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Ébène
Aventures africaines
Véronique Patte (traduit par)
Date de parution : 17/10/2002
Éditeurs :
Pocket

Ébène

Aventures africaines

Véronique Patte (traduit par)
Date de parution : 17/10/2002

LES GRANDS TEXTES DU XXe SIÈCLE

Quand Ryszard Kapuściński arrive comme journaliste à Accra, la capitale du Ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début d'une passion qui...

LES GRANDS TEXTES DU XXe SIÈCLE

Quand Ryszard Kapuściński arrive comme journaliste à Accra, la capitale du Ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début d'une passion qui ne le quittera plus. Pendant des années, ce grand reporter, observateur exceptionnel, sillonne le continent noir, habite les quartiers des...

LES GRANDS TEXTES DU XXe SIÈCLE

Quand Ryszard Kapuściński arrive comme journaliste à Accra, la capitale du Ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début d'une passion qui ne le quittera plus. Pendant des années, ce grand reporter, observateur exceptionnel, sillonne le continent noir, habite les quartiers des Africains, s'expose à des conditions de vie qu'aucun correspondant occidental n'aurait acceptées.
Car Kapuściński s'intéresse surtout aux gens. Le tumulte de la vie quotidienne le passionne.

« Un chef-d'œuvre hybride et bouleversant ; peu de livres ont fait sentir l'Afrique d'aussi près. » Jacques Meunier – Le Monde

Ce livre majeur a reçu le prestigieux prix littéraire italien Viareggio

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EAN : 9782266114585
Code sériel : 11351
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm
EAN : 9782266114585
Code sériel : 11351
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« Un chef-d'œuvre hybride et bouleversant ; peu de livres ont fait sentir l'Afrique d'aussi près. »

Jacques Meunier - Le Monde

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • afriqueah 13/11/2022
    Bien que Ryszard Kapuscinski dans son incipit se garde bien de généraliser sur l’Afrique, il le fait quand même, en en relevant les ressemblances psychiques, au delà des dissemblances évidentes entre quelques pays où il vit. C’est un monde, ce livre, une Bible, une étude particulièrement aigue, reconnaissante, proche de la réalité des manières de vivre de certains africains. Un chef d’œuvre pour qui veut comprendre quelques points communs à la partie sub-saharienne de l’Afrique. 1-Le temps n’a pas la même valeur qu’en Europe où l’on court et où on oublie de respirer et de penser ( enfin, certains ) Le temps, en Afrique, « est une catégorie beaucoup plus lâche, ouverte, élastique, subjective, ».C’est l’homme qui invente son temps, avec l’aide des ancêtres toujours présents, et les dieux, aussi. Le temps est mis en marche par nous les humains, il n’existerait pas si nous n’y pensions pas. ( Saint Augustin l’Africain le disait déjà.) 2- La mobilité : les villages sont parfois en proie aux épidémies, aux invasions, au feu, à la stérilité des sols, d’où la nécessité de migrer par « l’esquive, la dérobade et la ruse » 3-La solitude, une situation intenable pour... Bien que Ryszard Kapuscinski dans son incipit se garde bien de généraliser sur l’Afrique, il le fait quand même, en en relevant les ressemblances psychiques, au delà des dissemblances évidentes entre quelques pays où il vit. C’est un monde, ce livre, une Bible, une étude particulièrement aigue, reconnaissante, proche de la réalité des manières de vivre de certains africains. Un chef d’œuvre pour qui veut comprendre quelques points communs à la partie sub-saharienne de l’Afrique. 1-Le temps n’a pas la même valeur qu’en Europe où l’on court et où on oublie de respirer et de penser ( enfin, certains ) Le temps, en Afrique, « est une catégorie beaucoup plus lâche, ouverte, élastique, subjective, ».C’est l’homme qui invente son temps, avec l’aide des ancêtres toujours présents, et les dieux, aussi. Le temps est mis en marche par nous les humains, il n’existerait pas si nous n’y pensions pas. ( Saint Augustin l’Africain le disait déjà.) 2- La mobilité : les villages sont parfois en proie aux épidémies, aux invasions, au feu, à la stérilité des sols, d’où la nécessité de migrer par « l’esquive, la dérobade et la ruse » 3-La solitude, une situation intenable pour un africain, qui vit regroupé en famille, protégé par le clan, faisant toujours « partie de ». D’où la difficulté pour les écrivains africains de s’isoler pour écrire. Car survivre, dans des conditions précaires, ne peut se faire qu’en groupe, avec l’aide , de plus, des ancêtres, confondus dans l’imaginaire avec les dieux. 4- La Matrilinéarité : l’enfant appartient aux deux époux, cependant, c’est bien l’ascendance de la femme qui prévaut, entre autres avec le pouvoir de l’oncle maternel, vrai père de l’enfant. (Matrilinéarité n’est pas matri localité, les femmes continuent à aller habiter chez leurs époux, le pouvoir cependant leur appartient.) 5- Les esprits. Ils existent, des sorciers peuvent faire du mal, « manger les âmes », ce que nous européens appelons dépression, tout en étant aussi démunis pour en comprendre les raisons que eux, qui croient aux sorciers sans jamais en avoir vu un. Les sorciers agissent souvent à distance, et agissent. 6- Les bestioles : « des fissures du plancher et des murs, des chambranles et des coins, dessous les tasseaux et rebords des fenêtres sortent au grand jour des armées de fourmis, de mille-pattes, d’araignées et de scarabées, s’envolent des nuées de mouches et de papillons de nuit. »Et les plus redoutables, les moustiques. 7- Le partage : jamais un enfant ne mangera sans en donner aux autres, la nourriture étant un acte social par excellence. Même si elle est rare, surtout si elle est rare, elle se partage, le jour même. ( d’ailleurs, garder de la nourriture est un acte condamné d’avance, vu le nombre de souris affamées elles aussi) Journaliste polonais appelé sur les zones de conflits, Kapuscinski ne se contente pas de ces idées générales, il analyse les raisons des guerres, avec une vraie connaissance et vraie compréhension de ce dont il parle. Une appartenance aux civilisations qu’il visite, on pourrait dire de l’intérieur, sans ingénuisme, sans idée préconçue, au plus près de la vérité, relevant les paradoxes ; j’en cite certains : Le Ghana est le premier pays au Sud du Sahara à obtenir l’indépendance, Nkrumah partisan du panafricanisme, accueille tous les mouvements activistes du continent et des Noirs Américains , avec les dissensions inattendues, ou comment une vraie bonne idée peut capoter( voir Maya Angelou) Zanzibar a été peuplé de musulmans réfugiés de Chiraz en Iran, qui ont vaincu les Portugais , avant d’être colonie britannique. Puis un agitateur déclare que les Arabes, propriétaires des plantations de girofliers et de cocotiers, et cerveaux de la traite et de la vente des esclaves, -servant souvent de porteurs de l’ivoire, huile de palme, peaux de bêtes sauvages , pierres précieuses, à destination de l’Orient- sont des étrangers, et donc, à combattre. Et l’Indépendance, justement, pour les Arabes, signifie prendre le pouvoir, les Noirs veulent aussi le pouvoir. Problème. Le Rwanda : ce petit pays est divisé en non pas deux ethnies, deux tribus, deux religions différentes mais en deux castes, comme sous l’ancien Régime en France : les propriétaires de bétail, Tutsis, 14% de la population, et la caste des agriculteurs, les Hutus , 85% de la population. Révolution des uns contre les autres, répression et mise à feu, vengeance , peur de la vengeance, très profondément ancrée chez les africains, dit l’auteur et génocide que l’on connait. Le Libéria : seul pays d’Afrique de l’Ouest à ne pas avoir connu le colonialisme, d’anciens esclaves venus d’Amérique y accostent. Ils sont affranchis, et, comble du malheur dont Graham Greene parle dans son livre « Voyage sans carte », ils vont se conduire comme des colons. Ils n’ont connu que l’esclavage, puisqu’on sait qu’ être affranchi aux USA , c’est être toujours esclave, alors, ils le recréent , ce statut, à leur avantage sur ces sauvages indigènes. Malheur, malheur. Suivi d’autres malheurs, coup d’Etat, dictatures, terreur, coup d’Etat. Et livre absolument génial, historique, attentif aux histoires qu’il transmet, une somme, un chef d’œuvre, qui m’a été offert par Dombrow01, Pierre Duchesne III .
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  • Ingannmic 24/03/2022
    Dès 1962, Ryszard Kapu#347;ci#324;ski (1932-2007) travaille pour l'Agence de presse polonaise en tant que correspondant permanent, notamment en Afrique. "Ebène" est une compilation de ses "aventures africaines", ainsi que le précise le sous-titre de l’ouvrage. D’aventures il y est en effet bien question, puisqu’il y relate entre autres son combat contre un puissant cobra, comment il a cru mourir sous des tirs de roquette lors d’une embuscade, puis pris dans une tempête au large du Zanzibar, ou encore la fois où, tombé en panne en plein milieu du désert en compagnie d’un chauffeur peu bricoleur, il s’est demandé si ce dernier allait partager son unique gourde d’eau… Ces péripéties plus ou moins anecdotiques animent ses récits -en même temps qu’elles forcent l’admiration-, mais sont surtout représentatives de ce qu’est le journalisme selon Ryszard Kapu#347;ci#324;ski : une immersion totale au cœur de ses sujets, motivée par la quête d’objectivité, une curiosité profondément constructive, et un immense intérêt pour l’autre. Il vit ainsi la plupart du temps parmi les Africains, installé dans des quartiers misérables et parfois réputés dangereux où ne traîne aucun touriste car son objectif est de faire connaissance avec le peuple, de découvrir son mode de vie, sa culture,... Dès 1962, Ryszard Kapu#347;ci#324;ski (1932-2007) travaille pour l'Agence de presse polonaise en tant que correspondant permanent, notamment en Afrique. "Ebène" est une compilation de ses "aventures africaines", ainsi que le précise le sous-titre de l’ouvrage. D’aventures il y est en effet bien question, puisqu’il y relate entre autres son combat contre un puissant cobra, comment il a cru mourir sous des tirs de roquette lors d’une embuscade, puis pris dans une tempête au large du Zanzibar, ou encore la fois où, tombé en panne en plein milieu du désert en compagnie d’un chauffeur peu bricoleur, il s’est demandé si ce dernier allait partager son unique gourde d’eau… Ces péripéties plus ou moins anecdotiques animent ses récits -en même temps qu’elles forcent l’admiration-, mais sont surtout représentatives de ce qu’est le journalisme selon Ryszard Kapu#347;ci#324;ski : une immersion totale au cœur de ses sujets, motivée par la quête d’objectivité, une curiosité profondément constructive, et un immense intérêt pour l’autre. Il vit ainsi la plupart du temps parmi les Africains, installé dans des quartiers misérables et parfois réputés dangereux où ne traîne aucun touriste car son objectif est de faire connaissance avec le peuple, de découvrir son mode de vie, sa culture, ses difficultés. En vrai caméléon, il s’adapte à tout, et en retire une grande richesse grâce aux multiples rencontres que lui permet cette immersion. Ses textes, en balayant plusieurs décennies de reportages, nous emmènent de la fin des années 50 à l’aube des années 2000 et du Sénégal à l’Ethiopie en passant par l’Erythrée, le Ghana, le Nigéria, l’Ouganda, la Somalie, le Mali, le Liberia… La diversité et la multiplicité de ses voyages démontrent une évidence qu’il énonce d’emblée : "l’africain" n’existe pas en tant qu’entité à part entière. L’Afrique regroupe des centaines d’ethnies et de clans. La notion d'identité est pour la plupart de ses habitants déterminée par le lien avec la famille, le groupe, et non par le village ou la ville où ils sont nés. C’est ainsi que depuis toujours, c'est une terre à l’intérieur de laquelle le mouvement, la migration sont permanents. On retrouve néanmoins au fil des récits certaines constantes, des caractéristiques liées à un héritage culturel ancestral ou aux impératifs d’un environnement naturel hostile qui impose certain mode de vie : l’importance du clan et de la solidarité dont on doit faire preuve en toutes occasions avec ses membres ; l’omniprésence des ancêtres, même morts ; la hantise de la solitude, considérée comme une malédiction, une condamnation ; la vision à la fois existentielle et surnaturelle portée sur les événements, en se convaincant que les tragédies sont liées à l’intervention de forces occultes. La notion même du temps est déterminée par les contraintes extérieures : c’est l’événement qui, lorsqu’il survient, détermine le moment, et non le contraire. On ne prévoit rien, puisque quand on part, on ne sait jamais quand on arrive, et la question n’est jamais de savoir quand on revient, mais si on revient. L’auteur dépeint la vie quotidienne au sein des villages ou des villages, avec ses rituels et ses contraintes, les règles qui régentent les relations entre les individus. La faim est omniprésente : trouver de quoi boire, se nourrir -généralement une seule fois par jour-, détermine l’organisation des journées. Ses reportages l’amènent tantôt au cœur de vastes étendues vides où règnent la sécheresse -domaine des Touaregs-, tantôt dans le grouillement des villes où déferle en permanence une population en quête de nourriture et de travail, qui meurt passivement de faim et de soif dans des bidonvilles insalubres, faits de bric et de broc. Le dénuement, la pauvreté, l’instabilité sociale et politique qu’évoquent les textes imprègnent le lecteur avec force. "Ebène" est un ouvrage très précieux pour comprendre comment et pourquoi l’Afrique s’est engluée dans ce marasme. Ryszard Kapu#347;ci#324;ski nous explique de manière limpide mais jamais simpliste les enjeux politiques et démontre leurs imbrications avec un héritage historique dont les conflits actuels tirent souvent leurs origines. Il a assisté aux remous récents de l’histoire africaine, présent au Ghana en 1958 au moment de la conquête de l'indépendance, en Ethiopie lors de la chute de l’empire d’Hailé Sélassié, au Zanzibar au moment de la révolution qui met fin à 200 ans de domination d’élite arabophone. Il était à Lagos en 1966 lors du putsch militaire qui a conduit à l’assassinat de masse de figures politiques… Des années 1970 aux années 1990, il couvre guerres civiles, révoltes, coups d'état, massacres et famines. Il croise des anonymes et des dictateurs : Amin Dada en Ouganda, Samuel Doe au Liberia… Il tient une conférence sur la genèse du génocide rwandais. Il lie les événements dont il est le témoin au contexte, présent et passé, qui les a engendrés, en insistant notamment sur les plaies qu’ont laissées l’esclavage et la colonisation sur l’Afrique, qui ne s'est toujours pas relevée de ces calamités. Ce continent, où s’étaient déjà imposés les religions d’occupants -catholiques ou musulmans- qui ont appauvri une culture indigène basée sur l’oralité, a ensuite été vidé par les trafiquants d'esclaves, le condamnant à une vie végétative. Aujourd'hui encore, de nombreux territoires sont dépeuplés, transformés en désert. Mais les conséquences de cet asservissement sont également psychologiques, à l'origine d'un complexe d'infériorité dont les Africains ont du mal à se défaire, ayant empoisonné les relations humaines, semé la haine et la guerre. "De l'Afrique, l'européen ne voit que l'enveloppe extérieure, une partie, peut-être la moins intéressante et la moins importante. (…) Le drame de nos civilisations, et de l'Europe notamment, c'est que jadis les premiers contacts avec l'Afrique ont été le privilège d'individus de la pire engeance. (…) Les relations humaines ont été fixées d'après le critère le plus primitif : celui de la couleur de peau. Le racisme est devenu une idéologie selon laquelle l'homme définissait sa place dans l'ordre mondial. (…) Le racisme, la haine de l'autre, le mépris et le désir d'extermination trouvent leurs racines dans les relations coloniales en Afrique. C'est là-bas que tout a été inventé et mis en pratique, bien des siècles avant que les systèmes totalitaires ne viennent greffer leurs expériences lugubres et honteuses sur l'Europe du 20e siècle." Avec la décolonisation, les africains ont cru qu’ils accéderaient à la liberté et à une vie confortable. Or, le terrain sur lequel les indépendances ont pris pied était miné, et ce n'est pas ce qui s'est passé. Dans un contexte de guerre froide, l'est et l'ouest ont ignoré les problèmes et les affaires des pays faibles et dépendants, les gérant seulement selon leurs propres intérêts, avec leur supériorité et leur arrogance ethnocentriques d’occidentaux. La décolonisation a ravivé d'anciennes relations interethniques, un réseau complexe d'antagonismes et de ressentiments que le pouvoir étranger avait ignoré, allant jusqu’à imposer comme condition à l’indépendance que les ennemis d'hier s’associent. L'espoir des années 50 et 60 des pays enfin libérés du joug colonial a ainsi fait place à des luttes acharnées pour le pouvoir, aux conflits tribaux et ethniques, à la corruption et aux assassinats. À l'image de la frénésie et de la précipitation avec laquelle tout se fait au 20e siècle, il a suffi de quelques jours pour qu’émerge alors une classe gouvernante de nouveaux riches, qui se sont empressés de se remplir les poches. On est passé de l'optimisme à une amère désillusion ainsi qu’à une haine tournée vers les élites régnantes et une atmosphère propice aux révoltes et aux coups d’état, les armes automatiques apportées -avec plus d’empressement que l’électricité ou les infrastructures- par la civilisation moderne décuplant alors le nombre de victimes. C’est ainsi qu’au cours du XXème siècle, une majorité de noirs a péri de la main de noirs. A cela s’est ajouté le fléau de la sécheresse qui s'est abattue sur le continent dans les années 70 puis 80, brûlant les champs, décimant le bétail. Des millions d’africains sont morts de faim pendant que des millions d'autres allaient chercher le salut dans les villes où était distribué une aide internationale que l’inaccessibilité des villages empêchait d’arriver jusqu’aux campagnes. Un bilan post-colonial bien désespérant, d’autant plus que l’Afrique a perdu la plupart de ses intellectuels, partis vivre à l'étranger, amoindrissant encore les opportunités pour ce continent de se développer, et a fortiori de participer aux grandes mutations mondiales. Pour autant, la note sur laquelle Ryszard Kapu#347;ci#324;ski clôt son recueil n’est pas désespérée : en donnant la parole à de nouvelles voix, celles justement de certains de ces intellectuels que compte dorénavant l’Afrique, convaincus que l’instruction est l’enjeu primordial de l’Afrique puisqu’elle permettra entre autres de lutter contre un aveuglement ethnique qui ne peut qu’entraver son développement, il sous-entend, même si la route est longue, la possibilité de lendemains meilleurs… Un ouvrage essentiel, passionnant et humaniste. "L'Afrique a toujours été perçue, et elle continue de l'être, comme un objet, comme le reflet d'une autre étoile, comme un terrain d'action pour les colonisateurs, les marchands, les missionnaires, les ethnographes toutes sortes d'organisations caritatives. Néanmoins elle existe, en dépit de tout, pour elle-même, en elle-même : continent éternel, fermé et isolé, terre de bananeraies, de petits champs irréguliers de manioc, jungle, Sahara immense, fleuves qui se dessèchent lentement, forêts qui s'éclaircissent, villes malades et monstrueuses, espace chargé d'une électricité nerveuse et violente."
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  • BRUMANT 03/01/2022
    La route de koumassi. C’est le Deuxième livre de cet auteur que je lis. Il a été traduit par Veronique Patte.A quoi ressemble la gare routière d’Accra . A un grand cirque qui fait une brève halte et qui est un festival de musique et de couleurs. Les bus font davantage penser à des pullmans glissants sur des autoroutes. Autobus aux couleurs vives. j’ai lu de lui un livre sur le Négus qui était fort intéressant. L’Africain croit à l’existence de 3 mondes parallèles. Celui qui l’entoure fait de réalité palpable. le monde des ancêtres défunts. Enfin le monde des esprits ou les swahili mangent les petits enfants. cet écrivain dit sèchement les choses qu’il voit. Je deviens plus critique et pourtant j’aime cet auteur. Je suis né dans ces années de décolonisation et plein d’espoir. Je suis marqué par ce point de vue. Je pense au sommeil, à Vero qui dort mal, a l’émission de télé sur la 5 qui en parle. Je pense aussi a l’assoupissement de l’auteur en camion. On se penche sur moi. Il fait encore nuit. J’aime les livres papiers qui encombrent la maison.
  • Nuageuse 31/12/2021
    Je finis l'année par un voyage en Afrique en compagnie de Ryszard Kapuscinski que j'avais rencontré à la Fac par son ouvrage Mes voyages avec Hérodote. Ryszard Kapuscinski, grand reporter polonais, va dans plusieurs pays africains au moment de leur indépendance à la fin des années 50 et dans les années 60. Contrairement aux autres Blancs, il souhaite vivre avec la population locale. À Lagos, il se plaint que sa maison soit très souvent cambriolée à un ami. Cet ami lui dit que les Nigerians le considèrent comme un des leurs et qu'ils savent qu'il ne les dénoncera pas à la police. Néanmoins cet ami va mettre une branche d'une plante à l'entrée de sa maison qui empêchera les futurs vols. En lisant Ébène, j'ai eu plusieurs fois l'envie de m'excuser auprès des ethnies africaines pour tout le mal que nous, Européens, leur avons fait subir... Les pages sur l'esclavage m'ont mis les larmes aux yeux. Certains Africains étaient envoyés dans les troupes britanniques et françaises, ils ont découvert que les Blancs pouvaient se faire la guerre. Ébène est un voyage qui restera longtemps en moi par sa force et son humanisme. Un livre à lire et à relire.
  • itculture 27/10/2021
    Relecture. Du Sahara à la corne de l'Afrique, Ébène est un terrible et merveilleux voyage initiatique à travers une vingtaine de pays d'Afrique noire. Mais attention, ce n'est pas n'importe quel voyage! C'est un voyage d'aventure, une expérience unique. Un récit qui donne des frissons (chapitre sur le Libéria notamment), des petites anecdotes qui font rire et d'autres qui feraient pleurer ! Mr Kapuscinky a le don d'être très observateur, discret et excellent narrateur. Il a débarqué au Ghana en 1958 comme correspondant d'une agence de presse polonaise, et n'a cessé depuis de sillonner le continent et présente, au travers de 29 chapitres, les fragments de quatre décennies d'aventures africaines. On y croise des dictateurs, des vendeurs ambulants, des prêtres et des enfants. Conteur fascinant, Kapuscinski nous fait ressentir la chaleur abrutissante, tenace, de ces contrées, l'angoisse d'une tempête de sable ou de la traversée d'un troupeau de buffles, la spontanéité des rapports humains. Il sait aussi expliquer, sans clichés ni raccourcis, l'anatomie d'un coup d'État, l'histoire du génocide rwandais ou encore les guerres d'enfants, l'enfer du Liberia, ou celui des bidonvilles de Dakar et d'ailleurs. Un voyage au cœur des mystères de l'Afrique, au cœur des ténèbres de... Relecture. Du Sahara à la corne de l'Afrique, Ébène est un terrible et merveilleux voyage initiatique à travers une vingtaine de pays d'Afrique noire. Mais attention, ce n'est pas n'importe quel voyage! C'est un voyage d'aventure, une expérience unique. Un récit qui donne des frissons (chapitre sur le Libéria notamment), des petites anecdotes qui font rire et d'autres qui feraient pleurer ! Mr Kapuscinky a le don d'être très observateur, discret et excellent narrateur. Il a débarqué au Ghana en 1958 comme correspondant d'une agence de presse polonaise, et n'a cessé depuis de sillonner le continent et présente, au travers de 29 chapitres, les fragments de quatre décennies d'aventures africaines. On y croise des dictateurs, des vendeurs ambulants, des prêtres et des enfants. Conteur fascinant, Kapuscinski nous fait ressentir la chaleur abrutissante, tenace, de ces contrées, l'angoisse d'une tempête de sable ou de la traversée d'un troupeau de buffles, la spontanéité des rapports humains. Il sait aussi expliquer, sans clichés ni raccourcis, l'anatomie d'un coup d'État, l'histoire du génocide rwandais ou encore les guerres d'enfants, l'enfer du Liberia, ou celui des bidonvilles de Dakar et d'ailleurs. Un voyage au cœur des mystères de l'Afrique, au cœur des ténèbres de ce continent au destin tragique. Un document incontournable.
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