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Robert Laffont
EAN : 9782221099537
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 480
Format : 153 x 240 mm

Vivre dans le feu - Confessions

Présenté par Tzvetan Todorov

,

Nadine Dubourvieux (traduit par)
Date de parution : 10/02/2005

De la révolution de 1917 à la Seconde Guerre mondiale, le destin tragique de la poétesse russe Marina Tsvetaeva épouse les premières secousses du XXe siècle.

«Marina Tsvetaeva (1892-1941) est l'un des plus grands écrivains du xxe siècle; son destin en est l'un des plus tragiques. Il est inextricablement mêlé à l'histoire contemporaine de l'Europe, marquée par deux guerres mondiales et par l'avènement de deux régimes totalitaires. Mis à sang par la Première Guerre, son pays,...

«Marina Tsvetaeva (1892-1941) est l'un des plus grands écrivains du xxe siècle; son destin en est l'un des plus tragiques. Il est inextricablement mêlé à l'histoire contemporaine de l'Europe, marquée par deux guerres mondiales et par l'avènement de deux régimes totalitaires. Mis à sang par la Première Guerre, son pays, la Russie, devient le théâtre de la révolution d'Octobre, qui le plonge dans le chaos et la famine, avant de le soumettre à la guerre civile et à la terreur. L'une des filles de Tsvetaeva meurt de faim et d'épuisement. Son mari combat les Rouges avec les Blancs et se retrouve dans l'émigration: elle quitte le pays pour le rejoindre. Plus tard, alors que la famille est installée à Paris, il change complètement de bord, devient agent secret soviétique et se trouve impliqué dans un assassinat: Marina se voit encore contrainte de le suivre. De retour en Russie, toute la famille subit la répression la plus brutale. Le coup de grâce sera donné par l'invasion allemande, en 1941: privée de toute possibilité de vivre, Tsvetaeva ne peut que mettre fin à ses jours.Tout au long de son existence, Tsvetaeva, cette mécréante, ne cesse de se confesser. Elle le fait par des lettres qu'elle adresse parfois à des amis très proches, d'autres fois à des inconnus. Elle poursuit son monologue au moyen de messages enfermés dans ses cahiers de brouillon. De plus, elle remplit de nombreux carnets de notations succinctes sur ce qu'elle éprouve et pense. Sa vie durant, Tsvetaeva écrit ses confessions; sa mort brutale l'a empêchée d'en composer un livre. «Vivre dans le feu» est l'aboutissement de cette passion, il parachève la réalisation d'un de ses desseins, en formant un récit bouleversant sur elle-même et son existence. Et il ne serait pas abusif de voir dans le présent livre son oeuvre la plus accomplie: cette vie-écriture – une bio-graphie au sens littéral – est aussi ambitieuse que ses poèmes ou sa prose, et encore plus émouvante qu'eux.»Tzvetan Todorov

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EAN : 9782221099537
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 480
Format : 153 x 240 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Allily Posté le 28 Juin 2020
    Marina Tsvetaeva. Un nom, celui d’une des plus grandes poétesses russe. Au destin tragique. Elle connaîtra la famine, la mort d’un enfant, l’exil, l’arrestation par le NKVD des siens. Un destin qui mériterait un roman si elle n’avait pas rédigée toute sa vie durant des carnets avec des poèmes, les brouillons des lettres envoyées, ses réflexions. Cette édition nous offre un condensé de ses écrits pour mieux cerner cette personnalité flamboyante. Les réflexions sur la poésie ou l’âme émaillent ces confessions, j’avoue néanmoins avoir préféré les moments où l’on découvre la vie intime de Marina Tsvetaeva. Lorsqu’elle se plaint de devoir faire la vaisselle, lorsqu’elle se dispute avec sa fille ou ergote contre les éditeurs. Ces écrits, qu’elle avait dans le but un jour de publier et qui ont donc pour certains été retravaillés, sonnent vrai. Elle ne se met pas en valeur sous un jour flatteur, même si elle a une opinion arrêtée sur ses talents littéraires. On la sent en décalage avec une société où il n’y a pas de place pour la franchise, l’absence de parti-pris. Cruelle parfois, pour évoquer le destin de sa fille Irina qui mourra de faim dans un orphelinat. Victime de l’amour fusionnel entre la mère et sa fille... Marina Tsvetaeva. Un nom, celui d’une des plus grandes poétesses russe. Au destin tragique. Elle connaîtra la famine, la mort d’un enfant, l’exil, l’arrestation par le NKVD des siens. Un destin qui mériterait un roman si elle n’avait pas rédigée toute sa vie durant des carnets avec des poèmes, les brouillons des lettres envoyées, ses réflexions. Cette édition nous offre un condensé de ses écrits pour mieux cerner cette personnalité flamboyante. Les réflexions sur la poésie ou l’âme émaillent ces confessions, j’avoue néanmoins avoir préféré les moments où l’on découvre la vie intime de Marina Tsvetaeva. Lorsqu’elle se plaint de devoir faire la vaisselle, lorsqu’elle se dispute avec sa fille ou ergote contre les éditeurs. Ces écrits, qu’elle avait dans le but un jour de publier et qui ont donc pour certains été retravaillés, sonnent vrai. Elle ne se met pas en valeur sous un jour flatteur, même si elle a une opinion arrêtée sur ses talents littéraires. On la sent en décalage avec une société où il n’y a pas de place pour la franchise, l’absence de parti-pris. Cruelle parfois, pour évoquer le destin de sa fille Irina qui mourra de faim dans un orphelinat. Victime de l’amour fusionnel entre la mère et sa fille aînée, Ariadna. Petit à petit le désespoir point, celui de ne pas pouvoir vivre de ses écrits, de ne pas être reconnue pour son talent. De se démener pour trouver un endroit où loger, de quoi manger. Reste pour elle une seule solution, la mort. Celle qu’elle s’est choisie. Reste, pour nous, à lire et relire ses poèmes, sa prose et ses confessions.
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  • Lemestroff Posté le 20 Juin 2015
    Je suis très sensible à la pudeur, signe de délicatesse extrême. A une époque où beaucoup d "'auteurs" confondent l'exhibitionnisme avec la profondeur de champ, la névrose et le talent, Tsvetaeva pousse à un tel degré d'incandescence son " impudeur ", qu'on change de registre, d'état chimique, passage du liquide au gazeux. Le" moi ", le "je ", deviennent tout à coup fraternels ("frères humains"). Et nous, explorateurs silencieux, nous découvrons ces contrées sauvages de haute altitude où l'air se raréfie. il n’y a de grand écrivain que radical.
  • FranckCrespel77 Posté le 22 Mars 2015
    J'ai découvert cette auteure par hasard, lors d'une livraison où je déboulais, pressé, grognon, dans une sente qui hébergeait une librairie. Je freinais sec, malgré que je sois à pieds... quelque chose ou plutôt un visage, sur la couverture d'un livre, avait interpellé mon subconscient. J'entrais magnétisé et j'achetais ce livre, ce que je n'ai pas regretté. Quand d'un regard un(e) auteur(e) amène à ses mots pour partager ses mots ! La découverte de la littérature ? A chacun sa manière !
  • mariecesttout Posté le 7 Mars 2014
    En fait, j'avais lu d'abord les lettres d'Ariadna Efron,sa fille, intitulées Chronique d'un goulag ordinaire, intriguée par le titre, qu'était donc un goulag " ordinaire"? Elle y parlait de la vie quotidienne des endroits où elle avait été envoyée et était restée plus de dix ans. Je me souviens d'une phrase: " Envoyez moi quelque chose à lire, même de vieux journaux, de vieilles revues, sinon je vais devenir tout à fait sauvage."..... Marina Tsvetaeva ,je l'avais croisée également dans le " roman" de William T. Vollmann, Central Europe. J'ai enchaîné.. Cet ouvrage regroupe une partie de la correspondance et des carnets de M.T., avec nombre de citations. La préface est de Tzvetan Todorov, qui a extrait de très nombreux écrits intimes, ceux qui lui apparaissaient les plus importants pour conter le destin tragique de cette femme . Toute sa vie, M.T. ne cesse d’écrire des lettres, à des amis ou à des inconnus, ou dans ses cahiers. Ce qu’elle écrit, c’est sa vérité ( comme dans ses poèmes qui ressemblent souvent à des aphorismes, tant ils sont concis., un mot, un tiret, un autre mot…). A la fin de sa vie, elle écrira même à Beria pour implorer... En fait, j'avais lu d'abord les lettres d'Ariadna Efron,sa fille, intitulées Chronique d'un goulag ordinaire, intriguée par le titre, qu'était donc un goulag " ordinaire"? Elle y parlait de la vie quotidienne des endroits où elle avait été envoyée et était restée plus de dix ans. Je me souviens d'une phrase: " Envoyez moi quelque chose à lire, même de vieux journaux, de vieilles revues, sinon je vais devenir tout à fait sauvage."..... Marina Tsvetaeva ,je l'avais croisée également dans le " roman" de William T. Vollmann, Central Europe. J'ai enchaîné.. Cet ouvrage regroupe une partie de la correspondance et des carnets de M.T., avec nombre de citations. La préface est de Tzvetan Todorov, qui a extrait de très nombreux écrits intimes, ceux qui lui apparaissaient les plus importants pour conter le destin tragique de cette femme . Toute sa vie, M.T. ne cesse d’écrire des lettres, à des amis ou à des inconnus, ou dans ses cahiers. Ce qu’elle écrit, c’est sa vérité ( comme dans ses poèmes qui ressemblent souvent à des aphorismes, tant ils sont concis., un mot, un tiret, un autre mot…). A la fin de sa vie, elle écrira même à Beria pour implorer son aide, là aussi en lui faisant un résumé de la vérité . Et ses dernières lettres seront des lettres d’adieu. Un grand écrivain parvient à trouver les mots pour accéder à la vérité des choses. Les mots pour la dire…Sur sa tombe, elle aurait voulu que l’on écrive Sténographe de l’Etre . Pas un philosophe, disait-elle, mais un poète qui sait aussi penser. "A défaut d’avoir une « conception « du monde, j’ai une « sensation » du monde." Mais le monde a souvent peu à faire d’un être semblable, dont toute l’existence est une aspiration à l’absolu, qui plus est si c’est une femme et dans le contexte historique dans lequel elle évolue. "Amour fou, confiance totale, loyauté inébranlable." Jusqu’au bout, c’est vrai, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de raison de vivre. Et là, elle demeure ce qu’elle est, une femme qui ne peut faire de compromis, elle se suicide. Amour fou… M.T. a épousé à 18 ans un jeune homme de 17 ans, Serguei Efron, en deuil de sa mère et ses sœurs, malade, et c’est à cet homme-enfant - à peu près inapte à tout -qu’elle restera fidèle jusqu’au bout, parce qu’elle s’est engagée.. Cela ne l’empêchera pas de reproduire en permanence le même schéma , fixation sur un homme- ou une femme - de préférence plus jeunes, malades, ou victimes de persécution ( le côté maternel de M.T. est très fort..) . Poètes, bien sûr. Après, une brève rencontre fait l’affaire et son imagination fait le reste- pour la plus grande surprise de l’intéressé du moment, qu’elle bombarde de lettres, de poèmes d’amour. Fin rapide de l’enthousiasme devant le peu de répondant, et au suivant. Tout lui est égal, pourvu qu’elle aime. Qu’elle s’aime. "Toi, c’est moi plus la possibilité de m’aimer moi-même- Toi, seule possibilité de m’aimer moi- l’extériorisation de mon âme." Besoin en permanence d’un état amoureux complètement fantasmé le plus souvent, puis des souffrances de la fin de l "amour " pour créer. "Qui pourrait parler de ses souffrances sans en être complètement enthousiasmé , c’est-à-dire heureux." Confiance totale dans l’écriture, et pour M.T., il n’y a pas de séparation entre œuvre et existence. Il ne s’agit pas du tout de:" vivre et écrire, mais de vivre-écrire et écrire, c’est vivre." Hélas, il y a la vie, la vie terrestre d’une femme -épouse-mère, et qui pour elle est faite de corvées. C’est évident que l’on peut se demander ce qu’aurait été le destin et l’œuvre de M. T. sans la Révolution d’octobre.. Mais là aussi, elle est d’une honnêteté intellectuelle sans compromis , il n’y a qu’une issue, l’exil, comme de nombreux Russes. , car elle estime ne plus avoir sa place dans une société où le collectif l’emporte sur l’individuel. Mais elle ne s’identifie pas davantage aux Russes blancs , ce qui fait d’elle une étrangère partout. Cette inadaptation complète a bien sûr des conséquences sur sa vie quotidienne et le thème de la misère est constamment présent. Loyauté enfin.,envers les choix politiques de son mari et de sa fille, qui provoqueront leurs pertes à tous. Le retour en Russie et la catastrophe. L’arrestation d’Alia et de Serguei, il reste son fils, mais déjà il s’éloigne.. Et dira après le suicide de sa mère que c’était un bon choix.. Son avant-dernier quatrain: "Le temps venu pour enlever les ambres, Le temps venu pour remplacer les mots, Le temps venu pour décrocher la lampe Qui pend sur le portail.." Son destin, comme l’écrit Todorov dans la préface, est contenu en germe dans sa conception même de l’absolu. Il lui reste l’immortalité de l’œuvre. Serguei Efron est fusillé peu après la mort de sa femme, Mour meurt à 19 ans sur le front. Seule Alia, revenue après 16 ans de goulag, consacrera sa vie à l’édition de l’œuvre de sa mère. La vie de cette femme écorchée vive, ce feu qui brûle en elle jusqu’à la consumer entièrement n’est- ce pas, en fait , ce qu’elle décrivait très tôt de façon si belle: "Tout est lié au fait que mon cœur commence à battre- et cela ne fait rien,s’il vole en éclats! Je me suis toujours brisée en éclats et mes vers sont, littéralement, des fragments argentés de mon cœur."
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  • MarianneDesroziers Posté le 16 Novembre 2010
    Elle disait que personne ne voulait de son feu intérieur, bon qu’à chauffer les bouilloires, elle voulait écrire un roman sur un philosophe et une sorcière, elle aimait les livres, les grosses bagues en argent, les robes … et surtout être amoureuse (de son mari mais d’autres aussi : souvent de façon platonique et à sens unique). Femme passionnée et prompte à s’enthousiasmer pour les œuvres et les gens rencontrés, elle a souffert de l’incompréhension de ses contemporains, de l’exil, de la faim, de la mort des ses proches, de la solitude. La suite : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2010/11/vivre-dans-le-feu-confessions-de-marina.html
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