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Nouveauté
Camera obscura
Date de parution : 04/01/2024
Éditeurs :
Julliard
Nouveauté

Camera obscura

Date de parution : 04/01/2024
Un matin, un photographe militaire voit arriver, à l’hôpital où il travaille, quatre corps torturés. Puis d’autres, et d’autres encore. Au fil des clichés réglementaires qu’il est chargé de prendre, il... Un matin, un photographe militaire voit arriver, à l’hôpital où il travaille, quatre corps torturés. Puis d’autres, et d’autres encore. Au fil des clichés réglementaires qu’il est chargé de prendre, il observe, caché derrière son appareil photo, son pays s’abîmer dans la terreur. Peu à peu, lui qui n’a jamais remis... Un matin, un photographe militaire voit arriver, à l’hôpital où il travaille, quatre corps torturés. Puis d’autres, et d’autres encore. Au fil des clichés réglementaires qu’il est chargé de prendre, il observe, caché derrière son appareil photo, son pays s’abîmer dans la terreur. Peu à peu, lui qui n’a jamais remis en cause l’ordre établi se pose des questions. Mais se poser des questions, ce n’est pas prudent.
Avec une justesse troublante, ce roman raconte le cheminement saisissant d’un homme qui ose tourner le dos à son éducation et au régime qui a façonné sa vie. De sa discrétion, presque lâche, à sa colère et à son courage insensé, il dit comment il parvient à vaincre la folie qui le menace et à se dresser contre la barbarie.
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EAN : 9782260056249
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 224
Format : 140 x 205 mm
EAN : 9782260056249
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 224
Format : 140 x 205 mm

Ils en parlent

Un roman percutant et saisissant de vérité.
Mohamed Berkani / France Info

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • celine17 12/02/2024
    Gwenaëlle Lenoir s'est inspirée du parcours du photographe syrien César pour l'écriture de ce livre percutant. César (un pseudo, on comprend aisément pourquoi) est aujourd'hui connu pour avoir dénoncé la violence du régime de Bachar Al-Assad à travers ses photos de corps martyrisés par la police militaire syrienne. En tant que photographe légiste, il était en effet aux "premières loges" de cette violence inouïe puisqu'il était chargé de photographier les corps mutilés dans la morgue de l'hôpital militaire où il travaillait. Pour garder une trace des atrocités, il a enregistré des copies de ses clichés sur clés USB (des dizaines de milliers de photos insoutenables) qui lui ont ensuite permis, une fois exfiltré du pays, de rendre compte des atrocités commises auprès des instances de justice internationale. Son témoignage est évidemment capital pour, d'une part, rendre justice et, d'autre part, permettre aux familles de retrouver un proche disparu… Gwenaëlle Lenoir remonte ici le fil de l'horreur et nous décrit le parcours d'un homme de courage et de résistance qui a bravé les interdits au péril de sa vie et de celle de sa famille (cela ne se fait pas non plus sans peur, ni doute…). C'est aussi une description terrible de l'enrôlement d'une population et de la méfiance qui s'installe entre les personnes car bien sûr, il est à tout moment susceptible d'être dénoncé. Un roman glaçant dont il est difficile de s'extraire lorsqu'on pense avec effroi à toutes ces vies perdues (et dans quelles terribles circonstances). Une écriture limpide pour dire l'innommable et s'y immerger avec une tension absolument terrible de bout en bout.Gwenaëlle Lenoir s'est inspirée du parcours du photographe syrien César pour l'écriture de ce livre percutant. César (un pseudo, on comprend aisément pourquoi) est aujourd'hui connu pour avoir dénoncé la violence du régime de Bachar Al-Assad à travers ses photos de corps martyrisés par la police militaire syrienne. En tant que photographe légiste, il était en effet aux "premières loges" de cette violence inouïe puisqu'il était chargé de photographier les corps mutilés dans la morgue de l'hôpital militaire où il travaillait. Pour garder une trace des atrocités, il a enregistré des copies de ses clichés sur clés USB (des dizaines de milliers de photos insoutenables) qui lui ont ensuite permis, une fois exfiltré du pays, de rendre compte des atrocités commises auprès des instances de justice internationale. Son témoignage est évidemment capital pour, d'une part, rendre justice et, d'autre part, permettre aux familles de retrouver un proche disparu… Gwenaëlle Lenoir remonte ici le fil de l'horreur et nous décrit le parcours d'un homme de courage et de résistance qui a bravé les interdits au péril de sa vie et de celle de sa famille (cela ne se fait pas non plus sans peur, ni doute…). C'est aussi une description terrible de l'enrôlement d'une population et...
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  • michelblaise 11/02/2024
    Le roman "Camera obscura" de Gwenaëlle Lenoir (Éditions Julliard, 2024) aborde un sujet important de l'actualité en Syrie : la guerre civile, plus particulièrement, et ses répercussions sur la population civile. L'auteur s'inspire de l'histoire vraie de César, pseudonyme d'un ancien photographe légiste de la police militaire syrienne, qui a risqué sa vie pour documenter les crimes du régime de Bachar el-Assad (1). Gwenaëlle Lenoir a une écriture précise et efficace qui permet de plonger le lecteur dans l'univers du roman. Elle utilise un style sobre et direct qui donne force au récit. Les personnages du roman sont, par hypothèse crédibles ; l'on s'identifie facilement à leurs douleurs et à leur combat pour la liberté. Doit-on y saisir un message d'espoir, même dans les moments les plus sombres ? En revanche, le rythme du roman est un peu lent, ce qui peut ennuyer parfois. Contrairement aux propos indiqués sur la quatrième de couverture, les comportements et réactions du personnage narrateur, inspiré de "César", ne s'inscrivent pas toujours, du début à la fin du récit, dans une énergie féroce. Son opposition sincère, prend trop souvent la forme d' "actions passives" (oxymore volontaire). Mais dès lors que l'histoire est inspirée de la réalité, il est difficile de reprocher à Gwenaëlle Lenoir d'avoir négligé l'arc narratif du récit. Quant à la fin du roman , celle-ci est un peu abrupte et laisse le lecteur sur sa faim. Malgré tout "Camera obscura" est un roman important et poignant qui mérite d'être lu. Il nous donne à voir la réalité de la guerre en Syrie et nous incite à réfléchir sur les valeurs de liberté (2). Bonne lecture. Michel (1) En 2020 et 2021 au "procès de Coblence (centre-ouest de l'Allemagne) le célèbre dossier "César" a été présenté comme élément de preuve devant un tribunal, pour la première fois. Un expert médico-légal a témoigné dans le procès Al-Khatib, qui a analysé les cadavres photographiés sur plus de 50 000 clichés. Sa conclusion : la torture et les meurtres étaient systématiques dans tous les centres de détention des services de renseignement. Ce premier procès contre des membres du régime syrien accusés de crimes contre l'humanité s'est achevé le 13 janvier 2022 par une décision de culpabilité et d'une condamnations à la détention criminelle du principal accusé. Au-delà du cas de celui-ci, c'est le système Assad pratiquant la torture systématique contre ses opposants qui figure sur le banc des accusés. (Source France Diplomatie). (2) "Les âmes perdues" est, également un excellent film documentaire franco-allemand réalisé par Garence le Caisne et Stéphane Malterre, sorti en 2023. Il relate le long combat judiciaire que mènent des proches de victimes syriennes, disparues forcées ou mortes sous la tortures, pour que le régime Bachar el-Assad réponde de ses crimes devant la justice. Le roman "Camera obscura" de Gwenaëlle Lenoir (Éditions Julliard, 2024) aborde un sujet important de l'actualité en Syrie : la guerre civile, plus particulièrement, et ses répercussions sur la population civile. L'auteur s'inspire de l'histoire vraie de César, pseudonyme d'un ancien photographe légiste de la police militaire syrienne, qui a risqué sa vie pour documenter les crimes du régime de Bachar el-Assad (1). Gwenaëlle Lenoir a une écriture précise et efficace qui permet de plonger le lecteur dans l'univers du roman. Elle utilise un style sobre et direct qui donne force au récit. Les personnages du roman sont, par hypothèse crédibles ; l'on s'identifie facilement à leurs douleurs et à leur combat pour la liberté. Doit-on y saisir un message d'espoir, même dans les moments les plus sombres ? En revanche, le rythme du roman est un peu lent, ce qui peut ennuyer parfois. Contrairement aux propos indiqués sur la quatrième de couverture, les comportements et réactions du personnage narrateur, inspiré de "César", ne s'inscrivent pas toujours, du début à la fin du récit, dans une énergie féroce. Son opposition sincère, prend trop souvent la forme d' "actions passives" (oxymore volontaire). Mais dès lors que l'histoire est inspirée de la réalité, il...
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  • Matatoune 08/02/2024
    Gwenaëlle Lenoir choisit dans Camera obscura de raconter, au quotidien, la prise de conscience politique d’un homme, père de famille tranquille, qui devient résistant, jusqu’à être obligé de quitter le pays pour éviter d’être arrêté. De plus, ce récit est une immersion dans le pouvoir totalitaire de la Syrie dont, à l’époque, l’Europe a choisi de ne rien voir ! Le métier de photographe pour services funéraires de l’armée à Damas en Syrie est parfaitement méconnu. Son rôle était de prendre quelques photos des soldats morts au combat pour les transmettre à leur famille. Le narrateur remplace Abou Georges, un homme d’expérience, qui part à la retraite. Au début, il est satisfait de ce nouveau travail qui lui permet de nourrir sa famille. Et puis il y a seize adolescents: treize garçons et trois filles que le narrateur ne peut oublier, les premiers morts torturés, très jeunes. Inspiré d’histoire vraie Inspiré du photographe Syrien César, son nom de code, qui documenta les morts qui envahissent sa morgue avec d’atroces blessures, des ablations, des tortures, lors des soulèvements de 2011. Il a transmis les clichés et l’identité des prisonniers tués sous les coups de la milice de Bachar Al Assad. Les photographies ont pu être transmises et documentent le tribunal international. Gêné par la situation, le narrateur n’ose en parler à personne tant la pression du gouvernement est intense, depuis si longtemps. Rien ne doit être montré, tellement tous ont peur de la police du régime. Seulement aux romantiques de sa jeunesse qui chantent et dansent pour demander plus de liberté, le régime de Bâcha Al Assan oppose la torture puis la mort. Puis, le silence se lève et il décide de parler. Officiellement, les photos devaient permettre aux « autorités de délivrer des certificats de décès aux familles attestant qu’ils étaient morts d’un arrêt cardiaque » (Extrait du témoignage de Hassan Shalabi rapporté dans le JDD du 1er octobre 2015). Il y avait deux centres de tortures à Damas et sa région. Au total, 54 000 clichés de 11 000 détenus morts sous la torture et les privations. Elles ont été rendues publiques pour abonder les rédactions et l’O.N.U. Récit et documentaire, à la fois Gwenaëlle Lenoir est un grand reporter indépendant spécialiste du Proche et Moyen-Orient. Elle choisit le roman pour raconter le quotidien de cet homme, de sa découverte des premiers corps suppliciés à sa prise de conscience, puis le choix de trahir pour dénoncer et rendre compte de l’horreur. Évidemment, ce personnage reçoit toute l’empathie du lecteur, appréhendant un régime politique habitué à gérer le pays de façon musclée et autoritaire depuis de si nombreuses années. Le silence devient, alors, une survie avec la délation comme arme. La lecture du récit que propose Gwenaëlle Lenoir m’a permis de comprendre la nature de la réaction du pouvoir syrien au moment des Printemps Arabes. Cette répression fut si terrible que les contestataires se sont armés. La guerre civile qui s’ensuivit fut si sanglante qu’elle permit aux mouvements extrémistes, comme l’Etat Islamique, de s’implanter. Mais, le talent de Gwenaëlle Lenoir projette son lecteur dans l’incertitude de sa propre faculté de résistance. Car, selon le narrateur, rien ne le destinait à devenir un héros, à devoir s’exiler et à vivre caché tel le véritable Cesar. En conclusion, Pendant cinq ans, Gwenaëlle Lenoir imagine les réflexions, les ressentis et l’évolution de son personnage ce que la journaliste ne pouvait faire. Souvent percutant, quelquefois dérangeant, le récit énonce les peurs et les reculs qui font aussi la nature du courage. À partir du récit d’un photographe légiste amené à agir contre le gouvernement de son pays Gwenaëlle Lenoir propose un hommage à l’audace et à la ténacité. Le combat pour la liberté y est décortiqué du point de vue d’un homme qui aurait pu rester tranquille et soumis, mais qui a choisi de se mettre en danger pour défendre la liberté. Gwenaëlle Lenoir choisit dans Camera obscura de raconter, au quotidien, la prise de conscience politique d’un homme, père de famille tranquille, qui devient résistant, jusqu’à être obligé de quitter le pays pour éviter d’être arrêté. De plus, ce récit est une immersion dans le pouvoir totalitaire de la Syrie dont, à l’époque, l’Europe a choisi de ne rien voir ! Le métier de photographe pour services funéraires de l’armée à Damas en Syrie est parfaitement méconnu. Son rôle était de prendre quelques photos des soldats morts au combat pour les transmettre à leur famille. Le narrateur remplace Abou Georges, un homme d’expérience, qui part à la retraite. Au début, il est satisfait de ce nouveau travail qui lui permet de nourrir sa famille. Et puis il y a seize adolescents: treize garçons et trois filles que le narrateur ne peut oublier, les premiers morts torturés, très jeunes. Inspiré d’histoire vraie Inspiré du photographe Syrien César, son nom de code, qui documenta les morts qui envahissent sa morgue avec d’atroces blessures, des ablations, des tortures, lors des soulèvements de 2011. Il a transmis les clichés et l’identité des prisonniers tués sous les coups de la milice de Bachar Al Assad. Les photographies ont pu...
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  • dogasquet 06/02/2024
    Une vraie claque ! Quand, même le respect ultime aux morts est bafoué… L’autrice précise : « Ce livre est un roman dans le personnage principal est réel. Ce photographe existe et vit caché quelque part en Europe. Son nom de code est César. Les atrocités décrites sont avérées, les faits sont documentés, mais sa voix est la mienne. » C’est un homme prudent, César. Un mari aimant, un père attentif. Il travaille à la morgue de l’hôpital militaire. Prendre les photos des morts, associer les noms. S’en tenir là. Pourtant, il fait attention aux corps qu’il photographie et il a toujours une pensée pour les familles, Il a l’habitude : des accidentés, des suicidés. Puis les morts se succèdent, se multiplient. Ceux-là viennent des prisons, ils sont mutilés, torturés. Ils arrivent par fourgons entiers, des hommes, des femmes et des enfants. Ils sont appelés « les terroristes ». Ceux qui travaillent avec lui, ne savent plus où les ranger et cela les ferait plutôt rire. Il en sait trop désormais, il faut continuer, faire comme d’habitude, ne rien manifester, ne pas relever la tête…. Car il sait qu’il ne faut pas faire de vagues dans un pays où le moindre regard appuyé, la moindre remarque vous envoient en prison… On comprend qu’il s’agit de la Syrie de Assad en 2011, mais ce n’est jamais indiqué par l’autrice. Sans doute, car ces exactions font partie, hélas, des régimes totalitaires. Sans doute aussi, car le mépris des morts est une constante de tous les régimes fascistes, qu’ils s’appellent, Hitler, Assad, Pinochet ou Poutine…. Il faut tenir. Tenir pour sa vie, pour celle de sa famille, tenir pour témoigner. Tenir même si le cauchemar éveillé est permanent : « Mon monde était fait de fantômes torturés et d’orbites sans yeux. » Garder sur une clef USB, les photos et les noms des morts, au péril de sa vie. Ajouter les noms des bourreaux en fouillant dans le bureau de son supérieur. Conserver les habitudes, ne rien manifester devant les collègues de travail, soutiens du régime et soucieux de s’en faire bien voir, soucieux aussi de profiter des morts pour s’en mettre plein les poches. Les familles interrogent et paient généreusement à qui veut bien donner une information… Pourtant, le régime politique ne l’a jamais intéressé, il s’en fiche. Il est essentiellement attentif à sa famille, à avoir un travail fixe, même s’il ne l’a pas choisi. C’est tellement exceptionnel d’avoir un salaire régulier. Un prudent, voire un lâche, mais pas un homme sans cœur, ni sans humanité. Et devant les corps martyrisés qu’il reçoit chaque jour par camions entiers, il est impossible de demeurer insensible et de ne rien faire. « Ils arrivent une étiquette au poignet droit. Ils ont des traînées de sang frais et des croûtes sombres, des bleus larges ou étroits violets, jaunes, verts. Ils ont les doigts retournés et les ongles arrachés. Ils ont les os déboîtés et les tendons apparents. Ils ont les côtes enfoncées et les tétons brûlés. Certains ont le pénis coupé et d'autres les orbites vides. » Quand son silence doit recouvrir une violence absolue et mortifère. Pas de voyeurisme, pas de pathos dans ce récit magistralement écrit. Pas de cris, pas de vociférations. C’est l’intensité de la souffrance, de la barbarie jusque dans les corps sans vie, qu’on rentre au fond de soi, sans pouvoir refuser, crier, sangloter. « Il faut que les morts parlent parce que nous, les vivants, nous ne pouvons pas parler. Ils ont cousu nos lèvres et arraché nos langues, il y a des décennies. Ils ont commencé par faire taire nos parents, nos parents nous ont fait taire et nous faisons taire nos enfants. Je fais taire Najma et Jamil, je les rends muets et sourds, je ne leur apprends pas les mots que le président n'aime pas. Ces mots-là, je les garde pour moi, je les ai enfermés dans ma tête, je leur ai interdit ma langue, ils se cognent contre les parois de mon cerveau, ils n'ont pas le droit de sortir, ils crient à l'intérieur. Pourtant, ces mots-là sont chantés sur les places des villes et des villages. » La prise de conscience et l’héroïsme silencieux. C’est le devoir à accomplir pour dénoncer la barbarie, pour laisser témoigner les morts, leur rendre respect et hommage. Qu’en est-il de la Syrie, du régime de Bachar Al Assad, qui poursuit son emprise de fer sur la population ? A la fin du livre, la question est posée : « On m’a écouté, les journaux ont parlé de moi, et puis rien. Le monde est passé à autre chose. » Un roman dense que le lecteur suit et supporte d’une traite, avec la boule au ventre et la sidération devant la déshumanisation banalisée. Vous l’avez compris, méga coup de cœur pour ce roman. Merci à la Fondation Orange et aux éditions Julliard de m’avoir permis de découvrir cette pépite. Une vraie claque ! Quand, même le respect ultime aux morts est bafoué… L’autrice précise : « Ce livre est un roman dans le personnage principal est réel. Ce photographe existe et vit caché quelque part en Europe. Son nom de code est César. Les atrocités décrites sont avérées, les faits sont documentés, mais sa voix est la mienne. » C’est un homme prudent, César. Un mari aimant, un père attentif. Il travaille à la morgue de l’hôpital militaire. Prendre les photos des morts, associer les noms. S’en tenir là. Pourtant, il fait attention aux corps qu’il photographie et il a toujours une pensée pour les familles, Il a l’habitude : des accidentés, des suicidés. Puis les morts se succèdent, se multiplient. Ceux-là viennent des prisons, ils sont mutilés, torturés. Ils arrivent par fourgons entiers, des hommes, des femmes et des enfants. Ils sont appelés « les terroristes ». Ceux qui travaillent avec lui, ne savent plus où les ranger et cela les ferait plutôt rire. Il en sait trop désormais, il faut continuer, faire comme d’habitude, ne rien manifester, ne pas relever la tête…. Car il sait qu’il ne faut pas faire de vagues dans un pays où le moindre regard appuyé,...
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  • Flo_herisson 05/02/2024
    Nous sommes au Proche-Orient, dans un pays, jamais nommé, que l’on devine assez rapidement être la Syrie. Notre narrateur est photographe légiste. Un emploi routinier qui consiste à prendre les clichés réglementaires des corps qui transitent par la morgue de l’hôpital. Cet emploi, c’est son beau-père qui lui a procuré, une aubaine pour ce père de famille soucieux d’offrir le meilleur à Ania, son épouse et à Najma et Jamil, ses enfants qu’il aime plus que tout. Loin des intrigues du régime, ni partisan, ni opposant, c’est un homme prudent qui a à cœur d’être irréprochable dans ce pays où chacun peut être dénoncé, et il s’acquitte de sa tâche avec application et méthode. Mais un jour quatre corps attirent son attention. Des morts en apparence comme les autres, mais ses supérieurs sont sur les dents, il se sent surveillé, et il ressent le besoin impérieux d’en garder la trace. Alors, dans un geste inconsidéré, il décide de prendre des clichés supplémentaires et de les conserver, contrevenant ainsi à toutes les procédures. Des corps qui en précèderont d’autres, chaque jour plus nombreux. Des morts qu’il va faire parler, en les glissant dans une carte mémoire cachée dans un biscuit à la fleur d’oranger. Acte de résistance insensé et éveil de sa conscience. . Ce roman est une grosse claque! Le genre de roman que j’ai envie de recommander à tout le monde et dont je rage de voir qu’on en entend si peu parler. C’est le récit du cheminement d’un homme vers la résistance, dans un pays où le moindre mot peut conduire à la mort. Un pays où le président a interdit de parler, « où il a cousu les lèvres et arraché les langues », « ou nos parents nous ont fait taire et où on fait taire nos enfants ». Un pays où les hommes du président se reconnaissent à leur cheveux gominés et à leur pantalon de tergal, à leur zèle infatigable et à leur cruauté absolue. Et cet homme aura le courage incroyable de documenter les atrocités de ce régime pour «  faire voyager les morts jusqu’aux vivants qui reconnaîtraient leurs souffrances, jusqu’aux justes qui s’agenouilleraient devant eux ». Au fil des pages on le suit dans cette prise de conscience, en apnée devant les risques qu’il encourt, la gorge nouée par l’emotion au fil des révélations qu’il découvre, en admiration devant le courage qu’il déploie. Et lorsque l’on sait que cet homme a existé, que grâce à lui le monde a découvert la barbarie de ce président, on se prend d’une reconnaissance infinie et d’une gratitude immense pour cet homme dont on ne connaît que le nom de code: Cesar. Un roman bouleversant à lire sans tarder. Un livre fort et percutant sur la puissance des actes face à l’ignominie Nous sommes au Proche-Orient, dans un pays, jamais nommé, que l’on devine assez rapidement être la Syrie. Notre narrateur est photographe légiste. Un emploi routinier qui consiste à prendre les clichés réglementaires des corps qui transitent par la morgue de l’hôpital. Cet emploi, c’est son beau-père qui lui a procuré, une aubaine pour ce père de famille soucieux d’offrir le meilleur à Ania, son épouse et à Najma et Jamil, ses enfants qu’il aime plus que tout. Loin des intrigues du régime, ni partisan, ni opposant, c’est un homme prudent qui a à cœur d’être irréprochable dans ce pays où chacun peut être dénoncé, et il s’acquitte de sa tâche avec application et méthode. Mais un jour quatre corps attirent son attention. Des morts en apparence comme les autres, mais ses supérieurs sont sur les dents, il se sent surveillé, et il ressent le besoin impérieux d’en garder la trace. Alors, dans un geste inconsidéré, il décide de prendre des clichés supplémentaires et de les conserver, contrevenant ainsi à toutes les procédures. Des corps qui en précèderont d’autres, chaque jour plus nombreux. Des morts qu’il va faire parler, en les glissant dans une carte mémoire cachée dans un biscuit à...
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