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Nouveauté
Le Sang des innocents
Pierre Szczeciner (traduit par)
Date de parution : 11/01/2024
Éditeurs :
Sonatine
Nouveauté

Le Sang des innocents

Pierre Szczeciner (traduit par)
Date de parution : 11/01/2024
« Le roman noir a un avenir, et cet avenir s’appelle S. A. Cosby. » Dennis Lehane
Le Sud n’a pas changé. Ce constat, Titus Crown y est confronté au quotidien. Ancien agent du FBI, il est le premier shérif noir à avoir été élu à Charon, la terre... Le Sud n’a pas changé. Ce constat, Titus Crown y est confronté au quotidien. Ancien agent du FBI, il est le premier shérif noir à avoir été élu à Charon, la terre de son enfance. Si son élection a fait la fierté de son père, elle a surtout provoqué la colère des Blancs,... Le Sud n’a pas changé. Ce constat, Titus Crown y est confronté au quotidien. Ancien agent du FBI, il est le premier shérif noir à avoir été élu à Charon, la terre de son enfance. Si son élection a fait la fierté de son père, elle a surtout provoqué la colère des Blancs, qui ne supportent pas de le voir endosser l’uniforme, et la défiance des Noirs, qui le croient à la solde de l’oppresseur. Bravant les critiques, Titus tente de faire régner la loi dans un comté rural frappé par la crise des opioïdes et les tensions raciales. Jusqu’au jour où Latrell, un jeune Noir, tire sur M. Spearman, le prof préféré du lycée, avant de se faire abattre par la police. Fanatisme terroriste, crient les uns. Énième bavure policière, ripostent les autres. À mesure que les dissensions s’exacerbent, Titus se retrouve lancé dans une course contre la montre pour découvrir la vérité.

Chez Sonatine, on ne dira jamais qu’on a un favori, et que son nom est S. A. Cosby. En trois romans, l’auteur s’est imposé comme une voix incontournable et un maître incontestable du thriller américain. Après Les Routes oubliées (prix Nouvelles voix du polar) et La ColèreLe Sang des innocents vient confirmer son talent pour les intrigues denses et sous pression, les personnages déchirés, et son regard remarquablement lucide sur l’Amérique et les dépossédés qu’elle coule dans son sillage.

Préfacé par David Joy


« L’une des voix les plus musclées, originales et captivantes de la fiction contemporaine. » The Washington Post
 
« L’héritier du thriller américain, et de tous les romans forts et marquants. » Michael Connelly
 
« Le roman noir a un avenir, et cet avenir s’appelle S. A. Cosby. » Dennis Lehane
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EAN : 9782383991366
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 400
Format : 140 x 220 mm
EAN : 9782383991366
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 400
Format : 140 x 220 mm

Ils en parlent

« Ce troisième thriller, teinté de Southern noir, violente immersion dans une Amérique rurale taraudée de tensions raciales et religieuses, est bien meilleur encore et impose cet auteur sudiste singulier comme une nouvelle grande voix du polar outre-Atlantique. » 
Philippe Blanchet / Le Figaro Magazine

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Sachacha 01/03/2024
    Titus Crown a été élu premier shérif noir de Charon County une petite ville du Sud des Etats unis, terreau fertile des suprémacistes blancs. Il est bien décidé à faire preuve d’impartialité malgré la promesse qu’il s’est fait de lutter contre l’oppresseur. Lorsqu’une fusillade intervient dans un lycée, l’auteur des faits, un jeune noir à la dérive, est rapidement abattu sur place. Sa seule victime est un professeur blanc. Pour tout le monde l’affaire est bouclée, l’assassin n’a eu que ce qu’il méritait. En proie aux pressions des deux camps, Titus, impassible, décide de découvrir ce qui a bien pu pousser ce garçon à tuer ce professeur aimé de tous. Ce qu’il va découvrir est bien plus tordu que ce à quoi il s’attendait. Pas de rédemption pour Charon County devenue berceau du mal, Titus le sait, mais il n’est pas le seul … Alors on serait tenté de dire que c’est encore la énième histoire sur le Sud esclavagiste, la communauté noire opprimée, le type au milieu qui fait tampon et s’en prend plein la face, blablabla … Mais quelle erreur ! C’est sans compter sur la qualité narrative du récit et le talent inouï de S.A. COSBY qui écrit d’abord avec ses tripes et ses convictions. Il nous offre une lecture sans concessions en nous brossant le tableau persistant de toutes ces villes gangrénées par un racisme crasse, ancré depuis des générations, par l’ostracisation des plus faibles, et combien il peut être difficile d’être un homme loyal au sein d’une société corrompue. C’est un roman à l’ambiance sombre emprunt de violence et de revendications, avec des personnages qui ne sont absolument pas dans la caricature, son héros d’ailleurs est de ceux que l'on n’oublie pas une fois le livre refermé et puis surtout c’est une enquête captivante qui à aucun moment ne ménage le lecteur. Un coup de cœur monstrueux pour cet auteur !Titus Crown a été élu premier shérif noir de Charon County une petite ville du Sud des Etats unis, terreau fertile des suprémacistes blancs. Il est bien décidé à faire preuve d’impartialité malgré la promesse qu’il s’est fait de lutter contre l’oppresseur. Lorsqu’une fusillade intervient dans un lycée, l’auteur des faits, un jeune noir à la dérive, est rapidement abattu sur place. Sa seule victime est un professeur blanc. Pour tout le monde l’affaire est bouclée, l’assassin n’a eu que ce qu’il méritait. En proie aux pressions des deux camps, Titus, impassible, décide de découvrir ce qui a bien pu pousser ce garçon à tuer ce professeur aimé de tous. Ce qu’il va découvrir est bien plus tordu que ce à quoi il s’attendait. Pas de rédemption pour Charon County devenue berceau du mal, Titus le sait, mais il n’est pas le seul … Alors on serait tenté de dire que c’est encore la énième histoire sur le Sud esclavagiste, la communauté noire opprimée, le type au milieu qui fait tampon et s’en prend plein la face, blablabla … Mais quelle erreur ! C’est sans compter sur la qualité narrative du récit et le talent inouï de S.A. COSBY qui écrit d’abord avec ses...
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  • Pol-Art-Noir 29/02/2024
    La seule différence (entre vous), c’est que toi, t’es noir, et lui, il est raciste. Charon est une petite ville de Virginie, dans le sud des États-Unis, plutôt calme depuis quelque temps, mais les choses changent vite et les vieux démons ressurgissent toujours. Ce matin-là, Titus Crown, ancien agent du FBI et premier shérif noir du canton, est appelé d’urgence : un forcené s’est introduit dans le lycée. Lorsqu’il arrive sur place avec ses collègues, c’est pour constater la débandade : tout le monde cherche à fuir l’établissement et il semble qu’il y ait déjà un mort. Un homme armé sort, que Titus reconnaît. Il s’agit du fils d’un ancien camarade de classe, Latrell, un peu paumé, un peu junkie, qui semble en plein délire. Titus tente de parlementer, mais d’un seul coup, tout dérape, et le jeune homme s’élance et finit criblé de balles. C’est le professeur Spearman, sans doute un des préférés du lycée, qu’a tué Latrell avant d’être abattu, mais avant de se ruer sur les flics, dans son délire, il a parlé du téléphone du prof, qu’on y trouverait des réponses. Avant d’envoyer les deux corps à la morgue, Titus a pris soin de récupérer l’appareil. La Virginie est un état rural où flotte encore le drapeau des confédérés, où la ségrégation n’existe plus dans les faits, mais encore dans les têtes. Noirs d’un côté, Blancs de l’autre, avec en prime le racisme ordinaire (endémique), le populisme, quelques suprématistes, un semblant de misère économique et des ravages liés à la consommation de drogues. Un Afro-Américain abattu par deux policiers blancs sous les ordres d’un shérif noir, voilà de quoi retourner toutes les consciences et attiser toutes les haines. Mais en explorant le téléphone de la victime puis en fouillant chez lui, Titus découvre des horreurs, des scènes de pédocriminalité, des tortures, des assassinats. Latrell était complice, mais sous influence et les vidéos et photos saisies révèlent l’existence d’un troisième homme, toujours masqué… Là où S.A. Cosby excelle, c’est dans la description fouillée d’une petite ville de Virginie, rongée par le poids du passé ségrégationniste et raciste qu’ont connu les états américains du sud. La séparation des Noirs et des Blancs est ancrée dans tous les esprits, apprise dès le plus jeune âge, vécue dans la chair, pour ainsi dire tatouée. Elle traverse les vies, les institutions, même les églises, qui prient pourtant le même Dieu. Le personnage de Titus Crown, au cœur du roman, est observé sous toutes les coutures : en tant que noir, en tant que shérif noir dans un état raciste du sud, en tant que fils, en tant que frère, en tant que mari, en tant qu’ex-amant. Même son passé traumatisant, personnel ou professionnel, est mis à contribution. Il agit comme le révélateur de tous les dysfonctionnements. Il avait fait le choix de vivre dans un no man’s land entre les gens qui croyaient en lui, les gens qui le haïssaient à cause de sa couleur de peau, et les gens qui le voyaient comme un traître à sa race. Cette partie du roman est plutôt bien construite, agréable, voire instructive dans sa manière de présenter les choses. Je suis moins convaincu par l’aspect thriller du roman. Qu’un crime soit commis, soit. Qu’une enquête soit menée pour servir le récit, oui. Mais pourquoi aller vers la surenchère, même diffuse ? Pourquoi avoir intégré au récit un tueur en série machiavélique digne d’une tête de gondole ? On se retrouve avec un récit à double facette, l’une n’étant pas en concordance avec l’autre. Dommage de gâcher l’ensemble qui recèle pourtant de belles envolées : À l’image des gens qui les peuplent, les petites villes sont pleines de secrets. Secrets de la chair, secrets du sang. Serments cachés et promesses murmurées qui se transforment en mensonges aussi vite que le lait caille sous un chaud soleil d’été. Dans le Sud, le mythe de Main Street, la fameuse rue principale censée représenter l’âme de chaque ville, est un pur fantasme. L’âme d’une ville se trouve sur les routes secondaires au bitume craquelé, sous un ciel chargé de nuages. Elle se trouve sur la banquette arrière d’une Buick rongée par la rouille et sur le plateau d’un pick-up délabré. Le cœur du comté de Charon bat au rythme des spirituals qui emplissent les églises tous les dimanches matin, mais son âme est une vérité qu’il faut extraire de la sueur des amants adultères et du sang qui coule du nez de la présidente de l’association des parents d’élèves, après que son mari a encore un peu trop forcé sur la boisson. Une vérité dissimulée derrière les numéros de série des billets de dix et vingt dollars que les enfants chéris de Charon échangent contre les échantillons de quiétude qui les enverront au pays des rêves, la bave aux lèvres. L’âme de Charon danse parmi les vapeurs du poêle à pétrole qui suspend à jamais la respiration d’un père, d’une mère et d’un petit garçon dans un mobile home glacé. La seule différence (entre vous), c’est que toi, t’es noir, et lui, il est raciste. Charon est une petite ville de Virginie, dans le sud des États-Unis, plutôt calme depuis quelque temps, mais les choses changent vite et les vieux démons ressurgissent toujours. Ce matin-là, Titus Crown, ancien agent du FBI et premier shérif noir du canton, est appelé d’urgence : un forcené s’est introduit dans le lycée. Lorsqu’il arrive sur place avec ses collègues, c’est pour constater la débandade : tout le monde cherche à fuir l’établissement et il semble qu’il y ait déjà un mort. Un homme armé sort, que Titus reconnaît. Il s’agit du fils d’un ancien camarade de classe, Latrell, un peu paumé, un peu junkie, qui semble en plein délire. Titus tente de parlementer, mais d’un seul coup, tout dérape, et le jeune homme s’élance et finit criblé de balles. C’est le professeur Spearman, sans doute un des préférés du lycée, qu’a tué Latrell avant d’être abattu, mais avant de se ruer sur les flics, dans son délire, il a parlé du téléphone du prof, qu’on y trouverait des réponses. Avant d’envoyer les deux corps à la morgue, Titus a pris soin de récupérer l’appareil. La...
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  • Lapetitebookiniste 28/02/2024
    Dans un État américain encore fortement marqué par le racisme, Titus Crown, nouveau shérif noir du comté de Charon, prend ses marques. Gérant les difficultés du quotidien, entre bastons au bar du coin, conduites en état d’ivresse ou permis pour des foires, il se retrouve confronté à une enquête complexe ayant pour point de départ le meurtre d’un professeur de lycée. S.A. Cosby construit à partir de cet événement une intrigue haletante, maîtrisée, à l’action quasi ininterrompue. Les événements s’enchaînent et subjuguent le lecteur qui tourne les pages de ce polar avec avidité. Les personnages ne sont pas en reste, avec un personnage principal complexe et attachant, ex-agent du FBI au passé trouble, excellent enquêteur, criblé de doutes et de faiblesses, le rendant tout simplement humain. Les personnages secondaires sont également creusés et nous partons à la découverte de personnalités fortes, marquantes et hautes en couleur. Ce roman noir coche toutes les cases tout en mettant en exergue une société dysfonctionnelle, raciste et violente, sur fond de tensions communautaires, religion et déviance fanatique. Réaliste, intense, addictif… un gros coup de cœur !
  • Pareyla 28/02/2024
    Charon, petite bourgade du sud de l'Amérique, où il ne fait pas si bon vivre. Titus Crown, chérif noir du comté, est appelé sur les lieux d'une fusillade. Encore un élève déséquilibré qui s'en prend à un professeur. De tout temps, Charon a été le théâtre de nombreux drames, épidémie de malaria, pique nique empoisonné, tuerie familiale ... Titus le sait, la saison des larmes vient de débuter et avec elle, le sang va de nouveau couler. Pour une fois, la quatrième de couverture dévoile très peu du récit et j'ai été captivé par la tournure que prenait l'histoire. Rien ne laissait présager une telle déferlante de violence, pourtant, l'auteur enrobe les situations afin que le lecteur, fasciné, ne puisse détacher les yeux du roman. Aussi bien happé par le contexte (Charon est un personnage à part entière), que par les évènements et les personnages, c'est à bout de souffle que l'on referme la dernière page du livre. C'était trop court ! Cette ambiance lourde, glauque imprègne chaque page du roman. On endure la haine, le racisme (thème chère à l'auteur), l'intolérance, la souffrance de chaque individu, qu'ils soient important ou non. Titus quant à lui se débat pour rester irréprochable, tout supporter, ne rien montrer, être juste. Il est un phare dans la nuit. Encore une fois, je suis agréablement surprise par la qualité du récit. Alors que je craignais une ressemblance évidente avec son précèdent roman La colère, S.A Cosby change de ton et confirme la grandeur de son talent. Charon, petite bourgade du sud de l'Amérique, où il ne fait pas si bon vivre. Titus Crown, chérif noir du comté, est appelé sur les lieux d'une fusillade. Encore un élève déséquilibré qui s'en prend à un professeur. De tout temps, Charon a été le théâtre de nombreux drames, épidémie de malaria, pique nique empoisonné, tuerie familiale ... Titus le sait, la saison des larmes vient de débuter et avec elle, le sang va de nouveau couler. Pour une fois, la quatrième de couverture dévoile très peu du récit et j'ai été captivé par la tournure que prenait l'histoire. Rien ne laissait présager une telle déferlante de violence, pourtant, l'auteur enrobe les situations afin que le lecteur, fasciné, ne puisse détacher les yeux du roman. Aussi bien happé par le contexte (Charon est un personnage à part entière), que par les évènements et les personnages, c'est à bout de souffle que l'on referme la dernière page du livre. C'était trop court ! Cette ambiance lourde, glauque imprègne chaque page du roman. On endure la haine, le racisme (thème chère à l'auteur), l'intolérance, la souffrance de chaque individu, qu'ils soient important ou non. Titus quant à lui se débat pour rester irréprochable, tout supporter,...
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  • Paulette2 25/02/2024
    S.A. Cosby, « l'héritier du thriller américain » ? À n'en pas douter ! Le Sang des innocents est en effet un très grand polar. Il en a tous les ingrédients : action, suspense, effroi, émotions multiples, psychopathe très très méchant. Mais c'est la générosité et la puissance avec lesquelles ils nous sont offerts qui m'a marquée : avec lui, le lecteur part très loin, très fort et, détail notable, n'est pas déçu par le dévoilement final. Quand on ouvre ce livre, on veut juste suivre les pas de Titus Crown, ancien du FBI devenu shérif de sa petite ville de Virginie, on veut l'aider à résoudre une enquête compliquée. Tout le reste n'a plus aucune importance. Déjà, l'auteur est très fort dans les scènes d'action, si difficiles à maîtriser. La tuerie au Lycée comme la grande Foire d'automne, aux deux extrémités du récit, sont emportées dans un souffle narratif puissant et confiant. J'y ai retrouvé l'élégance des grands romanciers sudistes que j'aime, Robert Penn Warren, Flannery O'Connor, Carson McCullers… On a l'impression de les connaître, ces habitants de Charon, leurs petites habitudes nous sont familières, on aime leurs plats traditionnels et on prend goût à leurs bagarres. On en ressent aussi le malaise profond, mélange de racisme et de l' « hypocrisie du christianisme », qui rend impossible l'entente entre Noirs et Blancs. La série de crimes abominables qui va être commise par le «Dernier Loup » peut ainsi être lue comme une punition pour toutes les fautes passées de Charon, pour la douleur de l'esclavage et la cruauté d'un passé jamais expurgé. Car la force de roman réside aussi dans son double fond religieux : la Bible est partout, elle s'inscrit jusque dans la chair des victimes et dans le titre, elle se lit dans la culpabilité des personnages, parmi les prêtres trop nombreux et leurs fidèles plus ou moins fanatiques. Titus, lui, a cessé de croire, il a cassé la « relation abusive » qui le liait à la foi. Comment peut-on continuer à prier quand l'horreur s'abat sur une ville ? Quand notre maman, notre fils, nous est arraché trop tôt ? Les meurtres ne sont pas qu'un des attributs obligés du polar, ils deviennent l'occasion d'un questionnement douloureux sur le Mal et la difficulté de s'en libérer. L'atmosphère est lourde, comme l'air de l'église en fin de messe, chargé de sueur et d'encens. Elle nous poursuit longtemps. Et puis il y a Titus Crown, dont la personnalité complexe sert le suspense dans un mélange de nonchalance et d'efficacité. Toutes les facettes de sa personnalité et de son passé créent du conflit : ancien du FBI, il vit comme une déchéance son retour pour soigner son père malade et pourtant, les connaissances qu'il y a accumulées sur les tueurs en série vont éclairer l'enquête. Homme de couleur, il est lâché par sa communauté et devient la cible des blancs suprémacistes. Idéaliste, il est animé d'un idéal d'ordre et de justice mis à mal par l'ambiguïté du monde. Shérif, il doit régler les tâches administratives et les menus délits alors qu'un psychopathe terrorise la ville entière. La menace du tueur brasse les cartes, oppose l'ordre au désordre, la justice à l'arbitraire, le futur au passé, la vertu au péché. C'est dans le personnage de Titus que convergent tous ces conflits, comme si toute la pression du roman, qui monte au fur et à mesure de l'enquête, venait converger en lui. Cela rend éminemment attachant cet « homme condamné à passer l'éternité à courir après les désastres sans pouvoir les empêcher ». On s'y attache comme à une bouée qu'on a envie de consoler. Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle 2024 S.A. Cosby, « l'héritier du thriller américain » ? À n'en pas douter ! Le Sang des innocents est en effet un très grand polar. Il en a tous les ingrédients : action, suspense, effroi, émotions multiples, psychopathe très très méchant. Mais c'est la générosité et la puissance avec lesquelles ils nous sont offerts qui m'a marquée : avec lui, le lecteur part très loin, très fort et, détail notable, n'est pas déçu par le dévoilement final. Quand on ouvre ce livre, on veut juste suivre les pas de Titus Crown, ancien du FBI devenu shérif de sa petite ville de Virginie, on veut l'aider à résoudre une enquête compliquée. Tout le reste n'a plus aucune importance. Déjà, l'auteur est très fort dans les scènes d'action, si difficiles à maîtriser. La tuerie au Lycée comme la grande Foire d'automne, aux deux extrémités du récit, sont emportées dans un souffle narratif puissant et confiant. J'y ai retrouvé l'élégance des grands romanciers sudistes que j'aime, Robert Penn Warren, Flannery O'Connor, Carson McCullers… On a l'impression de les connaître, ces habitants de Charon, leurs petites habitudes nous sont familières, on aime leurs plats traditionnels et on prend goût à leurs bagarres. On en ressent...
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