En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez le dépôt de cookies qui nous permettront, ainsi qu’à nos partenaires, de vous proposer des offres et contenus adaptés à vos centres d’intérêts, des fonctions de partage vers les réseaux sociaux, d’analyser le trafic et la performance du site et d’effectuer des statistiques.
RÉSULTATS POUR VOTRE RECHERCHE «»
Résultats pour livres
    Résultats pour auteurs
      Résultats pour catégories

        Et soudain, la liberté - Grand prix des lycéennes ELLE

        Les Escales
        EAN : 9782365693073
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 448
        Format : 140 x 225 mm
        Et soudain, la liberté - Grand prix des lycéennes ELLE

        ,

        Collection : Domaine français
        Date de parution : 31/08/2017
        Une incroyable traversée du XXe siècle : l’histoire romancée d’Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté.
        Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste,... Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
        À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
        De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro...
         
        Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.
         
         
        Lire la suite
        En lire moins
        EAN : 9782365693073
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 448
        Format : 140 x 225 mm
        Les Escales
        19.90 €
        Acheter

        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • Leslecturesdevi Posté le 3 Septembre 2018
          Grand prix des lycéennes ELLE et Prix Marguerite Duras, voici une magnifique (auto)biographie, qui retrace des destins de femmes extra-ordinaires. Comment peut on passer d’une femme soumise et qu’on dirait incapable de penser différemment de son mari, à une femme qui s’émancipe et s’affirme dans ses opinions ? Comment, en étant élevée dans un foyer qui regorge d’opinions racistes, antisémites, homophobes…, peut-on arriver à penser par soi-même et découvrir qu’il y a d’autres façons de voir le monde ? Ce sont les questions que je me suis posées durant toute la première partie du livre! Car au début Mona, la mère, (dont ce n’est pas le vrai nom dans le livre tout comme Evelyne qui s’appelle Lucie) n’a rien d’une insoumise et semble d’accord avec les idées de son mari. Lucie (Evelyne, donc) n’est qu’une enfant, qui ne remet pas en cause son père et souhaite uniquement le rendre fier en essayant de réfléchir comme lui. Certes, on sent quelques incompréhensions dans son esprit, mais comme tout enfant, elles sont balayées par le ton assuré de ses parents. C’est en arrivant en Nouvelle Calédonie, que Mona, grâce notamment à une aventure extra conjugale et à la lecture d’un livre de Simone... Grand prix des lycéennes ELLE et Prix Marguerite Duras, voici une magnifique (auto)biographie, qui retrace des destins de femmes extra-ordinaires. Comment peut on passer d’une femme soumise et qu’on dirait incapable de penser différemment de son mari, à une femme qui s’émancipe et s’affirme dans ses opinions ? Comment, en étant élevée dans un foyer qui regorge d’opinions racistes, antisémites, homophobes…, peut-on arriver à penser par soi-même et découvrir qu’il y a d’autres façons de voir le monde ? Ce sont les questions que je me suis posées durant toute la première partie du livre! Car au début Mona, la mère, (dont ce n’est pas le vrai nom dans le livre tout comme Evelyne qui s’appelle Lucie) n’a rien d’une insoumise et semble d’accord avec les idées de son mari. Lucie (Evelyne, donc) n’est qu’une enfant, qui ne remet pas en cause son père et souhaite uniquement le rendre fier en essayant de réfléchir comme lui. Certes, on sent quelques incompréhensions dans son esprit, mais comme tout enfant, elles sont balayées par le ton assuré de ses parents. C’est en arrivant en Nouvelle Calédonie, que Mona, grâce notamment à une aventure extra conjugale et à la lecture d’un livre de Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe (et de beaucoup d’autres livres par la suite) commence à remettre en cause son mari. Tout comme elle, Lucie s’instruit, et en grandissant, grâce à sa mère et à son influence, elle réussira à avoir sa propre opinion. S’en suit ensuite leur vie en France, où elles s’engagent toutes deux dans des combats féministes et révolutionnaires (que de chemin parcouru!) et un passage à Cuba pour Lucie qui aura une aventure avec Fidel Castro. Oui, oui, j’ai vérifié car je ne connaissais pas la vie d’Evelyne Pisier, mais le roman retrace assez bien la vérité… Vérité romancée bien sûr, c’est expliqué dès le début du livre, selon la volonté d’Evelyne Pisier. En effet, son éditrice et co-auteure, Caroline Laurent a ajouté des chapitres expliquant l’écriture de ce livre et son originalité puisqu’il a été terminé sans l’auteure principale. Ces passages m’ont assez gêné au début : j’avais envie d’être prise dans l’histoire et de ne pas savoir l’envers du décor. Comme la fois où on apprends qu’un des personnages, qui aide Mona à s’émanciper, est totalement fictif : ça m’a complètement détaché des passages où ce personnage est évoqué, ce qui est dommage… Mais, petit à petit, cela s’estompe, et je commence à comprendre. Il est vrai que c’est ici le livre de quelqu’un qui est décédé et qui n’a pas pu le terminer, je saisis alors le pourquoi de ces chapitres même si je trouve qu’il y en a un peu trop.
          Lire la suite
          En lire moins
        • bookinerie Posté le 3 Septembre 2018
          Depuis sa sortie en grand format en Août 2017, ce livre me tentait énormément. Sauf que le trouvait en librairie était impossible donc du coup je ne l'ai pas acheté...Puis il est sorti en format poche, et il y a eu de nombreux avis sur ce livre, et j'ai couru en librairie pour l'acheter. Et je l'ai lu et je n'ai pas du tout été déçu, bien au contraire. Certes, il m'a fallu peut-être une cinquantaine de pages pour comprendre qui est qui, où et quand se passe l'histoire, à quelle époque se passait le récit, pourquoi y avait-il des transitions... Et puis j'ai compris et à partir de ce moment là je n'ai plus lâché le livre. Les pages défilaient sans que je les vois passer, on est absorbé par l'histoire, par ses personnages, par ces lieu, par ces moments et ces événements tragiques. L'histoire se passe donc pendant la guerre d'Indochine, qui a duré 8 ans ( 1946-1954), dans les camps où les femmes étaient réfugiées et ont connus des atrocités monstrueuse, la tristesse, la saleté, le chagrin et la folie. On s'attache au personnage principal dans les deux premières parties du récit, Monia, femme voulant se libérer... Depuis sa sortie en grand format en Août 2017, ce livre me tentait énormément. Sauf que le trouvait en librairie était impossible donc du coup je ne l'ai pas acheté...Puis il est sorti en format poche, et il y a eu de nombreux avis sur ce livre, et j'ai couru en librairie pour l'acheter. Et je l'ai lu et je n'ai pas du tout été déçu, bien au contraire. Certes, il m'a fallu peut-être une cinquantaine de pages pour comprendre qui est qui, où et quand se passe l'histoire, à quelle époque se passait le récit, pourquoi y avait-il des transitions... Et puis j'ai compris et à partir de ce moment là je n'ai plus lâché le livre. Les pages défilaient sans que je les vois passer, on est absorbé par l'histoire, par ses personnages, par ces lieu, par ces moments et ces événements tragiques. L'histoire se passe donc pendant la guerre d'Indochine, qui a duré 8 ans ( 1946-1954), dans les camps où les femmes étaient réfugiées et ont connus des atrocités monstrueuse, la tristesse, la saleté, le chagrin et la folie. On s'attache au personnage principal dans les deux premières parties du récit, Monia, femme voulant se libérer de son mari et pouvoir assumer ses pensées et pouvoir assumer ce qu'elle est. On s'attache aussi au personnage de Lucie, la fille de Mona, cherchant à comprendre sa mère, les pensées de son père et tout son entourage : une fille surdouée dans les langues et dont très peu de monde à part sa mère veut ou souhaite qu'elle devienne une intellectuelle. On suit donc les deux histoires de ses deux femmes pendant presque 40 ans, dans Nouméa à Cuba, après et pendant la guerre. On avance très vite dans l'histoire, on veut savoir ce qui va leur arriver, comment vont-elles avancer ? Donc j'ai adoré cette histoire dépaysante de part son époque : une époque où les libertés sont réduites, la femme est rabaissée et est considérée comme une moins que rien, où la femme ne doit pas conduire, ne doit pas travailler, ne doit pas porter de pantalons sans l'autorisation de son mari, où l'homosexualité est mal vue et peut être punie par la loi, où les premières maladies sexuellement transmissibles apparaissent comme le SIDA ou l'Herpès... Mais en réalité ce qu'il faut savoir c'est que le destin de Mona et de Lucie n'est d'autre que le destin d'une des auteur de ce livre, celui d'Evelyne Pisier, le destin de femmes en quête d'amour et de liberté. Car on a des transitions dans le livre où on parle de l'amitié entre les deux auteurs qui est très belle transmission d'âge et de vécu. D'ailleurs on apprend dans le livre que Evelyne Pisier est décédée l'année dernière et ceci est bien dommage car j'aurai bien aimé la rencontrer. Une histoire poignante et puissante sur le droit des femmes. Énorme coup de cœur pour ce livre que je recommande à toute femme de le lire !
          Lire la suite
          En lire moins
        • MMGeorges Posté le 2 Août 2018
          Un roman bouleversant. Entre éclats de rire, scènes émouvantes et apprentissage de la vie, Caroline Laurent nous raconte la vie d'Evelyne Pisier dans un récit juste et poignant. Une véritable découverte littéraire où l'émancipation de la femme à toute sa place. Un roman d'une justesse incroyable, à lire sans une once d'hésitation !
        • nicolashouguet Posté le 16 Juillet 2018
          J’attendais dans le petit café, rue Etienne Marcel où je commence à avoir mes habitudes. Une dizaine de jours auparavant, j’avais retrouvé Caroline Laurent, au hasard d’un salon littéraire à Nancy. Et pendant une table ronde, j’avais découvert dans sa voix le souvenir intact de son amie Evelyne Pisier, dont je n’avais jamais entendu parler. Caroline et moi nous étions rencontrés lors d'un déjeuner glorieux chez Caroline Vié. L’une de ces amitiés qui s’ébauchent comme des évidences et des promesses qui demeurent en suspens, dans l’attente d’un lendemain. On avait parlé de littérature, de Charlie hebdo, de tout ce qui nous fait vivre et respirer. D’engagements aussi dont notre génération indolente découvrait l’urgence, des convictions ancrées en nous que le drame faisait ressurgir. Et notre époque dépouillée d’idéaux découvrait la violence du monde et ne savait trop quoi lui opposer. Caroline Laurent était absente des réseaux sociaux quand j’y étais omniprésent. On n’avait pas pu poursuivre la rencontre. Deux ans se sont écoulés. Je m’étais résigné à ne pas lui donner suite, parce qu’après tout, la vie passe. Et puis, j’ai entendu il y a quelques mois des remarques circonspectes et méfiantes sur cette éditrice qui devenait auteure. Je voulais me faire... J’attendais dans le petit café, rue Etienne Marcel où je commence à avoir mes habitudes. Une dizaine de jours auparavant, j’avais retrouvé Caroline Laurent, au hasard d’un salon littéraire à Nancy. Et pendant une table ronde, j’avais découvert dans sa voix le souvenir intact de son amie Evelyne Pisier, dont je n’avais jamais entendu parler. Caroline et moi nous étions rencontrés lors d'un déjeuner glorieux chez Caroline Vié. L’une de ces amitiés qui s’ébauchent comme des évidences et des promesses qui demeurent en suspens, dans l’attente d’un lendemain. On avait parlé de littérature, de Charlie hebdo, de tout ce qui nous fait vivre et respirer. D’engagements aussi dont notre génération indolente découvrait l’urgence, des convictions ancrées en nous que le drame faisait ressurgir. Et notre époque dépouillée d’idéaux découvrait la violence du monde et ne savait trop quoi lui opposer. Caroline Laurent était absente des réseaux sociaux quand j’y étais omniprésent. On n’avait pas pu poursuivre la rencontre. Deux ans se sont écoulés. Je m’étais résigné à ne pas lui donner suite, parce qu’après tout, la vie passe. Et puis, j’ai entendu il y a quelques mois des remarques circonspectes et méfiantes sur cette éditrice qui devenait auteure. Je voulais me faire une idée. Je ne m’attendais à vraiment rien de précis. Juste de la curiosité. Je lui demande de me faire parvenir le livre au titre superbe, Et soudain, la Liberté paru aux éditions Les Escales . Je le reçois. Je trouve la jeune femme sur la couverture absolument sublime. Il y a des regards qui vous appellent. Qui vous aimantent. Je crois que je l’ai aimée dès que je l’ai vue, songeuse, un profil rêveur en noir et blanc sous une casquette de gavroche. Je lis les premiers chapitres. Je suis happé. Happé comme jamais dans les tourbillons d’une histoire un peu ignorée. Sous mes yeux se réincarne la France des Colonies, cette enfance privilégiée en Indochine. On découvre la vie de Lucie (le nom que s’est choisi Evelyne) et de sa mère Mona, vivant sous la coupe d’André, père et époux, seigneur et maitre. Maurassien, pétainiste et ultra-conservateur. Pétri de certitudes séculaires, et régnant sans partage sur son foyer. Lucie grandira sous la domination de ce tyran, découvrant le monde avec ses codes à lui. Mona, son épouse, est passionnément amoureuse et lui est totalement dévouée. On ressent en ce qui la concerne cet aspect ravageur des passions qui effacent les identités et les individualités profondes. Jusqu’à une certaine ignorance du monde et de soi. Il faut être courtois avec les domestiques mais en aucun cas les traiter comme nos égaux. Respecter cet ordre vertical et fantasmé de l'univers, où l’on peut se prendre pour les maitres bienveillants et augustes qui règnent sur des indigènes à votre service. On a largement oublié aujourd’hui cet aspect de la colonisation. Caroline Laurent, en poursuivant le roman qu’Evelyne Pisier n’a pas pu achever, livre un récit d’émancipation. Ces femmes, qui peu à peu, voient l’époque basculer. Dans la guerre d’abord. Et surtout ce qui l’a suivie en ces recoins du monde. Elles vont tout perdre, se trouver prisonnières des japonais dans des camps dont, jusqu’à ce livre, j’ignorais l’existence. Lucie va connaître la faim. Mona le viol. Et la désespérance. L’univers qui s’effondre. Elles retrouveront André après la fin de la guerre et Hiroshima. Mais quelque chose change. Après un bref retour en France, André va trouver un poste en Nouvelle-Calédonie. Lucie est séparée de sa nourrice chérie. Eduquée chez les sœurs où elle connaitra la médiocrité et l’humiliation. Mona, à la faveur d’une amitié avec Marthe, une bibliothécaire fascinante et communiste, va lire le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir et prendre conscience de son aliénation. Prendre conscience d’elle-même, de sa vie de femme à accomplir. Des injustices à redresser (liées à l’avortement par exemple, et au droit des femmes à disposer de leur corps). Mona va peu à peu se libérer de l’emprise de son époux. Passer son permis de conduire. Prendre un amant. Evoluer peu à peu vers une forme d’engagement absolu et intransigeant, revenant sur toutes les idées reçues qui l’ont forgée. Devenant autre. Devenant elle. Lucie suivra sa mère contre les abus et les mensonges de son père, confit dans la faillite et la défaite de la pensée qu’il continue de défendre envers et contre tout, dans un aveuglement, ainsi qu'une forme d’intégrité têtue dans ses croyances ignominieuses. Ce père dont l’éducation et les références ressemblent de plus en plus à des trahisons. Toutes sa vie, Evelyne (ou Lucie), oeuvrera à redresser les torts de son père, ses indulgences pour l’holocauste, les humiliations qu’il leur a infligées à sa mère et à elle, se vengeant sur elles de ses défaites et de ses blessures narcissiques. Je lisais le livre. J’étais pris dans le tourbillon de ces destins. Frissonnant. Dans cet incroyable souffle. J’étais absolument bouleversé. J’en avais besoin de ce livre, qui me sortait d’un état un peu cotonneux. J’envoie un SMS absolument enflammé à Caroline. Il faut que je la rencontre. « Je ne m’attendais pas à la puissance, au souffle, à la beauté du destin. Je ne m’attendais pas à ce que mon premier geste au matin soit celui de tendre la main pour trouver ton livre et pas mon téléphone. Je ne m’attendais pas à ton écriture, à sa sensibilité, à sa justesse, à sa pudeur qui me met les larmes aux yeux. Je ne m’attendais pas à te découvrir si fort. C’est magnifique » C’est comme ça que je lui ai fixé rendez-vous dans ce café. J’avais fini le livre au matin. J’avais traversé le destin lumineux d’Evelyne en quelques jours que je lui avais totalement consacrés. J’avais partagé ses engagements, ses souffrances, ses éveils, ses frissons. Je la ressentais en moi. Je l’aimais. Elle me manquait. Elle est morte en février. Je ne peux me défendre contre l’idée que je l’ai manquée de peu. Que j’aurais infiniment aimé la connaître. Qu’elle me fascinait. Pour cette trajectoire de femme libre qu’elle a tenue. Pour cette lutte féministe, discrète et intègre, qu’elle incarnait. Pour sa manière d’assumer tout également. Y compris cette liaison passionnée avec Fidel Castro du temps de sa splendeur (au début des années 60), quand il incarnait encore une voix singulière entre les deux grands ogres, les Etats-Unis et l’URSS. Cette Amérique du sud qui, pendant un court moment, a cru trouver en lui son héros. Evidemment la jeune étudiante qu’elle était alors ne rêvait que de Cuba. Se retrouvant au pied de l’estrade avant un discours du grand homme, voyant le Che, elle était galvanisée. Encore dans l’innocence des possibles. Des débuts. Et elle va aimer Fidel. Lui aussi. Et le roman sera à certains moments celui de cette passion. Mais très vite, elle va voir ses abus. Notamment contre les homosexuels. Il la domine. Il la fascine. Elle ne lui résiste pas. Il s’en est fallu de peu qu’elle ne se voue à lui et ne lui sacrifie ses engagements les plus profonds. Et l’on prend conscience que souvent, dans un couple, sommeille aussi cette dimension de renoncement à soi (ce qu’avait exactement connu sa mère. Et probablement toutes nos grands-mères ou pas loin. C’est incroyablement proche, cet oubli des femmes). Si j’ai ressenti l’existence d’Evelyne en moi si fort, c’est grâce à Caroline, elle-même qui ne s’est pas abstraite du processus. En racontant leur lien, son deuil, elle inclut son lecteur. Dans ce qui ressemble d’abord à des intermèdes, presque des parenthèses, elle raconte son écriture. Les doutes qui l’assaillent, elle qui est habituellement en retrait, les mains dans le cambouis des mots des autres. Et l’illégitimité profonde que ressentent tous ceux qui écrivent. Mais elle est liée par une promesse. Par les derniers mots d’Evelyne Pisier. « Il faut que Caroline finisse le livre ». Le récit de sa vie, de son émancipation devient presque en miroir le récit de cette auteure qui se découvre. De cette jeune femme aussi qui dévoile les échos qu’éveilla en elle l’histoire de cette autre femme. Elle avait 28 ans. Elle était éditrice. Evelyne en avait 75. Mais entre elles, on ressent l’évidence, la concordance des âmes. L’harmonie d’une amitié qui préexiste. La symétrie des convictions. Elles se sont connues six mois. Pourtant quand elle en parle, on a le sentiment qu’elles se sont connues toujours. Qu’elles sont du même bois et de la même famille. Que ce livre est un passage de témoin. Que dans les souvenirs d’Indochine ou de Nouvelle Calédonie, il y a aussi ceux de l’ile Maurice (d’où la famille de Caroline Laurent est originaire) et de sa propre mère. Dans les combats de mai 68, il y a la candeur, les idéaux et la pureté que notre génération cherche partout. Finalement le cœur de ce livre, c’est cette rencontre et cette coïncidence. Cette femme qui vibre encore de sa jeunesse, du grand souffle de sa vie et qui la transmet à celle qui en achève et en ordonne l’écriture. A mon tour, j’ai ressenti l’attrait irrésistible de cette liberté-là, de cet affranchissement que l’on ose si rarement. A bouleverser l’ordre du monde. A ne pas rester à la place qu’on nous a assignée. A assumer sa sensibilité, ses aspirations. A oser vivre. A oser écrire avec au cœur l’urgence d’une nécessité. Comme un serment qu’on tient. Peu à peu, on voit une auteure émerger, incontestable. Peut-être est-ce le beau présent d’Evelyne Pisier à Caroline Laurent : lui avoir confié sa vie pour lui permettre d’affirmer sa voix. Magnifiquement. Contre toutes les idées reçues. Contre toutes les rigidités. Contre toutes les étiquettes. Et soudain, la liberté… Le soir tombe sur la rue. On discute encore. De la littérature qui sauve et permet de trouver sa place. Des rencontres aussi. Des hasards qui n’existent pas. On vibre du souvenir d’Evelyne. Que j’ai bizarrement la sensation de connaître et d’aimer. Plusieurs fois, j’ai eu le sentiment qu’elle a partagé avec nous cette conversation, simple et profonde, ainsi que nos rires. Moi j’avais les yeux encore pleins de l’émerveillement de cette lecture. De ses frissons et des époques dont elle a ravivé la mémoire. Je me rends à une lecture prévue un peu plus tard ce soir-là. J’attends jusqu’au dernier moment avant de partir. Ce moment a été suspendu. Je dis à Caroline que les Egyptiens anciens avaient cette croyance que tant que l’on parlait d’eux, que l’on se souvenait d’eux, les disparus ne l’étaient pas. Et hier, dans nos voix et dans nos regards, dans notre amitié qui trouvait ici sa confirmation inespérée après ce déjeuner d’il y a deux ans, au soleil de ses souvenirs à elle et de la célébration de tout ce qu’elle avait traversé, Evelyne était en effet avec nous, plus vivante que jamais.
          Lire la suite
          En lire moins
        • fanette812 Posté le 26 Juin 2018
          Une lecture très chouette. J'ai aimé découvrir la vie d'Evelyne Pisier, assez mouvementée, intense et surtout en prise avec des moments clés de l'Histoire: la colonisation, la guerre d'Indochine, d'Algérie, la guerre froide, la révolution cubaine, mai 68... La vie intime et personnelle d'une mère et sa fille se voit très souvent bouleversée par les événements autour d'elle. Et au delà d'un bouleversement physique ou géographique c'est surtout les mentalités qui évoluent et qui envisagent la société autrement. L'originalité ici c'est que c'est que c'est d'abord la fille qui se rebelle et fait part d'idées nouvelles. Puis sa mère va très vite les faire siennes et les dépasser. A tel point qu'elle finit plus militante que sa fille. Ce que j'ai aussi aimé, c'est la présence de Caroline Laurent en tant qu'éditrice, écrivaine et amie d'Evelyne. Elle est présente tout au long du livre. Elle raconte à la fois sa relation avec Evelyne, la difficulté d'écrire ce livre sans elle, et parfois sa propre vie à elle. C'est donc un roman de femmes, à plusieurs voix, des femmes de leur époque qui ont eu le courage d'écouter leurs propres valeurs, même si elles étaient à contre-sens de leur époque.

        Ils en parlent

        « Merci infiniment pour ce livre, ces vies partagées, ces femmes si poignantes dans leurs forces et leurs faiblesses, pour cette traversée d'un passé à la fois si proche et si lointain. Je me suis sentie très vivante à la lecture de ce roman. J'ai été émue aussi. L'idée de mettre en miroir le reflet intime, émotionnel, générationnel et féminin que renvoyait l'histoire d'Evelyne (j'ai envie de l'appeler par son prénom) et de sa mère à Caroline, puisque ni l'une ni l'autre n'étaient plus là pour l'accompagner dans l'écriture, cette idée donc, est d'une justesse et d'une intelligence formidable. »
        Librairie Coiffard - Nantes - 44
        INSCRIVEZ-VOUS À LA NEWSLETTER LES ESCALES
        Découvrez la prochaine Escale de votre voyage littéraire !
        Les informations collectées par SOGEDIF (une société du groupe EDITIS) font l’objet d’un traitement automatisé ayant pour finalité de vous adresser des actualités et des offres, de vous proposer du contenu adapté à votre profil et à vos goûts, et de gérer sa relation avec vous. Les informations marquées d’un astérisque sont obligatoires. A défaut, SOGEDIF ne sera pas en mesure de répondre à votre demande. Ces informations sont à destination exclusive des maisons d’Edition du Groupe EDITIS et seront conservées pendant 3 ans à compter de votre dernière visite. Conformément au Règlement (UE) 2016/679 relatif à la protection des données à caractère personnel, vous disposez des droits suivants sur vos données : droit d’accès, droit de rectification, droit à l’effacement (droit à l’oubli), droit d’opposition, droit à la limitation du traitement, droit à la portabilité. Vous pouvez également définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication de vos données à caractère personnel après votre décès. Pour exercer vos droits, merci d’adresser votre courrier recommandé AR à l’adresse suivante : DPO EDITIS, 30 place d’Italie, 75013 Paris, en y joignant la copie d’une pièce d’identité. En cas de manquement aux dispositions ci-dessus, vous avez le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. Enfin, pour une simple résiliation de votre inscription au service, contactez notre équipe à l’adresse électronique suivante : inscription@lisez.com

        Lisez maintenant, tout de suite !

        • Par Lisez

          [Interview] Caroline Laurent, le livre qui a tout changé

          Révélation de la rentrée littéraire 2017, Caroline Laurent vient de remporter le Grand Prix des lycéennes ELLE pour Et soudain, la liberté, livre qui l’a fait passer d’éditrice à auteure. Elle revient sur la genèse d’un roman pas comme les autres, écrit à quatre mains avec Évelyne Pisier, décédée avant d’avoir pu mettre un point final à cette histoire.

          Lire l'article
        • Par Les Escales

          Le Grand Prix des lycéennes ELLE 2018 attribué à "Et soudain, la liberté"

          Nous sommes fiers et heureux de vous annoncer que le jury du Grand Prix des lycéennes ELLE 2018 vient de couronner Et soudain, la liberté, l’histoire romancée d’Evelyne Pisier et de sa mère, co-écrite avec son éditrice Caroline Laurent et publiée aux éditions Les Escales en août dernier.

          Lire l'article