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Héloïse d'Ormesson
EAN : 9782350874487
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 205
Format : 140 x 205 mm

Une famille très française

Date de parution : 12/04/2018
Avec justesse, Maëlle Guillaud soulève la question de l’identité et de la différence. Cette famille si parfaite en apparence se révèle être un leurre. Tout en subtilité, Une famille très française nous plonge dans les doutes d’une adolescente et épingle les conventions.
Charlotte est en admiration devant la famille de sa meilleure amie, Jane, dont l’impeccable éducation, l’élégance et la réussite bourgeoise l’éblouissent. D’autant que Charlotte, d’origine séfarade du côté maternel, trouve les siens à la fois adorables et passablement gênants avec leur chaleureuse exubérance. Dans sa Savoie natale la générosité un... Charlotte est en admiration devant la famille de sa meilleure amie, Jane, dont l’impeccable éducation, l’élégance et la réussite bourgeoise l’éblouissent. D’autant que Charlotte, d’origine séfarade du côté maternel, trouve les siens à la fois adorables et passablement gênants avec leur chaleureuse exubérance. Dans sa Savoie natale la générosité un rien ostentatoire de sa mère tranche. Elle en a honte. Par dessus tout ses rondeurs et sa peau mate la complexent. Elle donnerait tout pour la silhouette élancée et la blondeur de Jane et pour une mère au raffinement discret.
Mais à mesure qu’elle se rapproche de cette famille tant fantasmée, la façade se fissure. Bernard, le père, lui fait des avances. Pire encore, après un délit de fuite, il menace la jeune femme de l’impliquer si elle parle à la police. Terrorisée, Charlotte garde le silence.
Une fois à la Sorbonne, Charlotte élargit ses horizons : elle accepte mieux les siens et se fait de nouvelles amies, moins conformistes. À Paris, elle prend du recul et porte enfin un autre regard sur cette famille si française.
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EAN : 9782350874487
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 205
Format : 140 x 205 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lettres_et_caracteres Posté le 21 Août 2019
    Lorsqu’elle fait la connaissance de la famille très petits-bourgeois, de son amie Jane, Charlotte perçoit le fossé culturel qui les sépare. Jane Duchesnais, prénommée ainsi par sa mère Marie-Christine en hommage à Jane Austen, a grandi dans une famille très française, très catholique, très comme il faut. Charlotte Prieur, derrière un nom bien franchouillard cache des origines mêlées puisqu’elle a grandi dans les jupons d’une mère juive marocaine aux us et coutumes dépassées et à l’hospitalité bruyante. Il ne faudra pas longtemps à la jeune fille pour envier le savoir-vivre de la famille de Jane et se couvrir de honte face à la volubilité de sa mère qui mélange français et arabe dans une même phrase. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’une ado un peu rondelette, nourrie aux pâtisseries orientales de sa grand-mère se prenne à rêver de s’habiller comme ses copines des beaux quartiers avant de se rendre compte que son corps généreux n’est pas fait pour se fondre dans le même moule. En quête de son identité, c’est auprès des Duchesnais qu’elle cherche exemple. Jusqu’au jour où tout bascule, que le décor craquelle et laisse entrevoir une réalité bien moins reluisante. Dans ce roman d’apprentissage teinté de noir,... Lorsqu’elle fait la connaissance de la famille très petits-bourgeois, de son amie Jane, Charlotte perçoit le fossé culturel qui les sépare. Jane Duchesnais, prénommée ainsi par sa mère Marie-Christine en hommage à Jane Austen, a grandi dans une famille très française, très catholique, très comme il faut. Charlotte Prieur, derrière un nom bien franchouillard cache des origines mêlées puisqu’elle a grandi dans les jupons d’une mère juive marocaine aux us et coutumes dépassées et à l’hospitalité bruyante. Il ne faudra pas longtemps à la jeune fille pour envier le savoir-vivre de la famille de Jane et se couvrir de honte face à la volubilité de sa mère qui mélange français et arabe dans une même phrase. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’une ado un peu rondelette, nourrie aux pâtisseries orientales de sa grand-mère se prenne à rêver de s’habiller comme ses copines des beaux quartiers avant de se rendre compte que son corps généreux n’est pas fait pour se fondre dans le même moule. En quête de son identité, c’est auprès des Duchesnais qu’elle cherche exemple. Jusqu’au jour où tout bascule, que le décor craquelle et laisse entrevoir une réalité bien moins reluisante. Dans ce roman d’apprentissage teinté de noir, l’auteure parvient à dresser le portrait d’une jeunesse tiraillée entre des origines dans lesquelles elle ne se reconnait pas et une société dans laquelle elle a grandi mais qui ne la reconnait pas vraiment non plus. Est-on seulement le fruit de ses parents ou peut-on s’affranchir de son éducation pour s’envoler vers de nouveaux horizons ? Et en se faisant, ne risque-t-on pas d’être ébloui par des mirages et de perdre ce qui fait de nous ce que nous sommes ? Face à cette question de la quête d’identité, l’auteure a évité de tomber dans la facilité en opposant d’un côté la famille bourgeoise et française de souche et de l’autre la famille de prolétaires issus de l’immigration. Car si Charlotte vit mal ses origines maternelles, elle pourrait s’enorgueillir d’être la fille d’un père bien français, médecin de surcroît. Une réussite en soi mais qui ne suffit pas à la jeune fille pour s’élever dans le regard des autres. Certainement parce que c’est dans son propre regard que la lutte des classes a vraiment lieu. Au moins jusqu’à ce que Charlotte comprenne que certaines valeurs comme le courage, la moralité, l’empathie, la générosité, le respect des autres sont des richesses qu’on ne peut pas acheter comme un vulgaire carré Hermès. Jusqu’au moment où elle prendra conscience que l’image que certains essayent de renvoyer aux autres n’est bâtie que sur un tissu de mensonges. Un très beau roman qui bouscule tout autant qu’il passionne son lecteur.
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  • SophiedeCaen Posté le 1 Juillet 2019
    Une très jolie découverte, l'idéalisation de la famille parfaite au travers des yeux d'une ado de 17 ans, les différences de cultures, la quête d'appartenance sans pour autant perdre le sens des valeurs familiales
  • Carole75 Posté le 15 Juin 2018
    Après avoir découvert Maëlle Guillaud à travers Lucie ou la vocation, j’étais très curieuse de découvrir son second roman, Une famille très française. J’y ai retrouvé des similitudes avec son premier roman : de nouveau un roman d’apprentissage, encore un personnage de jeune fille comme fil conducteur, la tentative de s’émanciper de sa famille. La religion est également présente, même si elle est moins centrale que dans Lucie ou la vocation, et s’il ne s’agit pas de la même religion. Ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’un remake de son premier roman ! Le contexte est totalement différent. Nous accompagnons ici Charlotte, jeune fille issue d’une famille d’origine juive marocaine très aimante mais parfois étouffante. Elle tombe en admiration pour la famille Duchesnais, à ses yeux la famille française (bourgeoise) idéale : unie, distinguée, attachée à la liberté individuelle, et dont la réussite professionnelle et sociale du père de famille l’éblouit. Mais cette famille cache un visage bien plus sombre, en particulier le père qui entraîne Charlotte à porter un secret bien lourd. On y parle de jugement, de viol, de meurtre…. Et voilà que l’image parfaite de cette famille très française vole en éclats. J’ai été... Après avoir découvert Maëlle Guillaud à travers Lucie ou la vocation, j’étais très curieuse de découvrir son second roman, Une famille très française. J’y ai retrouvé des similitudes avec son premier roman : de nouveau un roman d’apprentissage, encore un personnage de jeune fille comme fil conducteur, la tentative de s’émanciper de sa famille. La religion est également présente, même si elle est moins centrale que dans Lucie ou la vocation, et s’il ne s’agit pas de la même religion. Ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas d’un remake de son premier roman ! Le contexte est totalement différent. Nous accompagnons ici Charlotte, jeune fille issue d’une famille d’origine juive marocaine très aimante mais parfois étouffante. Elle tombe en admiration pour la famille Duchesnais, à ses yeux la famille française (bourgeoise) idéale : unie, distinguée, attachée à la liberté individuelle, et dont la réussite professionnelle et sociale du père de famille l’éblouit. Mais cette famille cache un visage bien plus sombre, en particulier le père qui entraîne Charlotte à porter un secret bien lourd. On y parle de jugement, de viol, de meurtre…. Et voilà que l’image parfaite de cette famille très française vole en éclats. J’ai été particulièrement touchée par le cheminement de Charlotte : la richesse, la sincérité et l’authenticité ne sont finalement pas là où elle le pensait initialement. Sans vous dévoiler l’histoire ni la fin, je vous dirai qu’il s’agit surtout d’un livre qui déborde de tendresse, de pudeur, et d’amour, un éloge aux racines familiales : la famille parfaite n’est-elle finalement pas envahissante et spontanée … avec une grand-mère juive aussi aimante et généreuse que ses pâtisseries sont sucrées? !!! Un second roman très réussi. Merci aux éditions Héloïse d’Ormesson pour cette découverte.
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  • virginie-musarde Posté le 6 Juin 2018
    Elle a une jolie plume, Maëlle Guillaud ! Et elle restitue finement les atermoiements de l'adolescence, quand on se cherche un modèle, et si possible en dehors de sa propre famille ! C'est ainsi qu'est Charlotte, dont la grand-mère maternelle est juive séfarade et marocaine, et le père toubib catholique, qui lorgne sur cette famille bourgeoise, très franco-française, "bien comme il faut". Une famille parfaite en apparence mais qui cache des secrets. Un roman agréable qui explore les questions d'identité et d'héritage (à quelle famille appartient-on ? Peut-on vraiment s'éloigner de ses racines, les renier ?), de la construction de soi et de sa propre projection dans la société (à quel groupe souhaite-t-on ressembler, s'assimiler ?). Un roman d'apprentissage en quelque sorte, qui raconte la relation de Charlotte avec les siens et avec le monde qui l'entoure, qui joue aussi des ambiguïtés, des ambivalences. Mais...un roman qui m'a semblé un peu brouillon, malgré tout ! J'ai pourtant beaucoup aimé la relation de Charlotte avec sa grand-mère, j'ai aimé le style et la façon qu'a eu l'auteur d'explorer les sentiments de cette jeune fille. Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour être vraiment conquise ! Dommage.
  • hcdahlem Posté le 16 Avril 2018
    Quand les Duchesnais se déchaînent Dans son second roman, Maëlle Guillaud choisit de suivre une jeune fille qui va devoir se construire suite à un drame qu’elle a promis d’occulter. Après Lucie ou la vocation, un premier roman étonnant sur l’appel de la foi qui va pousser une jeune étudiante à abandonner famille et amie pour devenir Sœur Marie-Lucie, Maëlle Guillaud poursuit sa quête de l’identité en nous offrant de pénétrer dans l’intimité d’Une famille très française. Sorte d’archétype de la famille bourgeoise, les Duchesnais sont pour Charlotte, la narratrice, une sorte d’idéal qu’elle peut approcher grâce à son amie Jane qui – Ô joie – l’invite chez elle, lui présente son frère Gabriel, sa mère Marie-Christine et son père Bernard. Le monde qu’elle découvre lui semble à des années-lumière de son quotidien ancré dans toutes sortes de règles et de contraintes. Au fur et à mesure que sa relation avec Jane s’étoffe, son malaise va croître. Pourquoi sa mère se sent elle investie de la mission de la protéger coûte que coûte? Pourquoi ne peut-elle pas s’habiller de façon plus moderne? Pourquoi sa grand-mère Ichter s’obstine-t-elle à ressasser ses souvenirs du Maroc, à lui faire la cuisine de «là-bas»? Pourquoi faut-il célébrer... Quand les Duchesnais se déchaînent Dans son second roman, Maëlle Guillaud choisit de suivre une jeune fille qui va devoir se construire suite à un drame qu’elle a promis d’occulter. Après Lucie ou la vocation, un premier roman étonnant sur l’appel de la foi qui va pousser une jeune étudiante à abandonner famille et amie pour devenir Sœur Marie-Lucie, Maëlle Guillaud poursuit sa quête de l’identité en nous offrant de pénétrer dans l’intimité d’Une famille très française. Sorte d’archétype de la famille bourgeoise, les Duchesnais sont pour Charlotte, la narratrice, une sorte d’idéal qu’elle peut approcher grâce à son amie Jane qui – Ô joie – l’invite chez elle, lui présente son frère Gabriel, sa mère Marie-Christine et son père Bernard. Le monde qu’elle découvre lui semble à des années-lumière de son quotidien ancré dans toutes sortes de règles et de contraintes. Au fur et à mesure que sa relation avec Jane s’étoffe, son malaise va croître. Pourquoi sa mère se sent elle investie de la mission de la protéger coûte que coûte? Pourquoi ne peut-elle pas s’habiller de façon plus moderne? Pourquoi sa grand-mère Ichter s’obstine-t-elle à ressasser ses souvenirs du Maroc, à lui faire la cuisine de «là-bas»? Pourquoi faut-il célébrer deux fêtes juives alors qu’elle est catholique? Autant de questions qui dérangent Charlotte quand elle voit la liberté qui semble présider au mode de vie des Duchesnais. Et qu’elle entend désormais faire sienne en s’éloignant des siens qu’elle rejette petit à petit. Le jour où les Duchesnais sont invités chez elle, que sa grand-mère leur propose des mouffletas, les crêpes marocaines, elle ne pourra se départir de ce sentiment. Quand Marie-Christine s’exclame « Hmm… c’est … c’est très bon, mais un peu gras, non?» elle a envie de fuir. D’autant qu’elle s’entend répondre «C’est meilleur avec du miel ou de la confiture». Si seulement le dîner pouvait s’arrêter… «Charlotte est terriblement gênée par le relâchement de sa grand-mère, ses accoutrements lui paraissent ridicules et lui font honte.» Son rêve serait de vivre chez les Duchesnais, intégrer cette famille. Pourtant, derrière l’harmonie et le clinquant affichés, il y a aussi une partie plus sombre. Si le père de Jane est l’incarnation de la réussite et que «tout en lui respire l’assurance et l’argent. Ses gestes, la souplesse de sa conduite, son énorme montre au bracelet en cuir tabac», il entend aussi jouer de son pouvoir. Un soir, il pénètre dans la chambre de leur jeune invitée et glisse «sa main sous la couette. Sur son corps… Non, non, c’est l’alcool qui lui a tourné la tête. Qui lui fait imaginer une situation invraisemblable. Sa main sur son sein. Son souffle près de son visage. Son regard lourd de menace. Et si c’était un cauchemar? Tout simplement… Pourtant, elle n’a pas rêvé.» Mais elle ne peut rien dire, faute de voir son rêve d’intégration s’envoler. Car désormais Charlotte «se voit à travers le regard de Jane, de cette famille si française qui ne connaît rien des difficultés de l’exil, de l’adaptation, rien des épreuves de la vie, elle en est persuadée.» Un aveuglement qui va prendre une dimension tragique lorsque Bernard qui a embarqué Charlotte dans sa voiture renverse un homme et prend la fuite et entend réduire sa passagère au silence. Le plus facile, du moins le pense-t-elle, serait effectivement de nier. D’autant que les menaces se font précises. Que l’affirmation de Jane qui trouve son papa formidable, « Faut dire que papa, rien ne lui résiste. Il obtient toujours ce qu’il veut », résonne très bizarrement à son oreille. Mais vivre avec ce mensonge est tout aussi difficile, d’autant que la victime n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit du mari de la femme de ménage des Duchesnais. «Le mépris qu’elle ressent pour elle-même la paralyse.» Et puis il y a Gabriel qui le la laisse pas indifférente. Prise dans un engrenage qui peut la broyer, Charlotte ne veut pas voir les avertissements. Y compris quand ceux-ci débouchent sur la violence. Quand sa «meilleure amie» la découvre dans les bras de son frère et qu’elle est «hérissée de colère» : « – Toi, tais-toi. Tu t’imagines quoi? Que tu vas rentrer dans la famille? Que tu en fais partie? Mais t’es qu’une de ses poules! Tu crois que t‘es la seule? – Jane, écoute-moi. . . – Tu crois peut-être qu’il est amoureux de toi? siffle-t-elle entre ses dents. Ah tu m’as bien baladée hier soir! » Maëlle Guillaud a un sens inné pour faire monter la tension. Elle construit ses romans comme une symphonie qui va crescendo, entraînant le lecteur dans un drame qui va finir par exploser. Une déflagration qui va entraîner la remise en cause de bien des certitudes – et si la famille très française n’était pas celle qu’on croit – et bousculer quelques parcours. Il va falloir désormais changer le scénario, trouver une autre voie. Voilà encore un beau roman de formation servie par une écriture ciselée.
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