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Les Escales
EAN : 9782365694322
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 384
Format : 140 x 225 mm
Nouveauté

La Rumeur

Clara GOURGON (Traducteur)
Collection : Les Escales Noires
Date de parution : 23/01/2020
​Nourrissez la rumeur… Puis regardez-la vous engloutir.
Un simple sujet de conversation… Pour s’intégrer et devenir l’une des leurs.
Joanna ne pensait pas à mal en répétant la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans...
Un simple sujet de conversation… Pour s’intégrer et devenir l’une des leurs.
Joanna ne pensait pas à mal en répétant la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.
Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

« Lesley Kara nous tient en haleine jusqu’à la dernière page de ce roman glaçant où règnent paranoïa, suspicion et accusations. »
Paula Hawkins, autrice de La Fille du train
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EAN : 9782365694322
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 384
Format : 140 x 225 mm

Ils en parlent

« Un premier roman intelligent sur les effets destructeurs des on-dit. »
« Tandis que les événements prennent une tournure sinistre, la menace et la tension sont plus grandes à chacune de ces pages habilement menées. Un roman que vous ne pourrez lâcher avant d’en connaître la fin époustouflante. »
Sunday Mirror

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • culturevsnews Posté le 5 Février 2020
    Le premier roman de Lesley Kara est un thriller psychologique intense, bien écrit et magnifiquement intrigue, qui se déroule dans la petite ville balnéaire de Flinstead. Mère célibataire, Joanna Critchley s’y est récemment installée avec son fils, Alfie, victime de brimades à Londres. Sa mère vit en ville, et Joanna travaille comme agent immobilier, en espérant que les Alfie s’installeront ici sans problème. Dans ses efforts pour s’intégrer dans la communauté, Joanna fait ce que n’importe qui pourrait faire pour être accepté dans un groupe, se livrer à des commérages et à des commérages, la force vive des petites villes, qu’ils soient ou non vrais. Elle a entendu une rumeur selon laquelle un tueur d’enfants ayant une nouvelle identité vivrait à Flinstead. Peu consciente des conséquences, Joanna donne vie à cette rumeur en la partageant, après quoi elle prend une force de vie propre en se répandant comme une traînée de poudre, ne faisant aucun prisonnier car les doigts de la suspicion sont pointés ici, là et partout, indépendamment de l’innocence. En 1969, Sally McGowan, âgée de 10 ans, a tué Robbie Harris, âgé de 5 ans. Elle a été emprisonnée et a purgé sa peine, pour finalement être libérée dans... Le premier roman de Lesley Kara est un thriller psychologique intense, bien écrit et magnifiquement intrigue, qui se déroule dans la petite ville balnéaire de Flinstead. Mère célibataire, Joanna Critchley s’y est récemment installée avec son fils, Alfie, victime de brimades à Londres. Sa mère vit en ville, et Joanna travaille comme agent immobilier, en espérant que les Alfie s’installeront ici sans problème. Dans ses efforts pour s’intégrer dans la communauté, Joanna fait ce que n’importe qui pourrait faire pour être accepté dans un groupe, se livrer à des commérages et à des commérages, la force vive des petites villes, qu’ils soient ou non vrais. Elle a entendu une rumeur selon laquelle un tueur d’enfants ayant une nouvelle identité vivrait à Flinstead. Peu consciente des conséquences, Joanna donne vie à cette rumeur en la partageant, après quoi elle prend une force de vie propre en se répandant comme une traînée de poudre, ne faisant aucun prisonnier car les doigts de la suspicion sont pointés ici, là et partout, indépendamment de l’innocence. En 1969, Sally McGowan, âgée de 10 ans, a tué Robbie Harris, âgé de 5 ans. Elle a été emprisonnée et a purgé sa peine, pour finalement être libérée dans la communauté avec une nouvelle identité. La tristement célèbre Sally McGowan vit maintenant à Flinstead, et elle est loin d’être heureuse à l’idée que son identité soit révélée. Joanna est confrontée à l’insécurité et aux dilemmes d’être parent, à la nécessité de protéger Alfie, anxieux, inquiet et paranoïaque face aux dangers qui tournent autour d’elle. Il y a une foule de suspects potentiels, des gens qui ont leurs propres secrets, meurtris par les répercussions de la rumeur, auxquels les médias sociaux donnent du carburant supplémentaire. Lesley Kara décrit avec expertise la puissance des rumeurs, les dégâts qu’elles peuvent causer aux gens, en particulier dans les petites villes où il est impossible de s’enfuir. Dans une histoire au rythme rapide et aux chapitres courts, il y a beaucoup de rebondissements, de faux-fuyants, et un niveau élevé de suspense et de tension. C’est une lecture fascinante, sombre, atmosphérique, avec Kara qui capture habilement la nature et l’anatomie de la vie dans une petite ville. Un roman plein d’intrigues et de surprises, qui aborde des sujets importants tels que le crime, le châtiment et la justice. Oh et attention à ne pas répandre les rumeurs et les commérages ! Note : 9,5/10
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  • Carolivra Posté le 4 Février 2020
    La Rumeur….Qui n’a jamais colporté un ragot, un ouï-dire pour se faire bien voir? Pour devenir le centre d’intérêt le temps d’une pause, d’une soirée? Le roman de Lesley Kara commence tout en douceur. On suit Joanna, maman d’Alfie. Revenue dans sa ville natale, elle a du mal à s’intégrer, à lier connaissance. Alfie est souvent la cible de moqueries. Alors pour son fils, pour qu’il puisse aller à des anniversaires, pour qu’il puisse manger avec d’autres petits garçons de son âge à la cantine, Joanna va lancer une rumeur. Sally McGowan, une tueuse d’enfant, serait dans leur petite ville. Elle s’y cacherait sous une fausse identité, tentant de reconstruire sa vie. Mais la rumeur enfle, se développe et elle n’est pas sans conséquences… Lesley Kara promène d’abord son lecteur dans cette petite ville charmante du bord de mer anglais. On suit Joanna, mère de famille. La première partie du roman tourne autour de cette rumeur lancée au détour d’une conversation. Et puis tout s’emballe ensuite. J’ai particulièrement adoré la seconde partie du roman dans laquelle la tension se fait sentir. Sally McGowan habite-t-elle bien dans cette ville? Qui fait-elle? Joanna mène l’enquête. Chaque personne est tour à tour désignée, soupçonnée. La... La Rumeur….Qui n’a jamais colporté un ragot, un ouï-dire pour se faire bien voir? Pour devenir le centre d’intérêt le temps d’une pause, d’une soirée? Le roman de Lesley Kara commence tout en douceur. On suit Joanna, maman d’Alfie. Revenue dans sa ville natale, elle a du mal à s’intégrer, à lier connaissance. Alfie est souvent la cible de moqueries. Alors pour son fils, pour qu’il puisse aller à des anniversaires, pour qu’il puisse manger avec d’autres petits garçons de son âge à la cantine, Joanna va lancer une rumeur. Sally McGowan, une tueuse d’enfant, serait dans leur petite ville. Elle s’y cacherait sous une fausse identité, tentant de reconstruire sa vie. Mais la rumeur enfle, se développe et elle n’est pas sans conséquences… Lesley Kara promène d’abord son lecteur dans cette petite ville charmante du bord de mer anglais. On suit Joanna, mère de famille. La première partie du roman tourne autour de cette rumeur lancée au détour d’une conversation. Et puis tout s’emballe ensuite. J’ai particulièrement adoré la seconde partie du roman dans laquelle la tension se fait sentir. Sally McGowan habite-t-elle bien dans cette ville? Qui fait-elle? Joanna mène l’enquête. Chaque personne est tour à tour désignée, soupçonnée. La tension monte de plus en plus. Les pistes sont brouillées. Mais au-delà d’une très bonne intrigue psychologique, Lesley Kara pose les bonnes questions. Peut-on tout pardonner? C’est un thriller sur le deuil, sur la faute et la culpabilité qui donne matière à réflexion. Et la dernière phrase du roman est là pour tout remettre en question telle une bombe! « La Rumeur » est un excellent thriller psychologique au suspens parfaitement maîtrisé.
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  • Mateiva Posté le 18 Janvier 2020
    Un excellent roman avec un suspens bien mené et une fin des plus surprenantes, à laquelle je ne me suis pas du tout attendu. Dans ce livre, nous suivons Joanna, jeune femme vivant seule avec son fils Alfie et menant une relation particulière avec le père, Michael. Nous suivons sa volonté d'intégration dans sa nouvelle ville, celle où elle vivait jeune. Dans cette envie d'intégration, surtout pour son fils Alfie, elle va propager, sans le vouloir, une rumeur qu'elle a entendue. Et à partir de cet instant, même si elle ne le sait pas encore, sa vie va en être bouleversée. J'ai apprécié cette histoire car au-delà des conséquences que peuvent engendrer une rumeur, l'histoire nous parle aussi d'Alfie, de ses difficultés à se faire des amis, d'amour avec Joanna et son Michael, mais aussi des préjugés, parfois trop précoces, à cause des apparences, à cause de ce que nous sommes, à cause de notre vie. Au fil des pages, nous sentons la rumeur s'amplifier, faisant de chaque personnage une cible potentielle. L'intrigue est totale de bout en bout, nous ballottant de coupables en coupables. Ce roman nous apporte aussi la question de savoir qui nous sommes, des conséquences des secrets, du passé, celui que... Un excellent roman avec un suspens bien mené et une fin des plus surprenantes, à laquelle je ne me suis pas du tout attendu. Dans ce livre, nous suivons Joanna, jeune femme vivant seule avec son fils Alfie et menant une relation particulière avec le père, Michael. Nous suivons sa volonté d'intégration dans sa nouvelle ville, celle où elle vivait jeune. Dans cette envie d'intégration, surtout pour son fils Alfie, elle va propager, sans le vouloir, une rumeur qu'elle a entendue. Et à partir de cet instant, même si elle ne le sait pas encore, sa vie va en être bouleversée. J'ai apprécié cette histoire car au-delà des conséquences que peuvent engendrer une rumeur, l'histoire nous parle aussi d'Alfie, de ses difficultés à se faire des amis, d'amour avec Joanna et son Michael, mais aussi des préjugés, parfois trop précoces, à cause des apparences, à cause de ce que nous sommes, à cause de notre vie. Au fil des pages, nous sentons la rumeur s'amplifier, faisant de chaque personnage une cible potentielle. L'intrigue est totale de bout en bout, nous ballottant de coupables en coupables. Ce roman nous apporte aussi la question de savoir qui nous sommes, des conséquences des secrets, du passé, celui que l'on voudrait enterrer, oublier pour protéger et avancer. Les personnages sont bien travaillés et les secondaires sont d'une importance capitale autant pour l'intrigue que pour la compréhension des autres protagonistes. J'ai bien aimé aussi les descriptions, les paysages, les instants de doutes, de détresse, les instants de partage, de révélations, parfois intenses. J'ai adoré cette relation entre Joanna et Michael faite de liberté mais aussi de non-dit, d'appréhension et finalement de rêves communs et d'un amour inconditionnel pour leur petit Alfie. Au fil des pages, la peur s'installe et le danger se rapproche. Joanna va mener l'enquête bien malgré elle et ce qu'elle va trouver va lui glacer le sang et tout remettre en question. Une rumeur qu'elle a lancé pour finalement l'éclairer d'une sombre vérité... La plume de l'auteur est fluide, apportant autant de tendresse qu'une atmosphère plus sombre, plus délicate, nous entraînant dans un maelström d'émotion, avec quelques pointes d'humour et de légèreté. En bref, j’ai adoré ce roman ! Le suspens vous tient en haleine jusqu’au bout et la surprise est totale. Une histoire qui vous plonge au coeur des conséquences que peuvent engendrer la rumeur, mais pas que. J’ai aimé le ton du livre, les thèmes abordés, la manière dont le récit est mené, alternant entre tendresse et appréhension, joie et suspicion. Les personnages sont saisissants de réalisme, autant dans leurs réactions que dans leurs sentiments. La plume de l’auteur est très agréable, pleine de sentiments, d’émotions, fluide, claire et précise. J’ai dévoré ce roman et je vous le conseille fortement. Vous ne vous ennuierez pas une seconde tant vous serez happé par le récit et serez drôlement surpris !
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  • Mobella7 Posté le 18 Octobre 2019
    On ne pense pas forcément à mal lorsqu'on répète innocemment une rumeur entendue... Il s'agit ici du premier roman de L. Kara. De lecture facile, j'ai malheureusement assez vite deviné le dénouement. Et vous ? ;-)
  • Antyryia Posté le 15 Octobre 2019
    - C'est vrai que tu dors dans un cercueil ? C'est une question que de jeunes adolescents m'ont réellement posés, il y a de nombreuses années, quand j'adoptais au quotidien un look des plus gothiques. J'habitais alors dans un minuscule village d'une centaine d'habitants du nom de Gouves, et forcément je ne passais pas inaperçu. Cheveux longs, vêtu de cuir, les ongles vernis en noir ... C'était suffisant pour que les imaginations s'emballent et pour que les rumeurs les plus étranges circulent à mon sujet. Je n'ai par ailleurs jamais démenti. Qu'est-ce qui fait que garder un secret soit aussi difficile ? Pourquoi colportons-nous des ragots, qu'ils soient ou non fondés ? Je ne juge pas, il m'est moi-même parfois difficile de garder ma langue dans ma poche quand j'ai entendu parler d'une anecdote croustillante ou quand certaines confidences sont difficiles à garder. Les intentions peuvent même être louables quand on ne sait pas comment réagir face à des informations dérangeantes et que l'avis d'une tierce personne peut permettre de prendre du recul et de mieux comprendre soi-même. "Une question innocente. Un aveu soufflé au creux de l'oreille. Il n'en faut pas davantage pour lancer la machine et changer... - C'est vrai que tu dors dans un cercueil ? C'est une question que de jeunes adolescents m'ont réellement posés, il y a de nombreuses années, quand j'adoptais au quotidien un look des plus gothiques. J'habitais alors dans un minuscule village d'une centaine d'habitants du nom de Gouves, et forcément je ne passais pas inaperçu. Cheveux longs, vêtu de cuir, les ongles vernis en noir ... C'était suffisant pour que les imaginations s'emballent et pour que les rumeurs les plus étranges circulent à mon sujet. Je n'ai par ailleurs jamais démenti. Qu'est-ce qui fait que garder un secret soit aussi difficile ? Pourquoi colportons-nous des ragots, qu'ils soient ou non fondés ? Je ne juge pas, il m'est moi-même parfois difficile de garder ma langue dans ma poche quand j'ai entendu parler d'une anecdote croustillante ou quand certaines confidences sont difficiles à garder. Les intentions peuvent même être louables quand on ne sait pas comment réagir face à des informations dérangeantes et que l'avis d'une tierce personne peut permettre de prendre du recul et de mieux comprendre soi-même. "Une question innocente. Un aveu soufflé au creux de l'oreille. Il n'en faut pas davantage pour lancer la machine et changer le cours de toute une vie." Mais avouons-le, la majeure partie du temps, l'intention n'a rien de noble. Il s'agit de se rendre intéressant, d'amuser la galerie, de se moquer des travers d'une personne déjà peu appréciée. Alors on colporte des bruits de couloir, des morceaux d'intimité, de vieilles histoires ridiculisant un collègue, un supérieur, un voisin. Peu importe que ce soit fondé ou pas. Peu importe le mal que ça pourrait causer. Et si c'est suffisamment intéressant nos interlocuteurs le raconteront à leur tour. Si Joanna Critchley a commencé à répandre une rumeur dans la petite ville de Flinstead, sur la côte anglaise, c'était par simple souci d'intégration. Ou encore pour détourner le sujet d'une conversation embarrassante. "Ici, les secrets ne restent pas des secrets bien longtemps." Oui, ses motifs étaient animés des meilleures intentions. Mais c'est elle bien elle qui enclenchera un engrenage de suspicion et de haine. "Si seulement j'avais fermé ma bouche à cette réunion au club de lecture ..." Nouvellement arrivée, Joanna a préféré quitter Londres pour différentes raisons personnelles. Afin de permettre à son fils métis, Alfie, de se faire des amis, elle jouera les langues de vipères pour se rapprocher d'autres mamans prétentieuses, et confirmera ce qu'elle a entendu dire et qui a plus ou moins été confirmé par le père d'Alfie, journaliste : Sally McGowan serait bel et bien l'une des résidentes de Flinstead. "Elle a assassiné un petit garçon dans les années soixante alors qu'elle n'avait que dix ans." Autrement dit, l'une des nombreuses vieilles dames résidant dans cette petite bourgade où tout se sait très vite, où les rumeurs se répandent comme des traînées de poudre, serait une meurtrière d'enfant. Et vivrait impunément sous une nouvelle identité, placée sous le programme de protection des témoins. Et peu importe l'âge qu'elle avait au moment des faits, peu importe qu'un demi-siècle se soit écoulé. Qui que ce soit, elle n'est pas la bienvenue. Commence alors une chasse aux sorcières. Aucun pardon n'est possible. Et si la foule en colère découvre de qui il s'agit, la meurtrière devenue proie pourrait bien être victime de la vindicte populaire. Pour Joanna qui culpabilise, pour les habitants avides de vraie justice, pour Michael Le journaliste qui tient sûrement un scoop, Sally McGowan devient une obsession. Mais fait-elle seulement partie des habitants ? Et si ces derniers s'en prenaient à la mauvaise cible ? "Des gens ont été contraints de quitter leur foyer à cause de rumeurs infondées." Et qui est à l'origine des menaces à peine déguisées que reçoit la narratrice ? "Les rumeurs tuent." Là où le roman se distingue des autres thrillers psychologiques, c'est qu'il nous force à nous poser des questions. Ici, la culpabilité de la meurtrière est atténuée du fait de son jeune âge au moment des funestes évènements. En outre, il semblerait qu'elle ait vécu une enfance particulièrement difficile, avec un père extrêmement violent. Et puis les évènements remontent à cinquante ans. Peut-on jamais pardonner à un meurtrier d'enfant ? Peut-il y avoir une date de prescription ? "Aimeriez-vous que Sally McGowan habite juste à côté de chez vous ?" Sincèrement ? C'est à peine plus rassurant qu'un pédophile remis en liberté. Il y a des gestes qui ne peuvent jamais être excusés, des secondes chances qu'on ne peut pas accorder tant elles paraissent inacceptables. Et il faut de plus se mettre à la place de la famille de la victime. Parce qu'au final personne n'a été puni pour le meurtre du petit Robbie. Sally McGowan a d'abord été envoyé dans un centre sécurisé où on lui a inculqué des valeurs, où des éducateurs ont lentement effacé les bases d'une enfance détruite. On lui a appris l'empathie, on lui a donné de nouveaux repères. "Ils ne paient pas pour les horribles crimes qu'ils ont commis. Bien au contraire, ils reçoivent un traîtement de faveur qu'ils ne méritent pas." A la suite de quoi le gouvernement lui a accordé l'anonymat, et la possibilité de tout recommencer ailleurs. Mais incarner une nouvelle personne, devoir mentir constamment, ne jamais pouvoir se libérer d'un si lourd passé n'est-il pas une forme suffisante de punition en soi ? "Elle a eu la chance d'échapper aux médias, contrairement à nous, les victimes, qui en avons subi les assauts quotidiens. Pourquoi a-t-elle le privilège d'avoir une vie privée ?" Comment rendre une justice équitable dans de tels cas ? L'affaire Sally McGowell fait bien sûr écho à la jeune et bien réelle Mary Bell, qui en 1968, la veille de ses onze ans, tuait un premier enfant de quatre ans. Là encore sa folie meurtrière était liée à une enfance dévastée : Non seulement sa mère se prostituait mais la gamine elle-même devait satisfaire sexuellement certains clients. Après douze années d'incarcération, les premières dans une institution pour jeunes délinquants, elle pourra recommencer sa vie sous un nouveau nom, protégée par l'anonymat. Le parallèle est évident. Qui incriminer ? Les principaux responsables sont les parents, mais on était dans les années soixante et ils n'ont tué personne, aussi atroce et irresponsable qu'ait pu être leur éducation. Et à partir de quel âge devient-on assez responsable de ses actes pour être incarcéré à vie ? Quel châtiment sera jugé suffisant pour un jour envisager d'absoudre un meurtrier ? Je suis sûr que les prisons américaines regorgent de psychopathes qui ont eu une enfance difficile. Ils n'en n'ont pas moins commis des actes monstrueux. Et dans les rues trop souvent se retrouvent des tueurs libérés ne présentant soit disant plus aucun risque pour la société, jugement ô combien erroné parfois. Sally McGowan a-t-elle été suffisamment punie ou la famille de la victime aurait-elle mérité une autre forme de justice afin de pouvoir faire son deuil d'un petit garçon en tout état de cause innocent ? Mon reproche principal serait de dire qu'à ces questions complexes qui demandent beaucoup de subtilité dans leur approche, le choix de Lesley Kara a été de trancher dans le vif avec un final bien trop manichéen, presque contradictoire avec toutes les nuances grises qu'elle délivre sans son roman. Mais la conclusion n'en demeure pas moins surprenante et réussie, après un roman suffisamment rythmé pour tenir en haleine le lecteur du début à la fin. Grâce aux procédés habituels des thrillers de ce type : Petits secrets et gros mensonges, vie familiale, menaces, révélations progressives. Un peu trop de personnages qu'on confond un peu au début mais au fur et à mesure on apprend à reconnaître les plus importants. Un premier roman prometteur donc, au déroulé classique mais qui a le mérite de faire réfléchir aux conséquences inattendues que peuvent provoquer les ragots que l'on participe à répandre sans réfléchir. Et qui oblige à s'interroger sur les enfants tueurs, sur la possibilité d'une réelle rédemption, sur la notion de justice rendue ou encore sur nos propres réactions en apprenant qu'un voisin aurait purgé une peine pour un crime abominable. Quel serait alors notre regard ? * * * Quelques semaines plus tard, dans le petit village de Gouves ( Pas-de-Calais ). - Eh Huguette comment vas-tu ? Tu veux rentrer boire une tasse de thé ? - Salut Georgette. Avec plaisir ! Justement j'en ai une bien bonne à te raconter. T'sais qu'j'ai fini La rumeur hier ? Ben après j'suis allé voir sur l'ordinateur c'que les gens y'z'en avaient pensé. - Ah oui ? C'est passé à la grand' librairie ? - Attends, t'vas pas m'croire. Tu te souviens du jeune gars un peu bizarre habillé tout en noir à la fin des années 90 ? C'ti qui s'promenait tout le temps la nuit ? Eh ben il l'a lu aussi et il fait un avis sur la blogosphère. Il se fait appeler Antyryia. - Oui Huguette, j'm'en rappelle bin. J'le trouvais bizarre, j'préférais changer d'trottoir quand j'le croisais çui-là. - Oh si tu savais ! Il avoue même qu'il dormait dans un cercueil et qu'il sacrifiait des animaux, c'est écrit noir sur blanc de son propre aveu. Forte de ces révélations, Georgette a enfin un autre sujet de conversation que le temps maussade et ses rhumatismes. Elle se confie à son médecin, à son facteur, à sa coiffeuse. - Dans l'temps on avait un vrai voyou au village. Un fou dangereux qui dormait dans un cercueil et qui buvait le sang des animaux et aujourd'hui il se fait appeler Vampyryia. Il tient un blog où y raconte toutes les salop'ries qu'il a faites. Denis, le facteur, affirme désormais à qui à qui veut l'entendre qu'enfant, il a vu un homme voler un bébé dans un landau et se transformer en chauve-souris en emmenant sa proie vers les Carpates. Ravie de pouvoir faire la conversation, Mélanie révèle à ses clientes qu'on a enfin remis la main sur le monstre de Gouves qui a sévi à la fin du XXème siècle. Tout en colorant les cheveux, frisant, découpant, permanentant, bouclant et frisant, elle raconte comment le tueur s'est lui même trahi sur internet en diffusant des photos de ses victimes, de jeunes femmes égorgées et exsangues dont il buvait le sang. Le docteur Clarisse s'empresse quant à elle de divulguer à tous ses patients qu'un ancien habitant de la commune était nécrophile et déterrait des cadavres encore frais pour en abuser. "Peu importent qu'elles soient vraies ou fausses. Plus les rumeurs se répandent, plus elles gagnent en force."
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