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Par Sonatine, publié le 04/03/2021

Les Somnambules : Chuck Wendig répond à nos questions !

Pandémie, scissions politiques et sociales, place prépondérante des médias et des nouvelles technologies... Les Somnambules, paru ce jeudi 4 mars, plus qu'un incroyable récit d'anticipation, est bien le grand roman de l'Amérique actuelle. Son auteur, Chuck Wendig, s'est prêté pour nous au jeu de l'interview...

Les Somnambules dépeint un pays frappé par une mystérieuse pandémie. Pourquoi avoir choisi de parler des États-Unis par le biais d’un roman apocalyptique ?

Je pense que Les Somnambules est le genre de roman qu’on peut lire comme un bouquin de science-fiction et d’horreur épique, plein de rebondissements – enfin je l’espère –, mais qu’il est également possible d’y trouver un sens plus profond, comme s’il était un miroir déformant de la situation actuelle de mon pays. C’est en effet un livre qui parle des États-Unis d’aujourd’hui, mais aussi d’une Amérique idéalisée, dont l’image est hors du temps. Quant à ce que tout cela signifie… je laisse à des critiques plus savants que moi le soin de nous faire part de leurs idées.

 

Votre roman aborde la question de la famille, ainsi que celles des communautés et de l’intégration sociale… Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste concernant l’état actuel de la société américaine ?

Ça dépend si je suis allé sur Twitter ou non dans la journée. Twitter est un excellent outil pour devenir pessimiste, car c’est un véritable concentré – une sauce bien sirupeuse ! – de tout ce qui ne va pas en ce moment. Notre société n’est pas dans l’état le plus merveilleux qui soit, mais c’est une situation que nous avons déjà vécue au cours de notre histoire. Parfois, les choses ont même été bien pires. Mais j’ai l’impression que nous sommes toujours parvenus à trouver un moyen de nous bâtir un avenir meilleur à partir des décombres d’une époque malheureuse. Bon, cette fois-ci, les choses semblent peut-être un peu différentes… En revanche, sur un plan personnel, rencontrer des gens me rend toujours optimiste.

 

Les médias, les prédicateurs, les documents officiels… Dans votre roman, la parole est souvent biaisée ou sujette à caution. Estimez-vous que la littérature a un rôle à jouer dans ce domaine ?

Je pense que la littérature peut jouer un rôle dans tous les domaines ! C’est précisément le pouvoir éternel des livres et des histoires.

 

Et maintenant, imaginons un peu... Si vous étiez un écrivain ?

Je suis un écrivain, alors, avec un peu de chance, j’espère simplement être moi-même.

 

Et si vous étiez un super-héros ?

Le Scribouilleur, une sorte de super-héros écrivain. Dans une version idéalisée, je serais capable de créer des univers entiers à partir de la seule pointe de mon stylo ; dans les faits, je me contenterai probablement plutôt d’envoyer de l’encre dans les yeux des gens.

 

Si vous étiez un univers de science-fiction ?

Star Wars.

 

Si vous étiez une fin du monde ?

Je pense que je serais l’apocalypse racontée dans Les Somnambules

 

Si vous étiez un groupe de musique ?

Nine Inch Nails.

 

Si vous étiez une série télé ?

The Expanse.

 

Si vous étiez une question dans une interview « Si vous étiez » ? (Oui, vous pouvez répondre à votre propre question.)

Je serais cette question demandant quelle question que je serais – comme un ouroboros, un serpent qui se mord la queue.

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