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La Découverte
EAN : 9782707136909
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 200
Format : 135 x 220 mm

Relation des missions du Paraguay

,

Félix Esprit de Lourmel (traduit par)
Collection : [Re]découverte
Date de parution : 07/03/2002
À l’aide des innombrables relations et chroniques rédigées par les pères de la Compagnie de Jésus, Ludovico Antonio Muratori, cet intellectuel admiré de Voltaire et de Chateaubriand, fit découvrir le Paraguay à tout un siècle.

À l’aide des innombrables relations et chroniques rédigées par les pères de la Compagnie de Jésus, Ludovico Antonio Muratori, cet intellectuel admiré de Voltaire et de Chateaubriand, fit découvrir le Paraguay à tout un siècle. Avec cet ouvrage, publié en 1743, il s’impose en historien de l’entreprise et des méthodes...

À l’aide des innombrables relations et chroniques rédigées par les pères de la Compagnie de Jésus, Ludovico Antonio Muratori, cet intellectuel admiré de Voltaire et de Chateaubriand, fit découvrir le Paraguay à tout un siècle. Avec cet ouvrage, publié en 1743, il s’impose en historien de l’entreprise et des méthodes de colonisation des jésuites, différentes de celles en vigueur dans le reste de l’Amérique latine. Le Paraguay, aux XVIIe et XVIIIe siècles, rayonne en effet d’une dimension puissamment utopique : dans cette « utopie réalisée », règne la « communauté des biens ». Mais le Paraguay des jésuites, parvenus à constituer un État puissant, économiquement indépendant, apparaît exceptionnel à d’autres égards. Ouvrage d’histoire et d’anthropologie politiques, ce texte rapporte la confrontation des philosophes et des « sauvages », qui est aussi celle entre la société « sans État » des Guarani et l’État autoritaire imposé par les jésuites. Il nous éclaire sur cette colonisation fondée sur un « système politique théocratique qui survécut grâce à une économie agraire communautaire et une politique sociale de type totalitaire ».

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EAN : 9782707136909
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 200
Format : 135 x 220 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • kielosa Posté le 9 Mars 2020
    Aujourd'hui je vous présente un ouvrage qui a été publié il y a 277 ans par un des plus grands érudits italiens sur une expérience unique dans l'histoire de l'humanité : la république jésuite du Paraguay (1609-1768). Ludovico Antonio Muratori est né à Vignola (Émilie-Romagne) en 1672 et est mort 77 ans plus tard, en 1750, à Modène. Il est le premier historiographe italien, un grand savant et un travailleur assidu qui a laissé une oeuvre importante. Il a été l'ami du philosophe allemand Leibniz (1646-1716) et a influencé Voltaire (1694-1778) et Montesquieu (1689-1755). Ce bibliothécaire et archiviste du duc Rinaldo d'Este, a durant toute sa vie lutté pour une amélioration des conditions de vie du plus grand nombre, selon le professeur Girolamo Imbruglia de l'université de Naples qui a écrit une excellente introduction à l'oeuvre de L.A. Muratori. Comment un ordre religieux, en l'occurrence la Compagnie de Jésus ou les Jésuites, a réussi à gouverner pendant un siècle et demi un pays d'Amérique latine constitue une histoire fascinante et en même temps une expérience résolument unique. Il s'est agi bien entendu d'une forme de colonisation qu'il convient, à ce titre, de ne pas idéaliser, mais d'approcher avec une bonne... Aujourd'hui je vous présente un ouvrage qui a été publié il y a 277 ans par un des plus grands érudits italiens sur une expérience unique dans l'histoire de l'humanité : la république jésuite du Paraguay (1609-1768). Ludovico Antonio Muratori est né à Vignola (Émilie-Romagne) en 1672 et est mort 77 ans plus tard, en 1750, à Modène. Il est le premier historiographe italien, un grand savant et un travailleur assidu qui a laissé une oeuvre importante. Il a été l'ami du philosophe allemand Leibniz (1646-1716) et a influencé Voltaire (1694-1778) et Montesquieu (1689-1755). Ce bibliothécaire et archiviste du duc Rinaldo d'Este, a durant toute sa vie lutté pour une amélioration des conditions de vie du plus grand nombre, selon le professeur Girolamo Imbruglia de l'université de Naples qui a écrit une excellente introduction à l'oeuvre de L.A. Muratori. Comment un ordre religieux, en l'occurrence la Compagnie de Jésus ou les Jésuites, a réussi à gouverner pendant un siècle et demi un pays d'Amérique latine constitue une histoire fascinante et en même temps une expérience résolument unique. Il s'est agi bien entendu d'une forme de colonisation qu'il convient, à ce titre, de ne pas idéaliser, mais d'approcher avec une bonne dose d'esprit critique. C'est en 1585 que les Jésuites ont débarqué dans la région du fleuve Paraná où a été fondé la ville d'Asunción, qui deviendra plus tard la capitale du Paraguay. La population dominante dans cette région était le peuple Guarani, une ethnie amérindienne qui s'est métissée aux Européens et ces métis forment à l'heure actuelle 95 % des presque 7 millions de Paraguayens. Le Guarani est une des 2 langues officielles du pays (à côté de l'Espagnol), ainsi que le nom de la monnaie nationale. Les conquistadors espagnols, qui traversèrent ce territoire à la recherche de l'or (le fabuleux El Dorado), étaient très mal vus par les indigènes et les Guarani n'hésitaient pas à offrir de la résistance. Ce peuple vivait en communautés relativement réduites et connaissait un système d'organisation fort égalitaire. Ils avaient bien un chef, mais pas un chef "dont les besoins seraient satisfaits par le travail des autres, soumis par une force religieuse ou militaire". Il y avait également des shamans, surnommés "karai", sans pouvoir et qui ressemblaient plutôt à des prophètes. Au moment de l'arrivée des Jésuites, les Guaranis faisaient face à une sérieuse crise démographique et Madrid faisait appel aux Franciscains et Jésuites pour aider à préserver ordre et paix. De par leur piété et générosité surtout le dernier ordre bénéficiait d'une certaine bienveillance auprès des Indiens. Les Jésuites avaient vite appris la langue du pays, avaient amené des objets utiles en fer, maintenaient bien la tranquillité et ne demandaient pas de femmes en remboursement pour leurs efforts en faveur de la communauté, comme certains chefs locaux. Selon Voltaire leur arme principale fut la "persuasion". Progressivement l'organisation des Jésuites prenait de l'ampleur tout en se peaufinant. Comme l'a noté notre savant italien : les Jésuites fondèrent un État dont la forme fut celle de la théocratie. Les communautés sous leur contrôle furent appelées des "missions" ou "réductions". On peut donc parler d'État jésuitique à partir du moment où ils créèrent leur première réduction, celle de Saint-Ignace, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres de Posadas en Argentine. Cette réduction fut fondé vers 1610 par le père Roque González de Santa Cruz S.J. (1576-1628). Les ruines peuvent être visitées et sont reconnues par l'UNESCO comme patrimoine mondial. Le terme "réduction" vient de l'expression "ad vitam civilem et ad Ecclesiam reducti sunt" (ils ont été réduits à la vie civique et à l'Église). Sur le territoire Paraguayen les Jésuites ont fondé une quarantaine de réductions. Probablement aussi en partie grâce à l'excellente traduction de l'Italien par Félix Esprit de Lourmel cet ouvrage de 1743 de Ludovico Antonio Muratori se lit aisément, presque comme de la science-fiction historique, mais cependant d'une réalité absolument unique dans l'Histoire du monde. Les Jésuites, pour leur engagement au service de Madrid et en faveur des Guaranis et leurs contributions au développement de l'éducation, de l'agriculture, de l'élevage de bétail, du commerce avec l'étranger, de l'introduction d'un code civil et pénal et l'instauration de relations pacifiques, furent remerciés par leur expulsion, en 1767, de toutes les terres de la couronne espagnole.
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