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EAN : 9782264048943
Code sériel : 4339
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 192
Format : 108 x 177 mm

Un don

Anne WICKE (Traducteur)
Date de parution : 15/04/2010

Au XVIIe siècle, l’oppression et la fièvre s’abattent sur les terres vierges d’Amérique. Florens, enfant noire, est prise comme esclave chez un négociant où elle formera, avec Lina l’indienne et Sorrow l’adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. A l’aube du Nouveau Monde, les voix du passé et de l’enfance...

Au XVIIe siècle, l’oppression et la fièvre s’abattent sur les terres vierges d’Amérique. Florens, enfant noire, est prise comme esclave chez un négociant où elle formera, avec Lina l’indienne et Sorrow l’adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. A l’aube du Nouveau Monde, les voix du passé et de l’enfance nouent le récit magistral des origines.

« Le Nobel de littérature livre un roman flamboyant sur les premières années de servitude des noirs américains. D'une pâte d'émotions, d'une boule de sentiments, elle pétrit et sculpte un roman politique caché sous un cauchemar d'enfant. » 
Valérie Marin La Meslée - Le Point

Traduit de l'anglais (États-Unis) 
par Anne Wicke

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EAN : 9782264048943
Code sériel : 4339
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 192
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Yaena Posté le 26 Juillet 2021
    A la lecture de la quatrième de couverture je m’attendais à un récit sur l’esclavage. En fait le sujet est traité de façon beaucoup plus large que cela. Ce texte met en exergue la servitude sous toutes ses formes. Asservissement volontaire, involontaire, légal, de fait, à une caste, à un être humain, à l’autre sexe, aux croyances, à un dieu, à l’argent,… Toni MORRISON joue avec les nuances avec beaucoup de talent. Esclavage, servitude, soumission, dépendance, la frontière est parfois mince. Toutes ces notions s’emmêlent, se confondent, se distinguent et surtout cela nous questionne ; parfois brutalement. Jusqu’à quel point un être humain est-il complice de sa servitude ? Dans quelle mesure un être voué à la soumission de par sa naissance, son statut social, sa couleur de peau… est-il complice de sa situation ? - Sortez vos stylos vous avez 4 heures après je ramasse les copies !- Et puis il y a la question des femmes : quelle que soit la couleur de leur peau leur degré de dépendance est, à l’époque, complètement conditionné par leur sexe. - Hein quoi qu’est-ce que j’entends dans le fond de la salle ? Qui a dit pas qu’« à l’époque »... A la lecture de la quatrième de couverture je m’attendais à un récit sur l’esclavage. En fait le sujet est traité de façon beaucoup plus large que cela. Ce texte met en exergue la servitude sous toutes ses formes. Asservissement volontaire, involontaire, légal, de fait, à une caste, à un être humain, à l’autre sexe, aux croyances, à un dieu, à l’argent,… Toni MORRISON joue avec les nuances avec beaucoup de talent. Esclavage, servitude, soumission, dépendance, la frontière est parfois mince. Toutes ces notions s’emmêlent, se confondent, se distinguent et surtout cela nous questionne ; parfois brutalement. Jusqu’à quel point un être humain est-il complice de sa servitude ? Dans quelle mesure un être voué à la soumission de par sa naissance, son statut social, sa couleur de peau… est-il complice de sa situation ? - Sortez vos stylos vous avez 4 heures après je ramasse les copies !- Et puis il y a la question des femmes : quelle que soit la couleur de leur peau leur degré de dépendance est, à l’époque, complètement conditionné par leur sexe. - Hein quoi qu’est-ce que j’entends dans le fond de la salle ? Qui a dit pas qu’« à l’époque » ?- Bon, je disais, leur liberté se limite à un choix initial plutôt restreint, encore plus quand elles sont pauvres: bonne sœur, prostituée ou épouse dévouée. - Qui a dit bobonne ?! – Dans ces conditions le concept de liberté fait beaucoup moins rêver. On finit même par se demander si la liberté n’est pas justement qu’un concept abstrait qui n’a jamais existé. – Aïe ! Qui balance des boulettes ? Non je ne suis pas en dépression !- J’en étais où… ? Ah oui donc… Le lecteur est invité tout à tour dans la tête de chaque personnage. Chacun dévoile sa part de mystère mais leurs histoires personnelles étant liées les unes aux autres, petit à petit le puzzle s’assemble jusqu’à prendre tout sa dimension. Chaque personnage prend de l’épaisseur à être ainsi décortiqué sous tous les angles. 4 femmes: 2 blanches, 1 indienne et 1 noire et aucune n'est vraiment libre, pas pour les raisons auxquelles vous pensez. D'ailleurs quand Rebekka pourrait être libre elle choisit une autre forme d'asservissement. Les hommes ne sont guère mieux. Une seule exception, je vous laisse découvrir. En pointillé derrière ces histoires il y a des petits bouts de l’Histoire des Etats Unis qui nous sont dévoilés. Une Amérique sauvage et faite de grands espaces vierges ou tout est possible mais aussi instable, à commencer par les frontières. – Non à l’époque il n’y avait pas de mur avec la frontière Mexicaine ! Z’avaient pas eu l’idée. Chut j’ai dit ! – Je disais, une Amérique où des peuples sont exterminés, où des peuples sont asservis pendant que d’autres exploitent cette situation pour s’extirper de la fange et se hisser vers le haut. Une ascension sociale, mais à quel prix ? Toni MORRISON nous rappelle que la servitude ne se résume pas à l’esclavagisme mais que tous nous pouvons aliéner notre liberté : volontairement ou non, consciemment ou non, sous le poids de la société et de ses mœurs, sous le poids des traditions, des superstitions, ou que sais-je. – Quoi qu’est-ce que tu dis ? L’esclavage c’est du passé ? Toi t’es libre, tu fais c’que tu veux ? Tu peux me le redire en lâchant ton écran des yeux STP ? Ah pardon tu surveilles tes likes, ...libre à toi…
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  • bdelhausse Posté le 17 Mai 2021
    Au-delà de Black Lives Matter, Toni Morrison nous dit dans Un don que All Lives Matter. Le lecteur est projeté à pleine vitesse dans les soubresauts et hésitations de la construction américaine. Nous sommes au XVIIè siècle, le commerce des esclaves est un business qui marche. Mais tous les esclaves. Pas seulement les noirs. Et Toni Morrison aborde toutes les mises en esclavage. Y compris la religion (omniprésente et envahissante), ou l'auto-esclavage, si je puis dire. Ainsi, on a un couple, appelés Sir et Mistress. Lui, c'est Jacob Vaark. Elle, c'est Rebekka, venue aux USA se marier avec Jacob sans l'avoir rencontré. Puis on a leur personnel. Lina l'indienne. Sorrow, la blanche devenue folle car elle est la seule survivante du naufrage d'un navire. Et Florens, la noire, récupérée chez un marchand d'esclave, riche propriétaire qui se conduit en tyran avec son personnel. Tout ce monde va s'empêtrer dans les méandres et les miasmes de l'existence, dure et sauvage dans un pays où tout est à faire. C'est dur, poétique, intense et -avouons-le parfois compliqué à suivre. Toni Morrison multiplie les styles, les entrées dans le récits en passant d'un personnage à un autre, puis en mélangeant les moments de l'histoire... Au-delà de Black Lives Matter, Toni Morrison nous dit dans Un don que All Lives Matter. Le lecteur est projeté à pleine vitesse dans les soubresauts et hésitations de la construction américaine. Nous sommes au XVIIè siècle, le commerce des esclaves est un business qui marche. Mais tous les esclaves. Pas seulement les noirs. Et Toni Morrison aborde toutes les mises en esclavage. Y compris la religion (omniprésente et envahissante), ou l'auto-esclavage, si je puis dire. Ainsi, on a un couple, appelés Sir et Mistress. Lui, c'est Jacob Vaark. Elle, c'est Rebekka, venue aux USA se marier avec Jacob sans l'avoir rencontré. Puis on a leur personnel. Lina l'indienne. Sorrow, la blanche devenue folle car elle est la seule survivante du naufrage d'un navire. Et Florens, la noire, récupérée chez un marchand d'esclave, riche propriétaire qui se conduit en tyran avec son personnel. Tout ce monde va s'empêtrer dans les méandres et les miasmes de l'existence, dure et sauvage dans un pays où tout est à faire. C'est dur, poétique, intense et -avouons-le parfois compliqué à suivre. Toni Morrison multiplie les styles, les entrées dans le récits en passant d'un personnage à un autre, puis en mélangeant les moments de l'histoire au sein d'un même chapitre. Pas toujours aisé. Histoire d'amour, de pouvoir, humaine... c'est selon. On flirte même très souvent avec une forme de Nature Writing. J'ai découvert l'écriture de Toni Morrison. Ce n'est pas une mince affaire. Cela se mérite, mais cela en vaut la peine. Le propos est dense et profond. Le questionnement va très loin. Par contre, je ne comprends pas l'intérêt de modifier le titre original: A Mercy est devenu Un don... je trouve le titre original bien meilleur.
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  • Dom59 Posté le 2 Mai 2021
    Trois existences se mêlent dans ce livre, celles Florens, esclave noire, Lina, indienne, Sorrow, jeune fille blanche. Trois vies de servitude, sans concession, dans une ferme de Virginie au XVIIème siècle. Dans cette région les communautés religieuses sont intransigeantes, le racisme et la brutalité omniprésents. Tous, maîtres, esclaves, serviteurs, poursuivent un idéal inaccessible ou éphémère. Pour autant de ce combat souvent vain pour des lendemains meilleurs émane à chaque page une poésie folle.
  • Libellule41 Posté le 17 Mars 2021
    Une fillette noire de 10 ans, Florenz, est un jour donnée par sa mère à un fermier blanc venu d'Europe. Ce geste est donc un don, au sens premier du terme. Mais il correspond aussi à un sens plus subtil de ce mot, le don qu'une mère fait par amour à son enfant. L'action se passe aux Etats Unis au XVIIème siècle, lorsque les premiers européens arrivèrent sur le continent nord-américain, avec à l'esprit le mythe de la terre promise qu'il faut conquérir. C'est alors le début de l'asservissement des populations indiennes qui vivaient préalablement sur ces terres. C'est le début de l'esclavage qui, comme le montre bien Toni Morrison, n'est pas encore lié au racisme proprement dit. Dans ce monde, il y avait les puissants, les fermiers, les commerçants, les trafiquants, et les autres, ceux qui servaient gratuitement les puissants. Autour de la ferme de Jacob et Rebekka Vaark, vivaient et travaillaient leurs serviteurs, cinq personnes qui constituaient, à eux seuls, toute la gamme des esclaves de cette époque: Outre Florenz, la fillette abandonnée par sa mère, elle-même esclave, il y avait Lina, une indienne achetée à des presbytériens qui l'avaient recueille par le passé; il y avait Sorrow, une étrange... Une fillette noire de 10 ans, Florenz, est un jour donnée par sa mère à un fermier blanc venu d'Europe. Ce geste est donc un don, au sens premier du terme. Mais il correspond aussi à un sens plus subtil de ce mot, le don qu'une mère fait par amour à son enfant. L'action se passe aux Etats Unis au XVIIème siècle, lorsque les premiers européens arrivèrent sur le continent nord-américain, avec à l'esprit le mythe de la terre promise qu'il faut conquérir. C'est alors le début de l'asservissement des populations indiennes qui vivaient préalablement sur ces terres. C'est le début de l'esclavage qui, comme le montre bien Toni Morrison, n'est pas encore lié au racisme proprement dit. Dans ce monde, il y avait les puissants, les fermiers, les commerçants, les trafiquants, et les autres, ceux qui servaient gratuitement les puissants. Autour de la ferme de Jacob et Rebekka Vaark, vivaient et travaillaient leurs serviteurs, cinq personnes qui constituaient, à eux seuls, toute la gamme des esclaves de cette époque: Outre Florenz, la fillette abandonnée par sa mère, elle-même esclave, il y avait Lina, une indienne achetée à des presbytériens qui l'avaient recueille par le passé; il y avait Sorrow, une étrange fille aux yeux "gris argent" considérée comme faible d'esprit par l'entourage. Et il y avait deux jeunes hommes qui attendaient d'avoir accumulé suffisamment d'heures de travail pour racheter leur liberté. Mais il se trouvait que Jocob Vaark était un homme bon et sa ferme aurait pu apparaître comme une exploitation familiale., sauf que tout n'était pas si simple. Les rêves de Florenz, l'héroïne du livre, étaient peuplés d'un message maternel que jamais elle ne recevait clairement, jusqu'au jour où le lecteur comprend ce que l'abandon subi jadis par la fillette portait en lui d'amour. Car l'esclavage au féminin avait aussi une dimension qui lui était propre. Un roman très émouvant, mais dont la forme narrative enchevêtrée, sans linéarité ni chronologie, rend la lecture assez difficile.
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  • DouzDicet Posté le 14 Mars 2021
    Découverte par la radio sur France Culture en juillet 2020 https://www.franceculture.fr/emissions/series/avoir-raison-avectoni-morrison C'est ce qui m'a aidé à rentrer dans son œuvre. Lu @Un Don en juillet et arrivant à la conclusion qu'il me faudrait le reprendre à tête reposée. Voici qui est fait : cette deuxième lecture m'a fait voir toutes les pièces du puzzle. Pas facile à lire cette auteure parce que écriture en patchwork, donc pour moi nécessité de relecture Mais n'est ce pas un luxe dont il ne faudrait pas nous priver : celui de rendre le temps de relire un livre
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Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…