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Julliard
EAN : 9782260032205
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 130 x 205 mm

À nous regarder, ils s'habitueront

Date de parution : 03/01/2019

« Ils sonnent à l’interphone, s’annoncent, entrent, ouvrent leur casier fermé à clef, y déposent leurs sacs, leurs manteaux, se lavent soigneusement les mains au savon, pendant plusieurs secondes, chacun leur tour, sans parler, sèchent leurs mains avec du papier puis les passent sous une pompe géante de solution hydro-alcoolique,...

« Ils sonnent à l’interphone, s’annoncent, entrent, ouvrent leur casier fermé à clef, y déposent leurs sacs, leurs manteaux, se lavent soigneusement les mains au savon, pendant plusieurs secondes, chacun leur tour, sans parler, sèchent leurs mains avec du papier puis les passent sous une pompe géante de solution hydro-alcoolique, se les frictionnent longtemps, sèchent leurs mains avec du papier, enfilent chacun une blouse jaune transparente, Vincent attache celle d’Alice dans le dos, Alice attache celle de Vincent.
Ils ouvrent la porte qui sépare César du reste du monde. Chaque matin, après avoir accompli tout cela, Alice met la main sur la poignée de la porte, chaque matin elle prend une grande inspiration, ferme les yeux et dit tout bas : j’espère que la nuit s’est bien passée. Chaque matin.
En réalité chaque matin elle se demande : mon bébé est-il mort ? »

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EAN : 9782260032205
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 130 x 205 mm

Ils en parlent

« Ce roman délicat, où l’amour, la mort et la vie ne font qu’un est une petite merveille. » 
Coup de cœur des lectrices / Version Femina

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • prune42 Posté le 15 Avril 2020
    Alice perd les eaux à 33 semaines de grossesse. Elle se retrouve aux Urgences mais il est impossible de retarder la naissance. Elle va accoucher d'un petit César qui va être transféré en néonatalogie pendant quelques semaines. Avec son compagnon Vincent, Alice fait la connaissance de ce "bébé dragon" si petit, fragile et de toutes les machines qui l'entourent et le surveillent. Alice éprouve toute une gamme de sentiments : angoisse, amour exclusif pour son enfant, sentiment d'être dépossédée de soi, besoin de solitude… César grandit, il change d'hôpital puis revient à la maison mais il aura changé à jamais la vie de ses parents. Ce court roman de 170 pages parle de prématurité et évoque la difficile expérience de jeunes parents confrontés à un premier enfant né trop tôt, à 7 mois de grossesse. J'ai rarement lu de livres sur ce thème mais je le trouvais intéressant et instructif, d'autant plus que j'y ai été confrontée à une époque. J'ai été un peu étonnée et déçue par le récit en lui-même qui m'a semblé parfois plus littéraire que vraisemblable. Par exemple, il n'est jamais évoqué le poids ni la taille du bébé alors qu'à mon avis, c'est une des premières choses... Alice perd les eaux à 33 semaines de grossesse. Elle se retrouve aux Urgences mais il est impossible de retarder la naissance. Elle va accoucher d'un petit César qui va être transféré en néonatalogie pendant quelques semaines. Avec son compagnon Vincent, Alice fait la connaissance de ce "bébé dragon" si petit, fragile et de toutes les machines qui l'entourent et le surveillent. Alice éprouve toute une gamme de sentiments : angoisse, amour exclusif pour son enfant, sentiment d'être dépossédée de soi, besoin de solitude… César grandit, il change d'hôpital puis revient à la maison mais il aura changé à jamais la vie de ses parents. Ce court roman de 170 pages parle de prématurité et évoque la difficile expérience de jeunes parents confrontés à un premier enfant né trop tôt, à 7 mois de grossesse. J'ai rarement lu de livres sur ce thème mais je le trouvais intéressant et instructif, d'autant plus que j'y ai été confrontée à une époque. J'ai été un peu étonnée et déçue par le récit en lui-même qui m'a semblé parfois plus littéraire que vraisemblable. Par exemple, il n'est jamais évoqué le poids ni la taille du bébé alors qu'à mon avis, c'est une des premières choses dont on parle dans ces cas-là. L'auteur se focalise aussi surtout sur les sentiments de la maman face à son bébé et moins sur des choses concrètes, des détails qui auraient rendu le récit plus vraisemblable, j'ai trouvé ça étonnant aussi. Je pensais aussi éprouver plus d'empathie pour ce couple, être plus touchée par ce qu'ils vivent et finalement, je suis restée un peu à la surface, malgré le thème qui aurait dû vraiment m'atteindre. Par contre, j'ai trouvé que les difficultés du couple sonnent très juste. Déjà qu'avoir un enfant apporte des changements considérables dans la vie d'un couple, alors quand il s'agit d'un enfant différent ou d'une naissance difficile, c'est encore plus vrai et cette partie là m'a paru très vraie. Concernant le livre en lui-même, je trouve la couverture représentant un personnage féminin en train de flotter sur l'eau étrange, je ne vois pas le rapport avec le livre, ou alors la métaphore est à chercher très loin. Idem pour le titre qui me paraît énigmatique et s'il s'explique par la citation de René Char, je trouve que le rapport entre les deux est obscur et pas assez développé. Je trouve que cette couverture et ce titre représentent mal ce récit, ils ne lui rendent pas service, à mon avis personnel.
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  • jg69 Posté le 13 Octobre 2019
    Devenir parents c'est passer de l'autre côté, sur l'autre rive, mais Alice et Vincent ne sont pas prêts quand leur premier bébé s'annonce deux mois avant la date prévue. C'est le parcours de ces jeunes parents qu'Elsa Flageul nous raconte ici dans un roman en trois parties "L'arrivée", "Le combat" et "Dehors". Pour Alice qui aime tout maîtriser, rien ne se passe comme prévu avec cette naissance loin du conte de fées, une naissance qu'il leur est impossible de célébrer avec famille et amis. Entre culpabilité, angoisse de mort et crainte d'un avenir fait de handicap il leur faut rester dans le présent et refuser de se projeter dans un futur incertain. Donner à leur enfant un prénom de combattant, César, avoir l'impression que les premiers jours de leur enfant leur sont volés, passer leurs journées à l'hôpital auprès de leur "bébé dragon" gavé et perfusé, surveiller son cœur qui fait des cabrioles, ses lèvres qui bleuissent, vivre avec la peur permanente, ne pas penser aux possibles lésions cérébrales, aux possibles séquelles... voilà ce qui constitue leur quotidien. Tenir, tenir.."Est-ce ça être parents? Faire des tours de garde sur le chemin de ronde, l'un après l'autre? Oui, pour que le château jamais... Devenir parents c'est passer de l'autre côté, sur l'autre rive, mais Alice et Vincent ne sont pas prêts quand leur premier bébé s'annonce deux mois avant la date prévue. C'est le parcours de ces jeunes parents qu'Elsa Flageul nous raconte ici dans un roman en trois parties "L'arrivée", "Le combat" et "Dehors". Pour Alice qui aime tout maîtriser, rien ne se passe comme prévu avec cette naissance loin du conte de fées, une naissance qu'il leur est impossible de célébrer avec famille et amis. Entre culpabilité, angoisse de mort et crainte d'un avenir fait de handicap il leur faut rester dans le présent et refuser de se projeter dans un futur incertain. Donner à leur enfant un prénom de combattant, César, avoir l'impression que les premiers jours de leur enfant leur sont volés, passer leurs journées à l'hôpital auprès de leur "bébé dragon" gavé et perfusé, surveiller son cœur qui fait des cabrioles, ses lèvres qui bleuissent, vivre avec la peur permanente, ne pas penser aux possibles lésions cérébrales, aux possibles séquelles... voilà ce qui constitue leur quotidien. Tenir, tenir.."Est-ce ça être parents? Faire des tours de garde sur le chemin de ronde, l'un après l'autre? Oui, pour que le château jamais ne s'écroule" . Pour Alice craindre que César ne la reconnaisse pas comme sa mère mais aussi avoir du mal à se sentir mère, "Ne devrais-je pas m'oublier totalement? N'est-ce pas cela être mère?"... Rentrer à la maison sans lui... Puis vivre le retour de César à la maison avec l'ennui qui s'installe dans ses journées qui n'en finissent pas... Comprendre qu'elle ne pourra plus jamais être tranquille avec la peur qui ne la quitte pas... Se sentir sombrer sans pouvoir partager avec Vincent ses inquiétudes... Sentir la distance s'installer entre eux... Ne plus avoir aucune intimité, n'être plus que des partenaires de combat... Découvrir des sentiments dont personne ne lui a jamais parlé.. " Il faudrait enfin cracher les serpents de la peur, ceux qui sont entrés en elle à l'hôpital pour ne plus jamais en sortir et dont le venin est devenu son sang." Elsa Flageul analyse avec minutie et une extrême justesse les étapes que traverse ce jeune couple, le combat qu'il doit mener. Le récit est surtout centré sur Alice, des extraits de son journal ponctuent le récit. Elsa Flageul analyse au scalpel les sentiments de la jeune maman, sa difficulté à devenir mère, la peur qui ne la quitte pas, tout est infiniment juste et précis avec une montée en puissance dans la troisième partie. Elsa Flageul n'occulte rien... Ce récit sur la difficulté à devenir parents, de surcroît quand l'enfant est prématuré, se termine d'une façon infiniment délicate. Très émouvant dans sa justesse...
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  • fguer1 Posté le 8 Septembre 2019
    À nous regarder, ils s'habitueront - Elsa Flageul "En réalité, chaque matin elle se demande : mon bébé est-il mort ?" Alice et Vincent s'aiment. Alice et Vincent attendent un heureux événement... Mais tout se précipite. L'enfant naît avec deux mois d'avance, un bébé minuscule qui a "le cœur qui cabriole ?" avec un pronostic réservé. Voilà pour le décor. C'est d'abord celui de l'hôpital, de l'attente suspendue aux lèvres des soignants, de la peur lancinante qui terrasse Alice, de la sensation d'être coupés du reste du monde, en état d'exception, comme si la vie se poursuivait sans elle, sur l'autre rive. "De cette autre rive, je regarde ces gens normaux, silhouettes de papier dont je ne sais rien et qui ont l'air d'avoir une vie parfaite, sans histoires, sans heurts, sans douleurs, une vie témoin comme il y a des maisons témoins. Sûr qu'ils ne voudraient pas être dans ma peau. Moi non plus d'ailleurs." D'emblée, Elsa Flageul nous invite à confronter les points de vue d'Alice qui, pour se maintenir à flot, écrit son journal des évènements, et de Vincent, son compagnon. Ainsi alternent des chapitres à la première personne, empreints de subjectivité, et des chapitres à la troisième qui tentent de... À nous regarder, ils s'habitueront - Elsa Flageul "En réalité, chaque matin elle se demande : mon bébé est-il mort ?" Alice et Vincent s'aiment. Alice et Vincent attendent un heureux événement... Mais tout se précipite. L'enfant naît avec deux mois d'avance, un bébé minuscule qui a "le cœur qui cabriole ?" avec un pronostic réservé. Voilà pour le décor. C'est d'abord celui de l'hôpital, de l'attente suspendue aux lèvres des soignants, de la peur lancinante qui terrasse Alice, de la sensation d'être coupés du reste du monde, en état d'exception, comme si la vie se poursuivait sans elle, sur l'autre rive. "De cette autre rive, je regarde ces gens normaux, silhouettes de papier dont je ne sais rien et qui ont l'air d'avoir une vie parfaite, sans histoires, sans heurts, sans douleurs, une vie témoin comme il y a des maisons témoins. Sûr qu'ils ne voudraient pas être dans ma peau. Moi non plus d'ailleurs." D'emblée, Elsa Flageul nous invite à confronter les points de vue d'Alice qui, pour se maintenir à flot, écrit son journal des évènements, et de Vincent, son compagnon. Ainsi alternent des chapitres à la première personne, empreints de subjectivité, et des chapitres à la troisième qui tentent de donner un point de vue plus neutre ou plus objectif de la même situation. Si le procédé peut sembler parfois maladroit, qui nous oblige à lire deux fois les mêmes événements, il a l'avantage de nous permettre de cheminer en suivant la logique de cette mère, depuis son accouchement jusqu'aux deux ans du bébé. Et d’entrevoir comment le fantasme, toujours, imprime sa marque sur les évènements. J'ai été particulièrement intéressée par la dernière partie du livre qui débute lorsque l'enfant quitte enfin l’hôpital. Ce qu’ils n’osaient attendre est enfin arrivé, les voilà tous trois réunis. Mais, assez logiquement, la sortie de néonatologie semble vécue comme un désarrimage pour cette mère que l’institution hospitalière avait protégée jusqu’alors, du face à face avec l’enfant. Si Vincent peut s’étayer sur son travail, Alice rumine son ressentiment en accomplissant, sans goût, des tâches infinies. J’ai trouvé très juste la question de la rancune jamais purgée qu’Alice nourrit secrètement à l’égard de Vincent. « Ce qu’elle pensait avoir oublié lui revient en pleine face, empoisonné par cet oubli qu’elle n’a pas su se faire. Et Vincent qui ne voit pas. Bien sûr elle fait tout pour masquer. Mais elle lui en veut d’être dupe. » La jeune femme, qui montre à maintes reprises qu'elle ne croit pas aux effets de la parole, s'enferme dans le silence et une position sacrificielle aussi vaine que destructrice. Le mécanisme de cet enfermement est ici discrètement exposé et, pour cette troisième partie qui est loin de ne concerner que les parents d'enfants prématurés, je recommande la lecture de ce livre à tous les jeunes parents qui se soucient de leur couple soumis aux effets parfois délétères de la naissance.
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  • FLaureVerneuil Posté le 1 Septembre 2019
    Heureux événement mais César arrive "trop tôt". Tout bascule. L'auteure a su nous donner les différentes réactions du papa et de la maman de César. Le livre est composé de trois parties, l'arrivée de César, le combat pour la vie et l'acceptation, le retour à la maison un mois après la naissance. Je peux seulement dire qu'Alice ne m'a pas émue. J'ai aimé lire ce moment de vie mais j'ai été toujours en retrait. C'est un livre intéressant, sensible mais pas émouvant ni larmoyant. Les soignants sont d'un grand soutien pour ces parents désœuvrés. Elsa FLAGEUL, dans son roman, en fait l'éloge et il est bien mérité. La dernière phrase est une belle note d'espoir pour cette famille que l'on suit pendant 2 ans.
  • leslivresmapassion Posté le 13 Août 2019
    Alice et Vincent attendent leur premier enfant qui né prématuré à 7 mois. C'est la prématurité des organes, le bébé n'est pas fini, il ne peut pas vivre sans machine. La séparation avec la maman est compliquée. Alice va garder une culpabilité et va avoir du mal à tisser une relation avec son enfant. Ensemble ils arrivent à porter César vers la vie. La peur viscérale qu'Alice a gardé, la poursuit. La prématurité de cet enfant va prendre de la place dans la vie de ce couple. La peur qui va naître chez Alice va la dévorer et son union va être altérée. J'ai découvert ELSA FLAGEUL avec ce roman j'ai été attiré par ce titre peu ordinaire et j'ai aimé ce poème de RENE CHAR qui est en exergue de ce roman qui dit "impose ta chance, sers ton bonheur et va vers ton risque à te regarder ils s'habitueront" c'était une belle façon d'amener le combat que ces parents vont vivre. Cependant j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher à l'écriture sèche et aiguisée de l'auteure. J'ai tout de même aimé son développement sur les difficultés à avoir un enfant né prématurément. Je suis allée au bout de ma lecture mais je n'en garderai pas un... Alice et Vincent attendent leur premier enfant qui né prématuré à 7 mois. C'est la prématurité des organes, le bébé n'est pas fini, il ne peut pas vivre sans machine. La séparation avec la maman est compliquée. Alice va garder une culpabilité et va avoir du mal à tisser une relation avec son enfant. Ensemble ils arrivent à porter César vers la vie. La peur viscérale qu'Alice a gardé, la poursuit. La prématurité de cet enfant va prendre de la place dans la vie de ce couple. La peur qui va naître chez Alice va la dévorer et son union va être altérée. J'ai découvert ELSA FLAGEUL avec ce roman j'ai été attiré par ce titre peu ordinaire et j'ai aimé ce poème de RENE CHAR qui est en exergue de ce roman qui dit "impose ta chance, sers ton bonheur et va vers ton risque à te regarder ils s'habitueront" c'était une belle façon d'amener le combat que ces parents vont vivre. Cependant j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher à l'écriture sèche et aiguisée de l'auteure. J'ai tout de même aimé son développement sur les difficultés à avoir un enfant né prématurément. Je suis allée au bout de ma lecture mais je n'en garderai pas un souvenir mémorable.
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