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        Le Français

        Robert Laffont
        EAN : 9782221187708
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 216
        Format : 1 x 215 mm
        Le Français

        Date de parution : 20/08/2015
        La métamorphose d’un inoffensif garçon de campagne en bourreau de l’État islamique.
        Qu’y a-t-il dans la tête et le cœur de ces petits Français « de souche » qui partent se faire tuer en Syrie au nom du djihad ? Le Français est la réponse romanesque à cette interrogation.
        Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, broie du noir dans sa Normandie natale, zone...
        Qu’y a-t-il dans la tête et le cœur de ces petits Français « de souche » qui partent se faire tuer en Syrie au nom du djihad ? Le Français est la réponse romanesque à cette interrogation.
        Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, broie du noir dans sa Normandie natale, zone grise entre province et grande banlieue de Paris. La belle Stéphanie éclaire un temps la monotonie de ses jours, mais elle n’est qu’un mirage. Puisque l’horizon est sans issue, pourquoi ne pas fuir ? Ce sera d’abord l’Afrique, au Mali, dans le sillage d’individus peu recommandables.  Aux portes du désert, il suffit de se rêver grand pour le devenir. Cette illusion-là non plus ne dure pas longtemps. Le rêve se termine quelque part en Syrie, dans une forteresse djihadiste où les hommes ont oublié leur humanité. Le Français, dont nous avons suivi pas à pas le chemin, y devient un monstre presque contre son gré. Sa lucidité d’enfant perdu est un cri déchirant dont l’écho se prolonge bien après la dernière page.
        En faisant parler son anti-héros à la première personne, Julien Suaudeau nous oblige à partager ses sentiments, ses peurs, ses envies. L’horreur du monde contemporain, vue mille fois dans les médias, devient une matière complexe et riche en nuances. Au-delà de sa résonance avec la réalité, ce parti pris audacieux donne un texte puissant, porté par une voix autre, un sens du détail et des dialogues qui évoque les grands naufragés du roman américain.

        "Impressionnant de maîtrise et de réalisme."
        Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine

        "Remarquablement écrit, ce roman permet de comprendre l’incompréhensible."
        Alexis Broca, Le Magazine littéraire
         
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        EAN : 9782221187708
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 216
        Format : 1 x 215 mm
        Robert Laffont
        18.00 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • EmiC Posté le 23 Janvier 2017
          Ici, pas de nom pour un héros anonyme, français non musulman, perdu dans une ville sans lendemain et sans avenir : Évreux. Il a la vingtaine, vit chez sa mère avec Nono, son affreux beau-père violent et qui le bat dès que l'envie l'en prend. Il survit grâce à son job de livreur et rêve à une relation amoureuse avec Stéphanie, la fille de ses rêves. Un soir il accepte de monter en voiture avec Stéphanie et deux de ses amis, jusqu'à arriver sur une ancienne base militaire où un drame aura lieu. Ce drame marque un tournant dans la vie du héros. Greg, un de ses collègues est une personne sur qui il peut compter, il y a également Ali, un vieil arabe qui le soigne un soir alors que Nono vient de lui arracher une oreille... et là tout s'enclenche. Ali lui parle de religion, lui dit qu'il connaît quelqu'un qui peut l'aider, un trafiquant bosniaque à qui le héros et Greg vont revendre du matériel informatique tombé du camion. Le bosniaque lui propose un travail dans un cybercafé de Bamako, la capitale malienne, il accepte et s'envole vers un horizon qu'il pense meilleur que celui d’Évreux... L'engrenage... Ici, pas de nom pour un héros anonyme, français non musulman, perdu dans une ville sans lendemain et sans avenir : Évreux. Il a la vingtaine, vit chez sa mère avec Nono, son affreux beau-père violent et qui le bat dès que l'envie l'en prend. Il survit grâce à son job de livreur et rêve à une relation amoureuse avec Stéphanie, la fille de ses rêves. Un soir il accepte de monter en voiture avec Stéphanie et deux de ses amis, jusqu'à arriver sur une ancienne base militaire où un drame aura lieu. Ce drame marque un tournant dans la vie du héros. Greg, un de ses collègues est une personne sur qui il peut compter, il y a également Ali, un vieil arabe qui le soigne un soir alors que Nono vient de lui arracher une oreille... et là tout s'enclenche. Ali lui parle de religion, lui dit qu'il connaît quelqu'un qui peut l'aider, un trafiquant bosniaque à qui le héros et Greg vont revendre du matériel informatique tombé du camion. Le bosniaque lui propose un travail dans un cybercafé de Bamako, la capitale malienne, il accepte et s'envole vers un horizon qu'il pense meilleur que celui d’Évreux... L'engrenage continue jusqu'à devenir le "boucher aux yeux bleus". Le héros donne l'impression de vivre tout cela malgré lui, et effectivement se naïveté l'emmènera beaucoup trop loin... Le récit est court, prenant et incisif. Tout se déroule très vite, comme pour montrer à quel point un jeune peut vite se laisser emporter et manipuler, d'autant plus s'il vit dans une ville ou un quartier où aucun avenir n'est possible, où la réussite ne frappe jamais à la porte. Ce livre est d'actualité, pour comprendre au moins un des chemins qui peut mener vers le djihad : celui d'une jeunesse en péril en quête de repère, d'avenir et prête à croire à tout ce qu'on lui promet pour réussir sa vie. Le héros ne se retrouve pas dans l'islam, et pourtant seule cette voie semble lui apporter une certaine réussite, un certain succès, donc il s'y engouffre sans même s'en rendre compte, comme si tout cela était un processus naturel. L'écriture est belle, mais parfois il aurait été appréciable d'avoir plus de détails et un récit peut-être plus complet, plus développé et étoffé. Je pense toutefois que ce fut une volonté de Julien Suaudeau, d'adopter une écriture et un style plus percutant que ceux de son premier roman "Dawa". Un bon moment de lecture et de questionnement.
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        • encoredunoir Posté le 29 Novembre 2016
          La vingtaine, trimant dans un entrepôt pour une société de livraison dans une petite ville grise, il n’a guère autre chose à faire que s’ennuyer. Entre la maison où, quand son beau-père violent n’est pas là, il ne peut que se confronter à la douleur de sa mère au chômage, et cette vie morne, il n’a même plus vraiment de rêves. Alors quand les circonstances, nécessairement mauvaises, se jouent de lui, il a tôt fait de glisser. De se laisser porter par la lueur fugace de la possibilité de vivre autre chose et par l’espoir de trouver finalement sa voie. C’est comme ça que d’Évreux à la Syrie en passant par le Mali, il va devenir un des visages des exécuteurs d’otages de l’État Islamique. Deuxième roman de Julien Suaudeau après Dawa qui s’intéressait déjà de près au phénomène de radicalisation et à ses mécanismes, Le Français se fait plus intime en plongeant le lecteur dans la tête et les tripes de ce grand blond passif, guère intéressé par la religion mais totalement en rupture avec une société incapable de lui offrir un semblant d’espoir de s’extraire de sa condition. La vacuité d’une existence qu’il faut remplir avec ce que... La vingtaine, trimant dans un entrepôt pour une société de livraison dans une petite ville grise, il n’a guère autre chose à faire que s’ennuyer. Entre la maison où, quand son beau-père violent n’est pas là, il ne peut que se confronter à la douleur de sa mère au chômage, et cette vie morne, il n’a même plus vraiment de rêves. Alors quand les circonstances, nécessairement mauvaises, se jouent de lui, il a tôt fait de glisser. De se laisser porter par la lueur fugace de la possibilité de vivre autre chose et par l’espoir de trouver finalement sa voie. C’est comme ça que d’Évreux à la Syrie en passant par le Mali, il va devenir un des visages des exécuteurs d’otages de l’État Islamique. Deuxième roman de Julien Suaudeau après Dawa qui s’intéressait déjà de près au phénomène de radicalisation et à ses mécanismes, Le Français se fait plus intime en plongeant le lecteur dans la tête et les tripes de ce grand blond passif, guère intéressé par la religion mais totalement en rupture avec une société incapable de lui offrir un semblant d’espoir de s’extraire de sa condition. La vacuité d’une existence qu’il faut remplir avec ce que l’on trouve et qui, quand l’amour glisse entre les doigts, quand l’amitié demeure superficielle, finit par se remplir avec autre chose et, pourquoi pas la haine. De soi d’abord, et d’un monde dans lequel on ne sait plus vivre ensuite. Attention, Julien Suaudeau n’est pas un moraliste. Pas question de développer de grandes thèses, pas de généralisation hâtive et encore moins de recherche d’une excuse. Il s’agit ici de comprendre les ressorts qui agitent un individu parmi d’autres. Et la rencontre avec un autre djihadiste occidental montre d’ailleurs bien combien le chemin qui mène dans un camp du désert syrien peut être différent selon les individus. Il n’en demeure pas moins que l’auteur touche quelque chose du doigt : qu’a donc à offrir aujourd’hui notre société à un enfant d’une France périphérique secouée par une crise économique mais aussi sociale et plus largement morale ? Que fait-on quand, une fois que l’on ne peut plus se payer les loisirs que l’on nous vend en masse et que l’on est seul face à soi-même sans pouvoir s’aimer ? Quand le désir de mort l’emporte sur l’espoir de vivre mieux ? En cela et même s’il met à jour quelques rouages de l’endoctrinement – en particulier ici un inextinguible désir « canin », comme le qualifie le personnage du roman, de se plier aux ordres pour se faire aimer – Le Français parle moins de djihadisme que du cheminement intime d’un jeune homme incapable de trouver sa place dans un système qui l’ignore et de la manière dont l’accumulation de déceptions, d’échecs, d’humiliations, le pousse à lâcher prise. Celui-ci s’est laissé porter vers le djihad, d’autres choisiront d’autres voies, certainement pas moins tragiques. Il y a là-dedans, finalement, toute la banalité du mal, le besoin d’avoir une cause à servir, quelle qu’elle soit, pour combler un vide et la plongée dans une âme qui, sous le vernis de la passivité, bout. Jusqu’à l’explosion.
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        • SophieLesBasBleus Posté le 13 Mars 2016
          Un direct à l'estomac qui m'a laissée KO, sonnée pour un long moment ! Ce "Français", le narrateur, est un jeune homme de 20 ans, à peine sorti de l'adolescence. A Evreux, où il vit chez sa mère malade et son beau-père violent,la grisaille enveloppe autant le ciel, la ville, les immeubles, les gens que l'avenir. L'avenir ? Comment envisager un avenir lorsque le présent et la présence font défaut ? De désir d'être aimé en déceptions, de recherche de sens en engrenages absurdes, le narrateur se retrouve sourire aux lèvres, sabre à la main, sur des milliers d'écrans... Plus je repense à ce livre et plus je l'interroge : peut-on comprendre l'inacceptable ? Certes l'on compatit face à ce que subit ce jeune homme, l'écrasement de ses rêves, somme toute banals, les humiliations, les sévices qu'il endure. L'histoire qu'il nous raconte de l'intérieur, son histoire, est effroyable, insupportable et nous incline à la mansuétude. Mais le roman, bien après sa fin, continue de saper toutes nos certitudes. Les images épouvantables qu'il suggère ne cessent de nous hanter et l'empathie ressentie au moment de la lecture alterne constamment avec un rejet instinctif, viscéral. Et l'on passe de l'un à l'autre en se... Un direct à l'estomac qui m'a laissée KO, sonnée pour un long moment ! Ce "Français", le narrateur, est un jeune homme de 20 ans, à peine sorti de l'adolescence. A Evreux, où il vit chez sa mère malade et son beau-père violent,la grisaille enveloppe autant le ciel, la ville, les immeubles, les gens que l'avenir. L'avenir ? Comment envisager un avenir lorsque le présent et la présence font défaut ? De désir d'être aimé en déceptions, de recherche de sens en engrenages absurdes, le narrateur se retrouve sourire aux lèvres, sabre à la main, sur des milliers d'écrans... Plus je repense à ce livre et plus je l'interroge : peut-on comprendre l'inacceptable ? Certes l'on compatit face à ce que subit ce jeune homme, l'écrasement de ses rêves, somme toute banals, les humiliations, les sévices qu'il endure. L'histoire qu'il nous raconte de l'intérieur, son histoire, est effroyable, insupportable et nous incline à la mansuétude. Mais le roman, bien après sa fin, continue de saper toutes nos certitudes. Les images épouvantables qu'il suggère ne cessent de nous hanter et l'empathie ressentie au moment de la lecture alterne constamment avec un rejet instinctif, viscéral. Et l'on passe de l'un à l'autre en se disant finalement que l'on ne sait rien. Rarement un roman m'a causé un tel choc. Un choc salutaire, sans doute, car il empêche toute simplification, tout manichéisme. Il refuse d'expliquer et d'excuser et nous laisse là, pantelants, démunis, dépouillés de nos a-priori. Oui, un roman salutaire à lire l'esprit et le coeur ouverts, même si ça fait mal.
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        • ComiteromansPoissy Posté le 16 Février 2016
          Second roman choc de Julien Suaudeau après Dawa, qui décrivait la préparation par une cellule terroriste de six attaques à Paris prévues un vendredi 13, le tout sur fond de campagne électorale… En s’attaquant une seconde fois au sujet du djihadisme, l’auteur tente d’apporter des éléments de réflexion sur les raisons du basculement vers la terreur, en cherchant à faire voler en éclat tous les préjugés et préconçus. C’est notre voisin de palier qui devient un bourreau, et son parcours est finalement plus une affaire de circonstances, de mauvaises rencontres que de convictions, religieuses ou autres. Dans la forteresse djihadiste se trouvent des hommes de toutes origines, dont un des points communs est le vide total, et l’idée d’une absence de perspectives offertes dans leurs pays d’origine. Mais ils ne répondent à aucuns stéréotypes. Le roman dénonce la pauvreté, la misère sociale et affective, et surtout le vide culturel comme terreau de l’islam radical. Pour le personnage, le djihad n’est même pas une façon de donner un sens à sa vie, ce n’est en rien un engagement, plutôt une façon de montrer « sa vie de mort ». Certaines parties de l’histoire ne m’ont pas toujours... Second roman choc de Julien Suaudeau après Dawa, qui décrivait la préparation par une cellule terroriste de six attaques à Paris prévues un vendredi 13, le tout sur fond de campagne électorale… En s’attaquant une seconde fois au sujet du djihadisme, l’auteur tente d’apporter des éléments de réflexion sur les raisons du basculement vers la terreur, en cherchant à faire voler en éclat tous les préjugés et préconçus. C’est notre voisin de palier qui devient un bourreau, et son parcours est finalement plus une affaire de circonstances, de mauvaises rencontres que de convictions, religieuses ou autres. Dans la forteresse djihadiste se trouvent des hommes de toutes origines, dont un des points communs est le vide total, et l’idée d’une absence de perspectives offertes dans leurs pays d’origine. Mais ils ne répondent à aucuns stéréotypes. Le roman dénonce la pauvreté, la misère sociale et affective, et surtout le vide culturel comme terreau de l’islam radical. Pour le personnage, le djihad n’est même pas une façon de donner un sens à sa vie, ce n’est en rien un engagement, plutôt une façon de montrer « sa vie de mort ». Certaines parties de l’histoire ne m’ont pas toujours semblé crédibles. Le personnage, qui évoque son histoire à la première personne, semble avoir une vraie capacité d’analyse et un recul sur lui-même qui semble difficilement compatible avec son engagement aveugle et froid dans la terreur. Il m’a donc semblé que c’était l’auteur qui parlait à travers son personnage. Au-delà de ça, des phrases qui interpellent et qui interrogent les évènements actuels : « Vous ne pouvez pas nous faire la guerre puisque nous sommes vous » « Moi et tous les autres, Nono, les copains du fils Bianconi, mon père, ma mère, nous étions morts à la naissance parce que nous étions d’ici. Je voulais qu’ils sachent que j’étais parti me faire pendre ailleurs ; je voulais que tous se sentent morts et défaits en pensant à moi et qu’ils n’aient plus que leurs yeux pour pleurer dans leurs vies de morts. » Florence (Le Vésinet)
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        • Garoupe Posté le 30 Novembre 2015
          « Plus tard, en nettoyant la vitre sur le parking de l’entrepôt, j’ai pensé qu’on était des hommes. Il y avait dans cette évidence comme l’ombre d’un très grand malheur. » L’itinéraire de ce jeune homme de presque vingt-et-un ans est le récit d’un effacement, d’un renoncement, d’un reniement. Le personnage principal de ce roman, « Le Français », également surnom donné au jeune homme par ses compagnons de guerre, est un jeune homme d’une banalité crasse : petite vie miséreuse, mais vie quand même, dans une banlieue d’Evreux, entouré de sa mère, accidenté de la route, de son beau-père qui le frappe sans que personne, y compris le cogneur, ne sache vraiment pourquoi, de ses collègues de travail qui consiste à faire commis-livreur. Cette vie aussi misérable et glauque soit-elle va tout lui prendre : méthodiquement elle va le priver de toutes ses attaches familiales (le jour ou son beau-père frappe une fois de trop, une fois trop fort), sentimentales (le jour où il croise Stéphanie dont il est amoureux dans les bras d’un autre) et sociales (le jour où il est pratiquement contraint de fuir). Sa fuite, il l’organise à Bamako. Grâce à Ali, un de ses anciens collègues, et Mirko,... « Plus tard, en nettoyant la vitre sur le parking de l’entrepôt, j’ai pensé qu’on était des hommes. Il y avait dans cette évidence comme l’ombre d’un très grand malheur. » L’itinéraire de ce jeune homme de presque vingt-et-un ans est le récit d’un effacement, d’un renoncement, d’un reniement. Le personnage principal de ce roman, « Le Français », également surnom donné au jeune homme par ses compagnons de guerre, est un jeune homme d’une banalité crasse : petite vie miséreuse, mais vie quand même, dans une banlieue d’Evreux, entouré de sa mère, accidenté de la route, de son beau-père qui le frappe sans que personne, y compris le cogneur, ne sache vraiment pourquoi, de ses collègues de travail qui consiste à faire commis-livreur. Cette vie aussi misérable et glauque soit-elle va tout lui prendre : méthodiquement elle va le priver de toutes ses attaches familiales (le jour ou son beau-père frappe une fois de trop, une fois trop fort), sentimentales (le jour où il croise Stéphanie dont il est amoureux dans les bras d’un autre) et sociales (le jour où il est pratiquement contraint de fuir). Sa fuite, il l’organise à Bamako. Grâce à Ali, un de ses anciens collègues, et Mirko, un trafiquant venu d’Europe de l’Est, il quittera sa misère française pour une autre misère. Sauf qu’à Bamako, on va lui tendre la main et à travers la détresse qu’il porte en lui, celui qui deviendra « Le Français » se voit offrir une lueur d’espoir dont il ne peut pas pressentir qu’elle toute relative et basée sur le mensonge. Alors il s’engouffre dans la brèche de l’islam et de la taqiya, l’art de la duperie et de la dissimulation… Le seul hic c’est qu’il ne fait finalement que se duper lui-même jusqu’à commettre l’impensable, malgré la tentative de manipulation des services secrets français, et décapiter à visage découvert des otages occidentaux aux mains des terroristes. Le jeune garçon n’est pas la victime d’une radicalisation opérée en France avant qu’il ne parte sur les traces du terrorisme. Il est l’aboutissement d’un processus lent et pernicieux. La force du processus qui s’opère insidieusement chez « Le Français » est de proposer une alternative au néant. D’ailleurs le personnage central ne demande que cela : exister, être quelqu’un, rester un homme… Il n’en aura finalement que l’illusion, marionnette dans les mains de ses manipulateurs, qu’ils soient terroristes ou agents français fréquentant un Radisson qui fonctionne comme une vitrine de ce que haïssent les terroristes (femmes, sexe, extravagance, colonialisme et tant d’autres choses) quand bien même leurs comportements ne seraient pas si différents. C'est d'ailleurs toute l'ambiguïté et la dichotomie entre le discours et les actes. Les terroristes décrédibilisent ainsi ce qu'ils considèrent comme un acte de foi et qui n'est rien d'autre qu'un mensonge et une tromperie de plus. A la lumière de ce qui se passe dans le monde depuis quelques semaines, ce livre n’est ni une excuse, ni une explication. Il a quelque chose de prémonitoire (il est sorti fin août 2015). Il est une lumière projetée sur un drame humain auquel notre société n’apporte aucune réponse, un mal profondément encré que le fossé entre les malades (potentiellement la jeunesse dans son ensemble car elle partage de manière aveugle le sentiment de rejet) et les médecins (notre classe politique qui n’a jamais aussi peu maîtrisé la situation). Et personnellement, je ne vois pas comment nous pouvons nous en sortir… Le très bel article de Samuel Dock : http://www.huffingtonpost.fr/samuel-dock/la-naissance-des-monstres-djihad-francais_b_8240032.html Une interview de l’auteur : http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Le-vide-de-notre-sous-culture-nous-revient-en-pleine-gueule-Julien-Suaudeau-870719
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