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Nouveauté
Ne vois-tu rien venir ?
Collection : Hors collection
Date de parution : 01/02/2024
Éditeurs :
Syros
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Nouveauté

Ne vois-tu rien venir ?

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Collection : Hors collection
Date de parution : 01/02/2024
Un roman puissant et engagé contre le harcèlement scolaire. Avec une postface d’Emmanuelle Piquet, psychopraticienne spécialiste du sujet. 
Une rentrée scolaire semblable à tant d’autres. Un collège ordinaire.
Deux adolescentes dans la même classe de troisième. D’un côté, Sarah, élève populaire et charismatique. De l’autre, Orlane, la nouvelle.
Elles auraient pu devenir amies.
Mais Sarah décide de cristalliser les regards et la haine sur Orlane. Et de transformer sa vie en un véritable enfer.
EAN : 9782748537864
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 155 x 223 mm
Syros
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EAN : 9782748537864
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 155 x 223 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • audelagandre 16/02/2024
    «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» nouveau roman d’Amélie Antoine propose un récit à deux voix, celle de Sarah, et celle d’Orlane, deux adolescentes qui auraient pu être copines, mais sont devenues ennemies jurées. La première entre en troisième, dans un collège où elle a fait toute sa scolarité et où elle est «#8201;populaire#8201;». La seconde a déménagé de Toulouse avec sa famille et s’apprête à faire sa rentrée dans ce même collège. Le texte alterne les voix des deux gamines, qui, chacune à leur tour, raconte ce qu’elles vivent au quotidien. Le roman couvre une année scolaire complète dans laquelle Amélie Antoine glisse des entretiens liés à une enquête à la fin de chaque mois, où différentes personnes prennent la parole, comme si un drame terrible avait eu lieu. Quelles sont les origines de la haine et quelles sont ses motivations#8201;? Comment naît-elle et pourquoi#8201;? Quels éléments se cachent derrière cette émotion intense et de quoi se nourrit-elle#8201;? «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» commence par l’annonce d’une mauvaise nouvelle pour Sarah. Ce qui surgit dans sa vie pourrait mettre sa popularité à mal auprès des autres collégiens et la rendre «#8201;différente#8201;» aux yeux de tous. La meilleure défense étant l’attaque, c’est assez naturellement qu’elle décide de prendre Orlane en grippe pour dévier l’attention de tous. Procédé facile, classique, mais redoutablement efficace. «#8201;Être populaire et faire partie des filles qui sont respectées et admirées, c’est du boulot#8201;; et maintenant que je suis en troisième, j’ai bien l’intention de profiter de cet avantage.#8201;» Sa proie est toute désignée, une nouvelle dans l’école qui a l’air perdu, s’agrippe aux sangles de son sac à dos, et aurait une bosse sur le nez. «#8201;Y en a qui ne sont pas vraiment gâtés au départ, c’est quand même pas de pot d’avoir l’air nickel de face et d’être un monstre de profil, quoi#8201;! Je sens qu’on va bien s’amuser avec elle. J’ai l’instinct pour ça.#8201;» Reste à convaincre la meute qui tourne autour d’elle de l’aider dans son entreprise de destruction massive, chose plutôt aisée lorsque l’on est si populaire. Lentement, la haine est instillée dans l’esprit de tous les «#8201;suiveurs#8201;» qui prennent chaque mot sortant de la bouche de Sarah comme parole d’évangile. Que se passe-t-il pour Orlane#8201;? Rapidement, dès septembre, Orlane a «#8201;la désagréable conviction qu’ici, cette fille fait la pluie et le beau temps.#8201;» Elle a conscience que Sarah a une influence énorme sur les élèves de sa classe. «#8201;Être acceptée d’elle, c’est être accepté de tout le monde. Être dans sa ligne de mire, c’est se retrouver seule en plein désert, à errer en vain pour trouver une oasis.#8201;» Orlane tente plusieurs scénarios pour échapper à l’acharnement de Sarah. C’est d’ailleurs extrêmement bien pensé de la part d’Amélie Antoine, de dérouler tous les mécanismes de défense qu’utilisent les élèves harcelés : se fondre dans la masse, essayer d’être transparents, ne pas se faire remarquer, tenter de faire ami-ami, et se rendre vite compte que cela ne fonctionne pas. Après moult tentatives, lorsque le palier de l’humiliation devant témoins est franchi, Orlane cesse d’imaginer comment elle peut lui échapper, elle ressent simplement de la peur. Cette peur, sourde, omniprésente et extrêmement vicieuse, devient malheureusement l’émotion la plus présente dans la vie d’Orlane. Et toi, «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» Les insultes sur les réseaux sociaux depuis différents comptes sous différents pseudos, l’obligation de quitter le groupe classe créé sur WhatsApp, les centaines de SMS d’insultes reçus, les appels la nuit#8201;? «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;», les adultes englués dans leurs propres problèmes qui ne savent plus voir ou sentir le mal-être terrible qui ronge leurs enfants, le corps enseignant qui a peut-être manqué d’attention, les camarades de classe qui choisissent leur camp#8201;? «#8201;Je sais que c’est lâche, mais je ne suis pas comme toi, moi. Je ne pourrais pas endurer tout ce qu’elles te font subir depuis des mois.#8201;» «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;», la souffrance, la honte, la culpabilité, pour l’une. Le sentiment d’invincibilité, la supériorité, la fierté pour l’autre. La souffrance des deux côtés, même si elle naît de raisons obscures… En tant que mère d’une enfant qui a été harcelée à l’école, il est très difficile de prendre ce temps de réflexion pour analyser posément les choses, écouter la souffrance de son propre enfant, et savoir ouvrir suffisamment son esprit (et son coeur) pour analyser ce qui a pu se passer dans le camp adverse. C’est un exercice extrêmement difficile, car, en tentant de comprendre le bourreau, on a l’impression de trahir son propre enfant. Et pourtant, ce que démontre Amélie Antoine dans ce texte, appuyé par Emmanuelle Piquet dans la postface, est bien qu’il n’existe aucune situation où tout est noir ou blanc, et qu’il faut sérieusement se pencher sur toutes les nuances de gris, comprendre les motivations qui se cachent derrière les mots et les actes pour mieux les combattre. Aborder «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» en mettant de côté son vécu, donc ses émotions n’est pas aisé, mais c’est nécessaire pour entendre la souffrance d’Orlane et celle de Sarah. Le harcèlement scolaire est un fléau de notre société, générateur de drames. Je suis les travaux d’Emmanuelle Piquet depuis quelques mois. Son intervention à la fin du roman est une vraie chance parce qu’il est un réel éclairage. À travers la voix de la CPE, c’est un peu sa voix à elle que j’entends (si vous la suivez sur les réseaux, vous savez de quoi je parle) «#8201;Mais, parfois, il ne suffit pas que les adultes interviennent, j’en sais quelque chose. Notre rôle, c’est d’accompagner les enfants en souffrance, de leur montrer qu’ils ont les moyens de s’en sortir par eux-mêmes. Qu’ils ont la force de gravir des montagnes et de clouer le bec à tous les salauds qui se mettront, en travers de leur chemin.#8201;» Parfois, il suffit d’un camarade qui s’oppose, d’humour ou d’autodérision pour que les choses s’arrêtent. Dans tous les cas, cela demande un immense courage… «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;», titre un brin provocateur encourage le lecteur à regarder au-delà des apparences et de la vie qui suit son cours derrière les préoccupations parfois anodines de chacun. Il s’agit de comprendre la mécanique du harcèlement scolaire : comment il naît, dans quelle spirale il grossit, avec quelles armes il est nourri. L’énorme point fort de ce roman réside dans la narration à deux voix, sur un laps de temps relativement court, entre septembre et juin. La tension monte au fil des mois qui s’égrène, jusqu’à ce dénouement d’une très grande intelligence. Ce qu’il m’en reste en refermant le livre, c’est l’aveuglement dont nous, adultes, faisons souvent preuve, tellement persuadés que nos enfants nous parleraient dans une telle situation. Or, comme ils nous connaissent parfaitement, ils savent aussi très bien nous mentir pour éviter que l’on déboule à l’école. Parce que, ne nous mentons pas, c’est ce qu’un parent normalement constitué fait d’instinct. Or, les expériences montrent que nos interventions desservent plus qu’elles ne servent, et qu’il faut désormais utiliser d’autres outils pour combattre le harcèlement scolaire. «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» est un roman, très éclairant, très juste, et très émouvant. À lire, et à faire lire à vos enfants pour déclencher une discussion et tenter de libérer la parole. «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» nouveau roman d’Amélie Antoine propose un récit à deux voix, celle de Sarah, et celle d’Orlane, deux adolescentes qui auraient pu être copines, mais sont devenues ennemies jurées. La première entre en troisième, dans un collège où elle a fait toute sa scolarité et où elle est «#8201;populaire#8201;». La seconde a déménagé de Toulouse avec sa famille et s’apprête à faire sa rentrée dans ce même collège. Le texte alterne les voix des deux gamines, qui, chacune à leur tour, raconte ce qu’elles vivent au quotidien. Le roman couvre une année scolaire complète dans laquelle Amélie Antoine glisse des entretiens liés à une enquête à la fin de chaque mois, où différentes personnes prennent la parole, comme si un drame terrible avait eu lieu. Quelles sont les origines de la haine et quelles sont ses motivations#8201;? Comment naît-elle et pourquoi#8201;? Quels éléments se cachent derrière cette émotion intense et de quoi se nourrit-elle#8201;? «#8201;Ne vois-tu rien venir#8201;?#8201;» commence par l’annonce d’une mauvaise nouvelle pour Sarah. Ce qui surgit dans sa vie pourrait mettre sa popularité à mal auprès des autres collégiens et la rendre «#8201;différente#8201;» aux yeux de tous. La meilleure défense étant l’attaque, c’est assez naturellement...
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  • Linelo 14/02/2024
    Je commence à avoir lu beaucoup de livres sur le harcèlement, celui-ci m'a beaucoup plu et me marquera ! Il se distingue d'abord par sa construction, qui donne la parole à deux ados, Orlane et Sarah, la victime et le bourreau de l'autre, dont on va suivre le parcours parallèle durant une année scolaire. Elles auraient effectivement pu devenir amies mais Sarah va prendre Orlane, la petite nouvelle, en grippe et lui faire vivre un enfer au collège. Sans qu'il soit mentionné de manière explicite, nous saurons dès le début qu'un drame va se produire, via des comptes rendus d'entretiens d'enquête qui clôturent chaque chapitre, avec un compte à rebours. J'ai trouvé que tout était vraiment bien décrit dans ce roman pour comprendre à la fois les raisons qui poussent Sarah à s'en prendre à Orlane et le pouvoir de leader qu'elle a sur les autres élèves, et l'impuissance d'Orlane, sa peur de parler et son isolement progressif. Les deux personnages sont très justes, l'autrice montre bien tout le mécanisme qui se met en place quand un(e) élève décide de s'en prendre à un(e) autre. C'est important de montrer, pour une fois, un personnage harceleur qui, malgré l'image renvoyé aux autres, n'est lui-même pas bien dans sa peau. Si cela ne justifie en rien la cruauté de Sarah, avoir son point de vue montre qu'Orlane n'y est pour rien. Orlane, quant à elle, était bien dans ses baskets mais fragilisée par son déménagement et la séparation de ses parents. [masquer] J'ai aussi trouvé l'idée de proposer deux fins très intelligente de la part de l'autrice. La fin initiale, celle à laquelle on s'attend mais qu'on espère ne pas lire, m'a bouleversée comme rarement un livre l'a fait. La fin alternative, offre une note d'espoir avec un exemple d'attitude, préconisée par Emmanuelle Piquet dans ses livres, que des élèves victimes de harcèlement peuvent essayer d'adopter pour déstabiliser leur harceleur.[/masquer] Un roman que j'ai dévoré et que je conseille pour nos élèves !Je commence à avoir lu beaucoup de livres sur le harcèlement, celui-ci m'a beaucoup plu et me marquera ! Il se distingue d'abord par sa construction, qui donne la parole à deux ados, Orlane et Sarah, la victime et le bourreau de l'autre, dont on va suivre le parcours parallèle durant une année scolaire. Elles auraient effectivement pu devenir amies mais Sarah va prendre Orlane, la petite nouvelle, en grippe et lui faire vivre un enfer au collège. Sans qu'il soit mentionné de manière explicite, nous saurons dès le début qu'un drame va se produire, via des comptes rendus d'entretiens d'enquête qui clôturent chaque chapitre, avec un compte à rebours. J'ai trouvé que tout était vraiment bien décrit dans ce roman pour comprendre à la fois les raisons qui poussent Sarah à s'en prendre à Orlane et le pouvoir de leader qu'elle a sur les autres élèves, et l'impuissance d'Orlane, sa peur de parler et son isolement progressif. Les deux personnages sont très justes, l'autrice montre bien tout le mécanisme qui se met en place quand un(e) élève décide de s'en prendre à un(e) autre. C'est important de montrer, pour une fois, un personnage harceleur qui, malgré l'image renvoyé aux autres, n'est lui-même...
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  • mamzellepotter 08/02/2024
    Un roman poignant et utile autour du harcèlement scolaire. Dans ce roman, les deux points de vue : celle qui harcèle, celle qui est harcelée et une tragédie qui se dessine ! C’est un roman utile, à glisser entre toutes les mains adolescentes, car le harcèlement est toujours — malheureusement — un thème actuel et cruel auquel de nombreux adolescents sont confrontés. J’ai aimé ce roman que j’ai lu d’une traite à cause de son intrigue, mais aussi grâce à cette plume d’Amélie Antoine qui est de qualité, très fluide et qui nous permet de nous entraîner dans cette histoire bien rythmée, bien construite. En plus, on suit les deux protagonistes de l’histoire : Orlane, qui est celle qui va se faire harceler, nouvelle dans ce collège et qui fait face aux soucis familiaux en plus de devoir se faire une place dans cette nouvelle ville. Il y a aussi Sarah, la harceleuse, celle qui comme d’autres s’est battue pour ne pas être la victime, celle qui est diabétique et qui cache sa maladie et qui tente donc de laisser parler sa frustration par cette méchanceté, cette violence envers cette nouvelle. Gratuitement. C’est terrible et en même temps familier. Même si vous n’avez pas été victime de harcèlement, je suis certaine que cela vous parlera quand même ! N’avez-vous pas assister à de telles scènes sans rien dire, sûrement un peu honteusement ou avec une pointe de soulagement ? Ces scènes que nous livre l’autrice sont universelles. N’avez-vous pas assister à de telles scènes sans rien dire, sûrement un peu honteusement ou avec une pointe de soulagement ? Des parents qui n’ont rien vu mettant ce mutisme sur l’adolescence, le personnel du collège qui n’a rien vu, trop pris ailleurs…Un roman poignant et utile autour du harcèlement scolaire. Dans ce roman, les deux points de vue : celle qui harcèle, celle qui est harcelée et une tragédie qui se dessine ! C’est un roman utile, à glisser entre toutes les mains adolescentes, car le harcèlement est toujours — malheureusement — un thème actuel et cruel auquel de nombreux adolescents sont confrontés. J’ai aimé ce roman que j’ai lu d’une traite à cause de son intrigue, mais aussi grâce à cette plume d’Amélie Antoine qui est de qualité, très fluide et qui nous permet de nous entraîner dans cette histoire bien rythmée, bien construite. En plus, on suit les deux protagonistes de l’histoire : Orlane, qui est celle qui va se faire harceler, nouvelle dans ce collège et qui fait face aux soucis familiaux en plus de devoir se faire une place dans cette nouvelle ville. Il y a aussi Sarah, la harceleuse, celle qui comme d’autres s’est battue pour ne pas être la victime, celle qui est diabétique et qui cache sa maladie et qui tente donc de laisser parler sa frustration par cette méchanceté, cette violence envers cette nouvelle. Gratuitement. C’est terrible et en même temps familier. Même si vous n’avez...
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  • VIVI29 08/02/2024
    Il s'agit ici d'une ré-écriture du livre "Raisons obscures" que j'ai lu il y a maintenant 5 ans, un roman qui m'a beaucoup marquée. L'autrice avait dans un coin de son esprit l'envie de réécrire cette histoire en l'adaptant pour les jeunes et je dois dire que c'est parfaitement réussi. Je ne saurais dire lequel des deux désormais je préfère. Je conseillerais les deux absolument. Comme dans "Raisons obscures", on retrouve donc ici Sarah et Orlane. Sarah est très populaire dans son collège et en ce début d'année scolaire, elle entend bien conserver la même popularité. Et ce n'est pas son diabète, qu'elle cache à tous depuis la fin de l'année scolaire précédente, qui va changer ça non plus. Orlane, elle, vient d'arriver dans la région, ses parents ayant souhaité changer de vie pour tenter de retrouver un équilibre dans leur couple. Orlane, même si elle a trouvé l'idée plutôt bonne, démarre cette nouvelle année scolaire légèrement inquiète à l'idée de ne connaître personne. Mais passionnée de magie, elle compte bien user de ses talents de magicienne amatrice pour se faire quelques amis. Malheureusement, dès le premier jour, elle est prise en grippe par Sarah et ses copines qui la suivent aveuglément. Et ce n'est qu'un début...la voilà devenue la cible. Comme indiqué sur la 4ème de couverture, ce roman choc explore la mécanique qui enferme une élève dans le rôle de la victime, tandis qu'une autre s'est muée en bourreau. Ici tout le processus de l'emprise est brillamment illustré à travers cette adolescente de 12 ans qui se trouve bien démunie face à une camarade de classe que rien n'arrête . La plume d'Amélie frappe encore une fois par sa justesse et sa capacité à nous émouvoir et nous bouleverser. C'est percutant, violent parfois par le réalisme des phrases et des actes. Criant de vérité. Un roman d'utilité publique. Un roman à mettre entre toutes les mains, pour que ce fléau soit enfin contré, pour une prise de conscience collective, sortir du silence et éviter le pire. A lire en famille pour en échanger, enfants, parents et grands-parents, à lire par tous car s'il est adapté aux jeunes dès 13 ans, on ne ressent pas pour autant que c'est un roman jeunesse. Et cette réécriture est à découvrir absolument. C'est brillant. Bravo Amélie, vous avez décidément plus d'une corde à votre arc !Il s'agit ici d'une ré-écriture du livre "Raisons obscures" que j'ai lu il y a maintenant 5 ans, un roman qui m'a beaucoup marquée. L'autrice avait dans un coin de son esprit l'envie de réécrire cette histoire en l'adaptant pour les jeunes et je dois dire que c'est parfaitement réussi. Je ne saurais dire lequel des deux désormais je préfère. Je conseillerais les deux absolument. Comme dans "Raisons obscures", on retrouve donc ici Sarah et Orlane. Sarah est très populaire dans son collège et en ce début d'année scolaire, elle entend bien conserver la même popularité. Et ce n'est pas son diabète, qu'elle cache à tous depuis la fin de l'année scolaire précédente, qui va changer ça non plus. Orlane, elle, vient d'arriver dans la région, ses parents ayant souhaité changer de vie pour tenter de retrouver un équilibre dans leur couple. Orlane, même si elle a trouvé l'idée plutôt bonne, démarre cette nouvelle année scolaire légèrement inquiète à l'idée de ne connaître personne. Mais passionnée de magie, elle compte bien user de ses talents de magicienne amatrice pour se faire quelques amis. Malheureusement, dès le premier jour, elle est prise en grippe par Sarah et ses copines qui ...
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  • amuri59 01/02/2024
    Une rentrée de septembre dans un collège ordinaire d'une petite ville sans histoire, deux élèves patientent sur le parvis en attendant d'entrer dans cette année de 3ème. L'une est la star de la cour de récré, l'autre débarque de Toulouse et se tient à l'écart, un peu paumée dans cette nouvelle vie. Un sac à dos trop remonté, un regard en croix et le sort est celé, Orlane devient la souffre douleur de Sarah et c'est le début d'un long chemin de croix. Si, comme moi, vous avez lu Raisons Obscures, ce livre va forcément vous rappeler quelque chose. En effet, Amélie a décidé de remanier complètement le texte pour s'adresser à un public plus jeune : les collégiens et lycéens, puisque le thème les concerne directement. On apprend en fin d'ouvrage qu'un jeune sur dix serait touché par le harcèlement scolaire. Alors est-ce une version édulcorée ? L'écriture est-elle sacrifiée sur l'autel de la jeunesse ? L'impression de relire est-elle forte ? A l'ensemble, je réponds non. Cette version est différente, évidemment vous allez retrouver des similitudes mais les projecteurs sont plus recentrés, on peut même quasiment les réduire à deux poursuites. Ce n'est donc pas une relecture mais un oeil neuf apporté à cette terrible histoire. Avec un tel attachement à ses personnages, on peut même se demander le degré d'implication d'Amélie : une enfant confrontée à ce problème ou une mère louve souhaitant protéger les siens ? L'écrivaine est toutefois plus prévenante, en posant de temps à autre des entretiens d'enquête pour avertir d'une possible fin plus sombre tout en distillant des points de vue de proches , d'élèves ou de personnels de l'Education sur un aveuglement consenti, mensonger, participatif, mais surtout stupéfait à cause d'une vie où l'habitude et les soucis prennent le pas sur son ouverture aux autres. L'amour est toujours là certes mais si les signes de détresse ne sont pas évidents ou clairement exprimés, on peut passer à côté. Fautifs ? C'est LA question, Amélie y apporte un éclairage particulier. Les signes, Orlane en a été avare : une confidence à une amie à des centaines de kilomètres et un passage devant une cpe pour des faits qui se sont déroulés devant sa porte. Orlane est discrète, sociable, passionnée de magie, l'enfant du milieu de la fratrie, celle qui ne fait pas de bruit, celle qui ne sort pas du rang sauf peut-être pour ses bons résultats scolaires, celle qui ne dit rien des changements familiaux même si cela la contrarie. De fait, elle ne sera donc pas une poucave, une balance pensant au début que le problème se réglerait de lui-même, puis doutant de sa personnalité et enfin prise dans cet engrenage du « et ça continue encore et encore, c'est que le début d'accord d'accord » (citation conjointe de Cabrel et d'Amélie). La romancière montre cette descente graduelle vers l'abîme. Un abîme de solitude, de stress, de mal-être et surtout la difficulté à extérioriser, cette honte à s'exprimer, cette inconscience du statut de victime malgré des accès de rage très vite contenus face au mur de la peur. C'est un match de boxe à sens unique, l'une seulement donne des coups, l'autre encaisse. Sarah, elle aussi fait partie d'une fratrie. Un petit frère adorable, des parents ordinaires, mignonne, pas bosseuse mais entourée. Mais voilà Sarah a un statut à défendre, elle est populaire. On guette ses attitudes, on l'envie, on la suit. Une princesse régnant sur ses courtisans. Ses dires font loi. L'arrogance est un trait de caractère chez elle mais qui cache un secret. Une maladie dont elle souffre, déclarée avant les grandes vacances. Honteuse de devoir vivre « presque » comme tout le monde, peur d'être différente. Asseoir son pouvoir sur l'autre devient alors une planche de salut, manger ou être mangée, le choix est rapide quand un rang est à tenir. Amélie Antoine donne une clé dans la compréhension mais n'excuse pas pour autant surtout au travers de quelques réminiscences du passé. Le lecteur devient alors spectateur. L'incompréhensible suit le meilleur du pire et dans le pire Sarah est la meilleure. Pourtant, l'auteure montre que cette harpie est douée de sentiments et qu'elle peut basculer à tout moment. Rien n'est tout noir ou tout blanc. La confiance est un mot à cultiver pour ces deux adolescentes, proches au point qu'une amitié semblait possible et pourtant… Ce livre fait partie des lectures électrochocs sous une forme romancée, une plongée dans l'enfer du harcèlement. Amélie a choisi de balayer une partie de la problématique du roman adulte pour se recentrer sur le souci principal et ainsi exposer directement le message pour son lectorat. Même si ce livre est principalement destiné aux collégiens et lycéens, je conseille toutefois, une lecture parentale avant de le confier à des 6ème par exemple pour anticiper de futurs échanges. Une postface d'Emmanuelle Piquet revient brièvement sur la thématique et des contacts sont aussi détaillés pour répondre immédiatement à un besoin de se confier. En conclusion, j'adresse un merci à Amélie pour cet ouvrage. En premier lieu car il traite d'un sujet qu'on a trop souvent laissé de côté pensant à des broutilles ou des chamailleries mais surtout pour un livre qui a fait sens dans ma vie personnelle dans l'un des sujets annexes évoqués. J'espère que ce bouquin aura un retentissement fort envers le public qu'il concerne en priorité. Une rentrée de septembre dans un collège ordinaire d'une petite ville sans histoire, deux élèves patientent sur le parvis en attendant d'entrer dans cette année de 3ème. L'une est la star de la cour de récré, l'autre débarque de Toulouse et se tient à l'écart, un peu paumée dans cette nouvelle vie. Un sac à dos trop remonté, un regard en croix et le sort est celé, Orlane devient la souffre douleur de Sarah et c'est le début d'un long chemin de croix. Si, comme moi, vous avez lu Raisons Obscures, ce livre va forcément vous rappeler quelque chose. En effet, Amélie a décidé de remanier complètement le texte pour s'adresser à un public plus jeune : les collégiens et lycéens, puisque le thème les concerne directement. On apprend en fin d'ouvrage qu'un jeune sur dix serait touché par le harcèlement scolaire. Alors est-ce une version édulcorée ? L'écriture est-elle sacrifiée sur l'autel de la jeunesse ? L'impression de relire est-elle forte ? A l'ensemble, je réponds non. Cette version est différente, évidemment vous allez retrouver des similitudes mais les projecteurs sont plus recentrés, on peut même quasiment les réduire à deux poursuites. Ce n'est donc pas une relecture mais un oeil...
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