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Presses de la cité
EAN : 9782258192904
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 300
Format : 140 x 225 mm

Louise des Ombrages

Collection : Terres de France
Date de parution : 12/03/2020
A partir de certains éléments de la vie d’une peintre qui a existé, Yves Viollier a tissé une histoire bouleversante autour de la filiation, de la création, du secret, le long des eaux douces de la Venise verte.
Le père et la fille se tenaient par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu’ils dormaient.
« On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C’était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le...
Le père et la fille se tenaient par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu’ils dormaient.
« On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C’était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le père et la fille !
Louise, jeune artiste-peintre au talent précoce, exposait déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir. La loi du silence a pesé sur le village. Des bruits ont couru sans que le mystère soit élucidé.
Je suis allé tourner dans ce pays d’eau et de ciel aux couleurs changeantes qu’on appelle Venise verte. J’ai lu les journaux de l’époque et recherché des tableaux de celle qui m’a inspiré cette histoire, et que j’ai prénommée Louise. J’ai visité sa maison que j’ai baptisée Les Ombrages. Et j’ai essayé de remonter par le roman les chemins d’un destin qui les a décidés à se prendre par la main. Pour qu’ils revivent. Et que nous apprenions à les connaître. Afin, peut-être, que nous les aimions. »
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EAN : 9782258192904
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 300
Format : 140 x 225 mm

Ils en parlent

"Fidèle à ses terres vendéennes, Yves Viollier tresse une histoire sensible embrassant le trauma de la Première Guerre mondiale, portée par des personnages forts et si incarnés qu’il nous semble les avoir côtoyés."
Le Pèlerin

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lulu8723 Posté le 7 Août 2020
    Yves VIOLLIER. Louise des Ombrages. Nous sommes dans la Venise verte, en Vendée, au sein du Marais poitevin, en 1936. Ce lieu idyllique est le témoin d’un étrange fait divers. Athanase Bernard, vit avec sa fille Louise, âgée de vingt-cinq ans. La mère, Adrienne est décédée en 1924, du tétanos, suite à une blessure, négligée, mal soignée. La famille possède une maison bourgeoise, dénommée Les Ombrages, avec des terres agricoles, des bois, des prairies. Fernand Chauvergne est ouvrier agricole sur le domaine ; son épouse, Yvonne travaille également quelques jours par semaine chez les Bernard. Un matin , Athanase et sa fille confie Marcellin, l’enfant de Louise, âgé de quinze à Yvonne. Ils se rendent à la Rochelle afin de signer un compromis de vente de terrains, et prennent le train. Les temps sont durs et la vie difficile à la campagne. Mais stupeur, le soir ils ne sont pas rentrés. Le lendemain, le maire, le maréchal-ferrant et les Chauvergne se rendent dans le logis des Bernard. Tout est fermé de l’intérieur et une lampe éclaire la salle de bains à l’étage. Ils ouvrent la porte et pénètrent dans la demeure…. Yvonne découvre, avec stupeur,... Yves VIOLLIER. Louise des Ombrages. Nous sommes dans la Venise verte, en Vendée, au sein du Marais poitevin, en 1936. Ce lieu idyllique est le témoin d’un étrange fait divers. Athanase Bernard, vit avec sa fille Louise, âgée de vingt-cinq ans. La mère, Adrienne est décédée en 1924, du tétanos, suite à une blessure, négligée, mal soignée. La famille possède une maison bourgeoise, dénommée Les Ombrages, avec des terres agricoles, des bois, des prairies. Fernand Chauvergne est ouvrier agricole sur le domaine ; son épouse, Yvonne travaille également quelques jours par semaine chez les Bernard. Un matin , Athanase et sa fille confie Marcellin, l’enfant de Louise, âgé de quinze à Yvonne. Ils se rendent à la Rochelle afin de signer un compromis de vente de terrains, et prennent le train. Les temps sont durs et la vie difficile à la campagne. Mais stupeur, le soir ils ne sont pas rentrés. Le lendemain, le maire, le maréchal-ferrant et les Chauvergne se rendent dans le logis des Bernard. Tout est fermé de l’intérieur et une lampe éclaire la salle de bains à l’étage. Ils ouvrent la porte et pénètrent dans la demeure…. Yvonne découvre, avec stupeur, les corps du père et de sa fille, asphyxiés par les émanations d’un brasero. Sur le bord de la baignoire, deux draps destinés à servir de linceul et trois enveloppes sur la table de la salle à manger. Les Bernard se sont suicidés. La première enveloppe est destinée à Yvonne, ils lui confient Marcellin. La deuxième est pour le maire. Elle contient les dernières volontés des défunts et de l’argent afin de régler les obsèques. La troisième est pour Guillaume, le frère d’Athanase. C’est Marie-des-Berceaux qui a accouché Louise il y a quinze jours. L’enfant a été baptisé par le curé du village. Le parrain a été Guillaume, oncle du bambin, la marraine Camilla, une amie de Louise, professeur d’anglais au collège Sainte-Ursule à Luçon, collège où Louise donne des cours de dessin. Louise est une grande artiste peintre et elle a déjà exposé dans de grands salons, malgré son jeune âge. Elle est reconnue par ses pairs.. Le curé refuse de donner des obsèques religieuses aux deux décédés, conformément à la pratique religieuse. Déjà il a baptisé Marcellin, cet enfant sans père à l’aube, sans cloche, sans enfant de chœur, à la va-vite. Mais une question se pose : Pourquoi ces suicides ? Un foule participera cependant à ce double enterrement. L’abbé Debien attend, à la porte du cimetière, le corps des défunts avec les enfants de chœur de sa paroisse, Luçon. Pourquoi, Athanase et sa fille ont-ils mis fin à leurs jours ? Que deviendra le petit Marcellin, il n’avait pas de père et maintenant c’est un est orphelin. Magnifique roman de Yves Viollier. Il décrit de façon poétique le marais poitevin, Cette Venise verte que Louise a peint maintes fois et où elle exprimait tout son talent. Quelles sont les raisons obscures qui ont poussées ces deux êtres à mourir ensemble et a préparer leur départ avec tant de sang-froid ? Ce roman régional est bien construit et c’est donc à partir d’un réel fait divers que l’auteur a construit son récit. Beaucoup de poésie, les personnages sont bien plantés et exprime de bons sentiments. Derrière cette tragédie, il y a beaucoup d’humanité, d’humilité. Je recommande cette lecture que j’ai absorbé en une journée. Dès les premières pages, je me suis glissée au sein de cette communauté ; emportée par la découverte des lieux et par l’intrigue j’ai lu la totalité de la narration dans la journée. Je vous souhaite de l’apprécier comme je l'ai fait.
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  • JTiel Posté le 14 Juillet 2020
    Louise des Ombrages… C’est l’histoire, imaginée par Yves Viollier, de la courte vie de Marie Renard, une peintre vendéenne retrouvée morte par suicide aux côtés de son père, en 1936. Marie Renard est alors renommée Louise Bernard. Et l’immersion est frontale, dès les premières pages ; les cadavres de Louise et de son père Athanase sont retrouvés dans leur propriété des Ombrages, main dans la main. Ils ont décidé de mettre un terme à leurs vies, s’asphyxiant à l’oxyde de carbone, en prenant soin de calfeutrer les portes et les fenêtres, et sont désormais unis pour l’éternité. C’est à partir de cet événement que nous découvrons leur histoire, de la rencontre entre Athanase et Adrienne au tout début des années 1900, jusqu’à la fin tragique de cette famille, à peine trente ans plus tard. Le choix du prénom du père n’est évidemment pas anodin. Pourtant, la Mort est très présente tout au long du récit, qu’il s’agisse des fausses couches d’Adrienne avant la naissance de Louise, des décès dans la famille, ou les autres, liés à la guerre ou à la peste espagnole. La Vie, quant à elle, est montrée à travers Louise, la combattante. Alors que son père est parti à la guerre,... Louise des Ombrages… C’est l’histoire, imaginée par Yves Viollier, de la courte vie de Marie Renard, une peintre vendéenne retrouvée morte par suicide aux côtés de son père, en 1936. Marie Renard est alors renommée Louise Bernard. Et l’immersion est frontale, dès les premières pages ; les cadavres de Louise et de son père Athanase sont retrouvés dans leur propriété des Ombrages, main dans la main. Ils ont décidé de mettre un terme à leurs vies, s’asphyxiant à l’oxyde de carbone, en prenant soin de calfeutrer les portes et les fenêtres, et sont désormais unis pour l’éternité. C’est à partir de cet événement que nous découvrons leur histoire, de la rencontre entre Athanase et Adrienne au tout début des années 1900, jusqu’à la fin tragique de cette famille, à peine trente ans plus tard. Le choix du prénom du père n’est évidemment pas anodin. Pourtant, la Mort est très présente tout au long du récit, qu’il s’agisse des fausses couches d’Adrienne avant la naissance de Louise, des décès dans la famille, ou les autres, liés à la guerre ou à la peste espagnole. La Vie, quant à elle, est montrée à travers Louise, la combattante. Alors que son père est parti à la guerre, Louise grandit avec sa mère et ses grands-parents aux Ombrages, avec toujours cette attente, impatiente, du retour d’Athanase. Le talent de la jeune fille pour le dessin est très vite décelé par un artiste, qui s’occupera en partie de son éducation. Elle cumulera alors la peinture à son travail dans les marais, pour venir en aide à sa famille. Les malheurs s’enchaînent même après la fin de la guerre. Louise accouche d’un petit garçon, de père inconnu, et être une fille-mère à cette époque est plutôt scandaleux. Le double suicide n’arrangera rien. Le père et la fille n’auront pas droit à l’Eglise, ni à un enterrement digne de ce nom. Ils devront passer par la petite porte du cimetière, les cercueils hissés par-dessus un mur d’enceinte. Et les proches subiront la même humiliation. Les rumeurs vont d’ailleurs bon train quant à ce choix de mort, et la raison restera un mystère jusqu’à la toute fin du roman. Et, pour ma part, ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai vraiment compris l’intérêt de cette histoire. J’ai sans doute été trompée par les premières pages, qui laissent penser à une possible intrigue policière. Hors, il n’en est rien. Le récit ne fait que dépeindre, de manière assez pudique, la vie et surtout les liens de tous ces personnages, sans jamais tomber dans la facilité. Il n’y a ici aucun voyeurisme, aucun épanchement, tout semble relaté plus que raconté, même la mort, pourtant dramatique. On imagine très bien la quantité d’informations recueillies afin de créer cette histoire, tant les conditions de vie et de mort du début du vingtième siècle, dans cette région surnommée la Venise Verte, sont bien décrites. Yves Viollier, originaire de Vendée, est l’auteur, prolifique, d’une trentaine de romans, dont plusieurs nous démontrent son amour de certains territoires de France. Il désirait redonner vie à Marie Renard, et c’est un pari plus que réussi avec Louise des Ombrages, paru aux éditions Presses de la Cité.
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  • LesLecturesDeRudy Posté le 23 Juin 2020
    Je ne connaissais pas Yves Viollier et je suis tombé sur son livre un peu par hasard . Quelle claque ! J'ai découvert un auteur qui sait captiver son lecteur dès les premières lignes et ce malgré un récit sans surprise . En effet le canevas du récit est tout tracé et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seule seconde . L'auteur s'est inspiré de la vie de Marie Renard artiste-peintre et de son suicide pour bâtir un roman qui dépeint (c'est le cas de le dire...) la vie provinciale française dans l'entre deux-guerre. Délicatement , en douceur mais sans fausse pudeur il décrit l'amour d'une fille pour son père avec en toile de fond les blessures jamais pansées des soldats de la grande guerre , l'attente terrible pour les familles sans nouvelles des leurs pendants des mois alors que les combats font tant de victimes.C'est écrit dans un langage très beau , rude mais tendre à la fois avec des personnages très forts même les seconds rôles .Il excelle également dans sa description du marais poitevin à tel point que l'on sent l'air salin et qu'on entend le clapotis de l'eau . Excellent moment de lecture donc... Je ne connaissais pas Yves Viollier et je suis tombé sur son livre un peu par hasard . Quelle claque ! J'ai découvert un auteur qui sait captiver son lecteur dès les premières lignes et ce malgré un récit sans surprise . En effet le canevas du récit est tout tracé et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seule seconde . L'auteur s'est inspiré de la vie de Marie Renard artiste-peintre et de son suicide pour bâtir un roman qui dépeint (c'est le cas de le dire...) la vie provinciale française dans l'entre deux-guerre. Délicatement , en douceur mais sans fausse pudeur il décrit l'amour d'une fille pour son père avec en toile de fond les blessures jamais pansées des soldats de la grande guerre , l'attente terrible pour les familles sans nouvelles des leurs pendants des mois alors que les combats font tant de victimes.C'est écrit dans un langage très beau , rude mais tendre à la fois avec des personnages très forts même les seconds rôles .Il excelle également dans sa description du marais poitevin à tel point que l'on sent l'air salin et qu'on entend le clapotis de l'eau . Excellent moment de lecture donc que je vais compléter en lisant les autres ouvrages de cet auteur .
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  • CDemassieux Posté le 2 Juin 2020
    Louise des Ombrages appartient à ces romans qu’on dit régionalistes parce qu’il y est question de cette France profonde dont on balaie souvent l’existence sous le tapis urbain. Cette France que, précisément, le personnage de Louise désire représenter sur ses toiles : « Moi, je veux peindre les marais, rien que les marais, les gens qu’on ne voit pas, ce qui n’est pas intéressant », confesse-t-elle au peintre qui la forme parce qu’elle a un don exceptionnel. Mais à ce compte-là, Jean Giono ; François Mauriac ; le Balzac d’Eugénie Grandet ; Madame Bovary ou Un Cœur simple de Flaubert, etc., sont régionalistes. Mieux vaut faire l’impasse sur cette définition un tantinet condescendante et de se contenter de lire Louise des Ombrages comme un roman tragique et magnifique à la fois qui, par son sujet dérangeant, dépasse le cadre strict du sud de la Vendée, dans ce fameux Marais poitevin qui, à l’époque du récit – avant, pendant et après la guerre 1914-1918 –, n’était pas cette douce Venise verte que nous chantent les guides touristiques. La vie y était en effet bien plus rude, mais ses habitants ne connaissant qu’elle, ne l’auraient pas troquée pour une autre, à commencer... Louise des Ombrages appartient à ces romans qu’on dit régionalistes parce qu’il y est question de cette France profonde dont on balaie souvent l’existence sous le tapis urbain. Cette France que, précisément, le personnage de Louise désire représenter sur ses toiles : « Moi, je veux peindre les marais, rien que les marais, les gens qu’on ne voit pas, ce qui n’est pas intéressant », confesse-t-elle au peintre qui la forme parce qu’elle a un don exceptionnel. Mais à ce compte-là, Jean Giono ; François Mauriac ; le Balzac d’Eugénie Grandet ; Madame Bovary ou Un Cœur simple de Flaubert, etc., sont régionalistes. Mieux vaut faire l’impasse sur cette définition un tantinet condescendante et de se contenter de lire Louise des Ombrages comme un roman tragique et magnifique à la fois qui, par son sujet dérangeant, dépasse le cadre strict du sud de la Vendée, dans ce fameux Marais poitevin qui, à l’époque du récit – avant, pendant et après la guerre 1914-1918 –, n’était pas cette douce Venise verte que nous chantent les guides touristiques. La vie y était en effet bien plus rude, mais ses habitants ne connaissant qu’elle, ne l’auraient pas troquée pour une autre, à commencer par Athanase, le père de Louise. Il y a, dans ce drame provoqué par la grande Histoire, l’avant et l’après ; comme un vase brisé qu’on recollerait mais laisserait de profondes marques impossibles à faire disparaître. Ainsi, la vie simple et heureuse d’une famille se trouve broyée par la Première Guerre mondiale. Ce qui me fait dire que le roman d’Yves Viollier ressemble, dans sa forme, au film de Michael Cimino, Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter). Car l’Histoire prend sans demander, emporte les existences dans son tourbillon dévorant. La guerre ne lâche pas ses proies aussi facilement, abîmant définitivement l’existence pourtant prometteuse de Louise. Après les obus et le gaz pour son père, il y aura entre autres la grippe espagnole pour sa grand-mère : « C’est à cause de cette saloperie de guerre. Ils prétendent qu’elle est finie. Les organismes sont à bout. La maladie est forte parce que les malades sont épuisés. La guerre continue, ici », affirme avec raison un médecin venu dans la maison familiale – les Ombrages – pour constater que le malheur la poursuit. Comme décor – éminemment signifiant – il y a le marais, semblant au diapason de l’humeur des personnages, de leurs états d’âme. Ce marais, où son père et son oncle naviguaient dans leur jeunesse et que Louise ressent elle-même comme une évidence, apparaît tel un labyrinthe…à l’image de sa vie. « Rendez droits ces chemins qui font de si longs détours », exhorte-t-elle d’ailleurs un couple de ses amis au dos d’un tableau qu’elle leur offre. Le ton n’est pourtant pas lourd de ces émotions faciles qui forcent artificiellement le sentiment. Alors que cette histoire est bien lourde de malheurs qui, tous, convergent vers les ténèbres de la guerre, elle conserve une pudeur et une subtilité qui coulent comme l’eau des marais, encore eux. Voilà ce que recèle le roman d’Yves Viollier, lequel fait songer à cette phrase fameuse de Marcel Pagnol dans Le Château de ma mère : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins. » Louise des Ombrages est encore un roman de la contemplation picturale et pour cause : « La vue sur le marais était belle à cette heure immobile. Le quadrillage des rigoles et des canaux et les méandres de la rivière s’étalaient d’un côté à travers les terres plates labourées du marais desséché et, de l’autre, les frondaisons des arbres dressaient leur muraille verte sur le marais mouillé. » Et, çà et là, des phrases s’immiscent pour la beauté du style ; un style qui n’en fait jamais trop et on lui en sait gré : « Les visiteurs s’avançaient dans la cuisine aux volets clos, les yeux aveugles au sortir de la lumière du dehors, ils tâtonnaient vers le rameau de buis. » Parce qu’il est tout de même question d’art dans ces pages si délicatement remplies. Enfin, Louise des Ombrages – inspiré de la vie de Marie Renard, elle-même peintre –, est un roman de femmes, celles qui, à l’arrière, durent pallier le manque d’hommes occupés à grignoter l’ennemi, suivant la phrase malheureuse du général Joffre pour justifier le nombre ahurissant de morts lors des combats. « C’est notre destin à nous, les filles, ma chérie, pétrir, être pétrie », dira avec fatalisme Marie-des-Berceaux à Louise en train de l’accoucher. Pour conclure, laissons le mot de la fin à l’auteur par cette phrase qui résume si bien son roman : « La terre a de la mémoire, elle se souvient des événements obscurs »… (Je remercie l’auteur et son éditeur qui m’ont généreusement adressé cet ouvrage, ainsi que Michel Chamard sans qui cette rencontre littéraire n’aurait pu se faire…)
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  • carnetdelecture Posté le 1 Mai 2020
    Yves Viollier dresse un portrait bienveillant de ces personnages malmenés par la vie, ce qui nous les rend attachants. Son écriture, toujours délicate, sensible et pudique, nous fait voir les dessous d'une famille particulière, sans jamais juger des comportements des protagonistes. Et même si Louise des Ombrages souffre parfois de quelques longueurs, cela reste un très bon roman comme sait les écrire Yves Viollier.
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