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EAN : 9782264047991
Code sériel : 2733
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 224
Format : 108 x 177 mm

L'oeil le plus bleu

Jean GUILOINEAU (Traducteur)
Date de parution : 22/05/2008

À Lorain, dans l'Ohio des années 40, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes. L'autre idolâtre Shirley Temple et rêve d'avoir les yeux bleus. Mais face à la réalité féroce d'une Amérique Blanche, le rêve de beauté d’une petite fille est un leurre qui...

À Lorain, dans l'Ohio des années 40, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes. L'autre idolâtre Shirley Temple et rêve d'avoir les yeux bleus. Mais face à la réalité féroce d'une Amérique Blanche, le rêve de beauté d’une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu’à la folie. Le saisissant premier roman de Toni Morrison.

« Tous les thèmes essentiels de son œuvre sont là, en germe dans ce roman où les femmes sont les gardiennes d'une identité malmenée dans une terre hostile où les marguerites ne poussent pas. »
Le Monde

Traduit de l'anglais (États-Unis) 
parJean Guiloineau

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EAN : 9782264047991
Code sériel : 2733
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 224
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« TOUS les thèmes essentiels de son œuvre sont déjà là, en germe dans ce roman où les femmes, les petites filles même, sont les gardiennes d'une identité malmenée dans une terre hostile où les marguerites ne poussent pas : la misère inéluctable, les rapports mère-fille, la soif d'amour, l'oppression sexuelle, la mort des enfants, la folie. La haine, aussi. UNE histoire terrible, épouvantable et secrète qui, malgré une construction hachée, une tension souvent insoutenable, impose au lecteur le sentiment étrange et inconfortable d'être dans la peau d'un "sale nègre". Ou d'une petite fille rêvant de beauté. Le sentiment aussi de voir naître l'œuvre d'une grande romancière chez qui le sens importe autant que la musicalité d'une langue fondée sur la recherche des timbres et des rythmes, sur la façon aussi de transcrire les voix noires. De considérer une conversation comme une danse d'agression et de séduction qui reste le propre de l'écriture de Toni Morrison. »
Le Monde

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lapetitefadette Posté le 2 Septembre 2021
    Que ce livre est sombre! Entrée dans l’œuvre de cette grande écrivaine avec ce roman autobiographique. Ce récit est une gifle, un coup de poing. Toni Morrison narre avec brio l'enfance fracturée de ces trois fillettes, les vies cabossées des adultes qui les entourent. C'est une magnifique fresque de la misère sociale de cette partie de la population des États-Unis mise à la marge pendant trop longtemps. Mais ce récit est presque insoutenable de misère et de violence. En le lisant je me disais que si c'était un film je ne suis pas sûre d'être capable de le regarder jusqu'au bout. Et bien, je n'ai pas pu aller au bout de ce roman..... Pardon Mme Morrison!!!
  • nathaliemartinez1 Posté le 20 Mai 2021
    Comment parler de ce livre... Tellement fort, tellement terrible, tellement vrai... L'histoire se situe dans l'Ohio en 1940,c'est celle de Pecola fillette noire âgée de 11 ans qui chaque soir prie Dieu de lui accorder des yeux bleus parcequ'elle est persuadée que tous ses malheurs, la misère, l'alcoolisme de son père, les disputes violentes de ses parents, les moqueries de ses camarades, pourraient s'envoler comme par enchantement si seulement elle cessait d'être si laide. L' histoire nous est également narrée du point de vue d'une autre fillette noire, Claudia, qui à son opposé nourrit une véritable haine envers Shirley Temple, les poupées roses aux yeux bleus et les fillettes blanches et blondes du voisinage à qui la vie sourit sans qu'elles aient à fournir le moindre effort. Parceque dès l'enfance, il est impossible d'ignorer les injustices et les inégalités. Parce que dès l'enfance on peut intérioriser son infériorité. Parceque les parents ont eux mêmes subi tellement d'humiliations, de misère, de violences depuis l'enfance ( et leurs parents encore avant eux) , qu'ils ne peuvent transmettre à leurs enfants qu'amertume, dureté, méfiance. Toni Morrison décrit avec une incroyable finesse des adultes tourmentés qui détestent leur vie, se détestent eux-mêmes et sont... Comment parler de ce livre... Tellement fort, tellement terrible, tellement vrai... L'histoire se situe dans l'Ohio en 1940,c'est celle de Pecola fillette noire âgée de 11 ans qui chaque soir prie Dieu de lui accorder des yeux bleus parcequ'elle est persuadée que tous ses malheurs, la misère, l'alcoolisme de son père, les disputes violentes de ses parents, les moqueries de ses camarades, pourraient s'envoler comme par enchantement si seulement elle cessait d'être si laide. L' histoire nous est également narrée du point de vue d'une autre fillette noire, Claudia, qui à son opposé nourrit une véritable haine envers Shirley Temple, les poupées roses aux yeux bleus et les fillettes blanches et blondes du voisinage à qui la vie sourit sans qu'elles aient à fournir le moindre effort. Parceque dès l'enfance, il est impossible d'ignorer les injustices et les inégalités. Parce que dès l'enfance on peut intérioriser son infériorité. Parceque les parents ont eux mêmes subi tellement d'humiliations, de misère, de violences depuis l'enfance ( et leurs parents encore avant eux) , qu'ils ne peuvent transmettre à leurs enfants qu'amertume, dureté, méfiance. Toni Morrison décrit avec une incroyable finesse des adultes tourmentés qui détestent leur vie, se détestent eux-mêmes et sont en proie à l'impossibilité d'exprimer de l'amour et de la compassion envers leurs compagnes/compagnons, leurs enfants même, alors qu' ils en auraient l'elan, parce que leur dignité, leur amour propre leur ont été dérobés parce que quelque chose de cassé au fond d'eux les poussent à faire mal, quitte à se détester encore plus...
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  • vince971 Posté le 14 Avril 2021
    Magistral! Comme on pouvait s'y attendre. Morrison y explore le complexe d'infériorité qui s'est immiscé insidieusement dans l'esprit des Noirs Américains. Un complexe né du regard extérieur, celui de leur oppresseur. C'est l'histoire de la jeune Pecola Breedlove qui se voit et est vue de tous comme étant laide par nature. Mais ce qu'elle déteste par dessus tout, c'est ses yeux. Elle donnerait tout pour avoir les yeux bleus, ceux qu'elle voit dans tous les livres d'images et les films de son époque. Comme souvent avec Morrison, temps et espace sont fracturés comme la vie de ses personnages qui ne parviennent pas à réconcilier leur vie présente et leur enfance brisée par la négligence et la violence des adultes. Enorme classique à lire même s'il n'est peut-être pas aussi abouti que "Beloved". Ce n'était après tout que son premier roman, mais déjà son talent explosait en pleine face, ou en plein coeur. Son écriture caractérisée était déjà bien en place, incisive et bouleversante. Plus que chaudement recommandé!
  • cindyabouchacra Posté le 1 Avril 2021
    L’œil le plus bleu retrace l’histoire de Pecola Breedlove et son amie Claudia MacTeer, deux petites filles noires. Les évènements ont lieu à Lorain, dans l’Ohio des années 40 et nous sont relatés – en grande partie – par Claudia. C’est un récit sur les femmes, pour les femmes et dit féministe mais il est aussi une dénonciation de l’injustice sociale, de la marginalisation, de la haine de soi et de l’oppression sexuelle. _________ Pecola aime Shirley Temple, cette poupée blonde aux yeux bleus, rêvée et enviée pour sa beauté. Claudia, elle, ne comprend pas l’amour et la fascination des filles pour cette poupée qu’elle seul trouve monstrueuse. La jeune narratrice refuse ce modèle imposé de la perfection et se trouve révoltée face au conditionnement de son amie repliée sur elle-même, convaincue de sa laideur et de son infériorité à cause de sa race. Elle est noire et le noir c’est la couleur de la nuit, du diable, du sale, du malsain… La dimension psychologique prépondérante dans le roman conforte le désir d’authenticité de l’auteure. Ses descriptions détaillées et réalistes ainsi que son langage cru et poignant saisissent le lecteur, l’indignent, le provoquent. Toni Morrison veut nous faire [ré]agir. Elle s’éloigne des personnages... L’œil le plus bleu retrace l’histoire de Pecola Breedlove et son amie Claudia MacTeer, deux petites filles noires. Les évènements ont lieu à Lorain, dans l’Ohio des années 40 et nous sont relatés – en grande partie – par Claudia. C’est un récit sur les femmes, pour les femmes et dit féministe mais il est aussi une dénonciation de l’injustice sociale, de la marginalisation, de la haine de soi et de l’oppression sexuelle. _________ Pecola aime Shirley Temple, cette poupée blonde aux yeux bleus, rêvée et enviée pour sa beauté. Claudia, elle, ne comprend pas l’amour et la fascination des filles pour cette poupée qu’elle seul trouve monstrueuse. La jeune narratrice refuse ce modèle imposé de la perfection et se trouve révoltée face au conditionnement de son amie repliée sur elle-même, convaincue de sa laideur et de son infériorité à cause de sa race. Elle est noire et le noir c’est la couleur de la nuit, du diable, du sale, du malsain… La dimension psychologique prépondérante dans le roman conforte le désir d’authenticité de l’auteure. Ses descriptions détaillées et réalistes ainsi que son langage cru et poignant saisissent le lecteur, l’indignent, le provoquent. Toni Morrison veut nous faire [ré]agir. Elle s’éloigne des personnages héroïques et place au cœur de sa fiction des personnages victimes de leur passé, de leur entourage, d’eux-mêmes. Pecola est vulnérable, condamnée par sa misère, doublement marginalisée par sa couleur et son sexe. La « petite fille noire qui voulait sortir de la fosse de sa négritude pour voir le monde avec des yeux bleus » fera face à de nombreux malheurs, au point de sombrer dans la folie. Elle passera ses journées à aller et venir, en secouant la tête et en agitant ses bras comme un oiseau – un « oiseau avec des ailes mais rivé au sol, tendu vers le vide bleu qu’il ne pouvait atteindre ». On dirait l’Albatros de Baudelaire, symbole de la figure christique ; elle aussi ira jusqu’au bout de sa douleur pour le bien des autres – les autres qui paraissent si purs, si sain[t]s à côté de sa laideur, sa honte, sa souillure…
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  • emidam Posté le 25 Mars 2021
    Après plusieurs déceptions littéraires et quelques mauvais choix, j'ai décidé de me tourner vers une valeur sûre. Toni Morrison est une valeur sûre. Avec elle, pas d'histoire tirée par les cheveux, pas de personnages complètement loufoques. Elle n'a pas besoin de ça. L'œil le plus bleu est juste beau, touchant, dur, sincère. Un grand roman d'une grande auteure.
Lisez inspiré avec 10/18 !
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