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Belfond
EAN : 9782714441188
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 492
Format : 140 x 225 mm

Il faut qu'on parle de Kevin

Françoise CARTANO (Traducteur)
Date de parution : 07/09/2006

Avec une effrayante lucidité, Lionel Shriver dresse le portrait inoubliable d’une mère confrontée à la monstruosité de son fils. Un sujet d’une brûlante actualité, doublé d’une vision au vitriol de l’american dream. Un roman coup de poing, violent, complexe, qui s’attaque au dernier des tabous. Le film magnifiquement réalisé par Lynne Ramsay, avec Tilda Swinton et Ezra Miller dans les rôles principaux, a été présenté à Cannes en 2011, avant de sortir sur les écrans le 28 septembre 2011.

À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans des lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l’itinéraire meurtrier de Kevin.

Elle se souvient qu’elle a eu du mal...

À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans des lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l’itinéraire meurtrier de Kevin.

Elle se souvient qu’elle a eu du mal à sacrifier sa brillante carrière pour devenir mère. Qu’elle ne s’est jamais faite aux contraintes de la maternité. Que dès la naissance elle s’est heurtée à un enfant difficile. Que l’arrivée de Celia, petite sœur fragile et affectueuse, n’a fait que creuser le fossé entre mère et fils. Qu’elle aura passé des années à scruter les agissements de Kevin sans voir que son ambivalence envers lui n’avait d’égale que la cruauté et la malveillance du rejeton. Et, quand le pire survient, Eva veut comprendre : qu’est-ce qui a poussé Kevin à commettre ce massacre ? Et quelle est sa propre part de responsabilité ?

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EAN : 9782714441188
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 492
Format : 140 x 225 mm

Ils en parlent

« Un livre qui vous plonge dans l’effroi jusqu’à vous couper le souffle. […] Impitoyable et impressionnant. »
Olivia de Lamberterie - Elle

« Il faut qu'on parle de Kevin provoque et dérange par son acuité à poser les questions qui font mal. Refusant le manichéisme et les idées reçues, Lionel Shriver secoue le lecteur dès les premières pages en exposant la situation de crise (la tuerie) et parvient à le garder en éveil jusqu'à la dernière, tout en se contentant d'un seul point de vue. Le pari est difficile et le résultat, à la fois explosif et profond, inquiétant et réfléchi, laisse le lecteur groggy après une ultime révélation. »
Christine Ferniot - Lire

« Un livre dur, brillant, souvent insupportable [...] mais qui vaut vraiment la peine. Accrochez-vous. »
Stéphane Hoffmann - Le Figaro Magazine

« Ce thriller dérangeant [...] pose avec une crudité caustique la question de la maternité dans des sociétés où l'enfant est roi. On n'en sort pas indemne. »
Evelyne Bloch-Dano - Marie Claire

« Ce roman est plus percutant qu’une leçon de pédopsychiatrie, porté par la force de la fiction et une écriture limpide. Il n’apporte aucune réponse, sinon un dénouement magistral et bouleversant. »
Karine Papillaud - Le Point

« On n’est pas prêt d’oublier ce récit intense, dénué de sensiblerie et captivant comme un thriller. On peut y lire une charge contre un certain idéal éducatif américain. Il s’avère surtout une méditation intemporelle et sans tabou sur les ambivalences de la maternité. »
Claire Julliard - Le Nouvel Observateur

« Attention le cœur ! Cette histoire dérange, choque, bouleverse, fait mal. Impossible de rester indifférent. Qu’on aime ou qu’on déteste on ne peut qu’applaudir la performance littéraire. »
Daphné de Saint Sauveur - Madame Figaro

« Avec un humour corrosif et un masochisme cinglant, [Lionel Shriver] s'attaque aux tabous de la maternité. Et ça secoue. »
Isabelle Bourgeois - Marie France

« Un roman choquant, au vrai sens du terme. Le lecteur en ressort ébranlé, moins par le sujet que par l'exigence de vérité avec laquelle il est traité. La plume acérée de Lionel Shriver ne devrait pas rester inconnue bien longtemps. »
Alexandra Lemasson - Le Magazine Littéraire

« Corrosif, impitoyable, y compris dans son humour, ce roman est le récit d'une descente, les yeux grands ouverts, dans les abysses les plus insondables de la maternité. [...] Rarement, un roman aura exploré avec autant de complexité cette substance ténébreuse qui unit une mère à son enfant. »
Véro,nique Rossignol - Livres Hebdo

« En suivant d'une plume propre, incisive, cette femme qui tente d'isoler sa part de responsabilité dans un effroyable massacre, l'écrivaine Lionel Shriver signe une œuvre d'une force peu commune [...] Nous laissant le souffle court, elle écrit ce qu'aucune mère ne s'accorde jamais de le droit de dire. »
Adélaïde de Clermont-Tonnerre - Point de Vue

« Un roman coup de poing, riche de multiples rebondissements, d’un suspense implacable. De ces lectures qui vous coupent le souffle et hantent vos nuits. Un livre exceptionnel, à lire absolument. »
Laurent Fialaix - Questions de femmes

« Gare aux effets secondaires implacables de ce roman terrible. »
Astrid Eliard - Le Figaro littéraire

« Avec le personnage d'Eva, Lionel Shriver réussit un petit exploit : permettre à son lecteur de s'identifier à cette femme, aussi meurtrie que sarcastique et souvent très drôle, alors qu'elle explore un tabou extrêmement fort, celui de haïr le fruit de ses entrailles. »
Raphaëlle Leyris - Les Inrockuptibles

« De la première à la dernière ligne, Lionel Shriver construit un suspense formidable. La maîtrise inouïe avec laquelle la romancière dissèque cette histoire effarante et la lucidité de son analyse des sentiments rangent Il faut qu'on parle de Kevin parmi les livres qui bousculent autant qu'ils bouleversent. Lionel Shriver possède une voix dont l'écho se propage longtemps. »
Frédérique Bréhaut - Le Maine Libre

« Avec une lucidité effrayante, Lionel Shriver dresse le portrait troublant d’une mère confrontée à la monstruosité de son enfant. Un roman coup de poing, violent, complexe, servi par une écriture et une construction parfaitement maîtrisées. »
La Marseillaise

« Un roman souvent éprouvant, écrit avec beaucoup d’humour et encore plus de lucidité, 480 pages haletantes au dénouement fracassant. »
Odile Wassmer - Le Populaire du Centre

« Lionel Shriver explore jusqu'au tréfonds la maternité, la culpabilité, l'autorité, l'égoïsme, la façon dont l'être humain emmure l'interdit dans ce récit éminemment subjectif, d'une lucidité exemplaire. »
Geneviève Simon - La Libre Belgique

« Déroutant, lucide et dérangeant, ce roman décrit avecune force inouïe le portrait d’une mère confrontée à la monstruosité de son fils. »
Zohra Karmass - Edelweiss (Suisse)

« Il faut qu’on parle de Kevin trouble par une sincérité viscérale qui ne s’embarrasse guère de conventions. […] Lionel Shriver dégoupille les arguments avec une subtilité rare, renvoie les responsables dos à dos, décrypte les psychologies et les enjeux dans un déluge de précisions qui glace. Surtout, et ce n’est pas la moindre émotion dégagée par ce roman atypique, elle dose les révélations dans un crescendo puissant. Le thème de la manipulation poussé dans ses retranchements… De quoi parler longtemps de Kevin. »
Cécile Lecoultre - 24 Heures (Suisse)

« Il faut qu’on parle de Kevin est un livre sur la dangereuse distance qui sépare ce que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes de ce que nous nous autorisons à admettre dès qu’il s’agit de la famille. C’est un livre sur ce qui arrive lorsque le produit suprême de nos sociétés occidentales ? l’enfant ? apprend qu’il n’y a aucune limite à l’exercice de sa liberté. C’est un livre sur ce dont nous devons, mais ne pouvons parler. »
The Guardian

« Ce livre témoigne de ce que beaucoup de femmes craignent mais n’expriment jamais : la peur de devenir mère et la terreur de découvrir le genre d’enfant que l’on pourrait mettre au monde. »
Le jury de l’Orange Prize

« En septembre 2001, Mrs. Shriver envoie son roman à son agent de l’époque, qui est horrifiée par son contenu (et refuse d’y associer son nom). [...] Selon son agent, ce roman la met dans une position de dilemme moral : et si les enfants imitaient Kevin ? Qu’en penserait l’auteur ? Elle conseille à sa cliente d’arrondir les angles, de faire allusion à la tuerie en la plaçant « hors-champ », d’ajouter plus d’humour ? ou bien de supprimer carrément le massacre. [...] Voici ce que Mrs. Shriver lui a répondu : « Si les romanciers et leurs agents partent du principe que les lecteurs vont forcément reproduire les intrigues des romans dans la vraie vie et que ce sont les auteurs et leurs représentants qui seront tenus moralement responsables de ces actes, alors la seule chose que les écrivains pourraient autoriser leurs personnages à faire serait d’aider les vieilles dames à traverser la rue. »
The New York Observer

« En ces temps libérés, il est néanmoins des choses que l’on ne peut dire ; des choses que l’on est moins libre de dire qu’auparavant. Par exemple que le fait d’être parents ? d’être mère ? n’est pas une vocation suprême, mais plutôt une injonction péremptoire purement biologique, et ce malgré l’évolution du débat public sur la sexualité. »
Rachel Cusk - The Gardian

« Il y a peu de romans qui vous laissent le souffle coupé à la dernière page, comme si vous n’aviez absolument plus d’oxygène. C’est pourtant l’effet que produit Il faut qu’on parle de Kevin, de la romancière américaine Lionel Shriver. C’est un livre provocant et sans complaisance, une histoire forte qui ne manquera pas de captiver ses lecteurs, dont certains seront à coup sûr exaspérés, voire choqués. »
The Bookseller

« De nombreuses fictions ont essayé de décrire ce qui peut pousser un adolescent à assassiner ses camarades de classe ou ses professeurs, mais celle de Lionel Shriver est la plus réussie, et de loin. […] Elle apporte à son livre une analyse claire et acérée de la complexité des relations maritales et parentales, servie par un rythme narratif implacable et ingénieux. [...] Un roman poignant d’une grande finesse psychologique, dont la clairvoyance, l’humour noir et la dureté disent bien toute la difficulté de l’aventure humaine. »
Publisher’s Weekly

« Petites natures s’abstenir. »
Kirkus Review

« Au moyen de phrases acerbes et ciselées qui dissèquent ses impressions sur la maternité, l’ambition, la famille, et ce que fait que la culture américaine engendre des enfants meurtriers, Lionel Shriver baladele lecteur entre condamnation et compassion, châtiment et pardon. Sans jamais relâcher la pression, elle fait en sorte que, comme Eva, le lecteur se débatte avec ses blessures jamais cicatrisées. »
Booklist

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Trollibi Posté le 22 Juillet 2021
    Le jeudi 8 avril 1999, Kevin Katchadourian, presque 16 ans, devient célèbre pour avoir massacré 11 personnes dans son lycée. Deux ans après le drame, sa mère, Eva, s'interroge toujours : elle écrit de longues lettres à Franklin, son mari dont elle est séparée, dans lesquelles elle retrace le fil de sa vie de femme, d'épouse et de mère pour tenter désespérément de comprendre pourquoi il est en arrivé à cet acte horrible, comment ce JEUDI a pu se produire. Le roman de Lionel Shriver m'a complètement retourné les tripes et le coeur ! Pas une seule seconde je n'ai eu envie de le lâcher et pourtant il nous plonge au coeur d'un drame familial et humain cruel et parfois à la limite du supportable. Et tellement réaliste… malheureusement… Il y a un réel suspense entretenu par les confidences d'Eva dont on reconstruit la vie pas à pas et, plus j'avançais dans la lecture, plus je me sentais saisie d'horreur en voyant poindre le dénouement, caché dans l'implicite et les sous-entendus de cette mère meurtrie. L'écriture de Lionel Shriver, sous forme de lettres qui tiennent surtout du journal intime, est poignante. Eva est sincère quand elle évoque ses souvenirs, ses actes, ses... Le jeudi 8 avril 1999, Kevin Katchadourian, presque 16 ans, devient célèbre pour avoir massacré 11 personnes dans son lycée. Deux ans après le drame, sa mère, Eva, s'interroge toujours : elle écrit de longues lettres à Franklin, son mari dont elle est séparée, dans lesquelles elle retrace le fil de sa vie de femme, d'épouse et de mère pour tenter désespérément de comprendre pourquoi il est en arrivé à cet acte horrible, comment ce JEUDI a pu se produire. Le roman de Lionel Shriver m'a complètement retourné les tripes et le coeur ! Pas une seule seconde je n'ai eu envie de le lâcher et pourtant il nous plonge au coeur d'un drame familial et humain cruel et parfois à la limite du supportable. Et tellement réaliste… malheureusement… Il y a un réel suspense entretenu par les confidences d'Eva dont on reconstruit la vie pas à pas et, plus j'avançais dans la lecture, plus je me sentais saisie d'horreur en voyant poindre le dénouement, caché dans l'implicite et les sous-entendus de cette mère meurtrie. L'écriture de Lionel Shriver, sous forme de lettres qui tiennent surtout du journal intime, est poignante. Eva est sincère quand elle évoque ses souvenirs, ses actes, ses pensées, ses sentiments même si ses propos sont parfois difficiles à encaisser. Car, dans cette fiction, il n'est pas seulement question pour l'auteur de se centrer sur la problématique des massacres récurrents dans les lycées et du port d'armes aux Etats-Unis. Il est surtout question du sentiment de culpabilité et de la remise en question d'une mère face à l'acte horrible de son fils. Et de tout un tas de questions corolaires : le désir d'être mère, l'attachement, la dépression, l'incompréhension face à un enfant qui ne correspond pas exactement à l'idée que l'on se faisait de lui avant qu'il ne naisse, la cruauté, la violence psychologique, l'amour et le pardon. Je ne m'attendais absolument pas à me retrouver face à une lecture si poignante qui m'a émue aux larmes tout en me laissant en même temps un goût amer. Sincèrement, le roman de Lionel Shriver est dur, il me faudra un peu de temps pour le digérer mais il vaut clairement le détour.
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  • Trollibi Posté le 22 Juillet 2021
    Le jeudi 8 avril 1999, Kevin Katchadourian, presque 16 ans, devient célèbre pour avoir massacré 11 personnes dans son lycée. Deux ans après le drame, sa mère, Eva, s'interroge toujours : elle écrit de longues lettres à Franklin, son mari dont elle est séparée, dans lesquelles elle retrace le fil de sa vie de femme, d'épouse et de mère pour tenter désespérément de comprendre pourquoi il est en arrivé à cet acte horrible, comment ce JEUDI a pu se produire. Le roman de Lionel Shriver m'a complètement retourné les tripes et le coeur ! Pas une seule seconde je n'ai eu envie de le lâcher et pourtant il nous plonge au coeur d'un drame familial et humain cruel et parfois à la limite du supportable. Et tellement réaliste… malheureusement… Il y a un réel suspense entretenu par les confidences d'Eva dont on reconstruit la vie pas à pas et, plus j'avançais dans la lecture, plus je me sentais saisie d'horreur en voyant poindre le dénouement, caché dans l'implicite et les sous-entendus de cette mère meurtrie. L'écriture de Lionel Shriver, sous forme de lettres qui tiennent surtout du journal intime, est poignante. Eva est sincère quand elle évoque ses souvenirs, ses actes, ses... Le jeudi 8 avril 1999, Kevin Katchadourian, presque 16 ans, devient célèbre pour avoir massacré 11 personnes dans son lycée. Deux ans après le drame, sa mère, Eva, s'interroge toujours : elle écrit de longues lettres à Franklin, son mari dont elle est séparée, dans lesquelles elle retrace le fil de sa vie de femme, d'épouse et de mère pour tenter désespérément de comprendre pourquoi il est en arrivé à cet acte horrible, comment ce JEUDI a pu se produire. Le roman de Lionel Shriver m'a complètement retourné les tripes et le coeur ! Pas une seule seconde je n'ai eu envie de le lâcher et pourtant il nous plonge au coeur d'un drame familial et humain cruel et parfois à la limite du supportable. Et tellement réaliste… malheureusement… Il y a un réel suspense entretenu par les confidences d'Eva dont on reconstruit la vie pas à pas et, plus j'avançais dans la lecture, plus je me sentais saisie d'horreur en voyant poindre le dénouement, caché dans l'implicite et les sous-entendus de cette mère meurtrie. L'écriture de Lionel Shriver, sous forme de lettres qui tiennent surtout du journal intime, est poignante. Eva est sincère quand elle évoque ses souvenirs, ses actes, ses pensées, ses sentiments même si ses propos sont parfois difficiles à encaisser. Car, dans cette fiction, il n'est pas seulement question pour l'auteur de se centrer sur la problématique des massacres récurrents dans les lycées et du port d'armes aux Etats-Unis. Il est surtout question du sentiment de culpabilité et de la remise en question d'une mère face à l'acte horrible de son fils. Et de tout un tas de questions corolaires : le désir d'être mère, l'attachement, la dépression, l'incompréhension face à un enfant qui ne correspond pas exactement à l'idée que l'on se faisait de lui avant qu'il ne naisse, la cruauté, la violence psychologique, l'amour et le pardon. Je ne m'attendais absolument pas à me retrouver face à une lecture si poignante qui m'a émue aux larmes tout en me laissant en même temps un goût amer. Sincèrement, le roman de Lionel Shriver est dur, il me faudra un peu de temps pour le digérer mais il vaut clairement le détour.
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  • Cigale17 Posté le 15 Juillet 2021
    Je n'avais jamais rien lu de Lionel Shriver, et là, quelle claque ! Je trouve ce roman particulièrement difficile à chroniquer : je ne sais pas sur quel pied danser, et je suppose que c'est exactement l'effet qu'a voulu produire l'autrice… De novembre 2000 à avril 2001, Eva Khatchadourian écrit des lettres à son mari, Franklin, et elle nous dit dès la deuxième ligne qu'ils sont séparés. Nous comprenons très vite que Kevin, leur fils, a fait quelque chose de grave qui suscite encore l'effroi, qui lui a valu un procès et qui attire sur sa mère des brimades. Nous l'apprendrons à la fin de la première lettre (13 pages) : Kevin, 16 ans à peine, a tué sept de ses camarades et deux adultes dans son école, moins de deux ans auparavant. Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire ? *** Dans ses lettres à Franklin, Eva se questionne sur sa responsabilité. Elle se ménage peu et semble faire preuve d'une totale franchise. Elle passe en revue ses réticences à être mère, ses carences, ses efforts pour aimer cet enfant difficile (très difficile !). Elle raconte comment elle abandonne son métier passionnant pour s'occuper de Kevin et parle souvent de ses regrets. Par moments, sans... Je n'avais jamais rien lu de Lionel Shriver, et là, quelle claque ! Je trouve ce roman particulièrement difficile à chroniquer : je ne sais pas sur quel pied danser, et je suppose que c'est exactement l'effet qu'a voulu produire l'autrice… De novembre 2000 à avril 2001, Eva Khatchadourian écrit des lettres à son mari, Franklin, et elle nous dit dès la deuxième ligne qu'ils sont séparés. Nous comprenons très vite que Kevin, leur fils, a fait quelque chose de grave qui suscite encore l'effroi, qui lui a valu un procès et qui attire sur sa mère des brimades. Nous l'apprendrons à la fin de la première lettre (13 pages) : Kevin, 16 ans à peine, a tué sept de ses camarades et deux adultes dans son école, moins de deux ans auparavant. Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire ? *** Dans ses lettres à Franklin, Eva se questionne sur sa responsabilité. Elle se ménage peu et semble faire preuve d'une totale franchise. Elle passe en revue ses réticences à être mère, ses carences, ses efforts pour aimer cet enfant difficile (très difficile !). Elle raconte comment elle abandonne son métier passionnant pour s'occuper de Kevin et parle souvent de ses regrets. Par moments, sans retenue ou presque, elle donne à voir une femme égoïste et désagréable. Eva tente aussi d'évaluer la responsabilité de Kevin, mais chaque question la ramène à sa culpabilité. Elle n'est pourtant pas la seule à être déstabilisée par cet enfant qu'elle nous décrit comme un petit monstre dès son plus jeune âge : les nounous fuient, les instits s'inquiètent, les voisins se plaignent… Seul Franklin, le père semble ne pas voir qu'il y a un problème. Plus le rythme des lettres s'accélère, plus Eva semble acquérir de certitudes sur le monde, et moins elle prend de précautions pour parler de sa relation avec Kevin et de la désagrégation de son couple, jusqu'au récit de ce JEUDI et du terrifiant final… J'ai mis longtemps à lire ce formidable, bouleversant et dérangeant roman qui touche tellement à l'intime et pose des questions auxquelles il est impossible de répondre. Si j'ai oscillé entre la sympathie et la détestation envers Eva, si Franklin m'a tantôt touchée, tantôt énervée, je n'ai jamais pu éprouver de l'empathie envers Kevin… J'ai beaucoup aimé l'écriture et le ton de Lionel Shriver qui pratique un humour noir glaçant parfaitement approprié au sujet. La dédicace me laisse perplexe : « Pour Terri, le scénario du pire, auquel nous avons tous les deux échappé ».
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  • Cigale17 Posté le 15 Juillet 2021
    Je n'avais jamais rien lu de Lionel Shriver, et là, quelle claque ! Je trouve ce roman particulièrement difficile à chroniquer : je ne sais pas sur quel pied danser, et je suppose que c'est exactement l'effet qu'a voulu produire l'autrice… De novembre 2000 à avril 2001, Eva Khatchadourian écrit des lettres à son mari, Franklin, et elle nous dit dès la deuxième ligne qu'ils sont séparés. Nous comprenons très vite que Kevin, leur fils, a fait quelque chose de grave qui suscite encore l'effroi, qui lui a valu un procès et qui attire sur sa mère des brimades. Nous l'apprendrons à la fin de la première lettre (13 pages) : Kevin, 16 ans à peine, a tué sept de ses camarades et deux adultes dans son école, moins de deux ans auparavant. Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire ? *** Dans ses lettres à Franklin, Eva se questionne sur sa responsabilité. Elle se ménage peu et semble faire preuve d'une totale franchise. Elle passe en revue ses réticences à être mère, ses carences, ses efforts pour aimer cet enfant difficile (très difficile !). Elle raconte comment elle abandonne son métier passionnant pour s'occuper de Kevin et parle souvent de ses regrets. Par moments, sans... Je n'avais jamais rien lu de Lionel Shriver, et là, quelle claque ! Je trouve ce roman particulièrement difficile à chroniquer : je ne sais pas sur quel pied danser, et je suppose que c'est exactement l'effet qu'a voulu produire l'autrice… De novembre 2000 à avril 2001, Eva Khatchadourian écrit des lettres à son mari, Franklin, et elle nous dit dès la deuxième ligne qu'ils sont séparés. Nous comprenons très vite que Kevin, leur fils, a fait quelque chose de grave qui suscite encore l'effroi, qui lui a valu un procès et qui attire sur sa mère des brimades. Nous l'apprendrons à la fin de la première lettre (13 pages) : Kevin, 16 ans à peine, a tué sept de ses camarades et deux adultes dans son école, moins de deux ans auparavant. Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire ? *** Dans ses lettres à Franklin, Eva se questionne sur sa responsabilité. Elle se ménage peu et semble faire preuve d'une totale franchise. Elle passe en revue ses réticences à être mère, ses carences, ses efforts pour aimer cet enfant difficile (très difficile !). Elle raconte comment elle abandonne son métier passionnant pour s'occuper de Kevin et parle souvent de ses regrets. Par moments, sans retenue ou presque, elle donne à voir une femme égoïste et désagréable. Eva tente aussi d'évaluer la responsabilité de Kevin, mais chaque question la ramène à sa culpabilité. Elle n'est pourtant pas la seule à être déstabilisée par cet enfant qu'elle nous décrit comme un petit monstre dès son plus jeune âge : les nounous fuient, les instits s'inquiètent, les voisins se plaignent… Seul Franklin, le père semble ne pas voir qu'il y a un problème. Plus le rythme des lettres s'accélère, plus Eva semble acquérir de certitudes sur le monde, et moins elle prend de précautions pour parler de sa relation avec Kevin et de la désagrégation de son couple, jusqu'au récit de ce JEUDI et du terrifiant final… J'ai mis longtemps à lire ce formidable, bouleversant et dérangeant roman qui touche tellement à l'intime et pose des questions auxquelles il est impossible de répondre. Si j'ai oscillé entre la sympathie et la détestation envers Eva, si Franklin m'a tantôt touchée, tantôt énervée, je n'ai jamais pu éprouver de l'empathie envers Kevin… J'ai beaucoup aimé l'écriture et le ton de Lionel Shriver qui pratique un humour noir glaçant parfaitement approprié au sujet. La dédicace me laisse perplexe : « Pour Terri, le scénario du pire, auquel nous avons tous les deux échappé ».
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  • Juliettahaha Posté le 13 Juin 2021
    Un livre profondément dérangeant car extrêmement bien documenté. Les personnages sont dépeints avec une rigueur quasi clinique et avancent tous vers la tragédie qui est annoncée d'emblée. Le ton est glacial permettant un certain détachement par rapport à toute l'horreur de ce cheminement. Cela rend également plus supportables les différentes émotions qui peuvent nous envahir a la lecture. Les thèmes abordés sont lourds, ambivalents et malmènent régulièrement le lecteur. Malgré quelques longueurs, il est difficile de se détacher de ce livre qui monte crescendo vers un final abominable. Mais contre toute attente dans l'obscurité la plus totale, il y a aussi de la lumière...mais a quel prix...
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