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Julliard
EAN : 9782260018759
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Darling

Date de parution : 14/06/2012

Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé...

Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé.
Curieusement affublée, elle semblait sortir d’un sketch des Deschiens mais son regard, sa démarche et son assurance gouailleuse intriguèrent l’écrivain.
Elle dit s’appeler Darling, vouloir raconter son histoire afin qu’il en tire un livre. Elle estimait qu’ils rendraient tous les deux un grand service...

Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé.
Curieusement affublée, elle semblait sortir d’un sketch des Deschiens mais son regard, sa démarche et son assurance gouailleuse intriguèrent l’écrivain.
Elle dit s’appeler Darling, vouloir raconter son histoire afin qu’il en tire un livre. Elle estimait qu’ils rendraient tous les deux un grand service à leurs contemporains en montrant qu’on peut toujours s’en sortir en dépit de la violence et des catastrophes qui vous tombent sur la tête.
En écoutant le récit de Darling, Jean Teulé a entendu l’éternelle lamentation de ceux qui traversent les déserts abominables des vies sans affection, sans respect, sans ressource. Mais il a discerné aussi la voix d’une personnalité étonnante, la voix d’une femme capable de dévisager le malheur avec insolence et d’en parler avec des mots étonnamment justes. De son frère, mort bizarrement dans un accident de la route, elle dira :  Quand je l’ai vu, la tête transpercée par une barre de fer tombée d’un camion, j’ai trouvé qu’il ressemblait à un joueur de baby-foot.
Succession de coups durs, de rebuffades, d’humiliations, de rêves salopés, de tortures morales et physiques, sa vie a été une longue et lente chute sur le toboggan social d’une France impitoyable, descente aux enfers dont chaque étape lui a laissé une cicatrice incurable.
Jean Teulé n’a pas voulu écrire une biographie, il a tenté de rendre, à travers l’écriture romanesque, la trajectoire baroque et tragique d’une femme exceptionnelle que le sort accable, que la société ignore et méprise et qui, pourtant, continue inlassablement à se battre pour redonner à sa vie une cohérence et un but.
Grâce à ce roman tendre et terrible, drôle aussi, Jean Teulé – dont le premier livre Rainbow pour Rimbaud a rencontré un immense succès – confirme toute la profondeur et la richesse de son talent.

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EAN : 9782260018759
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Herve-Lionel Posté le 29 Juin 2021
    N° 1554 - Juin 2021 Darling – Jean Teulé - Éditions Juillard. Elle a bien dû naître sous une mauvaise étoile la petite Catherine Nicolle, comme on dit quand on affectionne les euphémismes. Elle est d’abord considérée seulement comme une « bouche à nourrir » par ses parents qui ainsi la rejettent et l’humilient, des paysans normands qui n’avaient d’yeux que pour leurs deux garçons. C’est vrai que dans une ferme, un garçon ça travaille puis plus tard, quand il se marie, il transmets le nom… Mais, dans le cas de cette famille, c’est une autre histoire. D’ailleurs, Catherine, ça lui est égal, elle n’aime pas la campagne et rêve d’épouser … un routier parce que la maison est au bord d’une route où passent des camions ! Elle n’aime pas non plus l’école alors oui, c’est vraiment mal parti pour elle qui déteste aussi son enfance et qui insiste pour travailler comme vendeuse parce que ainsi elle peut se donner l’illusion d’être grande. Et puis surtout elle peut partir de chez ses parents. Pour partir, elle est effectivement partie, et avec un routier rencontré grâce à la C.B. (Darling est son surnom de cibiste,), et elle l‘a... N° 1554 - Juin 2021 Darling – Jean Teulé - Éditions Juillard. Elle a bien dû naître sous une mauvaise étoile la petite Catherine Nicolle, comme on dit quand on affectionne les euphémismes. Elle est d’abord considérée seulement comme une « bouche à nourrir » par ses parents qui ainsi la rejettent et l’humilient, des paysans normands qui n’avaient d’yeux que pour leurs deux garçons. C’est vrai que dans une ferme, un garçon ça travaille puis plus tard, quand il se marie, il transmets le nom… Mais, dans le cas de cette famille, c’est une autre histoire. D’ailleurs, Catherine, ça lui est égal, elle n’aime pas la campagne et rêve d’épouser … un routier parce que la maison est au bord d’une route où passent des camions ! Elle n’aime pas non plus l’école alors oui, c’est vraiment mal parti pour elle qui déteste aussi son enfance et qui insiste pour travailler comme vendeuse parce que ainsi elle peut se donner l’illusion d’être grande. Et puis surtout elle peut partir de chez ses parents. Pour partir, elle est effectivement partie, et avec un routier rencontré grâce à la C.B. (Darling est son surnom de cibiste,), et elle l‘a même épousé, mais loin de l’histoire romantique que pourrait laisser à penser ce prénom, la pauvre Catherine qui croyait au bonheur a encore une fois été déçue, et bien déçue, un véritable chemin de croix que sa vie ! A travers cette bien triste histoire qu’on ne rencontre pas uniquement dans les romans puisque c’est celle, authentique, de la propre cousine de l’auteur, ça m’évoque les cohortes de ceux qui voient leurs rêves trahis, parce qu’ils ont cru, ou fait semblant de croire, que la vie leur faisait des promesses simplement parce qu’ils avaient pour eux de l’imagination qu’autrement on appelle illusions ou « rêves de gosse ». On peut y croire, s’entretenir dans cette chimère, mais les évènements prennent vite le dessus. On peut appeler cela le destin, la malchance, le hasard, le mauvais sort, on peut en accuser une divinité quelconque à laquelle on a voué sa confiance et sa foi, où y voir une épreuve qu’elle nous envoie, parfois en forme de rédemption d’une éventuelle faute ... Le malheur leur colle à la peau, ils se disent, comme pour se rassurer ou s’excuser « qu’ils ne sont pas chanceux », que chacun sur terre a droit au bonheur, alors pourquoi pas eux ? Mais ils l’attendent toute leur vie et ne seront délivrés de cet état que par la mort. Dans le même temps ils voient les autres, pourtant à leurs yeux moins méritants, être comblés par la chance. Qui a jamais prétendu que la justice immanente existe ? Et puis, pour parler comme un ancien président de de République, « Les emmerdes ça vole toujours en escadrilles ». Pire peut-être mais bien réel quand même, à la question traditionnelle « Qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grand ?» qu’on nous a tous posée, nous avons souvent énuméré une liste de métiers qui nous faisaient rêver à cette époque mais qui pourtant ont bien dû se passer de nous… Ce que nous ne disions pas, que nous gardions pour nous, était la liste de ce que nous ne voulions assurément pas faire, soit par principe, soit parce que nous en connaissions les inconvénients, en nous promettant bien de tout faire pour les éviter. Au final, il s’avère que, bien souvent, c’est vers eux que nous nous sommes orientés volontairement, en remerciant le ciel d’y trouver un emploi. Puis on se dit que cette poisse ne peut pas durer, on attend, on attend, en vain, et finalement avec l’âge on devient fataliste. Ça commence souvent dès l’enfance, on patiente pendant l’adolescence souvent perturbée puis, pour oublier tout cela, on se marie, souvent jeune, en se disant que c’est un nouveau départ, qu’il faut tourner la page, que l’amour existe et qu’il peut tout, malheureusement c’est souvent pire, d’une manière parfois différente, mais pire. Là non plus tout ce qu’on avait imaginé ne tient pas la route et l’amour se révèle être un mirage, la famille se disloque, les projets s’envolent… et se sont les enfants qui, bien souvent, en font les frais. A lire ce témoignage, on a un peu de mal à y croire bien que les feux de l’actualité braquent les projecteurs sur les femmes battues et les « féminicides », pourtant elle illustre ce dont l’espèce humaine est capable, le pire comme le meilleur, mais bien souvent le pire, et dans l’horreur. Jean Teulé, avec le talent qu’on lui connaît, entre empathie et réalisme, nous entraîne dans cette histoire sordide où , heureusement, l’instinct de vie est le plus fort.
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  • Dune93 Posté le 25 Avril 2021
    Quand la réalité dépasse la fiction ! Une histoire incroyable qui est pourtant authentique. Un auteur n'aurait pas imaginé une histoire aussi dramatique car il aurait pensé qu'elle ne serait pas crédible. La situation est déjà glauque au départ avec une petite fille sans amour de ses parents mais va finir dans le morbide par un mari qui va l'humilier et la violenter au plus haut point.Une histoire CHOC, âme sensible s'abstenir! L'écriture est simple et fluide ce qui permet d'être immergé avec Darling jusqu'au bout.
  • karinch07 Posté le 9 Janvier 2021
    De Teulé, j'en ai lu beaucoup, mais celui-ci ! Le coeur au bord des lèvres tout du long, je n'ai pu le lâcher, nuit d'insomnie à me demander si j'abandonnais ou pas... Parce que Catherine, alias Tartine, alias Darling et d'autres surnoms bien moins glorieux en a subi ! Maltraitances, viols, coups, tortures... Elle aura tout enduré. Description acerbe et sans fard d'un monde qu'on souhaiterait révolu, de sa naissance non désirée dans une famille de paysans, ni amour ni éducation à part les coups, à sa rencontre avec un fieffé connard feignant alcoolo menteur et violent, flanqué d'"amis" violeurs et violents... C'est dur, c'est dérangeant, malaisant mais ça existe hélas, mais je ne saurais pas à qui le recommander...
  • Moulinaie Posté le 12 Novembre 2020
    Un conte moderne plein de fantaisie et d'humour, teinté d'un optimise à toute épreuve. Et pourtant, le fond de l'histoire de Catherine, qui se fait appeler Darling, est cruel, désespérant et quasi inhumain lors de certaines scènes de violence. Il s'agit d'une histoire vécue par la cousine de l'auteur, ce qui rend encore plus incroyable ce destin... Un livre magnifique sur la résilience.
  • tesdichiti Posté le 23 Août 2020
    Jean, l’auteur, pose des questions à Catherine…ses parents, son enfance, l’école, ses espoirs, son mariage, les enfants……et les galères, les moqueries, enfant, on l’appelait « tartines », les coups, le viol, la fuite, le rejet………….elle voulait qu’on l’appelle Darling…. Descendre plus bas, elle ne le peut pas….alors, elle veut raconter et elle choisit Jean qui l’écoute. Je retrouve dans ce roman interview le Jean Teulé qui a écrit : « Manger le si vous voulez ». Choquant mais également et malheureusement trop réel.
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