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La Découverte
EAN : 9782707199232
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 302
Format : 135 x 220 mm

Homo Domesticus

Une histoire profonde des premiers États

Jean-Paul DEMOULE (Préface), Marc SAINT-UPÉRY (Traducteur)
Date de parution : 03/01/2019
Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, Homo domesticus nous offre une synthèse brillante et sans équivalent de l’histoire des premiers États, de la naissance de l’agriculture aux premiers centres urbains, démontant implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la civilisation humaine.
Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
C’est ce tour...
Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

La préface de cet ouvrage est rédigée par Jean-Paul Demoule, spécialiste du Néolithique et de l’âge du Fer, professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels Mais où sont passés les Indo-Européens ? Aux origines du mythe de l’Occident et, avec Dominique Garcia et Alain Schnapp (dir.), Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances.
 
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EAN : 9782707199232
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 302
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Le « récit standard »sur la genèse de l’Etat a été forgé au sein des premiers Etats-nations de l’Europe des Lumières, notamment par Hobbes qui expliquait que l’Etat offre la sécurité à ses sujets en échange de leur liberté. Au fond, l’ouvrage de James Scott est une longue réponse à Hobbes pour dire qu’au contraire, l’Etat est source de servitude mais aussi d’insécurité. Son apport décisif pour le lecteur contemporain est d’en dévoiler le substrat agricole. Car, alors que l’humanité est face à des choix environnementaux et agricoles cruciaux, veillons à ne pas répéter les erreurs de nos ancêtres en fonçant tête baissée vers des formes d’agriculture en apparence plus efficaces, mais dont les conséquences politiques peuvent être désastreuses. En matière de végétaux comme dans d’autres domaines, il faut se méfier de ce qui est trop rectiligne, trop aligné, trop domestiqué !
Éric Aeschimann / L'Obs

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • DYOGENE Posté le 20 Juin 2020
    Une vue inversée de l'histoire officielle des barbares fidèle à "l'école des anthropologues anarchistes", tels que Graeber ou Clastres. Dommage que les Etats les aient pour l'instant totalement éradiqués...
  • Nastasia-B Posté le 16 Février 2020
    Bien qu'en cale sèche depuis bientôt un an, je reçois quasiment toutes les semaines des messages, des commentaires de gens qui regrettent ma décision de me retirer de la critique sur Babelio. (J'imagine qu'il y en a tout autant voire plus qui, au contraire, se réjouissent de mon absence et profitent du bonheur de ne plus avoir à me subir ou de ne plus voir mon nom s'afficher trop souvent dans les actualités du site. Évidemment, c'est plus difficile à mesurer pour moi car eux ne m'écrivent pas, sauf exception, qu'ils aimeraient que je me taise ou qu'on me bâillonne à jamais.) Parmi celles et ceux qui m'écrivent, il en est beaucoup qui me demandent si, par hasard, je n'aurais pas une sorte de petite pépite oubliée au fond de ma sacoche, un genre de livre d'une grande qualité, un de ceux qui vous transforme, qui vous travaille de l'intérieur pendant des semaines, des mois, des années et dont personne ou presque ne parlerait… J'ai même eu quelqu'un qui m'a écrit récemment pour me proposer de participer à la mise au point d'un algorithme « pour lecteur exigeant mais pressé » (les guillemets sont de moi et résument l'idée, du moins ce que j'en... Bien qu'en cale sèche depuis bientôt un an, je reçois quasiment toutes les semaines des messages, des commentaires de gens qui regrettent ma décision de me retirer de la critique sur Babelio. (J'imagine qu'il y en a tout autant voire plus qui, au contraire, se réjouissent de mon absence et profitent du bonheur de ne plus avoir à me subir ou de ne plus voir mon nom s'afficher trop souvent dans les actualités du site. Évidemment, c'est plus difficile à mesurer pour moi car eux ne m'écrivent pas, sauf exception, qu'ils aimeraient que je me taise ou qu'on me bâillonne à jamais.) Parmi celles et ceux qui m'écrivent, il en est beaucoup qui me demandent si, par hasard, je n'aurais pas une sorte de petite pépite oubliée au fond de ma sacoche, un genre de livre d'une grande qualité, un de ceux qui vous transforme, qui vous travaille de l'intérieur pendant des semaines, des mois, des années et dont personne ou presque ne parlerait… J'ai même eu quelqu'un qui m'a écrit récemment pour me proposer de participer à la mise au point d'un algorithme « pour lecteur exigeant mais pressé » (les guillemets sont de moi et résument l'idée, du moins ce que j'en ai compris). le calcul étant le suivant : beaucoup de gens disposent de peu de temps pour la lecture et, désireux de le valoriser au mieux, souhaitent éviter à tout prix les daubes sans évidemment rater de joyau. J'ai répondu que, dans l'idée : Qui n'a jamais rêvé d'avoir à sa disposition une sorte de vadémécum littéraire ? Qui n'a jamais rêvé d'avoir une liste de bouquins tous bons, tous édifiants, qui s'agenceraient tous parfaitement les uns aux autres, etc. et dont on pourrait barrer sagement chaque ligne au cours de notre existence en ayant le sentiment, lors de l'ultime soupir, d'avoir lu tout ce qu'il fallait. Mais la chose est-elle seulement possible, rien qu'en exercice de pensée ? Selon moi, la réponse est, était et restera invariablement non et voici mes raisons : Premièrement, la diversité du genre humain — et donc la diversité des lecteurs — est quasiment illimitée. Si bien que parmi le nuage d'ensemble d'oeuvres (imaginez une grosse patate biscornue en 3D) que le lecteur ou la lectrice A aura jugé « excellentes », un lecteur ou une lectrice B de sensibilité même très proche se forgera une patate partiellement chevauchante, certes, ressemblante si l'on veut, mais elle bourgeonnera aussi des excroissances qui n'appartiendront qu'à elle ou lui et parallèlement l'on constatera des crevasses dans le tubercule d'origine qui n'appartiennent qu'au lecteur ou à la lectrice A du départ. Car, en substance, c'est quoi le ressenti littéraire ? C'est de l'émotion. Comment modéliser une émotion ? Quels sont les ingrédients essentiels et irréductibles de l'émotion ? Il n'y en a aucun en particulier ou bien ils y sont tous. C'est éminemment subjectif cette affaire-là, c'est éminemment lié à la combinaison à la fois de ce que nous sommes, ADNnement parlant, et de ce que nous sommes, historiquement parlant, avec toutes les expériences non reproductibles auxquelles le hasard aura bien voulu nous soumettre au cours de notre curriculum. Quand j'écris « nous », qu'est-ce que ce « nous » ? Sommes-nous le ou la même « nous » que celui ou celle que nous étions il y a deux ans, dix ans ou plus ? Assurément non. Si bien que chaque oeuvre, à mesure qu'on les découvre avec l'ordre de succession qui nous est propre, nous modifie, nous altère d'une certaine façon, dans une direction ou dans une autre, ce qui a des répercussions sur la nature et l'intensité des émotions qu'elles susciteront. de sorte que le ou la même " nous ", ADNnement parlant, n'évoluera pas de la même façon, ni dans les mêmes directions selon qu'il ou elle aura découvert même des oeuvres identiques mais dans un ordre différent ou à un âge différent, etc. Ma patate actuelle n'est plus la même que ma patate d'il y a 10 ans. S'il m'arrive de relire une des critiques que j'ai écrites à mes débuts sur Babelio, je constate indubitablement que c'était moi mais qu'en même temps ce n'est plus moi. C'est le moi d'alors qui s'y exprime et je trouve même ça intéressant ce dialogue possible entre le moi d'avant et le moi de maintenant. (De mon point de vue, bien sûr, pour quiconque d'autre c'est impossible.) Alors qu'irais-je parler de pépite, de chef-d'oeuvre ou de conseil en matière de littérature ? Il y a même une notion plus forte. Il y a un entrepreneur célèbre qui est, dit-on, le père de la formule non moins célèbre : « Le temps, c'est de l'argent. » Qu'est-ce que cela signifie, concrètement, dans le fond ? Que c'est le temps humain qui est précieux. Ça, c'est ce qu'a bien compris le mathématicien qui m'a contactée et dont je vous ai parlé. En revanche, ce qu'il n'a pas compris ou pas bien compris ou pas assez compris c'est que ce qui s'obtient tout de suite, sans effort, comme une liste d'ouvrages toute prête par exemple, n'aura nécessairement que peu de valeur voire pas du tout. D'une certaine façon, c'est ce que Babelio essaie de faire avec sa " fameuse " (et ô combien calamiteuse) rubrique : « Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère ». Je vous jure que ce n'est pas une blague, j'ai vu une fois à propos de « Belle du Seigneur » d'Albert Cohen : Babelio vous suggère « Vous revoir » de Marc Levy. (Rapport entre les deux oeuvres ? aucun. Fin du commentaire.) Amazon essaie de faire la même chose en utilisant des algorithmes très puissants, or, à ce jour, on ne sort jamais beaucoup des grosses généralités. Comme si c'était un paquet de gâteaux, certain(e)s s'imaginent qu'on pourrait cliquer pile sur le bon livre, ou ouvrir les portes de notre librairie, se diriger directement dans le bon rayon, aller de suite à la bonne place, prendre en trois secondes notre trésor en main, notre bonheur sous cellophane, payer sans contact et aller tout de suite, sans effort poser notre délicat fessier dans un gentil fauteuil bien confortable pour lire des émotions toutes prêtes, celles qu'on voudrait… Non, non et non. Désolée de vous le dire mais, oui, il y a un effort à faire, oui, il y a un prix à payer et qui est incompressible. Choisir une lecture, dans l'océan, dans l'immensité galactique des lectures possibles, c'est vrai, c'est un travail en soi, c'est long, c'est exigeant, c'est fastidieux et c'est sans garantie aucune, c'est une chasse, c'est une cueillette et l'on risque constamment de revenir bredouille. Nous sommes tous, à notre façon, des chercheur(se)s de trésor, avec chacun(e) notre définition propre de ce qu'est un trésor. Je me souviens d'une très vieille interview d'un très ancien directeur du tour de France cycliste (Était-ce Jacques Goddet ? Était-ce Félix Lévitan ? Je ne sais plus, l'un des 2 en tout cas.) qui disait de façon absolument magistrale et prophétique (je cite de mémoire, il faudrait retrouver l'interview pour être sûre) : « Ce que les gens recherchent dans leur vie quotidienne, c'est toujours plus de confort et de sécurité. Mais ils aiment voir l'adversité, l'effort, la souffrance chez les autres. Les gens viennent retrouver, par procuration, chez les coureurs du tour de France ce qu'ils n'ont plus dans leur vraie vie. » Les gens, majoritairement, aiment le supermarché ; les gens veulent du supermarché. La notion de " revenir bredouille " existe-t-elle dans un supermarché ? Car, au fond, dans notre monde toujours plus citadin, toujours plus prévisible, toujours plus " sécurisé ", toujours plus GPS-isé, toujours plus métro-boulot-dodoïsé, il y a un fond de chasseur-cueilleur qui sommeille et qui cherche à se révolter. Ce qu'on aime le plus, c'est songer aux vacances, c'est s'extraire de l'ennui de la routine, de notre vie très sûre, trop sûre. Ce que l'on aime c'est faire des folies, c'est le jeu, c'est l'addiction, c'est tailler la route. Même cette activité ô combien peu risquée, ô combien typique de notre société domestiquée de consommation, à savoir faire les boutiques, relève selon moi d'un instinct ancestral enfoui : l'instinct du chasseur-cueilleur, l'envie de faire une découverte. Car, de vous à moi, quelle est celle qui peut dire qu'elle avait un besoin urgent ou qu'elle a porté absolument tout ce qu'elle a acheté de fripes ou de babioles ? Non, par contre, 100 % d'entre nous ont adoré ce moment de recherche et de découverte, ce moment typique de chasse et de cueillette. Donc, non, décidément non, l'élevage, la moisson, le confort, la sécurité ne sont pas compatibles avec la recherche d'une lecture à notre goût. Chasseurs-cueilleurs nous sommes et chasseurs-cueilleurs nous devons rester, sous peine de domestiquer le dernier de nos instincts qui ne l'était pas tout à fait… Bon, vous aurez remarqué qu'il s'agit d'un des plus longs préambules qu'il m'ait été donné d'écrire (Tu t'arranges vraiment pas avec le temps, ma vieille !) moi qui ai pourtant la fâcheuse habitude d'infliger à celles et ceux qui s'obstinent à me lire de longs préambules. Dans mes critiques, ici ou là, j'ai souvent pesté contre la piètre qualité, selon mes propres critères d'appréciation, des romans actuels. J'ai souvent dit que j'étais toujours en quête de mon premier grand bouquin écrit au XXIème siècle. Eh bien je vais vous faire aujourd'hui deux petites confidences : le plus grand roman que j'ai croisé à ce jour au XXIème siècle n'est pas un roman, mais une série télé. Il s'agit des 5 saisons de The Wire (Sur Écoute en français). D'après moi, tout du grand roman fleuve du XIXème mais qu'on n'aurait pas eu le courage ou la patience d'écrire, alors on l'a scénarisé et filmé, ce qui n'est déjà pas si mal après tout. D'après moi, c'est admirable en tout point (ou presque). Et le plus grand livre alors ? Eh bien le plus grand livre, toujours d'après moi et avec l'incroyable subjectivité que cela suppose, ce n'est pas un roman et c'est celui-là, Homo domesticus. Vous estimez que je n'en dis rien dans cette critique ? C'est vrai, vous avez raison. C'est d'ailleurs probablement la chose la plus éloignée d'une critique de livre qu'il m'ait été donné de concevoir. Je suis une anarchiste et je ne m'en cache pas et j'applique ça même à la critique. de plus, après un aussi long préambule, dont le sujet gravite autour de l'impossibilité de donner des conseils en matière de lecture, je me verrais mal vous donner des conseils en matière de lecture. Faites ce que vous voulez et retenez que ce n'est que mon avis, qui plus est, mon avis du moment, c'est-à-dire vraiment pas grand-chose au rythme où pourrissent les choses, surtout en basse Mésopotamie, mais chuuut, je ne vous ai rien dit. le mieux, c'est encore de lire et de penser par soi-même, enfin je crois… pour le moment. P. S. : Pour ceux qui ne m'écrivent pas, rassurez-vous, celle-ci est bien la der des der, celle qui me permet d'accéder au nombre ô combien symbolique, à la magie des chiffres, à savoir le 1, le 2, le 3 et le 4 comme 1234 critiques. Ne vous déplaise, je posterai encore au cours des prochains mois quelques citations afin de parvenir à l'autre valeur symbolique matérialisée par le 8, le 7, le 6 et le 5. Ainsi la boucle sera bouclée et ma bouche également. Promis.
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  • ATOS Posté le 22 Juillet 2019
    Ce que nous apprenons et ce qui nous a été enseigné….Ce que nous prenons pour acquis et ce que nous ignorons...Ainsi avons nous des idées toutes faites sur le monde. Nous associons État et civilisation, État et modernité, État et progrès, État et évolution. Mais si nous connaissons bien les grandes civilisations, les premiers états, nous ignorons presque tout de l'histoire de la plus grande majorité de l'humanité. Et sans « ce presque tout » force est de se dire que nous ne savons rien. Les sciences humaines lorsqu'elles sont intelligemment étudiées, mènent à des recherches qui sont des outils nécessaires à l'émancipation de la pensée. De là découle très certainement l'aversion de toutes dictature pour ces sciences…Tant il est vrai qu'il ne peut y avoir de bonnes sciences sans liberté de pensée, … La représentation du monde fait toujours surgir une réalité. Est elle pour autant juste ? Est elle toujours vraie ? Ceux qui ont laissé des vestiges, faits de temples, de murs, de murailles, de tablettes, de têtes rois, de palais, ceux qui ont laissé traces de leurs comptes, de leurs inventaires semblent avoir régner, tels des phares éclairant l'obscurité dans laquelle les hommes étaient nés. Non, l'émergence d'un État n'est... Ce que nous apprenons et ce qui nous a été enseigné….Ce que nous prenons pour acquis et ce que nous ignorons...Ainsi avons nous des idées toutes faites sur le monde. Nous associons État et civilisation, État et modernité, État et progrès, État et évolution. Mais si nous connaissons bien les grandes civilisations, les premiers états, nous ignorons presque tout de l'histoire de la plus grande majorité de l'humanité. Et sans « ce presque tout » force est de se dire que nous ne savons rien. Les sciences humaines lorsqu'elles sont intelligemment étudiées, mènent à des recherches qui sont des outils nécessaires à l'émancipation de la pensée. De là découle très certainement l'aversion de toutes dictature pour ces sciences…Tant il est vrai qu'il ne peut y avoir de bonnes sciences sans liberté de pensée, … La représentation du monde fait toujours surgir une réalité. Est elle pour autant juste ? Est elle toujours vraie ? Ceux qui ont laissé des vestiges, faits de temples, de murs, de murailles, de tablettes, de têtes rois, de palais, ceux qui ont laissé traces de leurs comptes, de leurs inventaires semblent avoir régner, tels des phares éclairant l'obscurité dans laquelle les hommes étaient nés. Non, l'émergence d'un État n'est pas forcément un bienfait. Oui, l‘agriculture a précédé la naissance de l'État, oui l'écriture fut inventée pour compter, oui l'État est un système « opportuniste », Non l'humain n'est pas de nature sédentaire, oui la céréale fut la base de l'économie étatique et sa monoculture la cause de notre dénutrition, non les « barbares » ne le furent pas de naissance mais également d'adoption, oui il y a une quantité de peuples qui ont refusé volontairement l'hégémonie de l'État nation. Il fallait une agriculture, il fallait des régions fertiles, des voies navigables, il fallait compter, taxer, prélever, forcer, négocier, échanger, calibrer, peser, s'approprier, posséder pour que puissent s'établir des états nations et qu'ils puissent progresser, pour qu'une élite prenne le pouvoir. Dans cette ouvrage il s'agit de l'histoire d'une prise de pouvoir mais également de l'opposition au pouvoir. Anarchie = an -arché. ( arché signifiant pouvoir). C'est le domaine d'études de James C. Scott. Oui, tous les états se sont construits grâce à un système esclavagistes. Céréale et esclavagisme furent les deux mamelles de l'État et cela depuis toujours. « Les premiers états n'ont certainement pas inventé l'institution de l'esclavage, mais ils l'ont codifiée et organisée en tant que projet étatique. » Oui, la sédentarisation des hommes et des animaux, pour faire simple disons leur domestication, a eu des conséquences écologiques, sanitaires, biologiques, sociologiques qui ont bouleversé l'ordre naturel du monde, qui ont modifié la nature de l'homme et des animaux et des plantes qu'il a domestiqué. Oui depuis des millénaires l'homme en se sédentarisant fut responsable de catastrophes écologiques, fut responsable de désertification, d'inondations, de ravinement, de déforestation, de colmatage des cours d'eau. « L'Anthropocène « faible » remonte aux premiers usages du feu par Homo erectus »...Oui, cela ne date pas d'hier...( et ce n'est pas une raison pour continuer!) Oui, le sort des chasseurs cueilleurs pêcheurs n'était pas ,pour bien des peuples vivant à l'intérieur des états, à envier. Non, la sédentarisation ne s'est pas faite sans mal. Oui, la taux de natalité a explosé lorsque l'homme s'est sédentarisé. Oui les « barbares » furent les jumeaux des états nations... Sans états, point de « barbares »…. Oui les « barbares » au contact des états nations en se transformant en mercenaires, garantissant une paix aux frontières, et en participant au système esclavagiste ont creusé leur propres tombes. Oui, famine, épidémie sont le résultat de la sédentarisation. Oui, l'histoire de l'humanité est constellée d'apparitions et de disparitions d'états, petits ou grands. Les humains ont migré, de force ou de gré, ayant ainsi ensemencé plus loin l'émergence d'autres états ou donnèrent naissance à des zones refuges ( montagnes, forêts, mers…) Oui la majorité de cette histoire nous est encore inconnue. Du néolithique jusqu'au 17e siècle de notre ère, il fut un un monde où peuples «  civilisés » et « barbares » co-existés. Aujourd'hui force est de constater que nous n'imaginons pas un planisphère sans frontières sans états. Chaque morceau, chaque parcelle de terre se rattache à un état. Reste peut être encore les océans,...qui eux restent sans drapeaux, sans hymne, sans armée… Oui aucun État ne peut s'établir, prospérer, sans impôts….et cela, depuis des millénaires. Et quelque fut sa nature : monarchie, république, empire... Oui après chaque disparition de grands états, de grandes cités, comme Athènes par exemple, s'en sont suivies des périodes que nous nommons temps obscurs, non pas en raison d'une nuit qui se serait soudainement abattue sur les hommes, consécutivement à la disparition de la souveraineté d'un état, mais parce que nous ne savons rien de ce qui vint après. C'est notre vision et non le temps qui est obscure. Seul l'Odyssée, justement rédigée en ces « temps obscurs » nous permet de penser qu'un monde a perduré ; a évolué, ne s'est pas effondré. Donc rien ne doit être tenu pour acquis. Il faut toujours s'intéresser à la lacunarité de faits, et à l'incohérence de certains, qu'occultent trop pompeusement certains récits dictés par ceux qui ont, ou eurent, un jour le pouvoir sur un territoire et sur un groupe d'humains. Tout est mouvant, imbriqué, consécutif, tout est affaire d'opportunité chez le vivant, le bien aussi bien que le mal. Homo domesticus, c'est une partie de notre Histoire là où un ordre économique et politique du monde a émergé, a pris place. Un monde où la notion de civilisation a donné naissance à « un autre » : le barbare , le sauvage. L'auteur n'a pas la prétention de tout savoir, de tout connaître, mais à partir de ce qui est connu, et avec érudition, il nous interroge. Une autre dimension apparaît, un autre regard, qui nous permet aujourd'hui de réfléchir avec plus de sagesse, plus de calme au devenir de notre humanité. L'ordre du monde que nous connaissons n'a pas toujours existé. Il évoluera. Comment ? Vers quoi ? Nous n'en savons rien. Quelles opportunités s'offriront demain ? Un vrai régal de lecture, une immersion dans l'état antique, là où l'épopée civilisationnelle a pris naissance. James C. Scott, anthropologue anarchiste, est un auteur, un chercheur, un politiste dont les écrits bousculent l'idée d'un ordre que l'on a cru trop longtemps aller de soi. Astrid Shriqui Garain
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  • lehibook Posté le 20 Mai 2019
    « Homo Domesticus » de James C.Scott . Un livre sur « L’histoire profonde des premiers Etats » (c’est le sous-titre) et qui parle de notre temps ! Non , ce n’est pas un paradoxe car l’auteur appartient à la catégorie de ceux qui pensent en dehors du troupeau, ces anarchistes de la connaissance qui remettent en cause dogmes et certitudes. Ainsi la belle histoire de l’ascension de l’homme hors de la barbarie vers les délices de l’Etat serait une « fake-new » ! On ne pourrait y voir que la progressive domestication de l’homme par l’homme … Savez-vous que ce processus a entraîné chez les animaux une baisse drastique de l’intelligence et une réduction du potentiel d’adaptation…Comment ne pas penser aux constatations actuelles sur la baisse du QI des humains ( processus d’Hanounisation) …. Un essai stimulant .
  • Achillevi Posté le 4 Avril 2019
    Il y quatre siècles à peine, un tiers seulement de la population mondiale vivait dans des Etats. Homo Domesticus est un essai très intéressant qui s'intéresse à deux énigmes de l'histoire de l'humanité. La première, la révolution "néolithique", est celle de l'origine de l'agriculture qui a transformé de petits groupes de chasseurs-cueilleurs nomades en villageois sédentaires à la démographie galopante. La seconde, succédant à la première plusieurs millénaires après, est la révolution urbaine qui a permis l'apparition des premiers Etats centralisés. L'émergence de l'agriculture s'est étalée sur des siècles, voire des millénaires. Elle a connu des retours en arrière et l'on peut s'interroger sur les raisons qui ont vu des groupes de chasseurs-cueilleurs s'asservir au travail lent et pénible de la terre, gourmand en main d'oeuvre, exigeant des soins quotidiens, quand, au préalable, la recherche de leur pitance ne les occupait que quelques heures par jour . L'Etat s'est quant à lui développé à partir des foyers de monoculture céréalières dont la concentration de la production les rendait propices au prélèvement fiscal, à l'appropriation, au stockage, au rationnement et aux registres cadastraux raison première de l'invention de l'écriture. L'Etat, c'est le contrôle des populations que la culture céréalière permet.... Il y quatre siècles à peine, un tiers seulement de la population mondiale vivait dans des Etats. Homo Domesticus est un essai très intéressant qui s'intéresse à deux énigmes de l'histoire de l'humanité. La première, la révolution "néolithique", est celle de l'origine de l'agriculture qui a transformé de petits groupes de chasseurs-cueilleurs nomades en villageois sédentaires à la démographie galopante. La seconde, succédant à la première plusieurs millénaires après, est la révolution urbaine qui a permis l'apparition des premiers Etats centralisés. L'émergence de l'agriculture s'est étalée sur des siècles, voire des millénaires. Elle a connu des retours en arrière et l'on peut s'interroger sur les raisons qui ont vu des groupes de chasseurs-cueilleurs s'asservir au travail lent et pénible de la terre, gourmand en main d'oeuvre, exigeant des soins quotidiens, quand, au préalable, la recherche de leur pitance ne les occupait que quelques heures par jour . L'Etat s'est quant à lui développé à partir des foyers de monoculture céréalières dont la concentration de la production les rendait propices au prélèvement fiscal, à l'appropriation, au stockage, au rationnement et aux registres cadastraux raison première de l'invention de l'écriture. L'Etat, c'est le contrôle des populations que la culture céréalière permet. Avec son émergence, vient également l'esclavage. Et les premières guerres, sont moins motivées par des désirs de conquête territoriale que par le besoin de main d'oeuvre essentielle à la survie des premiers Etats. Rien ne pouvait cependant laisser supposer que l'Etat allait finir par dominer le mode d'organisation social et politique que l'humanité connait aujourd'hui. Et de fait, jusqu'au début du XVIIième siècle, ce n'est qu'une fraction minoritaire de l'humanité qui vit sous sa férule. L'Etat, à sa naissance est fragile, sujet à bien des péripéties : prédation des tribus pastorale nomades alentour, épidémies, catastrophes écologique. Là également, son émergence s'est étalée sur plusieurs millénaires et a connu bien des expérimentations malheureuses. Il semble toutefois que les périodes d'effondrement des premiers Etats, n'étaient finalement pas pour les hommes, un retour aux âges sombres de l'humanité, tel qu'on peut le percevoir au prisme de notre fascination pour les grandes réalisations architecturales qui ont contribué à glorifier leur grandeur, mais plutôt une libération. Et c'est enfin une réflexion plus profonde sur les relations entre périphérie nomade, les barbares, et centres étatiques, les deux étant finalement en compétition pour conserver leur capacité de prédation des économies villageoises à même de composer au mieux avec l'environnement. C'est de la nature même de ces relations interdépendantes que les barbares ont fini par creuser leur propre tombe en reconstituant pour les Etats les reserves de main d'oeuvre qu'ils leurs livraient ou en leur fournissant les mercenaires dont il avait besoin pour garantir sa survie. James C.Scott s'intéresse essentiellement au Croissant Fertile qui a vu émerger les premieres villes du monde, puis les cités-Etats, d'abord indépendantes et par la suite regroupées en royaumes et en empires. Mais il note des parallèles intéressants en Chine, en Inde, en Europe et sur le continent américain. Parfois répétitif, par moment très érudit, ce livre se lit néanmoins facilement et offre finalement quelques clés de lectures intéressantes pour comprendre les logiques géopolitiques qui traversent notre monde actuel.
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