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10/18
EAN : 9782264041074
Code sériel : 3766
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 752
Format : 108 x 177 mm

Du bout des doigts

Erika Abrams (traduit par)
Date de parution : 20/01/2005
Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait.
Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre... Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Dans cette atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique.

Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.
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EAN : 9782264041074
Code sériel : 3766
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 752
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« Retrouvant le parler cockney de la pègre londonienne, réinventant les décors crapoteux des bas quartiers, l'humidité glaciale des grandes demeures campagnardes, analysant le sadisme lamentable des responsables d'asiles de fous, Sarah Waters navigue avec habileté entre mélodrame historique, énigme et amours interdites. »
M.-C. A., Marie-Claire

« La très talentueuse Galloise Sarah Waters [...] connaît en experte sa grande littérature populaire, et ne peut s'empêcher de jongler avec ses ingrédients les plus extravagants. Avec un art sorcier, délicieusement audacieux, aussi. »
Christine Ferniot, Télérama

« Par des chemins détournés, en passant par l'amour entre deux femmes qui avaient tout pour se haïr, la romancière nous conduit par le bout du nez jusqu'où elle veut aller. Et, pour dire la vérité, on est heureux de s'être laissé mené ainsi. »
Pierre Maury, Le Soir

« Ce formidable récit se déroule dans une Angleterre victorienne et puritaine à souhait. Vous y trouverez les références que vous voudrez : Charles Dickens pour l'humidité froide de ses ambiances, Robert Louis Stevenson pour la noirceur des sentiments. En tout cas, et ce n'est pas lui faire injure que de l'affirmer, on ne dirait jamais que Sarah Waters, 37 ans, vit à notre époque. »
Caroline Andrieu, Le Parisien

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • stcyr04 Posté le 1 Octobre 2021
    Sue Tinder exerce l'honorable profession de fourline, comprenez l'art de délester le contenu des poches de ses victimes de la façon la plus soyeuse possible. Orpheline, elle vit avec sa famille d'adoption dans une maison borgne. Sa mère d'emprunt s'improvise nourrisse, métier consistant à glisser une cuillère à café de gin dans le gosier de la marmaille pour calmer leur angoisse. Comme lointaine figure paternelle, le serrurier de la boutique attenante, faisant métier de receleur, oeuvre d'intérêt public s'il en est, qui fait vivre une partie non négligeable du Borough. Pour la bonne bouche ajoutez un chenapan, une simple d'esprit et un cabot. Un jour, un bellâtre de leurs amis, rend visite à la respectable couvée pour leur proposer une combine : il s'agirait, avec l'aide de Sue, d'escroquer une héritière qui vit sous la coupe d'un oncle odieux, qui s'en sert comme secrétaire afin de  collationner les nombreux volumes de sa bibliothèque libertine. Du bout des doigts est un formidable jeu de dupes dont la narration est prise en charge par les deux figures féminines principales du roman. Sarah Waters pastiche avec brio l'atmosphère et les motifs du roman victorien  et dickensien.  On retrouve l'attrait de la réclusion de la... Sue Tinder exerce l'honorable profession de fourline, comprenez l'art de délester le contenu des poches de ses victimes de la façon la plus soyeuse possible. Orpheline, elle vit avec sa famille d'adoption dans une maison borgne. Sa mère d'emprunt s'improvise nourrisse, métier consistant à glisser une cuillère à café de gin dans le gosier de la marmaille pour calmer leur angoisse. Comme lointaine figure paternelle, le serrurier de la boutique attenante, faisant métier de receleur, oeuvre d'intérêt public s'il en est, qui fait vivre une partie non négligeable du Borough. Pour la bonne bouche ajoutez un chenapan, une simple d'esprit et un cabot. Un jour, un bellâtre de leurs amis, rend visite à la respectable couvée pour leur proposer une combine : il s'agirait, avec l'aide de Sue, d'escroquer une héritière qui vit sous la coupe d'un oncle odieux, qui s'en sert comme secrétaire afin de  collationner les nombreux volumes de sa bibliothèque libertine. Du bout des doigts est un formidable jeu de dupes dont la narration est prise en charge par les deux figures féminines principales du roman. Sarah Waters pastiche avec brio l'atmosphère et les motifs du roman victorien  et dickensien.  On retrouve l'attrait de la réclusion de la romancière, qu'il soit d'ordre pénitencier ou hospitalier. Enfin, l'auteur joue volontiers avec les motifs et les fantasmes de l'univers saphique. de la  bien bonne littérature britannique contemporaine, qui puise ses racines dans le siècle phare du roman européen. 
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  • Ingannmic Posté le 5 Août 2021
    Sarah Waters serait-elle nostalgique de l'ère victorienne ? On peut en tout cas imaginer son intérêt pour une époque qu'elle a utilisée comme cadre de ses trois premiers romans, dont "Du bout des doigts". Avouons que ses intrigues et ses personnages trouvent parfaitement leur place au cœur de cette fin de XIXème siècle qui voit cohabiter conservatisme et progressisme, moralité et décadence. Et, ainsi que le montre l'auteure dans ce passionnant roman, ce n'est pas spécifiquement dans les bas-fonds londoniens que se nichent les manifestations d'une perversité qui s'accommode fort bien de la rigidité morale qui règne au sein de de la grande bourgeoisie victorienne... Comme dans "Affinités" et "Caresser le velours", ses deux précédents titres, ce sont des femmes qui tiennent ici le rôle de personnages principaux, et de même, elle y évoque des amours lesbiennes. Sue Trinder, orpheline dont la mère a été pendue pour meurtre, a été recueillie par Mme Sucksby, qui l'a élevée comme sa propre fille. Elle a ainsi grandi dans le borough de Londres, choyée, dans une maisonnée bruyante et animée, repaire de brigands de toutes sortes. Mais voilà que Sue quitte cette atmosphère gouailleuse et populeuse pour la morne et silencieuse grisaille d'une vaste demeure de la campagne... Sarah Waters serait-elle nostalgique de l'ère victorienne ? On peut en tout cas imaginer son intérêt pour une époque qu'elle a utilisée comme cadre de ses trois premiers romans, dont "Du bout des doigts". Avouons que ses intrigues et ses personnages trouvent parfaitement leur place au cœur de cette fin de XIXème siècle qui voit cohabiter conservatisme et progressisme, moralité et décadence. Et, ainsi que le montre l'auteure dans ce passionnant roman, ce n'est pas spécifiquement dans les bas-fonds londoniens que se nichent les manifestations d'une perversité qui s'accommode fort bien de la rigidité morale qui règne au sein de de la grande bourgeoisie victorienne... Comme dans "Affinités" et "Caresser le velours", ses deux précédents titres, ce sont des femmes qui tiennent ici le rôle de personnages principaux, et de même, elle y évoque des amours lesbiennes. Sue Trinder, orpheline dont la mère a été pendue pour meurtre, a été recueillie par Mme Sucksby, qui l'a élevée comme sa propre fille. Elle a ainsi grandi dans le borough de Londres, choyée, dans une maisonnée bruyante et animée, repaire de brigands de toutes sortes. Mais voilà que Sue quitte cette atmosphère gouailleuse et populeuse pour la morne et silencieuse grisaille d'une vaste demeure de la campagne anglaise. Elle le fait à la demande de Gentleman, un habitué de son foyer d'adoption, qui sollicite son aide pour mener à bien un "coup" destiné à l'enrichir. La victime de ces manigances est Maud Lilly, jeune fille naïve dont son oncle a la charge. Ce dernier, bibliophile d'un genre particulier, cloître sa nièce dans la demeure évoquée ci-dessus, et la fait travailler avec lui sur le projet d'un index littéraire. Gentleman, ayant appris que Maud est la bénéficiaire d'un important héritage, qu'elle ne percevra qu'à condition qu'elle se marie, a entrepris de la séduire. Pour pouvoir concrétiser ce projet, il a fait engager Sue comme femme de chambre de celle qu'il espère être sa future épouse... On comprend aisément l'intérêt d'avoir situé l'intrigue de "Du bout des doigts" sous le règne de la reine Victoria. Cela permet en effet à Sarah Waters de mettre l'accent sur les contradictions présentes au sein de la société anglaise, et de nous en faire découvrir une facette méconnue. Sous les apparences de rigueur morale et de pudibonderie que l'on associe à cette période, se dissimulent goût du plaisir, et un intérêt pour la sexualité que l'on exprime non pas certes au sein des familles, mais dans des lieux qui y sont dédiés, ou en s'adonnant à la littérature pornographique, par exemple. Les héroïnes de Sarah Waters reflètent ces contradictions. Tour à tour naïves ou manipulatrices, sentimentales ou sensuelles, elles font parfois preuve d'une duplicité qu'il est difficile de leur reprocher. En effet, bien qu'à la fin du XIXème siècle se profilent, en Angleterre comme en Europe, les prémices d'une émancipation féminine, le "sexe faible" est encore loin de pouvoir jouir d'une quelconque indépendance, sociale ou morale. Les manœuvres et les mensonges utilisés par les protagonistes de Sarah Waters ont en partie pour but d'accéder à une liberté qui leur a toujours été refusée. Un autre des avantages à situer le récit dans le contexte victorien, c'est que d'emblée, il se teinte d'une atmosphère particulière, à la fois sordide et haute en couleurs lorsque l'on fréquente les bas quartiers de Londres, sombre et pesante lorsque l'on s'égare dans les longs couloirs inhospitaliers de la demeure des Lilly. Et précisons pour finir que l'auteure maîtrise à la perfection tous les aspects de son roman, qui allie suspense (l'auteure nous réserve un retournement de situation, dont, bien sûr, je ne vous dirai rien), aventure et mystère, et nous propose de complexes et fascinants portraits de femmes.
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  • VALENTYNE Posté le 28 Avril 2021
    Londres 1862 Dans les bas-fonds de la ville, vit une troupe de voleurs à la tire. Parmi eux, Mr Ibbs est receleur, Mme Stuchky « élève » des enfants abandonnés, Susan est l'une d'elle et a 17 ans. Arrive un homme, bien mis de sa personne, Richard Rivers. Escroc de profession, il propose à Susan de monter un « coup » avec lui....il s'agit pour lui de convaincre Maud, une riche héritière, de l'épouser, Susan devient la femme de chambre de Maud afin d'organiser « l'enlèvement ». Voici pour le départ de l'histoire qui connaîtra de nombreux rebondissements tout au long de trois parties. Dans la première partie, c'est Susan la narratrice qui nous détaille la mise en place du piège. Dans la deuxième partie, l'action est vue par Maud, qui nous révèle les secrets éludés dans la première partie. Dans la troisième partie, Sue reprend la parole... Voici un livre enthousiasmant tant par le sujet, (Londres au XIXeme siècle) que par la façon de traiter (alternance des narrateurs, rebondissements,,) Une réussite !
  • SisteroftheMoon Posté le 2 Mars 2021
    Ce roman est une machine littéraire mieux huilée que mon matos de labo. Il a la structure, le cadre, l'intrigue, etc. Tout ce qu'il faut pour tourner les pages et veiller la nuit, mais pas ce qui résiste aux années et demeure à l'esprit. Autrement dit, il n'a pas d'âme. Rien que l'essentiel. Mon essentiel à moi ... C'est une bonne leçon d'architecture littéraire, de plot twist et de cadre. Un modèle féministe bien pesé. De quoi satisfaire mes appétits cartésien et politique (et nourrir ma propre structure de roman) mais sans plus. Mon penchant romanesque est resté sur le carreau, car le récit est : - Très matérialiste : foule de faits, de gestes, d'objets nous bouchent les sens primaires. On croule sous le détail sensoriel. Ce qui rend l'immersion victorienne british très physique. Fait d'autant plus appréciable qu'on traîne souvent au milieu d'une bibliothèque insolite elle-même nichée dans l'aile sombre d'un mystérieux manoir... - Malicieux : Trahisons, escroqueries et roublardises foisonnent dès les premières pages. Oui c'est délicieux, oui c'est bien trouvé. Si bien qu'on ne voit vraiment pas venir une giga-pirouette en particulier. Effet revigorant qui vous arrachera sûrement des Oooh et des Aaah ❄Peu (ou pas) sentimental : machinations... Ce roman est une machine littéraire mieux huilée que mon matos de labo. Il a la structure, le cadre, l'intrigue, etc. Tout ce qu'il faut pour tourner les pages et veiller la nuit, mais pas ce qui résiste aux années et demeure à l'esprit. Autrement dit, il n'a pas d'âme. Rien que l'essentiel. Mon essentiel à moi ... C'est une bonne leçon d'architecture littéraire, de plot twist et de cadre. Un modèle féministe bien pesé. De quoi satisfaire mes appétits cartésien et politique (et nourrir ma propre structure de roman) mais sans plus. Mon penchant romanesque est resté sur le carreau, car le récit est : - Très matérialiste : foule de faits, de gestes, d'objets nous bouchent les sens primaires. On croule sous le détail sensoriel. Ce qui rend l'immersion victorienne british très physique. Fait d'autant plus appréciable qu'on traîne souvent au milieu d'une bibliothèque insolite elle-même nichée dans l'aile sombre d'un mystérieux manoir... - Malicieux : Trahisons, escroqueries et roublardises foisonnent dès les premières pages. Oui c'est délicieux, oui c'est bien trouvé. Si bien qu'on ne voit vraiment pas venir une giga-pirouette en particulier. Effet revigorant qui vous arrachera sûrement des Oooh et des Aaah ❄Peu (ou pas) sentimental : machinations obligent, on ne s'étale pas sur les émotions, on se demande même des fois si Maud et Susan en ont. Je les ai suivies comme 2 souris dans le beau labyrinthe de l'autrice, plus par suspense que par empathie. D'ailleurs, ce roman joue sur cette seule gamme : le suspense. Il est loin du roller-coaster émotionnel. Les autres états du cœur sont bien trop légers. Ce qui ne m'aurait pas gênée si l'autrice n'avait pas mis la romance entre Maud et Susan au centre de l'intrigue. Romance peu crédible, surfaite et pudique par dessus le marché. - Pas si machinal que ça : la logique bien rodée faille vers la fin. Je ne peux dire pourquoi, mais l'incohérence des personnages a pointé là où j'en attendais le plus. Et petit bémol personnel qui indiffère sûrement certain.e.s : le double temps de narration. Susan narre la 1ère et la 3ème partie au passé. Maud narre la seconde partie au présent. Ok pour le double point de vue, mais par pour le temps. Si ça avait pour but de rendre l'action plus palpable, c'est raté. À voir si c'est pareil en version originale... Bref, à lire si vous aimez les page-turners!
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  • mumuboc Posté le 6 Février 2021
    Un pavé oui mais quel pavé..... Les pages ont défilé, je me suis plongée dedans avec un plaisir fou et pourtant je reconnais qu'au début j'ai eu quelques doutes car je pensais que c'était une énième histoire sur le destin d'une jeune fille dans le Londres de le milieu du XIXème siècle, orpheline, vivant dans les bas-fonds de la ville  au sein d'une sorte de famille "cour des miracles". Mais comme l'écriture était agréable et très visuelle, les personnages attachants et hauts en couleur, très bien incarnés, j'ai continué et puis...... un twist en fin de première partie (le roman en comporte trois) m'a sidérée et dans le bon sens. Je me suis dit, ah oui, c'est ainsi que l'auteure décide de construire son roman et de se jouer des lecteur(rice)s. Après Sue, l'héroïne, c'est Maud qui prend la parole, celle que Sue devait escroquée. Elles ont des points communs : l'âge mais des milieux différents : Sue totalement inculte, au franc-parler, volontaire, Maud, elle, a reçu une éducation avant de rejoindre son oncle dans une grande demeure délabrée et l'aide à rédiger un index sur une certaine littérature. Elle est plus réservée et vit sous la coupe d'un oncle tyrannique.... Un pavé oui mais quel pavé..... Les pages ont défilé, je me suis plongée dedans avec un plaisir fou et pourtant je reconnais qu'au début j'ai eu quelques doutes car je pensais que c'était une énième histoire sur le destin d'une jeune fille dans le Londres de le milieu du XIXème siècle, orpheline, vivant dans les bas-fonds de la ville  au sein d'une sorte de famille "cour des miracles". Mais comme l'écriture était agréable et très visuelle, les personnages attachants et hauts en couleur, très bien incarnés, j'ai continué et puis...... un twist en fin de première partie (le roman en comporte trois) m'a sidérée et dans le bon sens. Je me suis dit, ah oui, c'est ainsi que l'auteure décide de construire son roman et de se jouer des lecteur(rice)s. Après Sue, l'héroïne, c'est Maud qui prend la parole, celle que Sue devait escroquée. Elles ont des points communs : l'âge mais des milieux différents : Sue totalement inculte, au franc-parler, volontaire, Maud, elle, a reçu une éducation avant de rejoindre son oncle dans une grande demeure délabrée et l'aide à rédiger un index sur une certaine littérature. Elle est plus réservée et vit sous la coupe d'un oncle tyrannique. Elles sont opposées, rivales mais un lien va se nouer entre elles, un lien sensuel, inexplicable, une attirance dont elles-mêmes n'arrivent pas à mettre en mots. Autre vision de l'histoire à travers Maud (dont je ne vous dirai bien sûr rien du tout) et là l'auteure reprend sa narration à travers sa deuxième héroïne, elle déconstruit pour reconstruire et même si elle repart depuis le début, aucun ennui car elle y ajoute ce qu'il faut d'intrigues, de mystères, de révélations, le tout dans un univers très victorien et gothique où chaque personnage offre plusieurs visages mais voilà..... Quel est le vrai ? "Mais les mots, Hawtrey, les mots - hein ? Ils nous séduisent dans le noir, et l'esprit de chacun les revêt de chair et d'habits à sa guise. (p291)" Sarah Waters ne s'arrête pas là et jusqu'à la dernière page elle nous mène par le bout du nez, maintenant le suspens, retournant les situations, les personnages, elle leur prête différents comportements, brouille les cartes et se joue d'eux, chacun pouvant apparaître machiavélique ou innocent. Jeu des apparences, tout est trouble mais à aucun moment je n'ai été perdue, bien au contraire, j'ai beaucoup aimé les revirements de situations et l'angle pris par l'auteure, j'en redemandais même. Rien n'a été laissé au hasard et il y a une parfaite maitrise du sujet que ce soit dans sa construction mais également dans l'ambiance créée. Mais au-delà de l'histoire de Sue et Maud, elle peint le tableau des conditions de vie dans les orphelinats, les asiles d'aliénés, du Londres des bas-fonds mais également dans une demeure sinistre, fournissant une foule de détails permettant de visualiser les lieux mais sans que cela ne soit pesant. On ne peut s'empêcher de penser à Charles Dickens ou Daphné du Maurier voire les sœurs Brönté et en particulier Emily pour les ambiances. Un roman, un vrai roman, avec ce qu'il faut d'aventures, de mystères, d'ambiance, de personnages à la fois inquiétants mais également attachants, des revirements et rebondissements qui vous scotchent par la manière dont l'auteure vous les amène et les dépose parfois de manière sèche, vous donnant une autre vision, une autre orientation. Elle joue des apparences, des identités, oriente différemment son récit et en fait un roman d'amour, de loyauté et d'amitié à différents niveaux où parfois le plus sombre, le plus vil revêt également de la beauté d'âme. Une mini-série britannique a été adaptée de ce roman : Fingersmith.
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