Lisez! icon: Search engine
Tous ceux qui tombent
Visages du massacre de la Saint-Barthélemy
Collection : SH / À la source
Date de parution : 02/09/2021
Éditeurs :
La Découverte

Tous ceux qui tombent

Visages du massacre de la Saint-Barthélemy

Collection : SH / À la source
Date de parution : 02/09/2021
Fin août 1572. À Paris, des notaires dressent des inventaires après décès, enregistrent des actes, règlent des héritages. Avec minutie, ils transcrivent l’ordinaire des vies au milieu d’une colossale hécatombe.... Fin août 1572. À Paris, des notaires dressent des inventaires après décès, enregistrent des actes, règlent des héritages. Avec minutie, ils transcrivent l’ordinaire des vies au milieu d’une colossale hécatombe. Mais ils livrent aussi des noms, des adresses, des liens.
Puisant dans ces archives notariales, Jérémie Foa tisse une micro-histoire de...
Fin août 1572. À Paris, des notaires dressent des inventaires après décès, enregistrent des actes, règlent des héritages. Avec minutie, ils transcrivent l’ordinaire des vies au milieu d’une colossale hécatombe. Mais ils livrent aussi des noms, des adresses, des liens.
Puisant dans ces archives notariales, Jérémie Foa tisse une micro-histoire de la Saint-Barthélemy soucieuse de nommer les anonymes, les obscurs jetés au fleuve ou mêlés à la fosse, à jamais engloutis. Pour élucider des crimes dont on ignorait jusqu’à l’existence, il abandonne les palais pour les pavés, exhumant les indices d’un massacre de proximité, commis par des voisins sur leurs voisins. Car à descendre dans la rue, on croise ceux qui ont du sang sur les mains, on observe le savoir-faire de la poignée d’hommes responsables de la plupart des meurtres. Sans avoir été prémédité, le massacre était préparé de longue date – les assassins n’ont pas surgi tout armés dans la folie d’un soir d’été.
Au fil de vingt-cinq enquêtes haletantes, l’historien retrouve les victimes et les tueurs, simples passants ou ardents massacreurs, dans leur humaine trivialité : épingliers, menuisiers, rôtisseurs de la Vallée de Misère, tanneurs d’Aubusson et taverniers de Maubert, vies minuscules emportées par l’événement.
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782348057885
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 352
Format : 140 x 205 mm
EAN : 9782348057885
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 352
Format : 140 x 205 mm

Ils en parlent

Que peut-on découvrir de nouveau après tant d’études, de thèses, d’hypothèses, sur les ressorts, les responsables, les victimes de ce massacre qui a peut-être coûté la vie à 10000 personnes dans l’ensemble du royaume de Charles IX, dont quelques milliers dans la seule capitale ? En tournant le dos au Louvre, en délaissant le monarque, les Guises et leurs intrigues, en ignorant Catherine de Médicis, Jérémie Foa, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille, propose un regard inédit : l’événement observé d’en bas, au ras du sang, à partir des victimes et de leurs bourreaux.
Joël Cornette / L'Histoire

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • PJN 20/11/2022
    Une série de courts chapitres, proches des archives, des sources (citations à l'appui), pour raconter le massacre, entre voisins, dans une société d'interconnaissances, avec beaucoup de références historiques et de découvertes. L'auteur multiplie les références : Umberto Eco, Arlette Farge, Erwin Goffman, Alexandre Dumas. J'apprécie son approche de l'historien comme découvreur de nouvelles sources, archéologue plutôt qu'historien narrateur du déjà su...Le goût de l'archive, cela me parle...
  • Tricape 21/01/2022
    L'histoire nous a longtemps été contée à partir "du haut" avec des dates de batailles, des noms de dynasties et de personnages célèbres. Mais c'est par la littérature que j'ai mieux compris de larges pans de notre passé : en étant invité à accompagner des personnages immergés dans le grand flot des événements et en partageant ainsi avec eux "de l'intérieur" le cours des événements de leur époque. Au lieu de survoler le paysage dans un atlas ou album photographique, on en traverse une partie à pied, en compagnie de gens de peu, ce qui impose une approche plus profonde, car "vécue". Convaincu par le "co-vécu". La Saint-Barthélemy ? Vous en souvenez-vous ? Massacre ignoble de chrétiens par des chrétiens. Dates, chiffres, noms : que nous reste-t-il de tout cela ? Jérémie Foa nous raconte les événements à partir de la base, celle des individus impliqués. En ce temps-là, hélas comme toujours, l’être humain a des comportements exécrables inhérents à sa nature même : le voisin dénonce, le voisin assassine, le voisin "n'a rien vu", parfois l'assassin vient habiter dans la demeure de sa victime dont le corps flotte encore sur... L'histoire nous a longtemps été contée à partir "du haut" avec des dates de batailles, des noms de dynasties et de personnages célèbres. Mais c'est par la littérature que j'ai mieux compris de larges pans de notre passé : en étant invité à accompagner des personnages immergés dans le grand flot des événements et en partageant ainsi avec eux "de l'intérieur" le cours des événements de leur époque. Au lieu de survoler le paysage dans un atlas ou album photographique, on en traverse une partie à pied, en compagnie de gens de peu, ce qui impose une approche plus profonde, car "vécue". Convaincu par le "co-vécu". La Saint-Barthélemy ? Vous en souvenez-vous ? Massacre ignoble de chrétiens par des chrétiens. Dates, chiffres, noms : que nous reste-t-il de tout cela ? Jérémie Foa nous raconte les événements à partir de la base, celle des individus impliqués. En ce temps-là, hélas comme toujours, l’être humain a des comportements exécrables inhérents à sa nature même : le voisin dénonce, le voisin assassine, le voisin "n'a rien vu", parfois l'assassin vient habiter dans la demeure de sa victime dont le corps flotte encore sur la Seine, le mari profite des troubles dans le quartier pour faire disparaître sa femme (à moins que cela ne soit le contraire), les enfants sont éliminés avec leurs parents, le riche évite la dague en payant rançon, etc. De rares cas d’humanité sont rapportés. L’histoire "n’a pas de morale" : l’assassin meurt souvent enrichi et de sa belle mort dans son lit. Les représentations moyenâgeuses de l'Enfer ont sous-estimé la cruauté dont sont capables les hommes. Buchenwald. L'énorme travail de recherche dans les archives s'apparente à un travail de policier. Encore faut-il que ce policier ait du flair et du talent. L'enquête est difficile : il faut affronter la graphie des manuscrits de l'époque, leur vocabulaire et leurs nombreuses coquilles sous lesquelles démasquer "l'appellation originelle du disparu". La reproduction dactylographiée de nombreux extraits de registres renforce l'impression du lecteur d'accompagner l'auteur dans le déchiffrage qu'il a dû réaliser. Cette lecture n'est pas une visite virtuelle du passé : on peut y toucher de la main les traces laissées sur les murs par les croix arrachées au-dessus des fosses communes. Ces vingt-cinq tableaux de victimes et assassins nous laissent une profonde impression de malaise : comment l'apparente banalisation du crime et des atrocités a-t-elle pu exploser en quelques jours ? Quoiqu'elle transparaisse entre les lignes de cette exposition, il manque peut-être en introduction la présentation de la tension croissante entre les protagonistes au cours des années précédentes, celle de la relative accalmie ayant résulté de la Paix de Saint-Germain (1570) puis la montée en pression ayant conduit deux ans plus tard à l'explosion que l'on sait. Le tsunami surgit ; on y assiste totalement médusé, sans avoir perçu aucun signe avant-coureur autre que celui que l'enseignement de l'histoire des Guerres de Religion a laissé dans les mémoires scolaires de la plupart d'entre nous. Ravensbrück. Jérémie Foa, historien, n'hésite pas à nous parler un peu de lui ; il commence ainsi un chapitre : "Une fois, j'ai rêvé de la Tour Eiffel". Avouez que relater cette anecdote dans un ouvrage signé par un universitaire et consacré à des faits historiques datant de 450 ans n'est pas banal. Plus loin, il évoque le film "La Reine Margot". L'auteur nous parle de lui en train d'écrire. J'aime cette forme d'écriture, elle se rapproche de la littérature. Il réussit à maintenir une réserve entre ce qu'il décrit et ce qu'il ressent : pas de pathos, pas de voyeurisme. Ce récit tient de la photographie. Mauthausen. Srebrenica. Rwanda ... Tout ça, c'est de l'histoire ancienne me direz-vous. Non. Comme nous pouvons tous le faire, l'auteur, de-ci de-là, fait des rapprochements entre l'objet de son étude et notre époque. La décapitation de Samuel Paty démontre que ce que l'on croyait à jamais derrière nous reste d'une "troublante actualité".
    Lire la suite
    En lire moins
  • Ink-Heart 15/01/2022
    Quel génial livre d'histoire ! Tout est parfait dans cet ouvrage de l'un des grands spécialistes des Guerres de religions qui nous entraîne dans son enquête sur la Saint Barthélémy. On pourrait se demander ce qu'il y a de plus à dire sur cet événement très commenté et très étudié depuis des centaines d'années. Cependant, Jérémie Foa nous donne vite tord en prenant le contre-pied des autres historiens. Il part du plus bas, des noms de victimes, et se met en quête de leurs "massacreurs", dresse leurs portraits, vérifie si les circonstances de leurs morts sont crédibles, si les alibi tiennent, cherche de nouvelles victimes, remontent les pistes via les archives et nous le retranscrit comme on écrirait un thriller politique. C'est jouissif, prenant et très bien construit sous forme de nouvelles chacune s'intéressant à une victime potentielle, un massacreur ou bien les habitants restés en retrait. Avec Foa on plonge dans cet évènement en partant du ras du sol où l'on découvre avec lui que ce n'est pas un massacre commis dans la folie d'une foule populeuse et haineuse mais un massacre répété, calculé et maitrisé par des catholiques extrémistes bourgeois en relation les uns avec les autres dans des... Quel génial livre d'histoire ! Tout est parfait dans cet ouvrage de l'un des grands spécialistes des Guerres de religions qui nous entraîne dans son enquête sur la Saint Barthélémy. On pourrait se demander ce qu'il y a de plus à dire sur cet événement très commenté et très étudié depuis des centaines d'années. Cependant, Jérémie Foa nous donne vite tord en prenant le contre-pied des autres historiens. Il part du plus bas, des noms de victimes, et se met en quête de leurs "massacreurs", dresse leurs portraits, vérifie si les circonstances de leurs morts sont crédibles, si les alibi tiennent, cherche de nouvelles victimes, remontent les pistes via les archives et nous le retranscrit comme on écrirait un thriller politique. C'est jouissif, prenant et très bien construit sous forme de nouvelles chacune s'intéressant à une victime potentielle, un massacreur ou bien les habitants restés en retrait. Avec Foa on plonge dans cet évènement en partant du ras du sol où l'on découvre avec lui que ce n'est pas un massacre commis dans la folie d'une foule populeuse et haineuse mais un massacre répété, calculé et maitrisé par des catholiques extrémistes bourgeois en relation les uns avec les autres dans des communautés bien délimitées. Des groupes bien intégrés, bien entraînés qui terrorisent et harcèlent les huguenots depuis des années et ruminent leur rancoeur après la paix de Saint Germain en attendant l'occasion de se venger. On est fasciné de découvrir les ressorts d'un massacre qui n'aurait pas eu lieu sans ces terribles voisins qui quadrillent le quartier et savent où frapper et qui balancer dans la Seine. On est pris à la gorge face aux tentatives désespérés des huguenots pour s'enfuir, se repentir ou qui refusent d'abjurer au péril de leurs vies. Je n'avais jamais été tenu en haleine par un livre d'histoire. Jérémie Foa non seulement bouleverse la façon d'aborder et de travailler sur la Saint Barthélémy par cet éclairage précieux et inédit mais il met aussi en scène ses enquêtes, ses questionnements tel un détective à la recherche des coupables : il tâtonne, admet ses erreurs, emportements et fantasmes qui lui font faire fausses routes. On plonge aussi dans ce qu'est le travail d'un historien et ses nombreux atermoiements et frustrations. Bref, on a l'impression de lire un travail d'historien à la manière d'un grand roman policier. Un livre d'Histoire, essentiel, éclairant, enthousiasmant et très bien écrit. J'ai été emballée, vous ne pouvez que l'être aussi !
    Lire la suite
    En lire moins
  • adebay 21/12/2021
    Ouvrage que je viens d'acheter : Livre passionnant, on y entre comme avec une lampe torche dans une caverne qu'est cette époque pour ma part. C'est précisément à la lumière de cette lueur dans les ténèbres que l'on découvre petit à petit la véracité d'un massacre commis par tout un chacun et personnalisé par une bande de tueurs, voleurs , criminels sous couvert de la religion. A lire!
  • BRUMANT 20/11/2021
    Pourquoi recopier cette liste de menues hardes? l’effet de réel produit par ces vêtements est irrésistible. Il y a du voyeurisme à examiner ces vêtements. Les gens fussent-ils morts depuis plusieurs siècles. Et ça éloigne du massacre. on explique rien de la violence de ce jour fatal. on l’imagine habillée, vivante, pleine de projet. A t’elle lu le livre. Je parle de Babounette. Apparemmment pas C’est le 1er l’ivre de cet auteur que je lis. L’auteur exagère peut être un peu. Eigensinn… Les voix des persécutés nous parviennent ( quand elle nos parviennent ). Musil Montaigne sont les 2 M.

Lisez maintenant, tout de suite !