - Goya reprendra ses pinceaux, peignant le jour les tableaux qui lui sont commandés par les notables, restituant la nuit les scènes... Etonnant petit livre que celui-ci, qui mêle l’oeuvre et la biographie de Goya ! Or, lorsqu’on connaît les séries de gravures de l'artiste, véritables charges contre la société de son temps, on peut s’attendre à croiser de terrifiantes créatures... En 1793, alors qu’il est parvenu à entrer dans les faveurs de la famille royale, qu’il est devenu le peintre officiel de la cour, Goya tombe gravement malade. Sans doute le saturnisme, qui lui inflige de terribles épisodes de fièvre allant jusqu’au délire. Au plus fort de ces crises, Goya se voit soigné par une sorcière entretenant des relations avec les morts, confronté à des moines à tête de bourrique ou de dindon, à des médecins aussi sots que des ânes ou à de nobles femmes cédant à leurs plus bas instincts... Dans ses rares moments de lucidité, Goya souffre de ne plus pouvoir peindre. Terriblement affaibli, il tient à peine debout, tandis que, dehors, les échos du carnaval semblent rejouer l’infernale comédie du songe de sa raison. Lorsque, après plusieurs mois, il vaincra la maladie - qui le laissera néanmoins sourd - Goya reprendra ses pinceaux, peignant le jour les tableaux qui lui sont commandés par les notables, restituant la nuit les scènes infernales que lui inspirent la folie et l’hypocrisie des hommes. Ce texte surprenant fonctionne par sa brièveté, comme l’une des fulgurantes visions du peintre. Il donne envie de voir ou de revoir ces étonnantes gravures, d’une incroyable modernité, qui dénonçaient avec une force inégalable les moeurs de leur temps. Pour ma part, j’ai eu la chance de les admirer l’été dernier au musée Goya de Saragosse, qui possède une magnifique collection, visible dans des conditions exceptionnelles, la foule ne se précipitant pour les voir... Comme, dans l’immédiat, il vous sera sans doute plus facile de vous procurer ce livre que de vous rendre à Saragosse, voici donc une lecture parfaite pour entrer dans l’univers de l’artiste... en attendant de vous prévoir toutefois un petit week-end en Aragon !
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