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Sonatine
EAN : 9782355843396
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 320
Format : 140 x 220 mm

Le Poids du monde

Fabrice POINTEAU (Traducteur)
Date de parution : 30/08/2018
« Un roman parfait, qui va rester dans toutes les mémoires. » Donald Ray Pollock
Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il... Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?
 
Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique « rural noir », c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.
 
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EAN : 9782355843396
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 320
Format : 140 x 220 mm

Ils en parlent

A propos de Là ou les lumières se perdent : "Un tragique et tumultueux polar... un modèle de ce "rural noir" qui enflamme actuellement la littérature américaine."
Philippe Blanchet / Le Figaro Magazine

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • NicolasElie Posté le 8 Août 2021
    Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te... Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te muter en Caroline du Nord. Je déconne. Deux mômes, deux destins parallèles et pourtant si dissemblables. Deux destins liés à ce que la guerre va faire de l’un des deux personnages. J’allais dire principaux, si tant est qu’April ne soit pas elle aussi, un des personnages principaux. À voir. Tu vas entendre parler de l’Afghanistan, et de ceux qui en reviennent, meurtris pour le temps qu’il leur reste à vivre, et qui n’ont plus que l’alcool et la drogue pour essayer d’oublier ce qu’ils y ont fait. Tu vas lire l’absence de ces mères, parties trop tôt, et qui laissent des fils démunis, sans amour autour d’eux pour panser les plaies de la vie. Ces plaies que le Diable s’ingénie à ouvrir et qui ne se referment jamais. Tu vas toi aussi être broyé par le poids de ce monde que les puissants fabriquent autour de nous. Ces puissants qui envoient des gosses se faire trouer la peau pour une démocrature qui n’ose même pas porter son nom… Tu vas comprendre pourquoi certains n’osent pas regarder dans les yeux les pauvres qu’ils ont fabriqués à coups de réformes et de code du travail. Tu penses à quelqu’un en particulier ? Moi aussi. Tu vas peut-être te souvenir de Bourdieu quand il disait que ta vie est déterminée par le milieu dans lequel tu grandis, et que les portes de sortie ne sont pas aussi nombreuses qu’on voudrait nous le faire croire… Parce qu’en Caroline du Nord, c’est comme chez nous. Juste pareil. La suite :
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  • NicolasElie Posté le 8 Août 2021
    Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te... Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te muter en Caroline du Nord. Je déconne. Deux mômes, deux destins parallèles et pourtant si dissemblables. Deux destins liés à ce que la guerre va faire de l’un des deux personnages. J’allais dire principaux, si tant est qu’April ne soit pas elle aussi, un des personnages principaux. À voir. Tu vas entendre parler de l’Afghanistan, et de ceux qui en reviennent, meurtris pour le temps qu’il leur reste à vivre, et qui n’ont plus que l’alcool et la drogue pour essayer d’oublier ce qu’ils y ont fait. Tu vas lire l’absence de ces mères, parties trop tôt, et qui laissent des fils démunis, sans amour autour d’eux pour panser les plaies de la vie. Ces plaies que le Diable s’ingénie à ouvrir et qui ne se referment jamais. Tu vas toi aussi être broyé par le poids de ce monde que les puissants fabriquent autour de nous. Ces puissants qui envoient des gosses se faire trouer la peau pour une démocrature qui n’ose même pas porter son nom… Tu vas comprendre pourquoi certains n’osent pas regarder dans les yeux les pauvres qu’ils ont fabriqués à coups de réformes et de code du travail. Tu penses à quelqu’un en particulier ? Moi aussi. Tu vas peut-être te souvenir de Bourdieu quand il disait que ta vie est déterminée par le milieu dans lequel tu grandis, et que les portes de sortie ne sont pas aussi nombreuses qu’on voudrait nous le faire croire… Parce qu’en Caroline du Nord, c’est comme chez nous. Juste pareil. La suite :
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  • NicolasElie Posté le 8 Août 2021
    Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te... Juste pour te dire un truc. T’as déjà rêvé d’avoir Steinbeck ou London comme prof ? David Joy, il l‘a fait. Son prof, c’était Ron Rash. Tu peux imaginer comment t’arrive en avance en cours, et comment tu pars en retard ? Ben moi, en tout cas, j’imagine… C’est le préambule… Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, surtout là, il y a de l’amour dans ce roman. Tu vas y croiser Thad, et puis Aiden, et puis April aussi. Tu vas les aimer tous, et tu vas essayer de comprendre pourquoi les choses s’emmêlent pour devenir un bourbier dans lequel tu vas t’enfoncer avec eux. C’est en Caroline que ça se passe, celle du Nord. C’est la nature aussi, mais pas la même que chez nous. Là-bas, elle est dure, bien plus que les forêts dans lesquelles tu vas te balader le dimanche… Alors bien sûr, tu vas me dire « Encore ! Encore un roman qui se passe au fin fond d’un pays où je foutrai jamais les pieds ? » D’abord, t’en sais rien si t’y foutras jamais les pieds. On peut faire confiance à la vie pour te balancer des claques, plus souvent que tu le voudrais vraiment, et si ça se trouve elle a prévu de te muter en Caroline du Nord. Je déconne. Deux mômes, deux destins parallèles et pourtant si dissemblables. Deux destins liés à ce que la guerre va faire de l’un des deux personnages. J’allais dire principaux, si tant est qu’April ne soit pas elle aussi, un des personnages principaux. À voir. Tu vas entendre parler de l’Afghanistan, et de ceux qui en reviennent, meurtris pour le temps qu’il leur reste à vivre, et qui n’ont plus que l’alcool et la drogue pour essayer d’oublier ce qu’ils y ont fait. Tu vas lire l’absence de ces mères, parties trop tôt, et qui laissent des fils démunis, sans amour autour d’eux pour panser les plaies de la vie. Ces plaies que le Diable s’ingénie à ouvrir et qui ne se referment jamais. Tu vas toi aussi être broyé par le poids de ce monde que les puissants fabriquent autour de nous. Ces puissants qui envoient des gosses se faire trouer la peau pour une démocrature qui n’ose même pas porter son nom… Tu vas comprendre pourquoi certains n’osent pas regarder dans les yeux les pauvres qu’ils ont fabriqués à coups de réformes et de code du travail. Tu penses à quelqu’un en particulier ? Moi aussi. Tu vas peut-être te souvenir de Bourdieu quand il disait que ta vie est déterminée par le milieu dans lequel tu grandis, et que les portes de sortie ne sont pas aussi nombreuses qu’on voudrait nous le faire croire… Parce qu’en Caroline du Nord, c’est comme chez nous. Juste pareil. La suite :
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  • Cyrlight Posté le 19 Juillet 2021
    Le Poids du monde est le second roman de David Joy, dans lequel l’auteur met en scène trois protagonistes : Aiden, Thad (son meilleur ami) et April (la mère de ce dernier). Thad, brisé par la guerre, se noie dans la drogue, pendant qu’Aiden désespère de trouver le moyen de fuir le coin dans lequel ils ont grandi avant que cet endroit ne les détruise pour de bon. Ayant adoré l’atmosphère noire et cruelle de Là où les lumières se perdent et entendu énormément de bien à propos de cet autre roman, j’étais vraiment impatiente de me lancer dans la lecture du Poids du monde, tout en la repoussant sans cesse, et à raison peut-être. Je ne sais pas si je l’ai lu en étant dans de mauvaises dispositions, ou si j’en attendais trop, ou si c’est parce que j’avais cette fois un avant-goût de la plume de l’écrivain (Là où les lumières se perdent était une totale découverte pour moi), mais en tout cas, je n’ai pas été prise aux tripes comme cela a été le cas avec son tout premier livre. J’ai mis du temps à m’attacher aux personnages, à Thad encore plus qu’à Aiden. Sa propension à se jeter tête... Le Poids du monde est le second roman de David Joy, dans lequel l’auteur met en scène trois protagonistes : Aiden, Thad (son meilleur ami) et April (la mère de ce dernier). Thad, brisé par la guerre, se noie dans la drogue, pendant qu’Aiden désespère de trouver le moyen de fuir le coin dans lequel ils ont grandi avant que cet endroit ne les détruise pour de bon. Ayant adoré l’atmosphère noire et cruelle de Là où les lumières se perdent et entendu énormément de bien à propos de cet autre roman, j’étais vraiment impatiente de me lancer dans la lecture du Poids du monde, tout en la repoussant sans cesse, et à raison peut-être. Je ne sais pas si je l’ai lu en étant dans de mauvaises dispositions, ou si j’en attendais trop, ou si c’est parce que j’avais cette fois un avant-goût de la plume de l’écrivain (Là où les lumières se perdent était une totale découverte pour moi), mais en tout cas, je n’ai pas été prise aux tripes comme cela a été le cas avec son tout premier livre. J’ai mis du temps à m’attacher aux personnages, à Thad encore plus qu’à Aiden. Sa propension à se jeter tête baissée dans les ennuis (au point, en l’occurrence, de les provoquer) m’a agacée et n’a pas été sans me rappeler celle de Jacob McNeely. Tout comme lui, les deux amis sont drogués, passifs, et pourtant j’ai fini par les comprendre, par éprouver de la compassion, et même par m’identifier à eux (enfin, à Aiden). Je me suis reconnue dans son besoin de fuir, de s’arracher à une terre oppressante qu’il accuse de tous ses maux, mais surtout dans sa peur de le faire seul, de la nécessité d’avoir quelqu’un à ses côtés pour oser franchir le pas… quitte à laisser passer sa chance. Si je n’ai pas été aussi happée que par Là où les lumières se perdent, j’ai tout de même été très touchée par cet aspect-là de l’œuvre, qui m’a vraiment beaucoup parlé. J’aime aussi le pessimisme qui se dégage des récits de David Joy, de quoi combler tous ceux qui, comme moi, ne sont pas amateurs de happy end. D’ailleurs, que dire de cette fin, si ce n’est qu’elle est parfaite ? Le roman en lui-même souffre de quelques longueurs, mais je ne pense pas qu’il aurait été possible de lui offrir une meilleure conclusion, tellement dans le ton de l’atmosphère générale. Je recommande ce roman (ainsi que Là où les lumières se perdent) aux lecteurs qui souhaitent découvrir un récit exhalant la noirceur du monde et de l’âme humaine. Je suivrai avec intérêt la suite de la carrière de cet auteur, notamment en me procurant Ce lien entre nous dès sa sortie en poche !
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  • Cyrlight Posté le 19 Juillet 2021
    Le Poids du monde est le second roman de David Joy, dans lequel l’auteur met en scène trois protagonistes : Aiden, Thad (son meilleur ami) et April (la mère de ce dernier). Thad, brisé par la guerre, se noie dans la drogue, pendant qu’Aiden désespère de trouver le moyen de fuir le coin dans lequel ils ont grandi avant que cet endroit ne les détruise pour de bon. Ayant adoré l’atmosphère noire et cruelle de Là où les lumières se perdent et entendu énormément de bien à propos de cet autre roman, j’étais vraiment impatiente de me lancer dans la lecture du Poids du monde, tout en la repoussant sans cesse, et à raison peut-être. Je ne sais pas si je l’ai lu en étant dans de mauvaises dispositions, ou si j’en attendais trop, ou si c’est parce que j’avais cette fois un avant-goût de la plume de l’écrivain (Là où les lumières se perdent était une totale découverte pour moi), mais en tout cas, je n’ai pas été prise aux tripes comme cela a été le cas avec son tout premier livre. J’ai mis du temps à m’attacher aux personnages, à Thad encore plus qu’à Aiden. Sa propension à se jeter tête... Le Poids du monde est le second roman de David Joy, dans lequel l’auteur met en scène trois protagonistes : Aiden, Thad (son meilleur ami) et April (la mère de ce dernier). Thad, brisé par la guerre, se noie dans la drogue, pendant qu’Aiden désespère de trouver le moyen de fuir le coin dans lequel ils ont grandi avant que cet endroit ne les détruise pour de bon. Ayant adoré l’atmosphère noire et cruelle de Là où les lumières se perdent et entendu énormément de bien à propos de cet autre roman, j’étais vraiment impatiente de me lancer dans la lecture du Poids du monde, tout en la repoussant sans cesse, et à raison peut-être. Je ne sais pas si je l’ai lu en étant dans de mauvaises dispositions, ou si j’en attendais trop, ou si c’est parce que j’avais cette fois un avant-goût de la plume de l’écrivain (Là où les lumières se perdent était une totale découverte pour moi), mais en tout cas, je n’ai pas été prise aux tripes comme cela a été le cas avec son tout premier livre. J’ai mis du temps à m’attacher aux personnages, à Thad encore plus qu’à Aiden. Sa propension à se jeter tête baissée dans les ennuis (au point, en l’occurrence, de les provoquer) m’a agacée et n’a pas été sans me rappeler celle de Jacob McNeely. Tout comme lui, les deux amis sont drogués, passifs, et pourtant j’ai fini par les comprendre, par éprouver de la compassion, et même par m’identifier à eux (enfin, à Aiden). Je me suis reconnue dans son besoin de fuir, de s’arracher à une terre oppressante qu’il accuse de tous ses maux, mais surtout dans sa peur de le faire seul, de la nécessité d’avoir quelqu’un à ses côtés pour oser franchir le pas… quitte à laisser passer sa chance. Si je n’ai pas été aussi happée que par Là où les lumières se perdent, j’ai tout de même été très touchée par cet aspect-là de l’œuvre, qui m’a vraiment beaucoup parlé. J’aime aussi le pessimisme qui se dégage des récits de David Joy, de quoi combler tous ceux qui, comme moi, ne sont pas amateurs de happy end. D’ailleurs, que dire de cette fin, si ce n’est qu’elle est parfaite ? Le roman en lui-même souffre de quelques longueurs, mais je ne pense pas qu’il aurait été possible de lui offrir une meilleure conclusion, tellement dans le ton de l’atmosphère générale. Je recommande ce roman (ainsi que Là où les lumières se perdent) aux lecteurs qui souhaitent découvrir un récit exhalant la noirceur du monde et de l’âme humaine. Je suivrai avec intérêt la suite de la carrière de cet auteur, notamment en me procurant Ce lien entre nous dès sa sortie en poche !
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    Pour son troisième roman, David Joy s'est laissé interviewer par Gabino Iglesias, l'auteur de Santa Muerte. Entre auteurs américains de romans noirs, les langues se délient, et on parle littérature, Amérique, mais aussi pêche et happy ending.

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    Trois questions à David Joy autour de son deuxième roman

    David Joy est un jeune auteur qui vit dans le comté de Jackson, en Caroline du Nord. Adepte de ce que l'on appelle le rural noir, il nous livre ce qui fait la force de ses deux romans, Là où les lumières se perdent (2016) et Le Poids du monde (2018).

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