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Par Lisez, publié le 04/07/2022

Qu'est-ce qui fait d'un roman un "grand roman européen" ?

Découvrez une sélection de quatre romans traduits en partenariat avec La Carte des Argonautes pour y voir plus clair.

 

Lorsqu’on utilise l'expression “grand roman”, on pense souvent à des œuvres singulières, à des histoires qui nous parlent avec envergure de ce qui fait l’essence d’une culture et l’identité d’un pays. 

 

Aux États-Unis il y a même tout un mythe qui s’est formé autour du « Great American novel ». Sont souvent cités L’attrape cœurs de J.D. Salinger, Gatsby le magnifique ou Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee. Toute proclamation par un critique d’un Great American novel est pourtant en général tout de suite contestée par un autre critique. Certains maintiennent que le Grand roman américain n’a toujours pas été écrit.

 

“La langue de l’Europe c’est la traduction”, Umberto Eco

 

Mais comment appliquer le qualificatif de grand roman à l’Europe, une aire multiculturelle composée de pays et de peuples aussi divers que contrastés. Et de quelle façon un ouvrage arrive-t-il à traverser les frontières pour nous parler avec sens et émotion de ses origines ? 

 

En partenariat avec Lisez !, la nouvelle plateforme Les Argonautes qui se consacre entièrement à la littérature européenne, vous présente une sélection de romans magnifiques qui nous permet de réfléchir sur la question.

  

Umberto Eco a dit de l’Europe que sa langue était la traduction. La force de la littérature européenne, serait-elle donc justement de briser les frontières ? Est-ce qu’il y a même un univers, un imaginaire commun qui pourrait se créer à travers des récits ? 

 

L’idée de la Carte des Argonautes

 

Notre Carte des Argonautes répertorie les traductions les plus importantes de chaque langue du continent. À l'image d’un puzzle nous ajoutons des romans emblématiques, des récits des auteurs les plus intéressants de chaque langue et de chaque région de l’Europe, pour mettre en avant toute la richesse de la littérature européenne mais aussi toute sa diversité. 

 

Selon nous c’est justement la particularité, le détail et la différence qui permet à un roman de saisir avec pertinence l’essence d’un fait historique, d’une identité culturelle, d’une époque. C’est la singularité du regard d’un auteur qui arrive à créer une valeur universelle, une histoire qui suscite de l’empathie et de la compréhension et - même dans la plus grande complexité intellectuelle - un grand plaisir de lecture.

 

Le terme « grand roman » peut évidemment faire lever plus d’un sourcil, car il paraît présomptueux d’affirmer pouvoir désigner ces livres d’exception. Ce qui fait du grand roman un concept mythique c’est justement le fait qu’il est extrêmement rare. 

 

Des histoires européennes inoubliables

 

Les auteurs que nous vous présentons sont les plus reconnus de leur pays et souvent traduits dans le monde entier. Il s’agit de textes ambitieux, écrits avec une plume fine et qui racontent des histoires de taille, parfois très profondes, parfois plus accessibles. Mais aucun des romans ne laissera indifférents ceux qui les lisent. Et c’est cette qualité-là, celle d’émouvoir et de raconter des histoires inoubliables, qui nous intéresse.

 

Le projet des Argonautes est né de notre envie de défendre l’idée même du plaisir de la lecture intelligente, de la littérature européenne plus visible et plus facilement accessible. Une fois rassemblés sur notre Carte, nous voudrions que ces romans deviennent partie intégrante de l’espace imaginaire de l’Europe, une sorte de porte d’entrée.

 

Nous vous proposons donc de découvrir notre sélection de quatre romans européens importants que vous pouvez retrouver sur le site Lisez ! et sur notre Carte des Argonautes, et qui chacun à leur manière font voyager. 

 

Á vous de nous dire s’ils remplissent à vos yeux tous les critères d’un grand roman européen.

 

Katharina Loix van Hooff et l’équipe des Argonautes

 

Grand Hotel Europa d’Ilja Leonard Pfeijffer, publié aux éditions Presses de la Cité, traduit du néerlandais par Françoise Antoine, 650 pages.

Véritable fresque d’un amour plein de nostalgie qui traverse le continent européen, ce roman éblouissant a été un événement international même avant sa publication. Il est traduit dans plus de trente langues.

Grand Hotel Europa
Un écrivain néerlandais pose ses valises au Grand Hotel Europa, un palace à la splendeur délabrée.
Il vient de rompre avec son grand amour, Clio, historienne de l’art passionnée, et souhaite coucher sur le papier leur tumultueuse histoire. Si l’écriture est un remède à sa désolation, les autres clients et le personnel de l’hôtel le sont tout autant.
Il y a là Abdul, le groom, rescapé d’un naufrage en Méditerranée ; M. Montebello, le majordome, nostalgique d’un passé fastueux ; un armateur crétois ; une poétesse française et, surtout, M. Wang, le nouveau propriétaire chinois, décidé à rendre l’endroit attractif pour ses congénères…
 

 

La Fabrique des salauds de Chris Kraus, publié aux éditions Belfond et 10/18 et traduit de l’allemand par Rose Labourie, 880 pages.

Chris Kraus nous confie un roman bouleversant, terrible et percutant en dressant le portrait glaçant d'un continent à l’agonie.

La fabrique des salauds
Dans un hôpital bavarois, Koja Solm, vieil homme avec une balle nichée dans la tête, décide de raconter sa vie à son voisin de chambre, un jeune hippie pacifiste. Son enfance à Riga, dans les années 1920, sa carrière dans l'Allemagne nazie, puis comme espion dans la jeune République fédérale. Sa relation destructrice avec son frère aîné, Hubert. Leur amour commun, dévastateur, pour leur sœur adoptive, Ev, d’origine juive. Un ménage à trois électrique nourri de sang, de passion et de larmes, une histoire qui va épouser tout un pan du XXe siècle, de Riga à Tel Aviv en passant par Auschwitz et Paris.

« Un roman-fleuve qui charrie les ombres de l’histoire. » L’Express
 « Fresque historique, roman d’espionnage, fable politique, on se perd avec délectation dans ce labyrinthe littéraire. » Lire
« La Fabrique des salauds est le roman, mené avec un rare brio, d’une métamorphose monstrueuse, celle qui transforme un homme en nazi. » Transfuge
Traduit de l’allemand par Rose Labourie
 

 

Le Chat, le Général et la Corneille, de Nino Haratischwili, publié aux éditions Belfond, traduit de l’allemand par Rose Labourie, 592 pages.

Une intrigue politique et historique vertigineuse et pleine de suspense que tisse la jeune autrice allemande d’origine géorgienne, Nino Haratischwili. 

Le Chat, le Général et la Corneille
Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s’est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d’autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée – mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au cœur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d’extorsion et de chantage, il parvient à s’enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu’à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l’affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire.
Lorsqu’il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l’occasion de se venger de ses anciens complices… Et peut-être de soulager sa conscience ?

 

Hanna et ses filles de Marianne Fredriksson, publié aux éditions Archipoche, traduit du finnois par Anna Gibson, 317 pages.

Une saga familiale bouleversante qui suit trois générations de femmes. Pleine d'émotions et de poésie, Hanna et ses filles est désormais un véritable roman culte écrit par une autrice majeure de la littérature suédoise.

Hanna et ses filles
Hanna, Johanna, Anna, ces trois femmes de la même famille ont vécu entre 1870 et aujourd’hui. De la petite paysanne violée à l’âge de douze ans à la femme émancipée, universitaire et journaliste, en passant par la femme au foyer modèle, que de chemin parcouru...
En suivant ces trois générations, c’est à toutes les transformations de la société suédoise, de la misère à la prospérité, du monde rural aux grandes cités urbaines, que l’on assiste.
Au cœur de ces bouleversements, subsistent des questions lancinantes. Que signifie l’indépendance pour les femmes ? Qu’a gagné Anna par rapport à sa mère et à sa grand-mère ? Plus libre, aura-t-elle une vie plus heureuse ?
Un livre émouvant et subtil sur la condition féminine à travers des portraits de femmes attachants.

 

Découvrez davantage de grands romans européens, de sélections et de recommandations sur la Carte des Argonautes ici !

 

La Carte des Argonautes permet d’explorer la littérature européenne d’une nouvelle manière. Elle répertorie les traductions en français des grands romans européens, permet de dénicher des pépites et d’échanger autour des trésors littéraires de tout un continent. Chacun  peut y participer en suivant les conseils des experts ou en ajoutant lui-même des coups de cœur à la Carte. C’est par ici.

 

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