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Pocket
EAN : 9782266134859
Code sériel : 12000
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 448
Format : 108 x 177 mm

Entretien avec un vampire

Chroniques des vampires

CYRIELLE AYAKATSIKAS (Traducteur), Susy BORELLO (Traducteur)
Date de parution : 04/04/2013

À La Nouvelle-Orléans, dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel, un jeune homme est le dépositaire d’un étrange et fascinant récit.
Deux siècles plus tôt, en Louisiane, riche propriétaire terrien, Louis n’a plus goût à rien. Dépressif, lassé de vivre, il n’aspire qu’au repos éternel. Lestat, jouisseur amoral, assoiffé de vie et de...

À La Nouvelle-Orléans, dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel, un jeune homme est le dépositaire d’un étrange et fascinant récit.
Deux siècles plus tôt, en Louisiane, riche propriétaire terrien, Louis n’a plus goût à rien. Dépressif, lassé de vivre, il n’aspire qu’au repos éternel. Lestat, jouisseur amoral, assoiffé de vie et de plaisirs, croise sa route et scelle son destin.
En le faisant vampire, il devient le guide de son âme damnée et torturée dans le monde de la nuit.

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EAN : 9782266134859
Code sériel : 12000
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 448
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Manou2908 Posté le 5 Novembre 2020
    L’auteur a imaginé ce qui pourrait se passer dans la tête d’un vampire, vieux de plusieurs années. Dans ses « Chroniques des Vampires » Anne Rice a imaginé toute une chronologie et de nombreux personnages dont Lestat. Je n’ai lu que ce livre-ci, mais j’ai beaucoup aimé cette atmosphère gothique et les sentiments de ces vampires si « humains ». Tout au long du roman, le personnage principal, Louis se pose des questions. Il cherche le sens de la vie, mortelle et immortelle, de la mort, le sens de son existence même. C’est une vraie quête puisque Louis cherche ses réponses en observant le monde avec acuité, en s’intéressant à l’art, la littérature, la philosophie, et en voyageant. Mais de façon encore plus large, ce thème est le centre du roman. Tous les personnages sont amenés à analyser leurs sentiments (ou leur absence) et leur condition vampirique. A travers l’immortalité des vampires, Anne Rice interroge le sens profond de la vie et la douleur du deuil. Son texte, prend une autre dimension quand on sait qu’elle l’a écrit après le décès de sa fille. L’auteur oppose la passion des sentiments, de la quête du savoir à un détachement anesthésiant,... L’auteur a imaginé ce qui pourrait se passer dans la tête d’un vampire, vieux de plusieurs années. Dans ses « Chroniques des Vampires » Anne Rice a imaginé toute une chronologie et de nombreux personnages dont Lestat. Je n’ai lu que ce livre-ci, mais j’ai beaucoup aimé cette atmosphère gothique et les sentiments de ces vampires si « humains ». Tout au long du roman, le personnage principal, Louis se pose des questions. Il cherche le sens de la vie, mortelle et immortelle, de la mort, le sens de son existence même. C’est une vraie quête puisque Louis cherche ses réponses en observant le monde avec acuité, en s’intéressant à l’art, la littérature, la philosophie, et en voyageant. Mais de façon encore plus large, ce thème est le centre du roman. Tous les personnages sont amenés à analyser leurs sentiments (ou leur absence) et leur condition vampirique. A travers l’immortalité des vampires, Anne Rice interroge le sens profond de la vie et la douleur du deuil. Son texte, prend une autre dimension quand on sait qu’elle l’a écrit après le décès de sa fille. L’auteur oppose la passion des sentiments, de la quête du savoir à un détachement anesthésiant, une presque « non-vie ». Je comprends qu’elle n’ait pas continué les Chroniques des Vampires avec le personnage de Louis qui a en quelque sorte atteint sa propre conclusion « et c’est ainsi que se termine mon histoire ». Mais j’avoue que la fin me donne vraiment envie de continuer avec « Lestat le Vampire » pour y lire l’évolution du personnage et de la réflexion de l’auteur sur la quête de sens. Ce thème est puissant car il touche à quelque chose d’universel en chacun de nous. Les jeunes lecteurs auront peut-être été traversés par ces questionnements à l’adolescence et je souhaite aux adultes d’avoir traversé cette phase de remise en question des choses établies et d’avoir pu trouver au fond d’eux ce qui fait sens dans leur vie.
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  • LaBiblidOnee Posté le 31 Octobre 2020
    Entretien avec une vamp' tome 1 : l'interrogatoire d'Onee. (âmes sensibles, lire en fermant un oeil) Pierre Nicolas * (videurs Babelio) : Onee, ces derniers temps, une bande de noctambules vampirise les commentaires sous les critiques et citations, mettant en péril la santé mentale et les déambulations paisibles des babélionautes, que nous avons pour mission de préserver. Savez-vous ce qui se passe ? Onee : C'est de ma faute, les garçons. Je ne supportais plus cette solitude qu'impose ma condition. Bien sûr, au début, j'ai lutté contre l'idée, j'ai résisté à cet appel, j'ai ignoré cette pulsion indécente et lancinante, cette possibilité aussi égoïste qu'ignoble - à la fois pour mes complices (qui sont désormais condamnés aux mêmes errances que moi), mais aussi pour le reste des lecteurs de babelio (qui vivent dans la peur que nous frappions, chaque nuit, dans leur sommeil). Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Alors, que s'est-il passé ? Onee : Pardonnez-moi, mon Pierre, mais j'ai mordu. ** Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Pardon ? Onee : Mordu. Sachka, en premier. Ma petite ménechme. Si blonde, si tendre ; si innocente. La perdre chaque soir, tout d'abord, lorsqu'elle allait se coucher tandis que j'étais condamnée à errer seule, parmi... Entretien avec une vamp' tome 1 : l'interrogatoire d'Onee. (âmes sensibles, lire en fermant un oeil) Pierre Nicolas * (videurs Babelio) : Onee, ces derniers temps, une bande de noctambules vampirise les commentaires sous les critiques et citations, mettant en péril la santé mentale et les déambulations paisibles des babélionautes, que nous avons pour mission de préserver. Savez-vous ce qui se passe ? Onee : C'est de ma faute, les garçons. Je ne supportais plus cette solitude qu'impose ma condition. Bien sûr, au début, j'ai lutté contre l'idée, j'ai résisté à cet appel, j'ai ignoré cette pulsion indécente et lancinante, cette possibilité aussi égoïste qu'ignoble - à la fois pour mes complices (qui sont désormais condamnés aux mêmes errances que moi), mais aussi pour le reste des lecteurs de babelio (qui vivent dans la peur que nous frappions, chaque nuit, dans leur sommeil). Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Alors, que s'est-il passé ? Onee : Pardonnez-moi, mon Pierre, mais j'ai mordu. ** Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Pardon ? Onee : Mordu. Sachka, en premier. Ma petite ménechme. Si blonde, si tendre ; si innocente. La perdre chaque soir, tout d'abord, lorsqu'elle allait se coucher tandis que j'étais condamnée à errer seule, parmi ses commentaires refroidis… Ne plus la croiser le matin, quand la lumière du jour brûlait mes rétines et ma peau blanche de lèpre***. Et puis cette faim, à peine sortie de mon cercueil, cette faim qui me torture et m'affaiblit, cette faim de contact et cette soif de vie… Ce n'était plus supportable ! Ça ne pouvait plus durer. Les chats débiles de mon jardin ne me suffisaient plus. Alors, j'ai approché Sachka dans son sommeil. Monsieur Sachka était absent pour la nuit, elle me l'avait dit. J'ai senti son parfum, la caresse de ses cheveux ; le rythme de sa respiration. Je fermais à peine les yeux que mes canines frôlaient déjà son cou, offert par la douceur du sommeil. Comme je l'enviais, si belle et sereine… Mais comme je lui en voulais aussi ! La haïssais de vivre ça alors que moi, moi j'avais faim ! Et soif ! Et j'étais seule, sans personne pour apaiser mes souffrances ! Avant d'en prendre conscience, en un mouvement rageur et passionné, remplie d'envie et de colère, mes crocs ont transpercé sa peau, légèrement résistante ; si peu. Elle ne m'a pas résisté, ne s'est pas débattue. Elle a ouvert un oeil et geint « qu'est-ce que… ? », avant d'ouvrir grand ses jolis yeux, dans un silence de plomb. Puis elle m'a reconnue, sous mes traits déformés par l'envie ; et a tendu un peu son cou, s'offrant parfaitement, consentante… à sa mort nouvelle, à sa nouvelle vie. Et je l'ai bue, et bue, encore et encore, me forçant à m'arrêter avant qu'elle n'en meure… parce qu'alors elle me tuerait. Boire le sang d'une morte serait fatal. Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Bon… sang (heu… hum bref) ! On n'a pas besoin de la recette, merci bien. Onee : Complètement ivre et titubante, ma tête tournant, je me suis forcée à la lâcher, à contrôler mes tremblements, mon égarement. Vite, reprendre mes esprits avant qu'elle ne meure. Réveille-toi petite ménechme, regarde moi, lui ai-je dit en mordant mon propre poignet : Bois. BOIS ! Ne meure pas, bois : nourris-toi de moi, revis de mon sang, fais couler nos deux sangs mêlés dans tes veines. Et soyons ainsi unies… pour l'éternité. Sais-tu ce que signifie éternité, petite ménechme ? Ça veut dire que toi et moi ne serons plus jamais seule. Non-pas unies jusqu'à la mort, mais unies dans la mort, pour toute la vie. Pierre Nicolas (videurs Babelio) : D'accord. Vous n'êtes pas vraiment sérieuse, n'est-ce pas ? C'est Halloween, vous vous êtes dit « Tiens, on va faire une bonne blague à ces bons vieux videurs de Babelio ; Si je leur disais qu'une bande de lecteurs zombies est en train de coloniser ses pages ? » ! Onee : Vous ne comprenez pas. Vous ne m'écoutez pas ! Demandez à Sylvie, la « fille » de Sachka, qui l'a transformée ! Ce fut la suivante. Et à Cascasimir - lui, c'est l'oeuvre de Sylvie. Et à Laurent3375, qui voulait une deuxième vie pour lire tous ses livres, et à DavidG75 ! Et même à Leser, tiens, demandez-lui !! Lui ce fut plus compliqué, il nous a résisté au début. Mais on ne l'a pas forcé. On ne force personne, c'est notre seule limite. Nous les engendrons s'ils y consentent. Ce sont nos enfants et nos amants****. Nos compagnons d'éternité. Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Mais mais bonté div… Mais zut à la fin, pourquoi est-ce que vous auriez fait une chose pareille ? Pour le plaisir de tuer toujours plus de lecteurs ? Est-ce une sorte de métaphore, voulez-vous… Tuer la littérature, pendant que vous y êtes ? Onee : Au contraire ! Nous voulons la faire vivre ! Eternellement, à travers nous ! de jour, comme de nuit, nous parcourons vos pages. Avec nous, les histoires et citations prennent vie. Et puis surtout… Si on se gorge de ses vies de romans, c'est pour éviter de prendre celles de vos autres lecteurs. Plaisanter nous nourrit, on se sent moins seuls, et pendant ce temps nous n'errons pas dans la nuit à la recherche de nouvelles victimes à tuer. Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Donc, si on vous suit bien, vous êtes en train de nous dire que la nouba, chaque soir, sous vos écrits respectifs, les retrouvailles pleines de gouailles, les vannes, les jeux de mots, les piques, et même les fessées (si, les fessées, vamp'Onee, dois-je vous montrer la pièce n°1, la capture d'écran de vos (d)ébats virtuels sous la critique de Sylvie - Comme une Ombre ?), même les fessées, donc, disais-je, tout ça c'est inoffensif, et est même d'utilité publique ? Pas d'autodafés de livres ou d'avis, vous ne vouliez pas saccager Babelio avec vos âneries (et là, nous pensons à la critique de Fertiti65, Voyage avec un âne dans les Cévennes, à votre critique des buveurs de vent ou encore à certaines citations que vous avez publiées récemment !!), vous n'êtes pas des créatures sataniques ? Onee : Bien sûr que non, tout cela est bon enfant, et n'a pour seul but que de faire vivre cette magnifique communauté par la diversité des échanges qu'elle crée. Pierre Nicolas (videurs Babelio) : Et vous sévissez en bande organisée de plus de six pers… pardon de six lecteurs vampirisés en pleine interdiction sanitaire pour coronatruc, parce que…? Onee : Pour ne plus être seuls, nom d'une chauve-souris !! C'est la solitude qui nous tue tous ! C'est pour cette raison que nous sommes si peu sur terre, parce que très peu survivent à l'éternité ! Quelle ironie, n'est-ce pas ? Mais quel plaisir croyez-vous que nous trouvions à cette mort à vie, si l'on ne peut rien partager ? On finit tous par perdre notre âme, à force de voler celle des autres. Nous devenons très vite l'ombre de nous-même. Et ce détachement finit par nous tuer. Encore. Alors nous sévissons en bande pour ne plus être seuls. Et nous nous gorgeons des vies humaines que nous trouvons dans les livres parce qu'elles nous nourrissent, elles aussi ! D'ailleurs merci pour ça, Pierre Nicolas (videurs Babelio). Merci de nous permettre de nous retrouver autour des livres. Vous êtes nos saigneurs et maîtres. Nico et Pierre, qui êtes osseux, que vos noms soient … sangctifiés*****, que v… Pierre Nicolas (videurs Babelio) - levant les yeux au… ciel : C'est ça. Avant de nous quitter, il faut que vous sachiez qu'Anne RICE a racheté les droits de cet interrogatoire pour le publier sous forme d'interview sur notre site. J'espère que la honte ne peut pas tuer les vampires, sinon un paquet de poussière va enrayer nos serveurs. Maintenant signez ici : 𝕺𝖓𝖊𝖊-𝕮𝖍𝖆𝖓 ****** REMERCIEMENTS : *Merci aux gentils fantômes de Babelio dont j'ai pris les prénoms dans les courriels que je reçois…! ** A la fin de cette lecture, le jeu continue chez Sachka… vous serez vite mordus, vous aussi ! *** Lisez les citations postées par Sachka, s'il vous reste du temps avant le levé du soleil… **** Malgré les références à des personnages existants ou ayant existé, ceci est une pure fiction s'inspirant du roman original, merci de ne pas tomber dans les polémiques récentes sur la non-fiction…!! ***** Sachka a de plus jolies prières, elle a un vrai don demandez-lui, vous allez adorer. ****** Merci à David pour son aide calligraphique, à qui je lègue mon cercueil en remerciement. Il pourra y ranger son ail, il adore ça. Et pour les mordus qui souhaitent lire un vrai avis, je vous invite à dévoiler le texte masqué ci dessous. ATTENTION, ne le faites que si vous avez l'éternité devant vous - vous êtes prévenus ! [masquer] Lu avec Sacha pour Halloween, ce roman explore l'âme de créatures que l'on pourrait penser sans âme, puisqu'elles tuent, et avec plaisir, des vies humaines pour se nourrir. Par son interview, Louis, Vampire de la Louisiane, nous rappelle qu'avant sa transformation, il était humain. Bien sûr, avoir l'éternité devant soi change l'âme humaine. le vampire devient cette créature sanguinaire qui se nourrit de vie humaine comme nous nous nourrissons de vie animale. Pour autant, la transformation annihile-t-elle toute conscience humaine, ou reste-t-il quelque chose de l'humain que vous étiez auparavant ? Car, si c'est le cas, comment votre conscience humaine, votre âme, peut-elle bien s'habituer aux actes que sa nouvelle nature lui commande, tandis que son ancienne nature humaine les condamne ? C'est tout le problème de Louis, qui n'arrive pas à habiter totalement son nouveau lui-même. Se nourrir de l'un de ses semblables lui semble condamnable… Sauf que les humains, désormais, ne sont plus ses semblables. Et c'est à ce détachement salutaire que Louis ne parvient pas. Alors comment font les autres ? Et d'ailleurs où sont-ils ? Ce sera la quête… éternelle de Louis. « - j'avais 25 ans lorsque je suis devenu vampire, c'était en l'an 1791. (…) Comment est-ce arrivé ? Je pourrais répondre très simplement à cette question, mais je crois que ce n'est pas ce que je veux, une réponse simple, dit le vampire. Je voudrais vous raconter l'histoire dans toute sa vérité… » Louis démonte les idées reçues (rangez vos ails et crucifix, leur efficacité ne serait que légende…), et dévoile, de la Louisiane du 18ème siècle jusqu'à Paris aujourd'hui, la vie intime des vampires : le déroulement de la transformation, ses ressentis, ses questionnements et la découverte de sa nouvelle… vie ? après la mort. Car s'il a souhaité cet état de mort-vivant, au départ, il n'en connaissait pas encore le prix. Louis, torturé par son nouveau statut, nous livre les questions intimes qu'il se pose. Très vite, on se rend compte que celles-ci sous-tendent toujours des questions plus philosophiques pour nous, humains. Il est d'abord question de solitude, puisque peu de spécimens sont éternels… : Si la solitude tue beaucoup d'humains, qu'en est-il pour les vampires ? Louis a d'ailleurs été « engendré » par Lestat uniquement parce que ce vampire avait besoin de compagnie. Il est ensuite question d'amour, d'affection et d'attachement, puisqu'il s'agit du premier remède à la solitude : Louis n'est-il plus qu'un tueur sanguinaire ou peut-il ressentir de l'amour et de la passion pour quelqu'un - mortel ou vampire ? Ou bien donner la mort est-il l'acte conférant la jouissance suprême (on y reviendra plus bas) ? D'une manière plus générale, le vampire peut-il ressentir des sentiments tels que l'empathie ? « Tue-les rapidement si tu préfères, mais tue-les ! Apprends à être un tueur, à la fin ! » lui enjoindra son « père ». Comme les humains, les vampires semblent inégaux sur ce point, et c'est tout le problème de Louis. Comment tuer des gens pour se nourrir si l'on ressent cette empathie ? Et pourquoi ce cas de conscience, si c'est censé être sa nature ? Mais les vampires ont-ils encore une conscience ? Ou bien sont-ils des damnés, des créatures de l'enfer destiné à faire le mal et à vivre dans le malheur…? Lestat, lui, semble avoir atteint le détachement nécessaire à sa vie après la mort. Mais, pour autant, est-il heureux ? La quête de Louis l'amène alors à une question physiologique : Peut-il se nourrir autrement qu'en tuant des gens ? Et si des animaux suffisent, pourquoi tant de vampires se nourrissent-ils d'humains ? Est-ce que c'est physiologiquement mieux, ou est-on entourés de criminels qui tuent par plaisir ? le vampire devient-il automatiquement une créature sanguinaire ou est-ce que cela dépend de sa personnalité humaine ? Pourquoi cela semble inné chez certains comme son mentor, alors que ce lâcher prise est difficile pour d'autres comme Louis ? Pour répondre à toutes ces questions, Anne Rice déroule la mort-vivante de Louis (puis d'autres vampires après lui, dans les tomes suivants) qui s'avère plus attachant que prévu. Avec son mentor, à l'opposé bien inhumain, ils forment un duo qui interroge la nature et le comportement des vampires. Comme un dialogue entre l'ange et le démon d'une même conscience pour essayer de voir au-delà des apparences, et de comprendre la nature du vampire. Et Louis en a besoin. Parce qu'à rester entre deux eaux, ni humain ni totalement vampire, il devient la faible cible des deux camps. Un vampire peut-il mourir une seconde fois ? Et comment ? Voici l'histoire d'un homme devenu vampire, tiraillé entre ses deux natures : l'ancienne qu'il ne peut plus atteindre, et la nouvelle qu'il ne parvient pas à habiter totalement. Un homme tiraillé entre ses pulsions naturelles et sa conscience : Paradoxalement, que peut-il y avoir de plus humain que cette histoire ? D'ailleurs, parler de pulsion ici n'est pas totalement dénué de sens. Car pour nos vampires, la mort et l'amour semblent très proches. « Tu seras comblé, Louis, car tu es fais pour cela, pour te remplir de toute la vie dont tu peux te gorger. Et une fois cette sensation disparue, tu éprouveras de nouveau cette faim, encore, et encore, et encore. (…) Et avec la même sensibilité que tu chéris tant, tu verras la mort dans toute sa beauté, la vie telle qu'elle ne peut être perçue qu'au seuil de la mort. » Est-ce l'amour de la mort, ou est-ce que la mort remplace l'acte d'amour ? Plus Louis se laisse tenter, plus les descriptions de cet acte d'a-mort sont charnelles, sensuelles. D'ailleurs au tout départ du livre, à la question de savoir ce que peut bien ressentir un vampire à ce moment-là, il répond qu'il ne peut l'expliquer à un mortel - tout comme il ne pourrait expliquer ce qu'on ressent pendant l'amour à quelqu'un qui ne l'a jamais vécu. « Tu la veux, Louis. Tu ne comprends donc pas qu'une fois que tu l'auras prise, tu pourras prendre qui bon te semble ? Tu la voulais hier soir mais tu as faibli, c'est pour cela qu'elle n'est pas morte. » (…) Je me rappelais l'extase qui m'avait transporté quand j'avais pressé son corps contre moi et senti son petit coeur battre à tout rompre. (…) Je ne voulais pas sa mort, je la voulais, elle ; plus je la regardais, plus je savourais le parfum de sa peau et imaginais mon bras glisser sous son dos pour la soulever jusqu'à moi, goûtant son cou tendre. Tendre, voilà ce qu'elle était, si tendre. » « La mort amoureuse ». Et cet amour est aussi confus qu'il est multiple : il oscille entre affection, sexualité et paternalisme. Parfois, l'acte d'a-mort rappelle ces parents qui répètent passionnément vouloir manger tout cru leur enfant… D'ailleurs, le premier humain que Louis est parvenu à boire, après 4 années à se contenter d'animaux, est une petite fille… La plus pure des créatures pour se nourrir, comme si une enfant se rendrait moins compte de la vie qu'on lui ôtait et le culpabiliserait moins… A moins que ce ne soit cette vie innocente qu'il ait eu envie de sentir battre de nouveau à l'intérieur de lui, qui se sentait si souillé. Car vous l'aurez compris, pour Louis la vie éternelle n'est pas vraiment un cadeau. Ainsi sur une pulsion, comme ces parents qui veulent manger leur enfant, Louis boit littéralement Claudia… sans la tuer. Mais cet acte d'amour sera sa mise à-mort, lorsque son mentor la transformera, offrant à Louis sa « fille », pour qu'il se sente aimé. Un enfant pour une raison de vivre…? Encore une problématique bien humaine. Quant à cet amour, du fait de la nature de vampire, il ne peut être que multiple : lié à la mort et à la solitude de l'esprit, autant qu'à la vie et à la volupté de la chair. « A l'aube elle se couchait avec moi, son coeur battant contre le mien, et souvent quand je la contemplais, je repensais à cette expérience singulière que je partageais avec elle et elle seule, me souvenant que je l'avais tuée, lui avait ôté la vie que j'avais bue en même temps que son sang, dans cette étreinte fatale dont j'avais gratifié tant d'autres personnes qui pourrissaient à présent dans la terre humide. Mais elle, elle était vivante, et elle passait ses bras autour de mon cou (…). Père et fille. Amant et amante. » Et comment pourrait-il en être autrement quand son corps, qui demeure celui d'une petite fille, sera quelques années plus tard habité par une âme et des manières de femme…. « Cet amour m'avait réchauffé, moi qui me haïssait tant moi-même, il m'avait permis d'exister. » Pour autant, pas sûr que l'esprit adulte de Claudia apprécie longtemps d'être coincé dans un corps d'enfant… Accentuant encore, à terme, le sentiment de solitude de chacun.  « Pouvez-vous vous représenter cette splendide vie de famille, les lumières tamisées, le père vampire qui chante pour endormir sa fille vampire ? Seule la poupée avait un visage humain, seule la poupée ». Au total, parmi des tas d'autres réflexions, l'auteure nous offre un roman sur le besoin d'Amour : homme, femme, enfant, tout cela n'a plus vraiment d'importance lorsqu'on est vampire. Car devant l'éternité, l'important est de parvenir… à ne plus se sentir seul au monde. Trouver non pas le partenaire, quel qu'il soit, sur qui on pourra compter toute une vie… Mais bien éternellement. Pourtant, comment trouver son âme soeur… lorsqu'on n'a plus d'âme ? Là est tout le paradoxe de cette forme de vie après la mort. Une petite mort éternelle. « Il ne s'agissait pas d'un attrait physique, vous comprenez. Je ne parle pas du tout de ce genre d'attachement, même si cela ne m'aurait pas déplu d'avoir des relations intimes avec Armand, qui était si beau et simple. Pour un vampire, l'amour physique ne peut culminer et trouver satisfaction que dans le meurtre. Non, je parle d'un autre genre d'amour, un amour qui m'attirait à lui de façon irrésistible ». S'il ne détestait pas autant sa condition, Louis engendrerait d'autres vampires uniquement pour se sentir moins seul… Mais ces « enfants » tueraient d'autres humains. Et se sentiraient aussi seuls que lui. Pourquoi « faire des enfants » (comprendre : transformer des humains) égoïstement dans ces conditions ? Louis est déjà assez torturé. « - S'il te plait, Claudia. Soulage-moi. Dis-moi que tu ne me parleras plus jamais d'engendrer des vampires. - Je ne veux pas d'orphelins comme nous ! s'est-elle écriée ». Pour tenter d'accéder au détachement qui leur manque et comprendre leur nouvelle nature, en quête d'un véritable sens à leur nouvelle existence, Louis partira à la recherche de ses semblables, de Europe de l'Est, patrie des vampires de légende, jusqu'à Paris. Et lorsqu'il finira par en trouver, il apprendra que, si tuer des humains n'est pas un crime pour l'espèce des vampires, tuer l'un des siens en est un. La vie éternelle a un prix : celui de la vie. Car pour Louis, « La vie dans la mort, quelle monstruosité ». « Nous finissons tous par reposer dans un cercueil, au bout du compte », dit le vampire qui dort chaque jour dedans, à sa victime qui ne veut pas mourir… [/masquer]
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  • Sachka Posté le 31 Octobre 2020
    Seigneur Jésus, toi l'Agneau de Dieu qui enlève nos péchés, je viens en esprit, au pied de ta Croix pour implorer ton pardon. Par le présent billet je m'absous et en écrivant ces lignes j'expie tous mes péchés. J'ai péché mon père, j'ai lu ce roman... Oui mon père, je me suis nourrie de l'histoire et de ses personnages. Pardonnez-moi mon père, je suis sotte et corrompue, je suis condamnée comme les anges que Dieu a envoyés en enfer ! Je ne suis qu'une pauvre lectrice ! Ainsi soit-il. Amen. Créature maléfique qui hante nos nuits, avide de sang, le nôtre, tiraillée par la faim vorace et insatiable que seul "tuer" peut assouvir, le vampire est un des personnages les plus représentatifs de la littérature fanstastique, il a su évoluer au fil du temps, des époques et des lieux. Pour certains il est terrifiant, repoussant, pour Anne Rice il est fascinant, charismatique, il ne craint ni l'ail, ni les pieux et si peu la lumière (foutaises) à l'image de Brad Pitt (on se calme mesdames) et Tom Cruise qui ont respectivement incarné Louis de Pointe du Lac et Lestat de Lioncourt (mais c'est quoi ces noms à coucher dehors ?) à l'écran il... Seigneur Jésus, toi l'Agneau de Dieu qui enlève nos péchés, je viens en esprit, au pied de ta Croix pour implorer ton pardon. Par le présent billet je m'absous et en écrivant ces lignes j'expie tous mes péchés. J'ai péché mon père, j'ai lu ce roman... Oui mon père, je me suis nourrie de l'histoire et de ses personnages. Pardonnez-moi mon père, je suis sotte et corrompue, je suis condamnée comme les anges que Dieu a envoyés en enfer ! Je ne suis qu'une pauvre lectrice ! Ainsi soit-il. Amen. Créature maléfique qui hante nos nuits, avide de sang, le nôtre, tiraillée par la faim vorace et insatiable que seul "tuer" peut assouvir, le vampire est un des personnages les plus représentatifs de la littérature fanstastique, il a su évoluer au fil du temps, des époques et des lieux. Pour certains il est terrifiant, repoussant, pour Anne Rice il est fascinant, charismatique, il ne craint ni l'ail, ni les pieux et si peu la lumière (foutaises) à l'image de Brad Pitt (on se calme mesdames) et Tom Cruise qui ont respectivement incarné Louis de Pointe du Lac et Lestat de Lioncourt (mais c'est quoi ces noms à coucher dehors ?) à l'écran il y a 25 ans dans le film tiré de ce roman éponyme qui lui a paru en 1976. Le vampire, mythe ou réalité ? À chacun sa théorie sur le sujet, personnellement je me plait à croire qu'il serait né en Roumanie et qu'il rôderait toujours dans la Citadelle de Poenari sous les traits de Vlad l'empaleur mais ce dont je suis sûre c'est que j'ai apprécié la lecture de ce roman même si je suis plutôt une adepte de versions plus anciennes comme la version muette en noir et blanc de 1922 adaptée du roman de Bram Stoker : "Nosferatu le vampire". C'est pourquoi aujourd'hui je m'en vais vous conter la bien étrange histoire de Louis de Pointe du Lac. Courant des années 90 à San Francisco : Louis de Pointe du Lac livre ses confessions à un journaliste médusé. Louis est né pour la deuxième fois en 1791 en Louisiane, à l'âge de 25 ans, après avoir croisé le chemin de Lestat de Lioncourt vampire de son état, il a définitivement abandonné la vie humaine pour une vie de spectre, devenant alors une créature de la nuit à la vie éternelle. Mais l'éternité a un prix, encore faut-il pouvoir supporter la damnation et être capable de se détacher des tourments de sa vie passée. Durant près d'un siècle Louis va donc partager la vie de Lestat à la Nouvelle-Orléans, une vie faite de faste et de luxure, régie par les chasses à l'homme nocturnes. Mais Louis exècre, rejette Lestat autant qu'il est fasciné par ce dernier, qui pour ne pas le perdre lui fait un bien étrange présent : il lui offre une enfant de 5 ans, Claudia... Claudia, exquise petite poupée sanguinaire qui ne grandira plus jamais et pour laquelle Louis voue un attachement des plus ambigus, une relation à l'image père-fille mais aussi amant-amante. "Taciturne et magnifique elle jouait à la poupée, taciturne et magnifique elle tuait." La petite poupée est choyée, dorlotée, initiée à l'art, à la littérature, aux bonnes manières de la haute-société, elle grandit, du moins par l'esprit, dans ce corps de petite fille si gracieux et paradoxalement si monstrueux. Et les années passant elle se mue en une femme-enfant, prédatrice de sang-froid qui ne connaît pas le remord à l'inverse de Louis, pauvre Louis... Anne Rice a su apporter une dimension poétique et charnelle à l'ensemble de son récit dont le rapport au corps est très prégnant notamment durant les scènes de chasses et d'attaques que l'ont peut aisément comparer à la pulsion qui précède l'acte sexuel. La caractérisation psychologique des personnages principaux comme secondaires n'est pas en reste puisque l'ensemble du roman repose entièrement sur ce point et plus précisément sur le personnage de Louis, écartelé entre sa condition d'homme (qu'il était) et de vampire (qu'il est désormais). Un roman de vampires mais pas que... Au travers de personnages d'une grande dualité et en totale opposition (le bien, le mal) et en se servant de l'image de la créature mythologique, Anne Rice nous montre le reflet et les affres de l'âme humaine, la fascination, la perversion, l'emprise, la repentance mais aussi la quête des origines : Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ? Et finalement dans ce récit le personnage le plus complexe n'est pas forcément celui que l'on voudrait bien nous faire croire. Je remercie Onee-Chan qui a suggéré cette lecture, qui est à l'opposé de mes lectures habituelles, pour Halloween. J'ai une pensée pour elle car mon intuition me dit qu'elle est, en ce moment même, en proie à de terribles souffrances et se débat avec des forces maléfiques. Onee, je n'ai qu'une chose à te dire : "Écoute ma voix, écoute ma prière. Écoute mon coeur qui bat, laisse toi faire." Hein ? Qu'est-ce que tu dis ? C'est pas la bonne prière ? M**** je me suis trompée, j'ai confondu avec la chanson de Gainsbourg de mon précédent billet. Bon ben désolée Onee, je n'ai que ça sous la main, tu vas devoir te débrouiller, tu peux toujours essayer de chanter Gainsbourg pour faire fuir les vampires ;-)
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  • Livrepassion16 Posté le 29 Septembre 2020
    N'étant pas férue de fantastique, j'ai quand même voulu tenter ce grand classique d'Anne Rice. Très bien écrit, j'ai été surprise de constater que l'autrice fait la part belle aux sentiments de ses personnages, passablement tourmentés par le fait de prendre des vies pour assurer leur immortalité. Finalement, elle n'insiste pas trop sur l'aspect épouvante , ce qui m'a bien plu. J'ai bien aimé essayer de percer à jour la psychologie de Louis et Lestat.
  • Sunflower49 Posté le 11 Août 2020
    J’ai relu ce livre culte de mon adolescence récemment. L’excellent film me revenait en tête au cours de cette lecture. Je ne rappelai pas le coté un peu mystique du livre, ce questionnement sur le bien et le mal, la nature humaine, l’art, la solitude. Plus de profondeur que dans mon souvenir. Je relirai la suite de la sage.
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