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Héloïse d'Ormesson
EAN : 9782350874661
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 268
Format : 140 x 205 mm

Taxi Curaçao

DANIEL CUNIN (Traducteur)
Date de parution : 23/08/2018
À travers cette chronique sur trois générations, Taxi Curaçao dresse un portrait coup de poing de ce pays qui porte les stigmates de la colonisation et semble condamné à la corruption et à la pauvreté. Brijs, l’un des plus grands conteurs belges, livre un texte puissant, parfois violent, qui ne cesse d’osciller entre les extrêmes, amour et haine, fortune et ruine, culpabilité et rédemption.
 
Curaçao, Caraïbes, 1961. Max Tromp débarque un matin dans la classe du Frère Daniel conduit par son père, chauffeur de taxi – une Dodge Matador flamboyante loin de passer inaperçue dans la misère locale. Du haut de ses 12 ans, c’est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais... Curaçao, Caraïbes, 1961. Max Tromp débarque un matin dans la classe du Frère Daniel conduit par son père, chauffeur de taxi – une Dodge Matador flamboyante loin de passer inaperçue dans la misère locale. Du haut de ses 12 ans, c’est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais lorsque son père tombe malade, il n’a d’autre choix que d’y renoncer et prendre à son tour le volant de la Dodge. Les années s’égrènent, la précarité demeure reine. Max épouse Lucia, avec laquelle il a un fils. Sonny, lui aussi excellent élève, réveille l'espoir de s’extraire du destin familial... jusqu'au moment où tout fout le camp, à commencer par l'innoncence. 
Frère Daniel prête sa voix à la famille Tromp et nous raconte leur histoire.
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EAN : 9782350874661
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 268
Format : 140 x 205 mm
Héloïse d'Ormesson

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Cigale17 Posté le 6 Août 2019
    Comme le titre l'indique, le roman se déroule à Curaçao, une des îles Sous-le-Vent, dans la mer des Caraïbes, île qui a obtenu son autonomie en 2010 seulement, neuf ans après la fin de cette histoire racontée à la première personne. Le narrateur, le frère Daniel, un des premiers frères noirs originaire de l'île parmi cette communauté religieuse hollandaise, exerce le métier d'instituteur. Du 18 juillet 2001 en fin d'après-midi jusqu'au petit matin du 19 juillet, il va nous relater l'histoire d'une même famille, sur trois générations, de 1961 à 2001. Le très bref dernier chapitre se situe le 26 juillet. Le roman est donc constitué de fréquents retours en arrière, plus ou moins loin dans le passé, mais les confidences des protagonistes rapportées par le frère Daniel remontent parfois au-delà des années 60. La complexité de cette narration n'est qu'apparente : c'est très facile à suivre. On peut malheureusement déplorer un style assez plat et pas mal de scories linguistiques. Si Max Tromp est le personnage central du roman, Roy, son père, se révèle pesamment présent… Bel homme, bien bâti, séducteur, machiste, jouisseur, affabulateur et mythomane, brutal, dépensier, joueur, manipulateur, profiteur, il faut être amoureuse comme Myrna pour lui trouver... Comme le titre l'indique, le roman se déroule à Curaçao, une des îles Sous-le-Vent, dans la mer des Caraïbes, île qui a obtenu son autonomie en 2010 seulement, neuf ans après la fin de cette histoire racontée à la première personne. Le narrateur, le frère Daniel, un des premiers frères noirs originaire de l'île parmi cette communauté religieuse hollandaise, exerce le métier d'instituteur. Du 18 juillet 2001 en fin d'après-midi jusqu'au petit matin du 19 juillet, il va nous relater l'histoire d'une même famille, sur trois générations, de 1961 à 2001. Le très bref dernier chapitre se situe le 26 juillet. Le roman est donc constitué de fréquents retours en arrière, plus ou moins loin dans le passé, mais les confidences des protagonistes rapportées par le frère Daniel remontent parfois au-delà des années 60. La complexité de cette narration n'est qu'apparente : c'est très facile à suivre. On peut malheureusement déplorer un style assez plat et pas mal de scories linguistiques. Si Max Tromp est le personnage central du roman, Roy, son père, se révèle pesamment présent… Bel homme, bien bâti, séducteur, machiste, jouisseur, affabulateur et mythomane, brutal, dépensier, joueur, manipulateur, profiteur, il faut être amoureuse comme Myrna pour lui trouver la moindre qualité ! Myrna, la mère de Max rêve que Roy se mette enfin en ménage avec elle et qu'il élève leur fils comme un père devrait le faire. Roy n'aura aucun scrupule à briser tous les rêves de son fils pour satisfaire la passion inconditionnelle qu'il porte à son taxi, une Dodge Matador qui cristallisera bien des malheurs… Roy exercera ensuite une bien mauvaise influence sur le très malléable Sonny, le fils de Max. De nombreux thèmes s'entrecroisent dans ce roman. La relation père-fils est évidemment importante, mais elle ne se révèle satisfaisante ni pour Max (Roy est assurément un père exécrable), ni pour Sonny : Max fait tout ce qu'il peut pour assurer à son fils et à sa femme un très relatif confort matériel malgré leur terrible pauvreté, mais Sonny rêve d'autre chose. Le poids du déterminisme social maintiendra les trois générations dans la misère. S'ajoutent à cela les aléas de l'histoire, les tensions raciales et les préjugés qui les accompagnent, la chape que constitue la colonisation ainsi qu'un certain fatalisme, tant de la part des colonisateurs que des colonisés. Le personnage qui m'a le plus intéressée, c'est frère Daniel. Originaire de l'ile, seul Noir au sein d'une communauté religieuse blanche, parfaitement calibré par la religion et la colonisation, il lui faudra un séjour en Hollande et le coup de colère d'un autre frère pour prendre conscience que, depuis toujours, il n'avait fait que « caresser [s]es coreligionnaires dans le sens du poil » (p. 145). Au retour, il quittera ses habits religieux pour adopter un costume civil qui lui fait perdre son statut particulier : il n'est plus identifiable, il est un Noir parmi les autres... J'ai trouvé ce livre intéressant parce que j'ai appris beaucoup de choses sur l'île et la vie qu'on y menait, qu'on y mène probablement encore. Je n'ai pourtant pas réussi à éprouver plus qu'une empathie passagère pour les personnages, même pour Max, même pour Myrna. Peut-être parce que, malgré leurs indéniables qualités, ni Max ni Myrna ne réussissent à mettre un terme à la domination de Roy, assez habile pour se poser en victime dès le début. En fait, je leur reproche la même chose que le frère Daniel. Bien involontairement, je partage sans doute quelques-uns de ses préjugés. Un conseil : amateurs de romans « feel-good », passez votre chemin… Lu dans le cadre du prix des Lecteurs de Cognac 2019
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  • Herve-Lionel Posté le 21 Avril 2019
    La Feuille Volante n° 1344 – Avril 2019. Taxi Curaçao– Stefan Brijs – Éditions Héloïse d'Ormesson. Traduit du néerlandais (Belgique) par Daniel Cunin. Max Tromp , 12 ans, n'est pas peu fier de débarquer, un matin de 1961 dans la classe du Frère Daniel à Barber (Caraïbes néerlandaises), dans la Dodge Matador rutilante conduite par son père, Roy, chauffeur de taxi. On ne peut pas ne pas la remarquer tant la misère fait partie de ce lieu. Pourtant les relations entre eux sont difficiles et la famille s'est désunie à cause du père menteur et volage. Max est un élève brillant et se voit bien devenir instituteur. Le Frèr Daniel, qui est noir et originaire de ce pays, obtiendra pour lui une bourse qui lui permettra de poursuivre ses études, mais s'il représente un espoir pour cette famille, le père, Roy, en est toujours absent. Oui, mais voilà, comme lui comme pour les autres le destin lui sera contraire et quand son père tombe malade, revient au foyer qu'il avait abandonné, Max n'a d'autre choix que d'abandonner ses études et devenir à son tour chauffeur de taxi avec la vieille Dodge Matador, en renonçant à son rêve de devenir instituteur. Les années passent,... La Feuille Volante n° 1344 – Avril 2019. Taxi Curaçao– Stefan Brijs – Éditions Héloïse d'Ormesson. Traduit du néerlandais (Belgique) par Daniel Cunin. Max Tromp , 12 ans, n'est pas peu fier de débarquer, un matin de 1961 dans la classe du Frère Daniel à Barber (Caraïbes néerlandaises), dans la Dodge Matador rutilante conduite par son père, Roy, chauffeur de taxi. On ne peut pas ne pas la remarquer tant la misère fait partie de ce lieu. Pourtant les relations entre eux sont difficiles et la famille s'est désunie à cause du père menteur et volage. Max est un élève brillant et se voit bien devenir instituteur. Le Frèr Daniel, qui est noir et originaire de ce pays, obtiendra pour lui une bourse qui lui permettra de poursuivre ses études, mais s'il représente un espoir pour cette famille, le père, Roy, en est toujours absent. Oui, mais voilà, comme lui comme pour les autres le destin lui sera contraire et quand son père tombe malade, revient au foyer qu'il avait abandonné, Max n'a d'autre choix que d'abandonner ses études et devenir à son tour chauffeur de taxi avec la vieille Dodge Matador, en renonçant à son rêve de devenir instituteur. Les années passent, Max, épouse Lucia qui lui donne un fils, Sonny, sur qui repose l'espoir familial de sortir de cette condition précaire qu'ont aggravé les émeutes ouvrières de 1969 qui ont embrasé l'île de Curaçao. On appelle cela les promesses de la vie, qui pourtant n'en fait aucune, et l'imagination est toujours féconde quand il s'agit de son propre avenir. Malheureusement la réalisation de ces fantasmes est rarement au rendez-vous et Max n'échappe pas à cette règle. C'est le Frère Daniel qui prête sa voix à cette saga pleine de rebondissements et d'anecdotes de la famille Tromp, sur trois générations. L'auteur évoque la place des femmes dans cette société, le destin de ces îles pourtant paradisiaques qui ont été la proie de la colonisation et qui, sous couvert d'une politique d'émancipation des populations locales n'a finalement engendré que pauvreté, corruption, exclusion et évidemment racisme. Il y a aussi une étude sociologique, celle de la société des noirs parfaitement résumée par l'exergue, les femmes qui travaillent et les hommes qui friment, avec, au sein de cette famille, les mensonges de Roy mais aussi de Max au sujet de l'argent et la culpabilité ressentie sincèrement par ce dernier. A travers Frère Daniel, c'est l'action de l’Église et la sienne propre et surtout l'abnégation de ses missionnaires qui est ici mise en avant, leur sens du combat aux cotés des plus démunis même si la révolte des noirs est aveugle, s'exprime dans le cadre général de la colonisation, de la haine du « blanc » et frappe ainsi ceux qui les ont toujours défendus. Il y a aussi une réflexion sur le phénomène colonial, cette attitude de mépris de la classe dirigeante blanche qui maintient les noirs dans un état d'infériorité en raison d'une supposée supériorité mais aussi la recherche du profit au détriment des populations locales. Le plus étonnant est de Frère Daniel, malgré ses origines et peut-être un peu malgré lui-même, a contribué à faire entrer les noirs dans un moule fabriqué par les colons pour mieux les dominer. Il prend conscience de cela et culpabilise à un point tel qu'il décide de troquer sa soutane pour des vêtements civils, ce qui est plus qu'un symbole. Avec la troisième génération de Tromp, l'auteur introduit l'argent facile, le trafic de drogue et ses dangers, le destin de Max, et on imagine ce que sera la vie future de Sonny. Il y a aussi cette étude de personnages, Roy est un être détestable, hâbleur, menteur, égoïste et Max est plein de bonne volonté, fait ce qu'il peut pour les siens avec un sens aigu du sacrifice, mais est poursuivi par un destin tragique qui s'acharne sur lui. Sa vie aurait pu être belle mais ne l'a pas été. Cette saga est évoquée par le Frère Daniel, cet homme d’Église bienveillant et peut-être un peu trop idéaliste voire utopique face aux populations qu'il entend protéger, qui est fidèle à ses vœux est malgré tout d'un engagement religieux et personnel inébranlable. Non seulement il a fait de la défense de Max et de sa famille un des buts de sa vie mais cette action individuelle s'inscrit dans une sorte de recherche de rédemption personnelle. En toile de fond, il y a cette voiture vieillissante, qui, comme lui, est le témoin de la déchéance de cette famille. Le style est quelconque, pas vraiment attirant, entrecoupé d'expressions locales évoquant des coutumes, des croyances et des superstitions, de phrases en anglais, mais le message au contraire est important. ©Hervé Gautier.
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  • traversay Posté le 22 Décembre 2018
    L'île de Curaçao, pour le visiteur lambda, a tout d'une contrée paradisiaque. Moins bétonnée que sa voisine d'Aruba, prisée par les touristes américains, elle offre une nature exubérante et de merveilleuses plages de sable blond. Mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse Stefan Brijs dans Taxi Curaçao. L'auteur flamand, enfin traduit en français depuis Le faiseur d'anges, avait frappé un grand coup avec Courrier des tranchées. Dans un tout autre genre, ce roman est tout aussi passionnant. L'histoire est racontée par un prêtre et enseignant noir autour d'un chauffeur de taxi, puis de son fils, victime d'un certain déterminisme social, effet collatéral du colonialisme (Curaçao est désormais un état autonome des Pays-Bas depuis 2010 après avoir fait partie des Antilles néerlandaises). Le regard chaleureux et bienveillant de ce prêtre, qui ne pratique pas la langue de bois auprès de ses ouailles et s'exprime avec une une grande liberté et lucidité, donne au récit de véritables couleurs, loin d'un exotisme facile. La véritable transmission se révèle être celle de la pauvreté et des espoirs déçus et le dénouement du livre, particulièrement brutal, participe d'un pessimisme profond qui malheureusement ne semble pas être simplement une posture de l'auteur concernant les natifs... L'île de Curaçao, pour le visiteur lambda, a tout d'une contrée paradisiaque. Moins bétonnée que sa voisine d'Aruba, prisée par les touristes américains, elle offre une nature exubérante et de merveilleuses plages de sable blond. Mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse Stefan Brijs dans Taxi Curaçao. L'auteur flamand, enfin traduit en français depuis Le faiseur d'anges, avait frappé un grand coup avec Courrier des tranchées. Dans un tout autre genre, ce roman est tout aussi passionnant. L'histoire est racontée par un prêtre et enseignant noir autour d'un chauffeur de taxi, puis de son fils, victime d'un certain déterminisme social, effet collatéral du colonialisme (Curaçao est désormais un état autonome des Pays-Bas depuis 2010 après avoir fait partie des Antilles néerlandaises). Le regard chaleureux et bienveillant de ce prêtre, qui ne pratique pas la langue de bois auprès de ses ouailles et s'exprime avec une une grande liberté et lucidité, donne au récit de véritables couleurs, loin d'un exotisme facile. La véritable transmission se révèle être celle de la pauvreté et des espoirs déçus et le dénouement du livre, particulièrement brutal, participe d'un pessimisme profond qui malheureusement ne semble pas être simplement une posture de l'auteur concernant les natifs de Curaçao mais bien proche d'une triste réalité. Une situation que, bien entendu, le touriste lambda ne verra pas lors de son séjour.
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  • GuilhemL Posté le 5 Novembre 2018
    Une très belle histoire que celle de la famille de ce chauffeur de taxi dans Curacao, l'une des îles Sous-le-Vent dans les Petites Antilles. A travers la vide de cette famille, nous observons leur lutte pour se sortir de leur condition misérable grâce à l’enseignement prodiguée par un prêtre hollandais, cette espérance folle que tout va s’arranger malgré les bouleversements que va subir cette île des années 60 à nos jours. Ce livre est très touchant par la proximité qu’il crée entre nous et ses personnages même longtemps après avoir lu la dernière page, et par cet affrontement avec les difficultés que la vie apporte quelquefois, telles des vagues qui continuent d’affluer régulièrement vers nous.
  • fdm Posté le 1 Novembre 2018
    Un grand merci à Babelio et aux éditions Héloïse d'Ormesson pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique car ce fut une belle découverte. On y découvre l'île de Curaçao qui fait partie des Petites Antilles et qui appartenait aux Antilles néerlandaises jusqu'en 2010. On y suit un prêtre instituteur noir, ce qui était très rare dans les années 60 sur cette île et une famille pauvre dont le père est chauffeur de taxi et le fils rêve de devenir lui aussi instituteur. Les personnages sont extrêmement touchants, l'écriture agréable et on apprend plein de choses sur la vie dans cette petite île et la façon dont elle a évolué entre les années 60 et le début du 21ème siècle, notamment en raison du développement du trafic de drogue. Un livre très touchant et très intéressant que je vous recommande vivement.
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