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EAN : 9782266300186
Code sériel : 15435
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 768
Format : 108 x 177 mm
L'homme qui rit
Date de parution : 28/06/2019
Éditeurs :
Pocket

L'homme qui rit

Date de parution : 28/06/2019
Angleterre, fin du XVIIe. Un jeune lord est enlevé par une troupe de brigands et mutilé, la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Abandonné durant une nuit d’hiver, l’enfant trouve refuge auprès... Angleterre, fin du XVIIe. Un jeune lord est enlevé par une troupe de brigands et mutilé, la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Abandonné durant une nuit d’hiver, l’enfant trouve refuge auprès d’un philosophe ambulant et devient saltimbanque, parcourant les routes et haranguant les foules aux côtés de son nouveau protecteur. C’est... Angleterre, fin du XVIIe. Un jeune lord est enlevé par une troupe de brigands et mutilé, la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Abandonné durant une nuit d’hiver, l’enfant trouve refuge auprès d’un philosophe ambulant et devient saltimbanque, parcourant les routes et haranguant les foules aux côtés de son nouveau protecteur. C’est le début de quinze années d’errance pour celui qu’on surnommera, en référence à son visage défiguré, « l’Homme qui rit ».
Mais, derrière ce sourire forcé, se cache une âme révoltée par l’arrogance de la noblesse…
 
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EAN : 9782266300186
Code sériel : 15435
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 768
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • JulienDjeuks Posté le 13 Mai 2022
    L'un des clichés les plus répandus sur les Gitans était qu'ils enlevaient les enfants des bonnes familles pour les faire travailler ou mendier (alors qu'historiquement, la plupart des pays d'Europe ont organisé des rafles d'enfants gitans qu'ils donnaient en esclaves aux paysans, afin de limiter la croissance de ces populations... cf. Petite histoire du peuple Rrom, de Pierre Courthiade). Victor Hugo les appelle ici "comprachicos", qui achètent des enfants. Ces indésirables, criminels punis impitoyablement en début de roman, ne sont-ils pas simplement des exécutants ? Dès lors, le roman raconte aussi bien un jeune garçon orphelin en quête de ses origines (sujet classique de conte), qu'une enquête sur la vraie nature des commanditaires… Gwynplaine, jeune homme au visage déformé, fait penser au Joker de l'univers de Batman, personnage dont le sourire figé évoque tant la folie d'un rire sans fin qu'une souffrance psychique violente qui se serait transformée en rictus. Ici cependant, cette apparence est plutôt un masque qui lui a été imposé dans l'enfance et n'a rien à voir avec son naturel calme et réfléchi. Cette déformation qui fait de lui un monstre (au sens étymologique de "chose qu'on mon(s)tre"), plutôt que de manifester extérieurement son caractère (physiognomonie de Lavater),... L'un des clichés les plus répandus sur les Gitans était qu'ils enlevaient les enfants des bonnes familles pour les faire travailler ou mendier (alors qu'historiquement, la plupart des pays d'Europe ont organisé des rafles d'enfants gitans qu'ils donnaient en esclaves aux paysans, afin de limiter la croissance de ces populations... cf. Petite histoire du peuple Rrom, de Pierre Courthiade). Victor Hugo les appelle ici "comprachicos", qui achètent des enfants. Ces indésirables, criminels punis impitoyablement en début de roman, ne sont-ils pas simplement des exécutants ? Dès lors, le roman raconte aussi bien un jeune garçon orphelin en quête de ses origines (sujet classique de conte), qu'une enquête sur la vraie nature des commanditaires… Gwynplaine, jeune homme au visage déformé, fait penser au Joker de l'univers de Batman, personnage dont le sourire figé évoque tant la folie d'un rire sans fin qu'une souffrance psychique violente qui se serait transformée en rictus. Ici cependant, cette apparence est plutôt un masque qui lui a été imposé dans l'enfance et n'a rien à voir avec son naturel calme et réfléchi. Cette déformation qui fait de lui un monstre (au sens étymologique de "chose qu'on mon(s)tre"), plutôt que de manifester extérieurement son caractère (physiognomonie de Lavater), détermine plutôt le comportement que doivent adopter les gens qui le considèrent (voilà l'homme qui fait rire). Comme le vêtement sale et usé, les manières rustres ou le langage argotique, cette apparence empêche de prendre au sérieux un misérable, ce sourire agrandi déforme la perception qu'on a du personnage et de ce qu'il pourrait nous dire. Ce masque s'est fondu à la chair, comme un handicap : comme la bosse de Quasimodo ou un pied-bot, il le rend étrange, boiteux, suspect, toujours ridicule. Cette séquelle - tellement visible qu'on ne voit plus qu'elle - est symbolique de la condition des exclus : adultes, ils restent marqués par le "masque" qu'on leur a imposé dans l'enfance. Pour un lord, le pauvre sera toujours un Elephant Man que la difformité exclue de la bonne société (c'est la grandeur tragique de la scène du fou rire parlementaire). Dans une telle société, même avec un coup de baguette magique (découverte d'une naissance noble), la fin heureuse des contes merveilleux (reconnaissance de la véritable valeur du héros) est impossible. Fondamentalement hypocrite, le principe aristocratique (ou méritocratique : celui qui réussit est récompensé d'un pouvoir) aura toujours pour conséquence non la constitution d'une classe qui réunit les plus dignes de responsabilités, mais l'exclusion de la plus grande majorité de la population (afin de donner plus de valeur et de pouvoir à leur distinction). Ce roman est sans doute l’œuvre de Hugo la plus avant-gardiste quant à son écriture. Sa prose poétique totalement libérée explose le moule académique. Hugo multiplie à l'infini les figures d'opposition, les accumulations, les images, l'emphase… les ruptures de syntaxe, les trouvailles lexicales… Il suit la foudre de ses visions comme autant de flux de conscience symbolistes avant l'heure. Son lyrisme vire à la logorrhée maniaque, ce qui a désorienté et rebuté lecteurs et critiques de l'époque, mais illustre à merveille l'univers forain. Saltimbanques, ménestrels, jongleurs, cracheurs de feu, funambules, charlatans, pique-poquette, danseuses... Femmes et hommes qui y évoluent sont tous des écorchés, orphelins, exclus de la société et enfants d'exclus, monstres sans vêtement ni visage social (ni ouvrier, ni paysan, ni curé...), mais fardés, déguisés, acteurs au rôle indécis, chatterie écœurante et frayeur délicieuse. Des nomades qui se promènent effrontément et dangereusement dans le jeu laissé entre les pierres de la pyramide sociale. Aspirations du petit peuple à la liberté retrouvée, à la disparition de soi, à la transfiguration féerique, à la joie et la folie enfin déployées sans retenue jusqu'à la vengeance. Images de cauchemars pour une élite, d'une société où les places sociales seraient interchangeables, mais aussi attirance irrépressible pour l'encanaillement et mains bon marché pour accomplir toute sorte de basses œuvres... Le style de Hugo, avec sa manie de l'hyperbole, le travestissement des métaphores, la porosité des parallèles, la réversibilité des contraires, pourrait s'interpréter comme une harmonie imitative de cette énergie carnavalesque. Les comprachicos et les monstres de foire, la foire elle-même, existeraient-ils sans l'argent de l'élite ?… Peu importe qu'il soit un lord reconnu ou un monstre de foire, Gwynplaine demeure une engeance de l'élite monstrueuse.
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  • fuji Posté le 6 Mai 2022
    De la plèbe à la seigneurie. Lu il y a des décennies je ne l’avais jamais relu, contrairement à d’autres Hugo. Ce qui frappe dès les premières lignes : l’érudition étayée par l’abondance des mots, ce vocabulaire riche en permanence et également le plaidoyer politique prégnant. Une densité qui s’inscrit dans trois principaux registres : le descriptif, l’analytique et le digressif. Pour savourer il faut prendre le temps, c’est une richesse qui se mérite, qui vous imprègne. Nous sommes en 1690 en Angleterre, l’histoire se déroule de la fin du XVIIe et le début du XVIIIe. Nous découvrons Ursus et Homo, l’homme Ursus médecin, bonimenteur vivant dans une roulotte et le loup Homo. Clin d’œil à Diogène et son mépris des honneurs et des convenances sociales. « L’école de Salerne dit : « Mangez peu et souvent ». Ursus mangeait peu et rarement ; obéissant ainsi à une moitié du précepte et désobéissant à l’autre ; mais c’est la faute du public, qui n’affluait pas toujours et n’achetait pas fréquemment. » Après Ursus et son compagnon, les lecteurs rencontrent Gwynplaine, un enfant d’environ dix ans qui est refoulé lors de l’embarquement d’hommes fuyant en bateau. Il va errer, désorienté il cherche la ville la plus proche, la... De la plèbe à la seigneurie. Lu il y a des décennies je ne l’avais jamais relu, contrairement à d’autres Hugo. Ce qui frappe dès les premières lignes : l’érudition étayée par l’abondance des mots, ce vocabulaire riche en permanence et également le plaidoyer politique prégnant. Une densité qui s’inscrit dans trois principaux registres : le descriptif, l’analytique et le digressif. Pour savourer il faut prendre le temps, c’est une richesse qui se mérite, qui vous imprègne. Nous sommes en 1690 en Angleterre, l’histoire se déroule de la fin du XVIIe et le début du XVIIIe. Nous découvrons Ursus et Homo, l’homme Ursus médecin, bonimenteur vivant dans une roulotte et le loup Homo. Clin d’œil à Diogène et son mépris des honneurs et des convenances sociales. « L’école de Salerne dit : « Mangez peu et souvent ». Ursus mangeait peu et rarement ; obéissant ainsi à une moitié du précepte et désobéissant à l’autre ; mais c’est la faute du public, qui n’affluait pas toujours et n’achetait pas fréquemment. » Après Ursus et son compagnon, les lecteurs rencontrent Gwynplaine, un enfant d’environ dix ans qui est refoulé lors de l’embarquement d’hommes fuyant en bateau. Il va errer, désorienté il cherche la ville la plus proche, la neige a tout envahi et il entend un cri. Après des recherche il trouve une femme morte, un bébé accroché à son sein gelé. Il n’hésite pas a sauvé cette petite fille. Il arrive en ville, mais les portes ne s’ouvrent pas. Seul Ursus répondra à son désespoir. Nous découvrons que les hommes qui s’enfuyaient sont des Comprachicos, entendez des « achète-petits » pour quelques pièces ils achetaient des enfants, qu’ils mutilaient afin d’en faire commerce, pour faire rire en général. « Cela faisait des êtres dont la loi d’existence était monstrueusement simple : permission de souffrir, ordre d’amuser. » Les deux chapitres préliminaires sont denses et passionnants pour planter le décor. Ils sollicitent la réflexion sur ce trafic d’enfants, ces mutilations, il y a un passage sur la fabrication de nains en Chine qui est impressionnant. Puis il y a eu l’Habeas Corpus, cette loi a eu pour effet le « délaissement d’enfants ». Ursus, Gwynplaine et la petite Dea qui est aveugle vont former une famille recomposée. Gwynplaine fait partie de ces enfants mutilés, on lui a fendu la bouche jusqu’aux oreilles afin de lui faire un rire permanent. Il y a d’autre personnage, notamment celui d’une femme fatale Josiane, sœur de la reine Anne. C’est foisonnant, la profusion lassera probablement plus d’un lecteur contemporain, personnellement je suis plutôt éblouie par cette abondance érudite dans de multiples domaines de l’architecture à l’écologie avant l’heure. Victor Hugo approfondit par de multiples détails, la route qui va le conduire vers l'analyse sociale, la conscience politique, thèmes qui lui sont chers. Il y a l’histoire d’amour entre ces deux enfants, Dea voit avec son âme. Quinze ans après nous découvrons que Ursus a créé un spectacle avec Gwynplaine Chaos Vaincu qu’ils vont présenter à Londres, Ursus est mis en cause pour sédition. Sa défense est juste aussi troublante qu’hilarante. Ce qui faire dire à Hugo : « Le jugement, c’est le relatif. La justice c’est l’absolu. Réfléchissez à la différence entre un juge et un juste. » N’est-ce pas toujours d’actualité ? Gwynplaine sera arrêté et enfermé dans une prison souterraine. Là il apprendra ses origines. Dans le discours, nous retrouvons Hugo défenseur des misérables dans une de ses plus belles diatribes. Je ne vous raconterai rien d’autre. Le talent de dramaturge de l’auteur est à son point culminant. C’est le livre le plus « trop », l’excès, la vigueur, la critique sociale tout y est hors normes. Publié en avril 1869, L’Homme qui rit devait être le premier volume d’une trilogie politique. Mais finalement ce fut un diptyque et je vais donc lire Quatrevingt-treize. Hugo c’est une œuvre foisonnante où la réflexion du lecteur est sollicitée en permanence et je ne m’en lasse pas. ©Chantal Lafon
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  • dezecinte Posté le 6 Janvier 2022
    Chef d’œuvre ! Seul bémol, les interminables énumérations de titres nobiliaires anglais, mais ce n'est rien au regard de l'enthousiasme suscité par ces grandes pages décrivant un naufrage, puis la lutte d'un enfant contre les éléments pour gagner un refuge. Sans oublier les nombreux soliloques d'Ursus, à la fois drôles et profonds, et l'analyse passionnante du rôle de l'aristocratie anglaise dans l'équilibre des pouvoirs, en ces temps lointains qui ont laissé une trace indélébile dans les procédures et institutions de ce pays, jusqu'à aujourd'hui. Surtout, une conscience sociale aigüe et une profonde humanité sont ce qui caractérise le mieux ce cher vieil Hugo.
  • franxred69 Posté le 20 Décembre 2021
    Je n'ai jamais lu un écrivain aussi complet que ce Hugo. Il est à la fois un puit de science, un peintre, un philosophe et bien sûr un poète hors pair. Avec L'homme Qui Rit, il nous emmène dans cette complète aventure, où le drame flirte avec le fantastique, la misère réelle teintée de mythologie. Merci Maître.
  • Franz Posté le 19 Décembre 2021
    Quand les âmes sombrent. Aborder l'austère monument hugolien par L'Homme qui rit peut paraître audacieux quand le lecteur est en mesure de se noyer avant d'en avoir terminé avec les 838 pages, plus exactement 717 pages si on ne conserve que le texte intégral et que l'on met de côté l'introduction, l'avertissement et le dossier en fin de volume. En revanche, les notes enrichissent utilement le texte mais il faut d'abord écouter ce que dit la « bouche d'ombre » : « Ursus et Homo étaient liés d'une amitié étroite. Ursus était un homme, Homo était un loup. » Voilà comment la folie hugolienne commence, par un contre-pied, l'homme a un nom de bête et inversement car Homo hominis lupus (« L'homme est un loup pour l'homme ») selon Plaute, commenté par Erasme, développé par Bacon et Hobbes. L'érudition de Victor Hugo est ahurissante. Elle infuse la moindre phrase. La richesse du vocabulaire est prodigieuse. Elle étourdit aussi et peut donner la nausée par gavage. Il faut s'accommoder. le lecteur en perd son latin alors que l'intrigue peine à se mettre en place mais est-ce si important ? D'abord Hugo consacre le premier chapitre à Ursus puis aux comprachicos, sinistres kidnappeurs,... Quand les âmes sombrent. Aborder l'austère monument hugolien par L'Homme qui rit peut paraître audacieux quand le lecteur est en mesure de se noyer avant d'en avoir terminé avec les 838 pages, plus exactement 717 pages si on ne conserve que le texte intégral et que l'on met de côté l'introduction, l'avertissement et le dossier en fin de volume. En revanche, les notes enrichissent utilement le texte mais il faut d'abord écouter ce que dit la « bouche d'ombre » : « Ursus et Homo étaient liés d'une amitié étroite. Ursus était un homme, Homo était un loup. » Voilà comment la folie hugolienne commence, par un contre-pied, l'homme a un nom de bête et inversement car Homo hominis lupus (« L'homme est un loup pour l'homme ») selon Plaute, commenté par Erasme, développé par Bacon et Hobbes. L'érudition de Victor Hugo est ahurissante. Elle infuse la moindre phrase. La richesse du vocabulaire est prodigieuse. Elle étourdit aussi et peut donner la nausée par gavage. Il faut s'accommoder. le lecteur en perd son latin alors que l'intrigue peine à se mettre en place mais est-ce si important ? D'abord Hugo consacre le premier chapitre à Ursus puis aux comprachicos, sinistres kidnappeurs, mutilant et vendant les enfants. le livre premier débute enfin après plus de trente pages introductives avec le débarquement dans la nuit d'un enfant hagard à la pointe sud de Portland, dans les Îles britanniques. Même dans la description d'une errance hallucinée, l'auteur ne peut s'empêcher de commenter, renchérir, digresser. le lecteur subit le verbe hugolien, déversoir magmatique, logorrhée incantatoire que des visions du sublime et de l'invisible transpercent et transcendent. Hugo se veut romancier, homme de théâtre, peut-être philosophe, il est avant tout poète visionnaire. Son écriture est baroque tant le mouvement est exagéré, alenti pour être mieux capté, décrit, surchargé jusqu'à l'outrance. La pompe hugolienne aspire à la grandeur en s'appuyant sur le monstrueux et l'effroi. Comme l'écrit l'auteur dans « William Shakespeare : « Tout homme a en lui son Patmos [île grecque où saint Jean rédigea « L'Apocalypse »] cet effrayant promontoire de la pensée d'où l'on aperçoit les ténèbres ». L'oeil de Victor embrasse les ténèbres fracassantes et l'opiniâtreté de la vie chétive depuis l'isthme de Portland. Dans la première partie, Gwynplaine, enfant hagard de dix ans, au visage mutilé, est laissé sur le rivage de Portland par des marchands d'enfants. Alors qu'il tente de rejoindre la ville portuaire, il doit affronter la nuit, la neige et la mort. Quant aux comprachicos responsables de sa difformité, ils prennent la mer déchaînée et sombrent corps et âmes. Juste avant leur engloutissement, ils consentent à faire les aveux de leurs crimes glissés dans une bouteille jetée à la mer. A proximité d'un gibet, l'enfant découvre le cadavre d'une femme portant encore contre son sein un bébé toujours vivant. Gwynplaine prend le bébé et atteint finalement Portland dont toutes les portes demeurent closes à l'exception de la roulotte d'Ursus qui les accueille in extremis. Au matin, Ursus découvre la mutilation de Gwynplaine et la cécité du nourrisson. Ursus adopte les deux enfants abandonnés. Il leur inculque ses vastes connaissances et monte un spectacle itinérant qui finit, au fil des années, par rencontrer le succès et attiser les jalousies. Gwynplaine devient l'objet de convoitises. La tragédie est en marche. Hugo englue le temps dans sa logorrhée, enclot l'espace dans la Green Box, la roulotte des saltimbanques, dans la nuit d'hiver, les cachots souterrains, les palais fermés, isole et esseule ses personnages, marie les contraires, accumule les contraintes, exacerbe les contritions. le rire plaqué est un masque réversible selon les humeurs. Il peut contredire la teneur d'un propos au grand dam de Gwynplaine. L'amour est un don, invisible, perceptible au-delà des yeux, par la vibration de l'être. Dea, ignorant sa face monstrueuse, aime l'âme de Gwynplaine. L'homme qui rit adore Dea mais l'amour platonique est mis à mal par le désir charnel et la soif de reconnaissance. Si « L'homme qui rit » n'est pas une lecture facile, elle n'en demeure pas moins prenante et inoubliable. « le difforme est l'envers du sublime ».
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