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Robert Laffont
EAN : 9782221123362
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

C'est une chose étrange à la fin que le monde

Date de parution : 04/11/2010

Qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle ? Comment fonctionne l'univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s'efforcent...

Qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle ? Comment fonctionne l'univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s'efforcent de répondre à ces questions.
L'histoire s'est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l'âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l'ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d'espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ?
Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d'Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l'univers et des hommes.

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EAN : 9782221123362
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Nowowak Posté le 12 Septembre 2020
    QUI SUIS-JE ? Pendant trente ans, je n’ai pas été un écrivain. La philosophie, je n’y comprenais rien, mais j’adorais ça. Quand je suis entré à l’Ecole Normale, je n’avais toujours pas l’idée d’écrire. Je me suis rattrapé en regardant les gens. Dans l’exercice de leur profession : ne pas faire grand chose sans rien montrer du tout. Tenez ce serveur qui s’agite, qui brasse de l’air, qui fait semblant d’y croire, on voit bien que c’est du toc, que la vie et sa vie ce n’est pas cela, qu’il donnerait volontiers sa place, qu’il préférerait des vacances à temps complet et permanent. On a mieux à faire de ses dix doigts que de compter des assiettes et des verres. A l’Unesco ou ailleurs, j’ai toujours essayé de trouver des postes tranquilles qui me permettaient de rêver ou d’écrire en faisant semblant de travailler. J’apprenais des vers par cœur. A la sortie de Normale, j’ai traîné un peu, lisant de tout et allant beaucoup au cinéma. Je dévorais le Figaro en étant admiratif de la belle plume des chroniqueurs, je ne savais pas que vingt-deux ans plus tard, j’en deviendrais le directeur ! Il pousse la porte vers l’avant et elle s’ouvre.... QUI SUIS-JE ? Pendant trente ans, je n’ai pas été un écrivain. La philosophie, je n’y comprenais rien, mais j’adorais ça. Quand je suis entré à l’Ecole Normale, je n’avais toujours pas l’idée d’écrire. Je me suis rattrapé en regardant les gens. Dans l’exercice de leur profession : ne pas faire grand chose sans rien montrer du tout. Tenez ce serveur qui s’agite, qui brasse de l’air, qui fait semblant d’y croire, on voit bien que c’est du toc, que la vie et sa vie ce n’est pas cela, qu’il donnerait volontiers sa place, qu’il préférerait des vacances à temps complet et permanent. On a mieux à faire de ses dix doigts que de compter des assiettes et des verres. A l’Unesco ou ailleurs, j’ai toujours essayé de trouver des postes tranquilles qui me permettaient de rêver ou d’écrire en faisant semblant de travailler. J’apprenais des vers par cœur. A la sortie de Normale, j’ai traîné un peu, lisant de tout et allant beaucoup au cinéma. Je dévorais le Figaro en étant admiratif de la belle plume des chroniqueurs, je ne savais pas que vingt-deux ans plus tard, j’en deviendrais le directeur ! Il pousse la porte vers l’avant et elle s’ouvre. Il entre et elle claque derrière lui comme pour le poursuivre. Il sort et il la pousse à nouveau. La porte suit le mouvement vif mais cette fois à l’opposé. Son battant gifle l’air avec un grincement adéquat. C’est ainsi toute la durée de son service. La porte subit des poussées qui cherchent à la dévisser de son support mais elle tient bon. Elle aimerait s’en aller pareille à ces flammes qui animent les feux qui réchauffent les gens. Ils les éclairent. Ils les guident. Pareille aux vagues qui mouillent, éclaboussent, revigorent, vous empêchent de sécher au soleil qui vous brûle. L’eau est aussi liquide que le feu ne l’est pas. Le feu est aussi chaud que l’eau peut parfois l’être. Une porte doit être fermée ou ouverte mais pas celle-ci. Le serveur ne pourrait pas travailler si elle était fixe. La mobilité est le secret de son métier. Enfoncer des portes ouvertes ne lui viendrait pourtant pas à l’idée car quoi de plus banal qu’une porte ? C’est ainsi que l’on ne sait rien sur presque tout. Les portes qui claquent s’ouvrent sur votre avenir ou se ferment. Fugitives et coupables, dirait Chateaubriand. Une torture réciproque, répondrait Proust. Pleines du silence assourdissant d’aimer serait encore plus poétique et parfait dans la bouche d’un Aragon transformé en garçon de salle. L’air c’est de l’eau qui n’en est pas, c’est aussi du feu qui n’en est pas. Il ne mouille pas mais parfois il est humide. L’amour est un mélange. Le coquin n’a l’air de rien avec son eau fraîche mais il est presque tout. Il brûle, il mouille, il vous noie, il vous asphyxie, il vous claque la porte au nez. L’amour, c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur a encore dit Proust qui n’arrêtait pas de faire des phrases comme une Bretonne fait des crêpes. La première collait au plafond. À quoi sert l’amour ? Il est beau quand il est regardé avec les yeux de l’autre. Il est plus nécessaire que le nécessaire. Plus indispensable que l’indispensable. Un panier plein de fleurs qui vient adoucir l’aigreur des peines que l’on endure. C’est un souffle qui se plaint aux rochers et qui provoque une tempête dans un verre d’eau. Il cherche des échos étrangers. Il montre ses blessures à toutes les mers. Il grave son nom sur les troncs d’arbres. Sans lui vous étouffez. L’air se fait rare dès que l’on s’éloigne de la Terre, l’amour ne l’est pas quand on s’en approche. L’amour est-il universel ? Est-ce qu’il permet aux aigles, aux mouettes, aux ballons, aux cerfs-volants de compter sur lui pour survoler le monde ? L’été quand il fait chaud l’amour dort sans son lit. Il évite de sortir. Ce serait l’insolation assurée. A cause du soleil et du manque d’eau et du manque d’air. L’hiver l’amour est frileux. L’amour est ce qu’il a de plus immense et de plus minuscule. Il n’obéit à aucune loi. La boucle est bouclée quand l’eau coule et que le feu brûle mais derrière la porte l’herbe pousse. Si les invités ayant trop chaud enlèvent leur ceinture on verra bien à travers le trou de la serrure que l’amour ne manque pas d’air pour s’enflammer d’ivresse. Vif et mort. L’amour est un tout mais c’est du désir avant tout. On aime tout, on veut tout. L’amoureux dit : « Je veux Tout de Toi ». La loi du tout est quelque chose d’insolite. Avant le tout il n’y avait rien. Même pas des coquelicots. Même pas des anges. Même pas des libellules. Même pas d’amour. Si des gens habitaient le rien ils auraient la nostalgie du néant, ils y penseraient avant de mourir ou avant de naître. Heureusement à cette époque il n’y avait ni gens ni questions On ne perdait pas son temps. On n’avait pas le temps. Le soleil et la terre apparaissent dans les cieux, c’est quelque chose d’impressionnant pour les yeux du promeneur égaré qui ne pensait à rien et qui soudain voit tout. Le Grand Tout. La matière surgissant lui fait l’effet d’un tigre qui attaque. Il n’a pas le temps de se sauver alors il regarde sa fin qui est en même temps le début. Une autre catastrophe majeure survient au moment où le tigre se lèche les babines : la naissance de la pensée. Pas une simple lueur. Un feu d’air qui va lui brûler les pattes. Il faut vite inventer l’eau pour l’éteindre. Et des portes blindées pour enfermer les négligents. L’ère est victime de millénaires révolus avant que tout évolue. Le temps passe et vous vieillissez. Les lois, c’est pareil. Les amours, c’est pareil. Les saisons, c’est pareil. Les déserts, c’est pareil. Les étoiles, c’est pareil. Les univers, c’est pareil. Tout est pareil. Le serveur quand ce charmant garçon pousse la porte avec son plateau rempli de verres, sauf le mien qu’il a oublié, ignore qu’il fut un temps où le temps n’existait pas. Cela lui porterait un coup. Il irait à vau-l’eau s’il s’arrêtait pour réfléchir. Le souvenir est l’antichambre du commencement. Brusque lumière. Brutale obscurité. Les effets et les causes se placent entre la guérison et la maladie mais dans un ordre aléatoire. La solitude est la solution malicieuse de celui qui veut être tranquille quand il parle en tête-à-tête avec lui-même. L’exercice de la nécessité consiste à s’interroger sans rien n’avoir à faire d’autre. Celui qui peut souscrire à cette liberté devient alors tout-puissant car toutes les portes s’ouvrent. S’il s’échappe elles se referment. Le vrai temps libre est du temps qui n’est pas occupé. La liberté est la maîtresse des maîtresses. La mère des émotions. Le terrain de jeux de notre pensée. Le pont de nos souvenirs. La liberté n’a pas pas de prix, même si elle ne vaut rien elle coûte presque tout. Les lois de l’univers n’ont pas de frontières et sont concentrées dans les êtres comme une soupe épaisse. Les soirs sont illuminés par l’ardeur du charbon. Tout sort du néant pour ne pas y retourner mais finalement retourne vers l’envoyeur. On finit par confondre l’envers avec l’endroit. Le raisonnement est simple mais il est compliqué de s’en rappeler. Après tout pourquoi, comment ? Le tout est réel dans le temps mais virtuel dans la possibilité du temps, ce qui revient au même parce qu’il est nécessaire de croire à l’éternité. C’est un paradoxe évident de lier sa liberté à l’air du large et à l’au-delà. Le mal prospère parmi nous mais si personne n’allait le chercher l’animal ne viendrait pas. Les tigres resteraient dans leur tanière, les requins se mordraient la queue, les aigles lâcheraient leurs proies et le serveur m’apporterait ma commande. Il tomberait amoureux de la serveuse et les deux tourtereaux partiraient convoler en justes noces en claquant la porte. Rien n’est innocent dans la création du mal. L’amour possède dans sa manche sa carte à jouer. La souffrance et les larmes sont le prix à payer pour que le monde tourne sur son socle. Être libre c’est l’atout. C’est se demander pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien. Le temps est relatif. La santé aussi. L’amour n’en parlons pas. J’ai beaucoup fréquenté les médecins, alors j’emportais un livre pour les salles d’attente et je faisais passer les gens avant moi. Je n’étais pas pressé puisque que je lisais. Mes heures perdues ne l’étaient jamais mais au bout du compte ça compte. A chaque anniversaire, les yeux brillent et me disent : « Alors Jean… un an de plus ? » Je réponds : « Non, un an de moins ! » Le temps est rempli de pages cornées et de notes fiévreuses. J’écris n’importe où. Je déteste être assis. Sans doute par peur de rester couché. Nowowak
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  • lisalire Posté le 24 Novembre 2019
    C'est une mine de renseignements diffusés comme si de rien n'était avec la légèreté habituelle de jean D'Ormesson et une construction originale de ping pong entre l'auteur et "le Vieux", qui apporte un brin de malice rafraîchissant et jouissif. Car ce monde est d'une telle complexité que , plus on le connaît, moins on le comprend et l'auteur nous conduit jusqu'au précipice des questionnements qui donnent le vertige, comme "pourquoi y-a-t-il quelque chose au lieu de rien?" On en sort essoufflé de surprise et presque d'angoisse, mais aussi enrichi d'un foisonnement d'informations et de possibles qui dépassent notre petite imagination. Nous n'avons aucune réponse à toutes nos questions existentielles, mais quel voyage! dont on ressort encore plus plus perdu qu'en partant, mais tellement ébloui par la force tranquille de l'auteur !
  • dido600 Posté le 11 Décembre 2018
    L'histoire du monde. L'évolution de la science. La découverte de la raison. Les croyances qui s'entrechoquent ou qui cohabitent ou se surajoutent. Les théories qui se succèdent, à travers plus de trois mille ans. L'infiniment petit et l'infiniment grand. Le rien et le tout. L'Histoire qui s'accélère. Le règne de la foi. L'existence de l'être humain. L'existence de Dieu#133; Avec l'auteur et sa dernière œuvre, c'est un peu (dans un style léger mais profond#133; comme lors d'une discussion tranquille «au coin du feu»), une réflexion, plus même, un vériable roman (fabuleux) du monde et de l'homme à la recherche de Dieu. Les civilisations (avec l'homme au centre, toujours) naissent, croissent et disparaissent#133; mais l'être est toujours là, car il y a «quelque chose au lieu de rien»#133; Mais, tout cela, seul, le «Vieux» le sait et comprend le «fil du labyrinthe». Avis : A lire pour mettre fin à vos problèmes existentiels#133; et pour méditer, avec l'auteur, sur «le temps qui passe»#133; et pour ceux qui n'ont pas (ou plus) la foi, agnostiques (comme l'auteur) ou même athées, afin de «renouer avec l'espérance». Des pages superbement et simplement rédigées qui résument l'humanité, son passé et son (probable) devenir.
  • Jipi Posté le 7 Novembre 2018
    Dieu n'est il pas simplement qu'un spectateur amusé et surtout détaché du déploiement de son histoire n'étant finalement que la notre? Celle formatée par chaque individu faisant naviguer son espèce sur un bateau ivre à la recherche d'une identité définitive composée de transcendances artistiques, de découvertes scientifiques et de méditations religieuses, tentant avec ardeur ou désespoir de cerner au plus près les traits d'un environnement ne faisant progresser ses technologies au fil du temps que sur une toile de fond n'étant que l'entretien de ses récurrences. Telle Hypatie Astronome, Mathématicienne et Philosophe étudiant en milieu sombre et clos la phénoménologie d'un univers balbutiant ses premières théories pendant qu'à l'extérieur d'un site conçu uniquement pour l'étude se déchaîne les conflits les plus virulents. Découvrir dans la douleur ne serait-il pas le leitmotiv de cette planète écartelée éternellement dans son histoire entre sa grâce et sa rigueur dont chaque maillon depuis l'apparition du premier esprit entretient par ses investissements guerriers ou intellectuels. Dieu incorpore dans la consultation de son monde empirique sa chose en soi, l'absence totale de toute interprétation dénaturant la pureté d'un événement qu'il faut côtoyer sans lui donner la moindre signification. Une surface à la disposition de l'étendue d'un discernement et de... Dieu n'est il pas simplement qu'un spectateur amusé et surtout détaché du déploiement de son histoire n'étant finalement que la notre? Celle formatée par chaque individu faisant naviguer son espèce sur un bateau ivre à la recherche d'une identité définitive composée de transcendances artistiques, de découvertes scientifiques et de méditations religieuses, tentant avec ardeur ou désespoir de cerner au plus près les traits d'un environnement ne faisant progresser ses technologies au fil du temps que sur une toile de fond n'étant que l'entretien de ses récurrences. Telle Hypatie Astronome, Mathématicienne et Philosophe étudiant en milieu sombre et clos la phénoménologie d'un univers balbutiant ses premières théories pendant qu'à l'extérieur d'un site conçu uniquement pour l'étude se déchaîne les conflits les plus virulents. Découvrir dans la douleur ne serait-il pas le leitmotiv de cette planète écartelée éternellement dans son histoire entre sa grâce et sa rigueur dont chaque maillon depuis l'apparition du premier esprit entretient par ses investissements guerriers ou intellectuels. Dieu incorpore dans la consultation de son monde empirique sa chose en soi, l'absence totale de toute interprétation dénaturant la pureté d'un événement qu'il faut côtoyer sans lui donner la moindre signification. Une surface à la disposition de l'étendue d'un discernement et de son sensoriel thématique dans un espace volume étant au plus près l'un de l'autre sans se percevoir. #8195;
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  • Pascalmasi Posté le 3 Septembre 2018
    Très joli livre de Jean d'Ormesson. Il termine par ces lignes (p. 287) : "Comme tout ce qui paraît ici-bas, ce livre touche à sa fin. Voilà que du monde et des hommes surgissent quatre sentiments plus forts les uns que les autres et auxquels je m'abandonne. [...]" Et de continuer p. 290 : "le troisième [de ces sentiments] est la gratitude. Cette vie étrange et si brève m'a été indulgente. Je l'ai beaucoup aimée. Je me suis longtemps demandé qui je devais remercier. ce livre est destiné à régler la question." D'Ormesson nous livre là, je pense, la clé de son livre. C'est un testament. Ou plutôt son testament. Un aurevoir posthume à ce qu'il aura compris de son bref passage sur Terre. A lire et à relire. Merci Jean d'O !
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