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Le retour de Janvier
Date de parution : 05/01/2023
Éditeurs :
Julliard

Le retour de Janvier

Date de parution : 05/01/2023
« Après les avoir redoutées, ce sont désormais les périodes qu’il préfère, les grandes marées, il les attend, quand on ne peut plus circuler à pied et que l’eau pénètre... « Après les avoir redoutées, ce sont désormais les périodes qu’il préfère, les grandes marées, il les attend, quand on ne peut plus circuler à pied et que l’eau pénètre partout. »
Le niveau de la mer est monté. La Rochelle, régulièrement submergée et sous contrôle de l’armée, s’est vidée de la...
« Après les avoir redoutées, ce sont désormais les périodes qu’il préfère, les grandes marées, il les attend, quand on ne peut plus circuler à pied et que l’eau pénètre partout. »
Le niveau de la mer est monté. La Rochelle, régulièrement submergée et sous contrôle de l’armée, s’est vidée de la plupart de ses habitants. Janvier Bonnefoi y vit dans la solitude, remontant en barque les rues noyées et ressassant la dispute qui l’a forcé, un an plus tôt, à quitter la ferme familiale en Lozère. Le jour où la ville est évacuée, Janvier décide de rentrer chez lui. 
Par les chemins de Charente et de Corrèze, il traverse une France minée par les tempêtes, le repli identitaire et les attentats écologistes. Il découvre stupéfait un pays persuadé de pouvoir encore vivre normalement. Dans une ferme du Cantal, il fait la connaissance d’Adèle, une jeune femme énigmatique qui lui offre le gîte en échange de son aide. Partagé entre l’appel du voyage vers sa terre natale et les promesses ambivalentes que dessine ce nouveau foyer, Janvier est bientôt rattrapé par d’encombrants compagnons d’infortune.
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EAN : 9782260055693
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 140 x 205 mm
EAN : 9782260055693
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 140 x 205 mm

Ils en parlent

Une fable écologique en colère. 
Pierre-Édouard Peillon / Le Monde

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lalidom 29/10/2023
    L'autrice nous fait partager sa peur du futur par rapport au dérèglement climatique qui est déjà en cours malheureusement. Elle va très loin dans ce qu'elle écrit. Livre d'anticipation ou réalité à venir ? Le plus tard possible sera le mieux... On suit le personnage de Janvier avec intérêt. Ses doutes, ses décisions, ses rencontres aussi. J'espère qu'elle décrochera un prix pour ce très bon roman.
  • Carolina78 15/09/2023
    COUP DE COeUR « La barque glisse sur l'eau régulièrement, un train sur des rails. Depuis qu'il est là, son corps a eu le temps de s'accommoder à l'exercice, « il a fait du muscle », dirait sa mère. du muscle, mais pas seulement : le geste est fluide et assuré. Janvier maîtrise son embarcation, elle file à travers les rues silencieuses, on ne sent plus les coups de rame. » Janvier est serein. Il aime les grandes marées quand l'eau engloutit « les murs décrépis, les objets qui jonchent le sol, les maisons qui menacent de s'effondrer, les trottoirs détruits. Inondée, la ville rutile, comme neuve. » Depuis un an et demi, il est conscrit civil à La Rochelle. Il a le plaisir d'enseigner aux enfants. Il s'est installé dans une routine reposante. Il est dans l'instant présent, fait abstraction de la chaleur infernale, de la Rochelle devenue un taudis, des miséreux qui hantent les rues, les nantis sont partis, seuls sont restés les déshérités et marginaux, rejoints par des migrants et des laissés-pour-compte. Il a fallu qu'il s'adapte. Janvier a dû renoncer à sa vocation d'agriculteur. Il ne peut s'empêcher de ruminer sa violente dispute avec son grand-frère Félicien qui l'a contraint à quitter la ferme familiale, située à Lachamp, petit village de Lozère. Il n'ignore pas la situation politique chaotique, entretenue par la désinformation et les rumeurs qui brouillent les pistes, avec en toile de fond, la prise de pouvoir par le parti de la France Éternelle, suite à la démission du gouvernement de coalition écologiste, éclaboussé par un scandale financier, et les attentats terroristes du mouvement écologique MCPP. Janvier ne sait pas encore qu'un variant du virus Ébola sévit et qu'il va devoir faire marche arrière, fuir. Nous allons le suivre dans son périple de la Rochelle à Lachamp, d'abord à pied, puis à vélo, puis à nouveau à pied. Ni la peur, ni la faim, ni le désespoir ne nous seront pas épargnés, mais nous vivrons une belle aventure palpitante, parsemée de rencontres et d'imprévus, avec des frayeurs mais aussi quelques moments d'intense bonheur. Nous allons prendre notre temps, et même faire une halte de plusieurs mois dans une ferme, dans le Cantal. Notre lecture, ponctuée par des phrases courtes sans fioritures, va nous permettre d'avancer au rythme du souffle de Janvier. Les mots vont s'écouler doucement comme des pas ou la lente dérive d'une barque sur l'eau. Le retour de Janvier, ou l'Odyssée, non pas d'Ulysse, mais de Janus, le Dieu aux deux visages, l'un tourné vers le passé, l'autre vers l'avenir, nous fait osciller dans un rêve éveillé, entre plusieurs temporalités. Les francs sont encore en usage. Il n'est pas possible de retirer plus de 2000 francs en liquide avec une carte bleue. Avec le nouveau gouvernement, ils vont augmenter la solde des militaires : « Ça va aller jusqu'à 30 000 francs pour les non-gradés. » Ce variant d'Ébola a une familiarité troublante avec le Covid. Les tickets de rationnement nous rappellent la seconde guerre mondiale. Nous n'en sommes pas encore au point de dormir avec un fusil à portée de main, mais prenons garde car cette situation chaotique, de dérèglement climatique et marasme politique conjugués, nous menace fortement. Dans tout ce désastre, le retour de Janvier est une ode à la nature, au retour aux sources, un éloge du labeur des champs. Je viens de vivre une expérience inédite, je viens de m'incarner en Janvier – osmose absolue -. Je tiens à remercier chaleureusement Charlotte Dordor de m'avoir offert ce merveilleux voyage intérieur. J'invite tous les babéliotes, si ce n'est déjà fait, à profiter de cette prodigieuse escapade. J'aimerais bien avoir vos retours ! Finissons sur une note d'espoir poétique avec la citation placée en exergue au début du roman. Faisons comme Janvier mettons-nous en route et au travail ! « le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route. » Jean Giono, Les Grands Chemins COUP DE COeUR « La barque glisse sur l'eau régulièrement, un train sur des rails. Depuis qu'il est là, son corps a eu le temps de s'accommoder à l'exercice, « il a fait du muscle », dirait sa mère. du muscle, mais pas seulement : le geste est fluide et assuré. Janvier maîtrise son embarcation, elle file à travers les rues silencieuses, on ne sent plus les coups de rame. » Janvier est serein. Il aime les grandes marées quand l'eau engloutit « les murs décrépis, les objets qui jonchent le sol, les maisons qui menacent de s'effondrer, les trottoirs détruits. Inondée, la ville rutile, comme neuve. » Depuis un an et demi, il est conscrit civil à La Rochelle. Il a le plaisir d'enseigner aux enfants. Il s'est installé dans une routine reposante. Il est dans l'instant présent, fait abstraction de la chaleur infernale, de la Rochelle devenue un taudis, des miséreux qui hantent les rues, les nantis sont partis, seuls sont restés les déshérités et marginaux, rejoints par des migrants et des laissés-pour-compte. Il a fallu qu'il s'adapte. Janvier a dû renoncer à sa vocation d'agriculteur. Il ne peut s'empêcher de ruminer sa violente dispute avec son grand-frère Félicien qui l'a...
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  • maliroland 08/07/2023
    Dystopie, récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre. Je n’aime pas ce mot là et ce qu’il représente. Mais il faut bien pointer les dysfonctionnements humains quitte à donner dans les caricatures afin que les prises de conscience se mettent en branle et que des solutions émergent, ou pas selon les côtés optimistes ou pessimistes des pointeurs. Donc, réchauffement climatique aidant, des terres et villes côtières sont immergées, les orages virent cyclones et détruisent les terres intérieures, les gouvernements écologistes dépassés par leurs extrémistes qui prônent un retour au moyen âge en faisant sauter ce que le coeur vous en dira, ces gouvernements ont dû passer la main à un régime fascisant mais les militaires qui se déploient à qui mieux mieux peinent à maintenir l’ordre. Cartes de rationnement, électricité réduite à quelques piles, manque de nourriture, pénurie d’essence, danger à chaque coin de rue, autodéfense lorsque c’est possible, bref, Janvier broie du noir. Découpons le retour de Janvier en trois parties. Un. Janvier et la Rochelle immergée jusqu’au premier étage. Janvier, pas militaire mais volontaire humanitaire ou quelque chose comme cela remplit diverses missions. Ramassage des noyés, aides aux isolés et ainsi de suite. Cette première partie posent les problèmes, brosse un portrait de l’ambiance de fin du monde, s’attache à quelques personnages plus ou moins attachants et s’achève avec une épidémie équivalent peste noire, retour au moyen âge et après. Deux. Janvier s’en va retourner chez lui, campagne alpine ardéchoise ou savoyarde mais s’arrête en cours de route dans une ferme et rencontre Adèle. Ajoutons quelques albanais de passage, des bons et des franchement pas bons. Puis Adèle lui ayant fait faux bond, Janvier reprend son baluchon pour un retour en début d’année c’est à dire aux pénates chez maman. Le retour de Janvier. Bien écrit. Dystopie à se flinguer par avance. Première et moitié de deuxième partie, longuettes laborieuses déprimantes mais bonne peinture apocalyptique. Puis l’allure s’envole, Janvier est plus dans le partage et devient plus attachant et j’ai un doute sur comment cela va se finir. Le doute s’envole à son tour, le travail c’est la santé. La phrase de la fin comme j’aime bien à les citer. Et pour se donner du courage, Janvier se met au travail sans attendre. Commentaire. La femme et le travail sont l’avenir moyenâgeux de l’homme.Dystopie, récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre. Je n’aime pas ce mot là et ce qu’il représente. Mais il faut bien pointer les dysfonctionnements humains quitte à donner dans les caricatures afin que les prises de conscience se mettent en branle et que des solutions émergent, ou pas selon les côtés optimistes ou pessimistes des pointeurs. Donc, réchauffement climatique aidant, des terres et villes côtières sont immergées, les orages virent cyclones et détruisent les terres intérieures, les gouvernements écologistes dépassés par leurs extrémistes qui prônent un retour au moyen âge en faisant sauter ce que le coeur vous en dira, ces gouvernements ont dû passer la main à un régime fascisant mais les militaires qui se déploient à qui mieux mieux peinent à maintenir l’ordre. Cartes de rationnement, électricité réduite à quelques piles, manque de nourriture, pénurie d’essence, danger à chaque coin de rue, autodéfense lorsque c’est possible, bref, Janvier broie du noir. Découpons le retour de Janvier en trois parties. Un. Janvier et la Rochelle immergée jusqu’au premier étage. Janvier, pas militaire mais volontaire humanitaire ou quelque chose comme cela remplit diverses missions. Ramassage des noyés, aides aux isolés et ainsi de suite. Cette première partie posent les problèmes, brosse...
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  • Kittiwake 07/07/2023
    La Rochelle est sous l’eau. A chaque marée, l’intrusion se fait plus sévère, menaçant les bâtiments. La ville est sous le contrôle de l’armée. Lorsque l’évacuation est décidée, Janvier se fait déserteur, abandonnant sa mission de conscrit civil pour rejoindre la ferme familiale en Lozère, qu’il avait quittée un an plus tôt, à la suite d’une dispute. S’en suit un road trip, dont le décor contraste avec l’ambiance apocalyptique des villes côtières : la vie semble se dérouler sans trop de dérangement, alors que la plus grande partie du pays regarde avec un sentiment détaché le drame qui ne les concerne pas directement. En chemin les rencontres sont loin d’être amicales. Janvier s’arrêtera quelques mois dans une ferme presque abandonnée, en compagnie d’une jeune femme fuyant elle aussi un passé récent. Pourtant peu à peu, les manifestations d’une crise majeure apparaissent, coupure d’électricité, rationnement… Ce voyage au long cours entre la Charente et la Lozère, parcouru à pied ou à vélo est aussi un voyage intérieur, qui permet à Janvier de faire le point sur sa vie. Roman d’apprentissage également, pour une formation pas toujours aboutie, puisqu’il apprendra mal à se méfier et continuera à accorder sa confiance sans réfléchir. Il manque une colonne vertébrale qui donnerait un axe fort pour soutenir le propos, qui semble parfois se perdre au gré des pérégrinations du personnage. Un éclairage plus précis du contexte aurait peut-être contribué à renforcer l’intérêt pour l’intrigue, qui reste très introspective. L’écriture de ce premier roman est agréable et le roman se lit sans déplaisir. 368 pages Julliard 5 janvier 2023 La Rochelle est sous l’eau. A chaque marée, l’intrusion se fait plus sévère, menaçant les bâtiments. La ville est sous le contrôle de l’armée. Lorsque l’évacuation est décidée, Janvier se fait déserteur, abandonnant sa mission de conscrit civil pour rejoindre la ferme familiale en Lozère, qu’il avait quittée un an plus tôt, à la suite d’une dispute. S’en suit un road trip, dont le décor contraste avec l’ambiance apocalyptique des villes côtières : la vie semble se dérouler sans trop de dérangement, alors que la plus grande partie du pays regarde avec un sentiment détaché le drame qui ne les concerne pas directement. En chemin les rencontres sont loin d’être amicales. Janvier s’arrêtera quelques mois dans une ferme presque abandonnée, en compagnie d’une jeune femme fuyant elle aussi un passé récent. Pourtant peu à peu, les manifestations d’une crise majeure apparaissent, coupure d’électricité, rationnement… Ce voyage au long cours entre la Charente et la Lozère, parcouru à pied ou à vélo est aussi un voyage intérieur, qui permet à Janvier de faire le point sur sa vie. Roman d’apprentissage également, pour une formation pas toujours aboutie, puisqu’il apprendra mal à se méfier et continuera à accorder sa confiance sans réfléchir. Il manque...
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  • HordeDuContrevent 22/05/2023
    Voilà. Nous y sommes. Remarquez, nous y sommes déjà n'est-ce pas ? Mais, là, avec Charlotte Doror, nous y sommes vraiment. le curseur est poussé plus loin, le retour en arrière est désormais impossible, ce qui nous pend au nez et nous est conté régulièrement ad nauseum se produit ostensiblement. Je parle du réchauffement climatique. Les eaux ont monté à tel point qu'une ville comme La Rochelle est submergée. Lors des grandes marées seuls les étages des immeubles émergent ainsi que les phares si emblématiques de cette belle ville charentaise, notamment le phare rouge du Bout du monde, réplique du phare issue du roman éponyme de Jules Verne. La Rochelle est vidée de presque tous ses habitants, seuls de pauvres hères, notamment les vieillards, les malades, les plus démunis, celles et ceux ne pouvant pas se déplacer, sont restés et vivent au gré des marées dans des odeurs de moisissures, de salpêtre, d'humidité crasse. L'armée a pris le contrôle de la ville, les militaires côtoient les conscrits, ces personnes pacifistes qui se sont portées volontaires pour aider, apporter un peu d'éducation aux enfants, acheminer les vivres et les médicaments en barque aux impotents. Janvier est de ceux-là. Dans la plus extrême solitude, il aide donc, remontant en barque les rues noyées et ressassant la dispute avec son frère qui l'a poussé à quitter la ferme familiale en Lozère et à venir ici. Il aurait dû reprendre la ferme familiale pourtant. Au lieu de vivre reclus sur les eaux, il devait vivre reclus au milieu des brebis. de cette retraite en milieu quasi apocalyptique émerge une curieuse douceur humide, une étrange beauté de fin du monde, un charme suranné de palais vénitien dans le silence suspendu d'une ville endormie, capitonnée… « Pendant les grandes marées, quand il s'endort le soir, il ressent encore en fermant les yeux le poids de son corps sur la barque, le glissement léger, le sillon éphémère laissé derrière lui, sur lequel il se retourne de temps en temps, le bruit des objets flottants, le plastique surtout, qui cogne sur la barque, celui des rames qui s'enfoncent dans l'eau brune. Des bruits doux, assourdis par l'eau mais qui résonnent délicatement, épurés, dans le silence alentour, comme les cloches d'une église en pleine campagne ». Le jour où la ville, gangrenée par un virus, un variant d'Ebola sans doute, est évacuée manu militari, Janvier décide de rentrer chez lui malgré l'obligation de rester confiné dans un immense gymnase. Des centaines de kilomètres le séparent de sa mère et de son frère, distance qu'il va parcourir à pied et en vélo, en fuyard, sur les chemins de Charente et de Corrèze, des centaines de kilomètres enfin hors de l'eau où les tempêtes, les nombreux incendies, l'afflux de réfugiés climatiques, le repli identitaire et les attentats écologistes, les coupures d'électricité, le manque d'essence, les rationnements, la désinformation le disputent à la volonté fantasmée des gens de poursuivre une vie normale, volontairement inconscients ou délibérément aveugles face à l'extrême gravité de la situation. Des centaines de kilomètres où les conséquences du réchauffement climatique le disputent à la douceur du Cantal où la vie semble immuable, inchangée, où quelques traces de neige éternelle sont porteuses d'espoir. Une France aux distances soudainement distendues, où le littoral inondé, les épidémies consécutives, sont racontés dans le reste du pays avec la même distance que l'on prend pour évoquer les drames des pays lointains, « les tragédies des pays exotiques ou des civilisations anciennes ». « Ses pas font comme une musique qui s'accorde avec le rythme de son souffle et celui de son coeur. Depuis longtemps, il n'avait pas entendu le bruit de son pas, seul, sur une route. Plus d'un an. Son pas chez lui, oui, mais c'était alors le paquet qui grinçait. C'était un pas d'intérieur, un pas domestique. Son pas dans La Rochelle, oui, mais le sol humide et poisseux engourdissait tous les sons. C'était un pas inaudible. Et là, régulier, résonnant, talonnant : c'est une marche ». Dans une ferme du Cantal il fait la connaissance d'Adèle, frêle et mystérieuse femme qui lui offre le gite et le couvert en échange de son aide. Partagé entre l'appel du voyage vers sa terre natale et les promesses ambivalentes que dessine ce nouveau foyer, Janvier est bientôt rattrapé par d'encombrants compagnons d'infortune avec lesquels il doit surmonter ses instincts premiers, il doit composer, s'ouvrir et changer de points de vue. Alors que le monde est en train de s'écrouler, Janvier tente de se construire par lui-même, loin de sa famille et de ce frère dominant, en prenant des décisions et en écoutant son coeur. En faisant confiance. J'ai aimé cette ambivalence, cet antagonisme de la vie qui éclot en prenant son temps, en plein marasme. Cet entrelacement du temps long de la vie campagnarde selon les rythmes des saisons, de la vie des bêtes et des gens, à l'urgence extrême qui se joue par ailleurs pour sauver l'Humanité. Le style est particulier. Les phrases sont courtes, nerveuses tout en étant poétiques sans fioriture et sans pathos pour autant. Un style direct qui sied bien à ce road movie, ce roman initiatique dans lequel le retour entravé fait irrésistiblement penser à l'Odyssée d'Homère. Ce livre est troublant car son côté dystopique semble si proche, si réel, si peu dystopique précisément. C'est la réalité dans une dizaine d'années, une vingtaine d'années, si le réchauffement climatique continue sur sa lancée. C'est troublant. Très troublant. Pas un livre post-apocalyptique mais bien « un apo »… Un apo où sauver sa peau permet de faire peau neuve…Et en même temps, le livre comporte une réelle beauté venant atténuer son côté effrayant. Une lecture que j'oserais qualifier de nécessaire. Tout au long de ma lecture, l'évocation des grandes marées a fait remonter en moi la chanson de Bernard Lavilliers. Comme une envie de poser un extrait de cette chanson qui date et qui résonne étrangement tant les conséquences du réchauffement climatique ont un impact politique : « Les rues n'ont plus de recoins, plus d'angles morts Ça facilite les rapports de force Il n'y a plus d'amoureux, plus de bancs publics Nous sommes éternellement bronzés Notre vocabulaire est réduit à 50 mots Nous branchons nos sexes dans le secteur Et nos spermatozoïdes sont calibrés et placés dans des banques Ils servent de monnaie d'échange aux eunuques qui nous gouvernent Notre société d'abondance fait merveille, il n'y a plus qu'une classe Quoiqu'en y réfléchissant bien il y en ait une autre Mais il est déconseillé de réfléchir Nous ne faisons plus jamais l'amour, sauf de temps en temps Avec les gardiens qui nous surveillent Le mien est frigide C'est la grande marée, la grande marée, la grande marée La grande marée, la grande marée, la grande marée » Merci à @Domm33 pour m'avoir donnée envie de découvrir ce premier roman de Charlotte Doror que je ne suis pas prête d'oublier ! Voilà. Nous y sommes. Remarquez, nous y sommes déjà n'est-ce pas ? Mais, là, avec Charlotte Doror, nous y sommes vraiment. le curseur est poussé plus loin, le retour en arrière est désormais impossible, ce qui nous pend au nez et nous est conté régulièrement ad nauseum se produit ostensiblement. Je parle du réchauffement climatique. Les eaux ont monté à tel point qu'une ville comme La Rochelle est submergée. Lors des grandes marées seuls les étages des immeubles émergent ainsi que les phares si emblématiques de cette belle ville charentaise, notamment le phare rouge du Bout du monde, réplique du phare issue du roman éponyme de Jules Verne. La Rochelle est vidée de presque tous ses habitants, seuls de pauvres hères, notamment les vieillards, les malades, les plus démunis, celles et ceux ne pouvant pas se déplacer, sont restés et vivent au gré des marées dans des odeurs de moisissures, de salpêtre, d'humidité crasse. L'armée a pris le contrôle de la ville, les militaires côtoient les conscrits, ces personnes pacifistes qui se sont portées volontaires pour aider, apporter un peu d'éducation aux enfants, acheminer les vivres et les médicaments en barque aux impotents. Janvier est de ceux-là. Dans la plus...
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