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Belfond
EAN : 9782714471024
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 96
Format : 120 x 166 mm

Les Âmes et les enfants d'abord

Collection : Belfond Pointillés
Date de parution : 14/01/2016
La misère est partout. Mais apprendre à nos enfants à vivre avec, n’est-ce pas là le crime originel ?  
A Venise, une femme rencontre celle qui n’a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l’indifférence. L’une tient la main d’un enfant, l’autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il... A Venise, une femme rencontre celle qui n’a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l’indifférence. L’une tient la main d’un enfant, l’autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il y a celle debout ; il y a celle à genoux. Immobiles toutes deux.
La misère est à exacte hauteur des enfants. On vit avec. Avant même qu’ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c’est la pauvreté à hauteur de leurs yeux. A bonne hauteur... elle ne le sera jamais.
Le chemin de l’école redevient une cour des miracles que pas un enfant ne devrait traverser. Pour grandir, il lui faudra d’abord regarder le malheur dans les yeux. Tout comme ses parents, il s’y habituera vite, et arrivera le moment où la misère le dépassera.
Elle est où l’humanité ?

L’inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle vous saute à la gueule. La vérité que contiennent ces 110 pages, vous la croisez à chaque coin de rue. 
Un récit que l’on lit d’une traite, un bijou qui brille de feux sombres. Il vous happe et c’est une force qui nous entoure.
Elle est là l’humanité.

 
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EAN : 9782714471024
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 96
Format : 120 x 166 mm

Ils en parlent

«Une mère de famille parisienne rencontre une mendiante au cœur de Venise. Cette femme sans visage, enfouie dans ses haillons, la main suppliante, s’incrustent dans son souvenir. Dès lors, face à elle-même et aux questions de son fils, elle s’interroge : pourquoi sommes-nous indifférents à la mendicité ? Jusqu’à quel point déshumanisons-nous ces êtres pour mieux les ignorer ? Comment se justifier auprès de nos enfants, eux qui grandissent avec ? La libraire révoltée de Fahrenheit 2010 (Stock) livre ici un récit lucide et poétique sur notre attitude face à la pauvreté. Elle restitue sans concessions nos lâchetés quotidiennes, notre charité en forme de bonne conscience, le contraste entre cette misère banalisée et une certaine opulence. Le texte appelle à l’indignation… car il s’agit bien là de dignité. Sous les chiffons sales, à hauteur d’enfant, est-ce bien une âme ? « Elle est où, l’humanité ? » Certainement dans ces mots, dans notre regard, au bout de cette main tendue.»
MURIEL GALLOT / Librairie L’Intranquille Plazza - Besançon - 25

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • LillyMaya Posté le 28 Avril 2021
    J'ai lu ce livre, parce que je l'ai confondu avec un autre roman que je voulais lire et dans lequel il y a le mot "enfants" ! Au final, quelle claque que ce très court texte. Je ne sais même pas si je peux le qualifier de roman ! C'est autre chose ! C'est violent, brut et il frappe au coeur. L'écriture est abrupte, courte, percutante et le sujet ne peut nous laisser indifférent. Ce court texte nous parle d'une femme en vacance à Venise avec son fils. Elle se trouve brusquement confrontée à la misère à l'état brute, en découvrant, sur le sol de l'entrée de la basilique Saint-Marc, un tas de haillons duquel n'émerge qu'une main. En temps normal, elle n'y aurait pas prêté attention, l'ignorance ordinaire de cette misère que l'on ne voit plus. Mais, ce qui change cette fois, c'est la présence de son fils. De cette "rencontre", la narratrice éprouve le besoin de s'adresser à celle qu'elle appellera Madame. C'est l'occasion de parler de son (notre) rapport à la pauvreté, au mendiant. Cette Madame est universelle, elle est le mendiant du métro, du coin de la rue, celui qui a froid, faim, celui qui est agressif, et celui qui... J'ai lu ce livre, parce que je l'ai confondu avec un autre roman que je voulais lire et dans lequel il y a le mot "enfants" ! Au final, quelle claque que ce très court texte. Je ne sais même pas si je peux le qualifier de roman ! C'est autre chose ! C'est violent, brut et il frappe au coeur. L'écriture est abrupte, courte, percutante et le sujet ne peut nous laisser indifférent. Ce court texte nous parle d'une femme en vacance à Venise avec son fils. Elle se trouve brusquement confrontée à la misère à l'état brute, en découvrant, sur le sol de l'entrée de la basilique Saint-Marc, un tas de haillons duquel n'émerge qu'une main. En temps normal, elle n'y aurait pas prêté attention, l'ignorance ordinaire de cette misère que l'on ne voit plus. Mais, ce qui change cette fois, c'est la présence de son fils. De cette "rencontre", la narratrice éprouve le besoin de s'adresser à celle qu'elle appellera Madame. C'est l'occasion de parler de son (notre) rapport à la pauvreté, au mendiant. Cette Madame est universelle, elle est le mendiant du métro, du coin de la rue, celui qui a froid, faim, celui qui est agressif, et celui qui ne demande plus rien etc... Elle est indifférente (parfois), gênée (souvent), généreuse (rarement), épuisée par toute cette misère qui ne semble pas diminuer, bien au contraire et son fils, qui pose sur tout cela le regard encore innocent de l'enfance. L'incompréhension devant le prix de certains articles de luxe aussi cher qu'un mois de loyer...etc... Ce fossé infranchissable entre les très très riche et les pauvres. Ce texte, ne donne pas de solution, pas de conseils. Ce sont simplement les pensées de la narratrice face à cette rencontre. Et j'ai refermé ce livre en me demandant comment réagir lorsque ma route croisera à nouveau la détresse humaine... Et je n'ai pas de bonne solution...
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  • Patrijob Posté le 9 Décembre 2020
    Aujourd'hui, la température flirte avec 0°... Peu de monde sur le marché, il fait trop froid et les conditions sanitaires n'encouragent pas à se risquer dehors pour quelques légumes frais que l'on se procurera plus confortablement dans une grande surface. J'y tiens moi, à mon marché hebdomadaire ! J'aime aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui se lèvent à 4h du matin par n'importe quel temps pour vendre leur production. La leur acheter, c'est respecter leur travail, tout simplement. Entre deux étals, par ce froid de canard, un homme est assis par terre, emmitouflé et encapuchonné dans une vieille parka, masqué comme il se doit, un gobelet entre les jambes. Impossible de l'ignorer après ce que je viens de lire...c'est comme si j'avais reçu une gifle. Ce livre est la confession d'une femme comme les autres, l'aveu d'une culpabilité, celle de l'indifférence humaine face à la misère. Un livre "coup de poing" qui nous oblige à écarquiller les yeux et à voir. Voir ce qu'on ne voit plus, ce que nous avons fondu au décors par tranquillité d'esprit, ces pauvres hères qui feraient presque partie du patrimoine de la ville. Une misère à l'exacte hauteure de nos enfants, qui rase les trottoirs, rampe dans les... Aujourd'hui, la température flirte avec 0°... Peu de monde sur le marché, il fait trop froid et les conditions sanitaires n'encouragent pas à se risquer dehors pour quelques légumes frais que l'on se procurera plus confortablement dans une grande surface. J'y tiens moi, à mon marché hebdomadaire ! J'aime aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui se lèvent à 4h du matin par n'importe quel temps pour vendre leur production. La leur acheter, c'est respecter leur travail, tout simplement. Entre deux étals, par ce froid de canard, un homme est assis par terre, emmitouflé et encapuchonné dans une vieille parka, masqué comme il se doit, un gobelet entre les jambes. Impossible de l'ignorer après ce que je viens de lire...c'est comme si j'avais reçu une gifle. Ce livre est la confession d'une femme comme les autres, l'aveu d'une culpabilité, celle de l'indifférence humaine face à la misère. Un livre "coup de poing" qui nous oblige à écarquiller les yeux et à voir. Voir ce qu'on ne voit plus, ce que nous avons fondu au décors par tranquillité d'esprit, ces pauvres hères qui feraient presque partie du patrimoine de la ville. Une misère à l'exacte hauteure de nos enfants, qui rase les trottoirs, rampe dans les caniveaux, humains dans leur inhumanité. Comment dire la misère à l'enfant qui vous tire par la main parce qu'il ne comprend pas, ne conçoit pas ce qu'il voit ? Vous avez facilement passé votre chemin, pas lui, il n'en est pas encore là... Mais c'est trop tard pour vous, il a déclenché la prise de conscience, le malaise, la culpabilité et ça vous accompagnera longtemps, même au coeur de la beauté. Isabelle Desesquelles a mis dans le mille avec ce récit qui ne se raconte pas d'histoires. Il est le miroir de l'humanité entière, celui dont le reflet coince, gêne, celui qu'on préfère ignorer. Il fallait nous prendre par la peau du cou et nous forcer à ouvrir les yeux, elle l'a fait sans concession, sans hypocrisie afin de nous mettre face à la nôtre. En une centaine de pages, elle nous secoue plus sûrement qu'un long discours moralisateur.
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  • DavidG75 Posté le 1 Novembre 2020
    Venise, Place Saint-Marc. Une femme déambule. Ses yeux se posent sur la mendiante… Electrochoc. Coup de poing. A travers cette indigente sans visage, c'est toute l'insignifiance et la transparence de ces moins-que-rien qui l'éclabousseront, toute cette gueuserie puante qui refluera à travers ses pores, la misère de tous les suppliants du Monde qui fera intrusion dans sa vie qui ne connait pas la médiocrité. A même le sol, devant ces loques fangeuses et cette main tendue, pauvre mais digne, c'est toute l'inhumanité d'un monde de nantis aseptisés qui saute à la gueule, pour quelques pièces que l'on n'accordera pas. Parce que l'ignorance ne doit pas mettre de distance entre le paupérisme et notre âme. Parce que la dèche, ce n'est pas que Bangkok, Lampedusa ou Beyrouth. Parce que la misère rampe aussi dans nos villes, au coin de nos rues… Parce que, au lieu de feindre son absence, on pourrait préférer rendre à ce Monde un peu plus de décence. Il n'est pas trop tard pour agir. Mais pour grandir le Monde, il faut savoir s'abaisser, voir cette misère à hauteur de nos yeux d'enfants, au lieu de l'effacer de nos yeux d'adultes. « Ce que j'ai compris, grâce à vous, Madame, c'est qu'aujourd'hui la misère est à... Venise, Place Saint-Marc. Une femme déambule. Ses yeux se posent sur la mendiante… Electrochoc. Coup de poing. A travers cette indigente sans visage, c'est toute l'insignifiance et la transparence de ces moins-que-rien qui l'éclabousseront, toute cette gueuserie puante qui refluera à travers ses pores, la misère de tous les suppliants du Monde qui fera intrusion dans sa vie qui ne connait pas la médiocrité. A même le sol, devant ces loques fangeuses et cette main tendue, pauvre mais digne, c'est toute l'inhumanité d'un monde de nantis aseptisés qui saute à la gueule, pour quelques pièces que l'on n'accordera pas. Parce que l'ignorance ne doit pas mettre de distance entre le paupérisme et notre âme. Parce que la dèche, ce n'est pas que Bangkok, Lampedusa ou Beyrouth. Parce que la misère rampe aussi dans nos villes, au coin de nos rues… Parce que, au lieu de feindre son absence, on pourrait préférer rendre à ce Monde un peu plus de décence. Il n'est pas trop tard pour agir. Mais pour grandir le Monde, il faut savoir s'abaisser, voir cette misère à hauteur de nos yeux d'enfants, au lieu de l'effacer de nos yeux d'adultes. « Ce que j'ai compris, grâce à vous, Madame, c'est qu'aujourd'hui la misère est à hauteur des enfants. On vit avec. Avec tout ce que cela veut dire. Avant même qu'ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c'est la misère à hauteur de leurs yeux, je ne sais pas si elle est à bonne hauteur. [...] Pour grandir, il lui faudra d'abord regarder le malheur dans les yeux. Tout comme ses parents, il s'y habituera vite, sauf que cela aura commencé trop tôt pour lui, avant même d'avoir compris ce que déjà il ne verra plus. Ne reste que le désespoir. On fait comment avec l'espoir sans l'espoir ? » Elle est passée où, l'humanité ? - - Quelle claque ! En cent pages à peine, Isabelle Desesquelles livre un roman époustouflant, un coup de poing dans nos estomacs de privilégiés, une remarquable réflexion sur cette inhumanité qui nous entoure ! Avec un style direct, moins imagé qu'à son habitude, parce que la misère ne se pare pas de fioritures, Isabelle Desesquelles dépeint une nouvelle fois un thème difficile, la pauvreté, avec pudeur et force d'impact. Elle nous incite à garder nos yeux grands ouverts et à oeuvrer avec et pour nos enfants pour nous élever tous vers plus d'humanité. J'avais adoré Je voudrais que la nuit me prenne et Unpur. Avec ce troisième roman, Isabelle Desesquelles fait définitivement partie de mes auteurs préférés !
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  • latitestella Posté le 23 Décembre 2019
    Un court récit qui nous fait réfléchir sur notre habitude de croiser la misère sans plus nous apercevoir. La narratrice en comme hantée, non pas par la première personne sans-abri qu'elle a croisée, mais par cette femme croisée sur le parvis d'une église lors d'un séjour touristique à Venise. Notre vision de ces personnes dans le besoin, mais aussi ce qu'en comprennent les enfants fait réfléchir...
  • Ladybirdy Posté le 30 Mai 2019
    ••••••• PÉPITE ••••••• •••Gros coup de cœur•••pour ce tout petit roman dont se dégage une puissance littéraire et imagée exponentielle. Une réalité affligeante, une société de la honte, trop de yeux éteints, trop de cœurs fermés. Les âmes et les enfants d’abord, à lire de toute urgence, un plaidoyer de l’infamie. Venise, Venezia, aiuto, aiuto, détourne tes yeux de tes gondoles, la misère est sur ton sol, elle a mal, elle a froid, elle a faim. Elle est où l’humanité ? Les riches debout, les misérables au sol. Même sous moins quinze, les regards restent hauts. Et l’humanité ? Les yeux lèchent les vitrines de Noël, une tasse de café chaude à la main, les poches bien remplies. À hauteur d’âme, vous êtes là, Madame. Votre infirmité est celle du néant. Chiffons, moignon, chien affamé, la misère s’écrase sur vous pendant que les néons élèvent les nantis. Une robe Dior pour le prix d’une maison. Une Porsche contre des milliers d’affamés. Les enfants enjambent la misère. Adultes, ils marcheront dessus. Ils ouvriront la misère à coups de talons. Le pavé est sale, le trottoir sombre, tache lugubre, ectoplasme édenté, émaillé, invisible. Ils sont des milliers, des millions comme Cosette à quémander... ••••••• PÉPITE ••••••• •••Gros coup de cœur•••pour ce tout petit roman dont se dégage une puissance littéraire et imagée exponentielle. Une réalité affligeante, une société de la honte, trop de yeux éteints, trop de cœurs fermés. Les âmes et les enfants d’abord, à lire de toute urgence, un plaidoyer de l’infamie. Venise, Venezia, aiuto, aiuto, détourne tes yeux de tes gondoles, la misère est sur ton sol, elle a mal, elle a froid, elle a faim. Elle est où l’humanité ? Les riches debout, les misérables au sol. Même sous moins quinze, les regards restent hauts. Et l’humanité ? Les yeux lèchent les vitrines de Noël, une tasse de café chaude à la main, les poches bien remplies. À hauteur d’âme, vous êtes là, Madame. Votre infirmité est celle du néant. Chiffons, moignon, chien affamé, la misère s’écrase sur vous pendant que les néons élèvent les nantis. Une robe Dior pour le prix d’une maison. Une Porsche contre des milliers d’affamés. Les enfants enjambent la misère. Adultes, ils marcheront dessus. Ils ouvriront la misère à coups de talons. Le pavé est sale, le trottoir sombre, tache lugubre, ectoplasme édenté, émaillé, invisible. Ils sont des milliers, des millions comme Cosette à quémander mieux que de la pitié. Ils sont où les Jean Valjean ? « Les ténèbres vous mâchent et vous recrachent, pauvre chose. » Et toi, belle humanité, ou es-tu? Un jeune père de famille tient sa paume ouverte. Deux photos d’identité, ce qui lui reste de sa femme et de son fils noyés la veille : « regardez comme elle est belle, et lui…si sérieux. » Elle est là, l’humanité. « Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrocité de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » Le 1er janvier 1862, Victor Hugo, depuis sa cristal room sur l’île de Guernesey, écrit debout les milliers de pages qui deviendront les Misérables.
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