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Sept kilos de camomille
Diane Meur (traduit par)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 17/05/2023
Éditeurs :
Belfond

Sept kilos de camomille

Diane Meur (traduit par)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 17/05/2023
Un roman autobiographique situé dans la Bulgarie communiste des années 60 qui raconte la vie d’une jeune fille en vacances à la campagne chez ses grands-parents. Un texte inédit en France, d’une autrice germanophone reconnue, à découvrir dans Vintage.
Sans les sept kilos de camomille, pas de manuels scolaires, sans lignes copiées ni lectures imposées, pas de bonnes notes en langue, pas de paix pendant toute l’année scolaire à... Sans les sept kilos de camomille, pas de manuels scolaires, sans lignes copiées ni lectures imposées, pas de bonnes notes en langue, pas de paix pendant toute l’année scolaire à venir.
 
À travers les souvenirs d’une jeune fille en vacances à la campagne chez ses grands-parents, c’est toute l’histoire de la...
Sans les sept kilos de camomille, pas de manuels scolaires, sans lignes copiées ni lectures imposées, pas de bonnes notes en langue, pas de paix pendant toute l’année scolaire à venir.
 
À travers les souvenirs d’une jeune fille en vacances à la campagne chez ses grands-parents, c’est toute l’histoire de la Bulgarie communiste des années 1960 qui nous est contée, tiraillée entre la peur de la guerre froide, la tyrannie du régime soviétique et l’attachement aux traditions.
Porté par une langue à la fois sobre et sensuelle, gorgé de poésie, d’odeurs de cuisine, de couleurs d’été, Sept kilos de camomille se lit en un souffle. Un texte d’une autrice germanophone reconnue, jusqu’ici inédit en France.
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EAN : 9782714497482
Code sériel : 50
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 140 x 205 mm
EAN : 9782714497482
Code sériel : 50
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 140 x 205 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Tempsdelecture 23/06/2023
    La collection Belfond Vintage a mis à l'honneur en ce mois de mai une autrice d'origine bulgare Rumjana Zacharieva. Ce roman écrit en allemand, sa langue d'adoption, est pourtant profondément bulgare, la couverture très vintage, qui correspond finalement très bien à la couverture et à la ligne éditoriale de la collection, est là pour en attester. On trouve très peu d'informations en français sur l'autrice, qui a immigré à Bonn en 1970 à l'âge de vingt ans après son mariage avec un Allemand. Il lui a fallu à peine cinq années pour utiliser l'allemand comme langue d'écriture ! Sept kilos de camomille, c'est quelques pages de l'histoire de Mila, jeune bulgare adolescente, dans la Bulgarie soviétique des années cinquante et soixante, en pleine Guerre Froide. Une jeune fille élevée par sa grand-mère Maminka, l'appartement des parents, professeurs de gym l'un et l'autre, est à peine assez grand pour héberger la fille. L'histoire de Mila est filée par le ramassage de ces sept kilos exactement de camomille, quantité exigée par la coopérative l'encadrement scolaire pour pouvoir être fournie des livres scolaires pour la rentrée prochaine. Le système exigeait en outre, de compléter vingt-deux livres de lecture obligatoire, pratiquer la calligraphie tous les jours et écrire la "liste estivale des mots inconnus" sans l'aide du dictionnaire.La camomille, le symbole portée par cette administration socialiste qui exige à ce que chacune et chacun paie son dû à la société. La cueillette de cette camomille c'est le leitmotiv de Mila, leitmotiv qui est celui qu'on leur assène continuellement, qui devient une obsession, et dont la litanie revient à tempo réguliers, accompagné de son juron aussi étrange que favori "Soixante pour cent, et une boutonnière de fichue !" Parcourir le récit de Mila sur ce passage de l'enfance à l'adolescence, c'est l'occasion pour elle de revenir sur des pans d'histoire familiale, et de l'identité de ce pays, dont l'une et l'autre sont aussi contrastées. C'est sous ses yeux d'enfant que l'on y lit l'histoire d'une Bulgarie captive d'une autorité sans concession et sans faiblesse, où les enfants y sont redevables de leur quota de besogne. Où les règles sont aussi dénuées de sens que la quantité astronomique de camomille que les élèves bulgares, en fidèles et obéissants apprentis ouvriers, sont tributaires. Maminka, la grand-mère complice, tient une grande part dans ce folklore bulgare, dont les différents épisodes de cette épopée familiale sont témoins.  C'est une jeune fille qui navigue entre plusieurs eaux : l'imagination débordante de l'enfance, passée entre autres chez ces fameux scouts slaves Les Pionniers, l'aspiration à imiter les héros et résistants instaurés par l'imagerie nationale, dont soviétique - Zoïa Kosmodémianskaïa - et combattre les fascistes - nazis - ou Raïna Popguéorguiéva et la maturité qui s'annonce d'une adolescente qui pressent la lourdeur du passé familial, aussi bien paternel et maternelle, et qui a du mal à accepter le schéma socialiste et communiste qu'on lui impose dans sa vie sociale, journalière. Entre le schéma familial de la femme entièrement dévolue au foyer, sous l'emprise totale du pater familial, et l'autre schéma que lui propose sa mère, femme indépendante alors. Une Mila qui ne se sait pas la plus enthousiaste à l'idée d'être présentée comme travailleuse modèle à la rentrée des classes.  On se régale à la lecture de ses souvenirs d'enfant, confits entre l'odeur des crêpes chaudes de sa Maminka, davantage mère pour elle que la sienne propre, et les appels froids impersonnels du haut-parleur de la place du village qui annone régulièrement les dernières nouvelles de la coopérative, de la guerre froide. Parce que Mila est de cette génération qui vient juste après celle qui a particulièrement souffert à travers deux guerres, une souffrance dont elle est dépositaire, transposée à travers les histoires extraordinaires, que ses oreilles et yeux d'enfant filtrent, des aïeux. Le personnage de Maminka est la clef du récit, le symbole d'un pays, de la résistance de ses femmes, soumises à une multitude d'autorités, le père, le mari, le pays, parmi celles qui ont contribué à tenir le pays, comme leur famille, à bout de bras à côté des époux imbibés d'alcool au bistrot passant leur temps à "tamiser la politique" : le refuge ultime pour Mila, la chaleur et la tendresse maternelle alors que la mère est lointaine et distante, toujours au second plan du récit. Une grand-mère qui a la carrure d'une héroïne de conte, un peu mythique, qui sait tenir tête à l'époux qui la bat, la trame du panier. Merci aux Éditions Belfond de nous donner cet accès liminaire à Rumjana Zacharieva, et ce récit à dimension autobiographique, qui contribue à apporter une autre vision du peuple, des familles, dont le régime les a davantage privés que pourvus, et surtout de la femme, socle du pays. Un texte d'une jeune fille qui se découvre peu à peu adulte, avec un corps qui le lui fait savoir, des secrets épiés de ce qui ne se dit pas de ces faiseuses d'anges et de leurs patientes. Une jeune Mila qui s'initie à la littérature, également, découvrant le pouvoir, mais également la démagogie des mots, leur puissance comme leur inanité, leur décalage de la réalité, à l'image de son petit lexique personnel constitué pendant cet été de ces nouveaux mots appris avec une ironie juvénile qui n'est pas pour déplaire. Petit extrait : Communiste : Quelqu'un qui croit au yoghourt tout en sachant que le lait était déjà tourné. Homme socialiste : exproprié qui fait des heures supplémentaires par nécessité, attend les Américains et, d'ici là, s'approprie le bien commun, voir de nouveau mon diado Ivan. Défilé : concours de prof de gym.La collection Belfond Vintage a mis à l'honneur en ce mois de mai une autrice d'origine bulgare Rumjana Zacharieva. Ce roman écrit en allemand, sa langue d'adoption, est pourtant profondément bulgare, la couverture très vintage, qui correspond finalement très bien à la couverture et à la ligne éditoriale de la collection, est là pour en attester. On trouve très peu d'informations en français sur l'autrice, qui a immigré à Bonn en 1970 à l'âge de vingt ans après son mariage avec un Allemand. Il lui a fallu à peine cinq années pour utiliser l'allemand comme langue d'écriture ! Sept kilos de camomille, c'est quelques pages de l'histoire de Mila, jeune bulgare adolescente, dans la Bulgarie soviétique des années cinquante et soixante, en pleine Guerre Froide. Une jeune fille élevée par sa grand-mère Maminka, l'appartement des parents, professeurs de gym l'un et l'autre, est à peine assez grand pour héberger la fille. L'histoire de Mila est filée par le ramassage de ces sept kilos exactement de camomille, quantité exigée par la coopérative l'encadrement scolaire pour pouvoir être fournie des livres scolaires pour la rentrée prochaine. Le système exigeait en outre, de compléter vingt-deux livres de lecture obligatoire, pratiquer la calligraphie tous les...
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  • Zazaboum 11/06/2023
    Une lecture plaisir comme on aimerait en rencontrer plus souvent ! Une biographique romancée de l'année des 12 ans de l'autrice, au début des années 1960, chez ses grands-parents maternels. Sur les rives de la Mer Noire, à la frontière de la Turquie, la Bulgarie a été sous domination ottomane pendant des siècles, puis indépendante à la fin du 18ème siècle, avec son propre tsar qui s'alliera à l'Allemagne pour la 2ème Guerre mondiale. A l'époque concernée, la Bulgarie faisait partie du Bloc de l'Est soviétique. La fillette vit chez sa grand-mère, Maminka et son grand-père, Diado, dans un petit village, ses parents n'ayant qu'un studio en ville, de toute façon elle n'aime pas la ville et la place manque chez eux. La vie et le travail sont réglés pour le plan quinquennal à réaliser en quatre ans ! Chacun doit donner de lui-même, l'oisiveté, même estivale et enfantine, n'est pas de mise ! Pour recevoir leurs manuels scolaires, les élèves doivent cueillir 7 kilos de camomille pendant les vacances. Notre future héroïne (dans sa tête), rechigne, traine la savate et rêve tout éveillée ! Entre enfance et adolescence, la fillette se pose plein de questions, en pose beaucoup moins aux adultes qui d'ailleurs l'écartent lors de discussions "sérieuses” ! Qu'est-ce que la Guerre froide, dont la radio leur rebat les oreilles ? Doit-elle tricoter des gants ? Où est-elle ? Sera-t 'elle une héroïne qui mourra, après avoir été torturée, pour la patrie ? L'amour et le sexe sont des sujets d'importance et ses définitions de tout ce qu'elle appréhende dans l'été sont des monuments de drôlerie pour nous mais reflète ce qu'elle en a perçu. Son imagination est sans limite et chaque situation ainsi créée est irrésistible de drôlerie et de tendresse ! J'ai ri bien souvent, un peu par souvenir de cet âge et beaucoup par la fin qui s'emballait chaque fois de façon folle ! Une écriture bucolique et solaire comme l'a si bien dit un précédent lecteur, les images et les odeurs sont bien présentes mais enrobées de douceur malgré les duretés de la vie en Bulgarie à cette époque ! J'ai réussi à lire en plusieurs jours pour profiter plus longtemps de cette parenthèse optimiste ! Un coup de coeur que je vous invite à lire ! #Septkilosdecamomille #NetGalleyFrance Jeux en Foli...ttéraire XVI Challenge Féminin 2022/2023 Challenge Multi-Défis 2023 Une lecture plaisir comme on aimerait en rencontrer plus souvent ! Une biographique romancée de l'année des 12 ans de l'autrice, au début des années 1960, chez ses grands-parents maternels. Sur les rives de la Mer Noire, à la frontière de la Turquie, la Bulgarie a été sous domination ottomane pendant des siècles, puis indépendante à la fin du 18ème siècle, avec son propre tsar qui s'alliera à l'Allemagne pour la 2ème Guerre mondiale. A l'époque concernée, la Bulgarie faisait partie du Bloc de l'Est soviétique. La fillette vit chez sa grand-mère, Maminka et son grand-père, Diado, dans un petit village, ses parents n'ayant qu'un studio en ville, de toute façon elle n'aime pas la ville et la place manque chez eux. La vie et le travail sont réglés pour le plan quinquennal à réaliser en quatre ans ! Chacun doit donner de lui-même, l'oisiveté, même estivale et enfantine, n'est pas de mise ! Pour recevoir leurs manuels scolaires, les élèves doivent cueillir 7 kilos de camomille pendant les vacances. Notre future héroïne (dans sa tête), rechigne, traine la savate et rêve tout éveillée ! Entre enfance et adolescence, la fillette se pose plein de questions, en pose beaucoup moins...
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  • Dandine 09/06/2023
    Ce sera une masse critique. Ma particuliere masse critique. Me promenant avec un ami, nous nous arretons devant une librairie. Moi je suis un curieux, lui un impulsif. Moi je regarde les bouquins, lui a besoin de les toucher. Une fois touches ils se collent a lui, et il ressort avec plus qu'il n'en peut porter. Je le deleste d'un, pour l'aider. – Je te l'emprunte, je t'en ferai un compte-rendu. Il me regarde drolement, ne sachant si c'est une blague ou si je suis devenu fou. Il n'est pas au courant, pour Babelio. Nos petites cachotteries d'amis. Il me cache ses amours, je lui cache mes addictions. Un bouquin pris au hasard? Pas vraiment. Un auteur inconnu. La fascination de la decouverte. Rumjana Zacharieva. Une bulgare exilee en Allemagne. Je ne suis pas sur que dans son cas exil soit le mot juste. Une bulgare vivant en Allemagne, ecrivant en allemand ses souvenirs d'enfance en Bulgarie. Elle a quitte la Bulgarie assez jeune, voulant surement fuir le communisme qui y regnait, mais ses souvenirs ne sont pas amers, loin de la. Son texte est impregne de tendresse, regorgeant d'un humour bon enfant, jamais cynique. Et on sent que ce sont ses vrais souvenirs, bien qu'evidemment romances. C'est une fillette qui vit l'ete de ses douze ans avec ses grands-parents maternels dans un village, ses parents, enseignants dans une grande ville, venant la voir deux fois par mois. Elle les attend impatiemment a chaque fois et c'est a chaque fois un bonheur de rencontre. Sa mere est la plus belle et la plus elegante des femmes et son pere est le plus doue des hommes, un idealiste qui s'est forge tout seul, et surtout un merveilleux conteur. Elle reve de passer vivre avec eux en ville quand ils auront un appartement plus grand. Elle est pourtant heureuse avec sa grand-mere, Baba Vitsa, appelee simplement Maminka, qu'elle venere, et avec son grand-pere, Diado Ivan, qu'elle aime bien qu'elle ait un peu peur de lui, surtout quand il revient saoul, ce qui arrive pratiquement un jour sur deux. Elle essaye de comprendre ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, ce qu'on ne lui explique pas, ce qu'on lui cache. le haut-parleur de la place du village evogue la guerre froide et elle se voit en heros de cette guerre, comme le gosse partisan Mitko Palaouzov ou la jeune Zoia Kosmodemianskaia torturee par les nazis, dont on lui gave les oreilles et l'esprit a l'ecole. Elle reve de “mourir pour la liberte". Et qu'est ce qui differencie un communiste d'un capitaliste? Elle finira par noter dans un cahier les definitions apprises pendant l'ete, les definitions des mots qu'elle a fini par comprendre: “ATHEE : quelqu'un qui rale contre Dieu mais boit de l'eau-de-vie tous les dimanches avec le pope, comme Diado Ivan, mon grand-pere maternel. CAPITALISTE : ivrogne qui bat sa femme et n'a jamais un sou en poche, voir Diado Ivan. CHRETIEN : quelqu'un qui commence par frapper et ensuite seulement essuie le crachat sur sa figure. COMMUNISTE : quelqu'un qui croit au yoghourt tout en sachant que le lait etait deja tourne. HOMME SOCIALISTE : exproprie qui fait des heures supplementaires par necessite, attend les Americains et, d'ici là, s'approprie le bien commun, voir de nouveau mon diado Ivan. SAINTE : une communiste sans carte du Parti, voir Maminka.” Tout ce qui a rapport au sexe l'intrigue evidemment beaucoup, elle lit en cachette un livre de vulgarisation, elle jalouse une amie dont les seins commencent a pointer, et quand elle recoit ses premieres regles elle court montrer sa superiorite a son amie: “Maintenant que je suis devenue une vraie femme, elle peut toujours frimer, avec son malheureux petit poil au-dessus de sa fente : « Moi, j'ai deja des vraies regles ! » Quand je lui montre ma serviette des le jour de mon arrivee, elle se pame presque d'envie. Elle en reste sans voix ! Elle ne peut que tirailler sa jupette plissee et deglutir avec peine, sans parvenir à sortir un mot. Elle est au supplice, je le vois bien”. Et il y a ces sept kilos de camomille qu'elle doit cueillir pendant l'ete pour avoir droit a ses livres de classe a la rentree. Elle n'est pas tres degourdie pour le travail, ce sont ses reves qui la travaillent, elle. Reussira-t-elle a remplir sa corvee? Zacharieva arrive, en de courts chapitres, a representer la vie dans la Bulgarie communiste des annees 50-60 du dernier siecle, a la campagne et en general. Et elle reussit a camper des personnages plus vrais que vraisemblables, dans leurs merites et leurs travers, dans leurs joies, leurs peines, leurs reussites et leurs echecs, vus par une petite fille mais aussi apprecies et juges par elle, quand elle ecrit ce livre, melangeant le souvenir et son compte-rendu. “La coquille du temps se brise. Malgre cela, je parviens quelquefois a ne pas glisser hors de l'oeuf du passe mais a retourner en son coeur. Alors je dis : Maintenant ! Je vais a l'essentiel, je me depouille du present qui est absorbe dans la masse molle du passe, je ne sais plus ou est la limite entre moi et mon enfance. La plupart des gens ont cesse de traverser sans effort les frontieres entre aujourd'hui et autrefois, aussi exigent-ils une coherence dans la perspective narrative : le narrateur dans l'« aujourd'hui », l'enfant dans l'« autrefois » ; mais le langage ne sera jamais a la mesure du temps. Et quand la coquille du temps se brise, moi, la femme d'aujourd'hui, je penetre a l'interieur, et quelques secondes apres je me glisserai a nouveau dehors et je serai le cimetiere d'autrefois, que longeront les enfants apres la decouverte de la maison abandonnee, je serai mon actuelle table de travail, je serai ma mere, je serai Maminka et le village, le parfum de camomille et tous ces sept kilos d'ete, la guerre froide et l'envie de mourir pour la liberte, Raina la reine qui vecut au XIXe siecle, et Zoia Kosmodemianskaia…” Zacharieva m'a rendu moi aussi enfant, le temps d'une lecture. J'ai savoure les jours d'ete de l'heroine, ses reves et ses doutes, les crepes de sa Maminka, dont les jupes et le foulard sur la tete m'ont rappele la mienne, j'ai ete jaloux parce qu'elle a eu deux diados, deux grands-peres, moi qui n'en ai connu aucun, deux grands-peres aventuriers: “Je m'avise aussi que Diado Kosta a beaucoup en commun avec mon autre grand-pere. Tous deux sont partis à l'etranger pour y chercher de l'or ; tous deux ont prefere rentrer, en en rapportant autre chose que de l'or : Diado Kosta des livres americains, Diado Ivan des poux allemands. Je complete en pensee la notion de « patriote » pendant ma descente du bus : un patriote, c'est un idiot plein de fierte qui, ou qu'il aille pour s'enrichir, en revient pauvre par amour pour son pays, et ne rapporte au mieux que des livres ou des poux”. Et j'ai aussi ete un peu jaloux de l'ecriture bucolique, solaire, de l'ecrivaine adulte. Ce livre m'a ete un feel-good, dans le meilleur sens de l'expression. Un livre qui amene en ses pages l'ete et le beau temps. Ce sera une masse critique. Ma particuliere masse critique. Me promenant avec un ami, nous nous arretons devant une librairie. Moi je suis un curieux, lui un impulsif. Moi je regarde les bouquins, lui a besoin de les toucher. Une fois touches ils se collent a lui, et il ressort avec plus qu'il n'en peut porter. Je le deleste d'un, pour l'aider. – Je te l'emprunte, je t'en ferai un compte-rendu. Il me regarde drolement, ne sachant si c'est une blague ou si je suis devenu fou. Il n'est pas au courant, pour Babelio. Nos petites cachotteries d'amis. Il me cache ses amours, je lui cache mes addictions. Un bouquin pris au hasard? Pas vraiment. Un auteur inconnu. La fascination de la decouverte. Rumjana Zacharieva. Une bulgare exilee en Allemagne. Je ne suis pas sur que dans son cas exil soit le mot juste. Une bulgare vivant en Allemagne, ecrivant en allemand ses souvenirs d'enfance en Bulgarie. Elle a quitte la Bulgarie assez jeune, voulant surement fuir le communisme qui y regnait, mais ses souvenirs ne sont pas amers, loin de la. Son texte est impregne de tendresse, regorgeant d'un humour bon enfant, jamais cynique. Et on sent que ce sont ses...
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