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        Par Slalom, publié le 10/10/2018
        Interview de Jean-Luc Le Pogam, auteur des Mange-Rêves

        Jean-Luc Le Pogam, auteur des Mange-Rêve, nous explique à travers une interview d’où viennent ses inspirations et influences et ce qu’il prévoit pour l’avenir de son roman jeunesse.

        Vous écrivez pour tous les âges.

        Qu’est-ce qui vous séduit chez les ados ?

        Jean-Luc Le Pogam : L’important pour moi est de connecter, transmettre, partager, peu importe l’âge et la manière. Quand j’étais ado, on ignorait totalement ce que signifiait le mot "avenir" ; on se rebellait, mais au présent et le Rock nous y aidait bien. L’ado d’aujourd’hui se laisse blouser par un système qui lui mâche tout à l’avance. J’ai du mal avec tous ces fantômes scotchés sur les écrans de leur portable alors que la vraie vie défile à toute vitesse à côté d’eux, sans eux. C’est la résultante de longues années d’un isolement programmé pour nous rendre individualistes, égoïstes, manipulables. Écrire est pour moi une manière de sensibiliser, de faire prendre conscience que nous avons ensemble le pouvoir d’inverser le courant en participant, chacun avec ses moyens, à la vie citoyenne.

        Votre écriture très visuelle donne lieu à des scènes rythmées.

        J-L : Lorsque j’écris, j’ai toutes les images en tête. Les Mange-Rêve est un "snow movie" qui file à 300 à l’heure. J’y inclus d’intenses moments de réflexion et d’humour pour permettre au lecteur de reprendre son souffle, et de se poser les bonnes questions.

        D’où vous est venu le sujet de la série ?

        J-L : Nos démocraties sont en réel danger. Si ceux qui s’y attaquent s’en prennent d’abord à la Culture, c’est parce qu’elle est un élément essentiel à la connaissance, au développement et à l’émancipation de la pensée, à la liberté intellectuelle.

        Pourquoi 2034 ?

        J-L : Parce que c’est à la fois assez loin et assez proche pour provoquer une réaction de peur. Je lis partout que nous n’avons plus que deux ans pour nous donner une chance de sauver le climat et qu’après il sera trop tard. Il faudrait être fou pour ne pas réagir à un tel ultimatum.

        Quelles sont vos influences en matière d’anticipation ?

        J-L : Les travaux de Didier Convard avec sa série Neige, ceux de Jacques Lob avec Le Transperceneige, de Ray Bradbury avec Fahrenheit 451, de Franck Pavloff avec Matin Brun.

        Pourquoi une bulle européenne ?

        J-L : Nous avons pour le plus grand nombre dit oui à l’Union Européenne, mais ce qu’elle est devenue ne me plaît pas. Je l’ai imaginée concentrationnaire et ai volontairement établi le lien entre un régime déportant les artistes et le régime nazi. L’occasion de rappeler que La Bête ne meurt jamais, qu’elle sommeille seulement. Pour la même raison, j’ai redonné au Mont-Saint-Michel — Tombmor — sa vocation de prison, de l’époque où Louis XI y enfermait ses adversaires politiques dans des cages, jusqu’à la Révolution de 1789.

        Pourquoi l’interdiction de conserver ou de produire toute forme d’art ?

        J-L : Parce que l’Art mène à la critique, à l’analyse, au progrès. Il construit, instruit, conteste.

        On est touchés par la belle relation inter­générationnelle entre les personnages.

        J-L : Le respect est une valeur essentielle pour moi. Pour en avoir énormément souffert à l’école où certains, forts de leur statut, usaient et abusaient du mépris et de l’humiliation, je ne supporte pas l’irrespect ; il est une forme d’injustice, celle qui fabrique les rebelles, les résistants… les terroristes.

        Adolescent, j’ai ensuite pris le parti de l’humour. Adulte, je souris devant le fameux "Liberté, Égalité, Fraternité" étalé sur le fronton des établissements scolaires alors que quand on dit "enfant" le système vous répond "euro". Je partage totalement la vision de Roger Waters lorsqu’il évoque l’enfant "chair à pâté" dans The Wall.

        Dans Les Mange-Rêve, il y a ce respect des jeunes envers leurs aînés, et la réciproque s’applique à chaque instant, au même titre que Iwan, Thibault et Mélanie se positionnent toujours sur le même niveau. Le travail en équipe est pour moi LA solution contre l’échec.

        Le tome 2 est prévu pour mars 2019 : un scoop pour patienter ?

        J-L : Action, angoisse et rebondissements incessants sont au rendez-vous ! Vous ne lâcherez plus ce livre !

        En savoir plus sur Les Mange-Rêve

        Slalom