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Robert Laffont
EAN : 9782221082331
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 810

Oeuvres complètes - Comédies - Tome 1 - Édition bilingue francais-anglais

Les Deux gentilshommes de Vérone - La Mégère apprivoisée - La Comédie des erreurs - Peines d'amour perdues - Songe d'une nuit d'été

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Collection : Bouquins
Date de parution : 02/11/2000

Il n’y a pas de saison théâtrale sans qu’une ou plusieurs pièces de Shakespeare ne soit inscrite au programme. C’est le dramaturge le plus joué dans le monde. À juste titre. Ses pièces mettent en situation des conflits humains de toujours, des peurs ancestrales, des ambitions meurtrières, des angoisses existentielles....

Il n’y a pas de saison théâtrale sans qu’une ou plusieurs pièces de Shakespeare ne soit inscrite au programme. C’est le dramaturge le plus joué dans le monde. À juste titre. Ses pièces mettent en situation des conflits humains de toujours, des peurs ancestrales, des ambitions meurtrières, des angoisses existentielles. Othello, Hamlet, Prospero, Lady Macbeth sont certes des figures historiques, mais ils nous ressemblent ou, plutôt, nous leur ressemblons toujours. Et tant qu’il y aura des hommes, les pièces de Shakespeare leur fourniront les mots pour dire leur grandeur et leur détresse, leur générosités et leur mesquinerie, leur bassesse et leur poésie.

Tragicomédies et poésies (2 volumes sous coffret)
Tome I : Troïlus et CressideMesure pour mesureTout est bien qui finit bien Cymbelin – Les Deux Cousins.
Tome II : PériclèsLe Conte d’HiverLa TempêteVénus et Adonis Le Viol de LucrèceSonnetsPlainte d’une amantePoèmes diversMusique des chansons de Shakespeare

"De bout en bout une indubitable réussite" Georges Bas, Études anglaises.

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EAN : 9782221082331
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 810
Robert Laffont

Ils en parlent

« Une bonne édition française de ce monument ne peut être que bilingue, la voici enfin. »
Philippe Sollers, Le Monde des livres.

« Un bijou éditorial. » Hervé de Saint-Hilaire,
Le Figaro.

« Shakespeare apparaît sur le théâtre tel un tonitruant homme-orchestre dont la musique ravageuse et caressante n’a pas fini de caresser les siècles. La collection Bouquins permet de mieux nous approcher pour écouter. »
Pierre Marcabru, Le Point. UNE EDITION INTEGRALE BILINGUE : Aux apports multiples de l’édition Oxford, Bouquins ajoute une introduction détaillée à chaque pièce, un très sérieux appareil de notes, un répertoire des personnages et un guide bibliographique. […] Le premier volume des Tragédies est essentiel : il réunit les grandes études générales sur l’époque de Shakespeare, sa vie, le théâtre élisabéthain, la transmission des textes jusqu’aux éditions modernes, et surtout, c’est la pièce maîtresse, un volumineux « dictionnaire de Shakespeare » de plus de 200 pages, qui constitue un outil de travail et de référence à peu près indispensable désormais. A son tour, le Shakespeare de Bouquins fera date. Robert Louit, Le Magazine littéraire

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • mercutio Posté le 15 Avril 2016
    Le Songe d'une Nuit d’Été Qu'il y tue beaucoup ou pas du tout, Shakespeare parle toujours d'amour et de théâtre dans ses pièces. Peu de chance donc, si l'on ne goûte l'un ou l'autre, d'apprécier le Songe où ce tropisme de l'auteur se déploie, forcené, bien que tout en maîtrise et poésie et dérision. Encore que le plus souvent, au-delà du masquage opéré par la phraséologie maniériste héritée de Pétrarque, et bien sûr moquée, William semble considérer l'amour de ses créatures masculines principalement concentré sur le seul désir sexuel. De ce point de vue, et en singeant l'oxymore chère à Pétrarque, le Songe d'une nuit d'été est une sorte d'antithèse jumelle de Roméo et Juliette. La pièce pourrait être figurée par une bulle enfermant l'ensemble des désirs réfrénés ou contraints des protagonistes, qui s'échappe délicatement, dès l'acte I, scène I, du corset de conventions sociales au titre desquelles Thésée ne saurait baiser Hyppolyta avant d'en être le mari consacré, ni Hermia choisir seule son amant Lysandre quand son père Egée entend lui imposer un mari, Démétrius, et ce, afin de rendre possible les métamorphoses et transgressions qu'abritera, bonne fille, la forêt qui est le monde des fées, lutins et elfes. Les amoureux devront... Le Songe d'une Nuit d’Été Qu'il y tue beaucoup ou pas du tout, Shakespeare parle toujours d'amour et de théâtre dans ses pièces. Peu de chance donc, si l'on ne goûte l'un ou l'autre, d'apprécier le Songe où ce tropisme de l'auteur se déploie, forcené, bien que tout en maîtrise et poésie et dérision. Encore que le plus souvent, au-delà du masquage opéré par la phraséologie maniériste héritée de Pétrarque, et bien sûr moquée, William semble considérer l'amour de ses créatures masculines principalement concentré sur le seul désir sexuel. De ce point de vue, et en singeant l'oxymore chère à Pétrarque, le Songe d'une nuit d'été est une sorte d'antithèse jumelle de Roméo et Juliette. La pièce pourrait être figurée par une bulle enfermant l'ensemble des désirs réfrénés ou contraints des protagonistes, qui s'échappe délicatement, dès l'acte I, scène I, du corset de conventions sociales au titre desquelles Thésée ne saurait baiser Hyppolyta avant d'en être le mari consacré, ni Hermia choisir seule son amant Lysandre quand son père Egée entend lui imposer un mari, Démétrius, et ce, afin de rendre possible les métamorphoses et transgressions qu'abritera, bonne fille, la forêt qui est le monde des fées, lutins et elfes. Les amoureux devront patienter quatre actes avant que leurs situations respectives s'accordent avec leurs pulsions de Mai, sur le détail desquelles la modération à l'œuvre chez Babelio m'interdit de m'étendre. Disons que tout semble permis, explicitement ou suggéré. Entretemps, l'auteur décline son art à l'envi, activant pas moins de trois registres -au lieu des deux habituels- mis en relation deux à deux par les "passeurs" que sont Puck et Bottom : les quatre amoureux, le royaume des Fées, les artisans comédiens improvisés, sans compter Thésée et Hippolyta très occupés, surtout lui semble-t-il, à attendre que l'heure sonne. D'ailleurs, point n'est besoin de passeurs entre Thésée et Obéron, roi des Fées, ni Hippolyta et Titania, reine des Fées, binômes qu'il est légitime de considérer, chacun, comme les deux faces d'une même pièce. Cette débauche de moyens a évidemment sa traduction dans la composition et le verbe: vers rimés ou non et prose, vocabulaire soutenu, spécifique ou populaire, ton sentimental, naturaliste ou humoristique, emprunts littéraires (Ovide, Plutarque principalement) ou au folklore et vécu populaire, ainsi qu'ironie débridée visant les mœurs, les rapports humains, les croyances et bien sûr le théâtre, en apothéose. Hélas, les bulles ayant vocation à s'évanouir, celle du Songe finit par imploser: tout rentre dans le bon ordre, la société reprend ses droits, les mondes se fractionnent. Si le spectateur (lecteur) peut concevoir quelques regrets de la fin de la fête et du conformisme retrouvé, le fait que Thésée puisse enfin, après cinq actes de douloureuse rétention, consommer, lui procure, par solidarité ou compassion selon le sexe (ou le genre -Shakespeare à mon avis aurait adoré exploiter cette polémique) quelque soulagement. Il y a lieu d'ajouter que la notice de Gisèle Venet dans l'édition de la bibliothèque de la Pléiade, dense et très documentée, satisfera la curiosité de ceux qui s'interrogent sur les sources et les interprétations de cette pièce. Le Marchand de Venise Considérer le Marchand de Venise comme une diatribe antisémite me semble relever à la fois de l'évidence, de l'anachronisme et de la myopie. Presque de la même façon qu'on verrait dans La Mégère apprivoisée un pamphlet misogyne … l'anachronisme en moins… quoique... En effet, à première vue, le Marchand de Venise est un violent réquisitoire contre les Juifs, représentés par Shylock. A seconde vue et avec une paire de lunettes il se lit plutôt, selon moi ,comme un plaidoyer pour une plus grande justice à leur égard. Doit-on dire que Shakespeare, en ayant la main aussi lourde, a ou n'a pas facilité la tâche de son public, aujourd'hui comme hier? L'évidence Elle brille dès le sous-titre, racoleur- il faut bien vivre-: "La très excellente histoire du marchand de Venise - Avec l'extrême cruauté du Juif Shylock envers ledit marchand dans son dessein de couper exactement une livre de sa chair; et l'obtention de Portia par le choix entre trois coffrets". Prudent, l'auteur amende dans la foulée l'impression fâcheuse que pourrait produire la formule en qualifiant la pièce "histoire comique du marchand de Venise". On imagine sans peine que la représentation de la cruauté d'un Juif ne peut qu'attirer la foule chrétienne de l'époque et ce d'autant plus qu'on lui promet qu'elle en rira. L'intrigue se noue dès lors autour du contrat de prêt que Shylock fait signer au marchand Antonio. S'il ne peut rembourser, Antonio s'est engagé à accepter la clause imposée par Shylock stipulant lui prélever une livre de chair. Lorsque l'échéance inéluctablement arrive, il faut la subtile argutie développée par Portia -la chair, mais pas de sang- pour sauver le marchand du charcutage. L'allusion au "ceci est ma chair, ceci est mon sang", un des points d'accrétion de la divergence entre le judaïsme et le christianisme, me semble évident. Tout au long de la pièce, les chrétiens sont les bons, le juif est l'affreux. le jeu sur les deux sens du mot "gentil", sens courant de l'adjectif d'une part, dénomination des chrétiens pour les juifs d'autre part- est répété à l'excès dès que l'occasion s'en présente. Enfin les deux seuls Juifs présents, Shylock et sa fille Jessica, sauvent leur sort mal engagé en se convertissant à la requête et la satisfaction de tous, la disparition de toute diversité religieuse résolvant de fait toute opposition. Certains s'en amuseront surement. Plus antisémite, tu meurs. L'anachronisme Au XVIe siècle , avant et longtemps après, les juifs sont honnis par les chrétiens, probablement tout particulièrement dans le peuple, en tant que déïcides et aussi, probablement tout particulièrement dans la noblesse toujours à court d'argent, comme usuriers.. Le christianisme , après ses débuts difficiles et les persécutions du 1er au 3ème siècle, est devenu religion d'état avec Constantin et s'est imposé partout en Europe. le rapport de forces avec le judaïsme s'est progressivement inversé et les Églises chrétiennes, se vengeant des mauvais traitements subis du fait des Israélites à leur début, en sont venues à quasiment dogmatiser la culpabilité de tous les Juifs dans la mort de Jésus. Autant dire que toute l'Europe chrétienne est antisémite, par constitution et par éducation, sinon par conviction raisonnée. Réagir avec la mentalité d'aujourd'hui à ce qui, très vraisemblablement, apparaissait à l'époque de Shakespeare comme ordinaire et allant de soi, serait un anachronisme. La myopie Pour autant, les esprits éclairés ont existé de tout temps. Il ne fait pas de doute, et le Marchand de Venise en est une claire illustration, que Shakespeare appartient à cette catégorie. Si en Shylock il caricature le Juif selon les canons encore utilisés aujourd'hui, c'est peut-être parce que, pour vivre, il lui faut s'assurer que le public viendra nombreux et appréciera le spectacle. C'est surtout pour le besoin de sa démonstration. Car il ne renonce nullement assurer une défense des Juifs, qu'on pourrait qualifier de "neutre au pire", en revendiquant pour eux le droit d'être considérés comme les autres, c'est-à-dire ni mieux ni pire que la foule des chrétiens. C'est en somme exactement l'argumentation de Shylock pour exposer et justifier sa position (I, III et IV, I). La géniale trouvaille -l'extrême cruauté- de la livre de chair due donne évidemment dans l'excessif et pue la caricature mais elle est à mettre en balance avec la cruauté sociale extrême dont pâtissait les Juifs. Elle n'est que l'image réfléchie par le miroir du théâtre de l'inhumanité dont les chrétiens européens faisaient preuve dans leurs rapports quotidiens avec les juifs. Moins antisémite, tu non-existes. Je ressens une parenté avec Montaigne, se tenant toujours loin à la fois des buts grandioses et des troubles du discernement et s'appliquant à rétablir ce que lui dicte son amitié pour l'humanité considéré par le bon bout de sa raison. Le prisme du théâtre corrige la myopie, n'est-il pas là pour ça? Shakespeare a aussi voulu distinguer un second thème important de la pièce par la mise en exergue dans le sous-titre rappelé plus haut de "l'obtention de Portia par le choix entre trois coffrets". Si on ne peut exclure que l'intention soit d'alimenter la curiosité du public avec une histoire de coffrets (qui s'avèreront montrer le principal, mais cacher l'essentiel) , il semble toutefois qu'à cette fin la livre de chair eût pu largement suffire. Je suis tenté de voir dans cette proximité voulue le rapprochement malicieux de deux conditions alors malmenées, dans des registres certes différents mais pas sans certains points communs, la condition des Juifs et celle des femmes. Là encore, le moyen utilisé par l'intrigue - la mise en loterie de Portia par son père- ne fait pas dans la dentelle. le parallélisme des destins -Shylock converti chrétien, Portia mariée à celui dont le premier acte posé fut de renier l'engagement pris auprès d'elle la veille ne laisse pas de pointer un parallélisme de combats, guerre des religions, guerre des sexes. "Histoire comique" a-t-il cru bon de préciser. Merci Willy, c'eut été trop bête de commettre par inattention une grossière erreur de classification posthume. Le Dressage de la Rebelle Dans l'édition de la Bibliothèque de la Pléiade, Jean-Michel Déprats renomme "Le Dressage de la Rebelle" ce qui historiquement fut titré en français "La Mégère Apprivoisée". Il se justifie en arguant d'une part, constat évident, qu'apprivoisée ne rend pas compte du process plutôt brutal utilisé par Petruchio pour mettre au pas Katherina, étant entendu que "to tame" signifie à la fois apprivoiser et dompter, dresser; d'autre part que le substantif "schrew" désigne aujourd'hui une femme acariâtre mais primitivement une musaraigne, ce dernier sens étant connoté au temps de Shakespeare "adroit, subtil" qualificatifs convenant mieux, selon Déprats, que le dénigrant "mégère" à la flamboyante Katherina, subtile et habile dans ses discours. Ce qui n'explique pas la préférence qu'il donne finalement dans son titre à "rebelle". Il y a là comme une petite mystification. Vouloir redresser des décennies d'usage d'un titre aussi marquant que "La Mégère Apprivoisée" même s'il est effectivement déviant, ne manque pas d'audace et pourrait apparaître un rien présomptueux pour un résultat en demi-teinte car pas argumenté de façon suffisamment convaincante. Prétention pour prétention, d'accord pour récuser "apprivoisée", sémantiquement inadapté et, dans le plus grand respect pour la culture shakespearienne de Déprats qui soutient qu'au XVIe siècle , "shrew" ne désignait pas tant une mégère qu'une musaraigne, son sens premier, je défendrai un nouveau titre original "Le domptage de la musaraigne". Le paradoxe né de ces deux termes ainsi rapprochés exprime selon moi une des clés d'interprétation de la pièce, peut-être la plus importante: qui sont vraiment Katherina et Petruchio, les deux rôles les plus marquants? Elle, une rebelle? une suffragette avant l'heure? une mégère? une femme jalouse, agressive? en mal d'un mari à dominer? Lui, une brute mal dégrossie? un mâle dominateur? un tyran domestique? un homme dénué de sentiments, juste intéressé par l'argent et une vie confortable? Le domptage -en fait l'idylle entre Katherina et Petruchio constitue le plus intéressant ressort de la pièce. L'autre, l'idylle -en fait le quasi-domptage de Lucentio par Bianca, moins développé, vient en contrepoint du premier. Les deux, à travers la mise en abyme dans l'induction et la suite de la pièce -théâtre dans le théâtre, chacun observe chacun, suis-je acteur ou spectateur, l'un et l'autre mon cher! illustrent le monde des apparences, des faux-semblants, des tromperies, figurés dans les situations et personnages à un degré vertigineux si on prête attention. Chacun verra dans Katherina ou Petruchio le caractère de ses peurs, de ses envies, de ses fantasmes, voire de ses traumatismes. Katherina est-elle une panthère qu'a lieu de dompter Petruchio ou une musaraigne qui connaît sa force dans le contexte et utilise ses armes en conséquence? Petruchio est-il une brute dénuée de sentiment sinon d'émotions jaugeant une femme à l'ampleur de sa dot ou un homme recherchant chez une femme une partenaire à sa mesure pour les joutes verbales et saturnales, ou même un homme que sa peur des femmes pousse à se caparaçonner de feinte insensibilité et dont l'armure à de multiples reprises se fend, découvrant une douceur insoupçonnée? A travers les dialogues vifs, cocasses, certains moins fins -mais il en faut pour tous les goûts, que d'autres et une intrigue riche et bien maîtrisée, Shakespeare semble prendre plaisir à troubler la vue, à réfléchir, réfracter ou diffuser le pinceau lumineux posé sur ses créatures; car lui surement n'oublie pas tous les publics se trouvant derrière ceux qui regardent ceux qui regardent ceux qui regardent…..au nombre desquels, bien sûr, pas mal de misogynes mais bien d'autres qui ne le sont pas. Et d'abord sommes vraiment ceux que nous pensons être? are you Lord Sly? art thou Christopher? Toujours un régal... Les Deux Gentilshommes de Vérone Agrippine , pas la mère de Néron, ni celle de Caligula, mais la créature torride et sous-cultivée, créée par Claire Bretécher au siècle dernier, déclara un jour "Mozart, c'est nul … sauf la musique du film", référence au film "Amadeus" de Milos Foreman. Je conserve précieusement le dessin, bien en vue juste à côté du coffret des oeuvres complètes du prodige, édité pour les 250 ans en 2006. Mutatis mutandis, le clone d'Agrippine, éventuellement dans sa version génération Y mais la restriction n'est pas indispensable, ne dirait-il pas que Les Comédies de Shakespeare, c'est nul … sauf les dialogues du film, ici le "Shakespeare in Love" de Joseph Maden. On pense notamment aux vers de Valentin, extraits des Deux Gentilshommes de Vérone : "What light is light, if Silvia be not seen? Où est la lumière de la lumière, si l'on ne voit pas Silvia? What joy is joy, if Sivia be not by? Où est la joie de la joie, en l'absence de Silvia? Unless it be to think that she is by A moins d'imaginer qu'elle est là, And feed upon the shadow of perfection. Et de se nourrir du fantôme de sa beauté. Except I be by Silvia in the night, Si je ne sens pas Silvia près de moi dans la nuit, There is no music in the nightingale." le rossignol est privé de musique. Traduit par Henri Suhamy pour la Bibliothèque de La Pléiade, avantage Shakespeare. On trouve là à l'évidence les prémices de Roméo disant Juliette. Dialogues ou monologues, c'est la même musique des mots, musique d'émotions. Mozart, Shakespeare même combat. Agrippine, tu es des nôtres car tu as ressenti l'essentiel, le reste est culture. En fait, la guêpe n'est pas si folle, le reste n'est pas que culture, opopoï, une fois! Car il faut bien avouer que l'intrigue de Les Deux Gentilshommes de Vérone laisse perplexe. Jugez-en, je vous la fait semi-courte: Deux amis à Vérone: Valentin, que le vent du large attire part découvrir le vaste de monde … à Milan. Protée fait scotchi scotcha avec Julia et se verrait bien à Vérone pour la vie. A Milan, Valentin tombe raide dingue de la fille du duc, Silvia, qui réciproque. Opopoï 3 fois, le père mariera sa fille à Thurio et personne d'autre . Le père de Protée veut envoyer son fils apprendre à vivre au loin...donc à Milan. Y arrivant fissa, celui-ci se voit présenter Silvia par Valentin; incontinent, il tombe en obsession . Ni une, ni deux, faisant fi de l'amitié, il entreprend de ruiner Valentin en dénonçant au duc son projet de fuite avec Silvia. Démasqué, Valentin est banni; quittant Vérone, il tombe sur des brigands ...qui, sans barguigner, en font leur capitaine. A Vérone cependant, le duc, qui ne manque pas d'idées, charge Protée de convaincre Sylvia d'aimer Thurio. Protée en profite pour avancer ses pions, sans succès d'ailleurs, la belle étant fidèle. Débarque Julia déguisée en garçon qui prend du service auprès de Protée et découvre le pot aux roses. Sylvia s'enfuit pour retrouver Valentin mais est interceptée en chemin par les brigands. Protée qui, avec les autres, s'est lancé à sa poursuite la délivre, et, ayant déjà consommé la totalité de son self control sinon sa moitié, se met en tête de la violer; Valentin qui n'était pas loin l'en empêche et comprend que son ami l'a trahi. Mais, bonne pâte, et comme Protée s'excuse, il lui pardonne sans états d'âme et, pas rancunier, juste un peu mac -entre copains, on partage tout- lui "donne" Silvia pour le consoler. C'est alors que Julia se fait reconnaître et que Protée la recalcule. Sur ces entrefaites, le duc arrive et accorde finalement à Valentin la main de Silvia -celle-ci ayant complètement disparu du circuit, et Thurio viré. Mouais… Comme toujours avec Shakespeare, il faut être prêt à accepter les invraisemblances, incohérences et artifices plus ou moins habiles du scénario. Cela peut demander une certaine abnégation, surtout dans les comédies où personne ne meurt, particulièrement pour les inconditionnels d'Arnie. L'intrigue n'est bien entendu qu'un prétexte à mettre en situation le genre humain. On égayera ceux que ça barbe, et les autres -ça c'est plus fort- avec des intermèdes en rupture, les valets Speed et Lance sont là à cette fin sans parler du chien Crab dont le film de Maden a quasiment institutionnalisé le rôle, sept oscars mérités! Les "Deux Gentilshommes" sont comme une ode anacréontique illustrant en les parodiant le cas échéant, et déclinant selon les caractères des protagonistes, les amours et amitiés, eros ou filia, la fidélité et la trahison éhontée, le pardon et la rédemption. Je vous en propose ici un schéma parmi d'autres possibles: Valentin, c'est l'amoureux du 14 février- le jour de la Saint-Valentin connoté amoureusement a son origine au XIVe siècle en Angleterre, Geoffrey Chaucer mentionne dans ses écrits qu'on croyait alors que les oiseaux s'appariaient ce jour-là; c'est aussi l'ami parfait. Opopoï deux fois, c'est un amoureux et un ami passablement benêt, mais il suscite des amours féminines profondes, allez comprendre. Le thème de l'amoureux est d'ailleurs littérairement métaphorisé de long en large sous la forme "l'amour rend aveugle" alors que sa mise en scène par la pièce orienterait plutôt vers "l'amour rend idiot". La place me manque ici pour démentir catégoriquement ce glissement sémantique. Protée, c'est le charmant opportuniste, l'ami léger, gâté par la nature, en fait odieux, prêt à tout pour servir ses intérêts, si agréable de compagnie et en société, même après qu'il a été démasqué; il retombe toujours sur ses pieds. Silvia, c'est la grande dame, maline et coquette à ses heures mais pourtant sincère, loyale et fidèle, les hommes en rêvent. Julia, c'est plutôt une petite bourgeoise, pas malhonnête ni désagréable mais qui défend trop âprement son bien, fût-il de matière humaine, les hommes devraient s'en méfier. Ces ingrédients, savamment mixés, prestement touillés et harmonieusement liés avec les mots par le druide, constituent un brouet bienvenu qui revigore. Et l'humour toujours, dans cette étonnante langue de Shakespeare- bien plus proche du français que l'anglais d'aujourd'hui- et la jolie traduction d'Henri Suhamy: Thurio And how quote you my folly? Et à quoi mesurez-vous ma folie? Valentin I quote it in your jerkin A votre tunique, faite sur mesure Thurio My jerkin is a doublet Ce n'est pas une tunique, c'est un pourpoint Valentin Well, then, I'll double your folly Et bien, à brûle-pourpoint, je dirai que votre sottise est unique Agrippine, for ever, William too! La Comédie des Erreurs La Comédi
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