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Par Cherche midi, publié le 18/09/2020

"De sang et d'encre" : replacer les femmes au cœur de l'Histoire

Roman à la construction fulgurante, se déplaçant avec habileté entre les lieux et les époques, De sang et d’encre sacre Rachel Kadish, une auteure qui donne aux femmes toute leur place, dans la petite comme dans la grande histoire.

Méditation sur la religion, la philosophie, la traduction et surtout sur la place des femmes dans l’Histoire, le nouveau roman de Rachel Kadish – son deuxième traduit en français, après Une certaine idée du bonheur, paru en 2014 chez Pocket – se parcourt avec avidité. S’y entremêlent des éléments issus de l’histoire juive, du milieu universitaire britannique mais aussi des références à Shakespeare, au genre et à la foi. De sang et d’encre réussit le tour de force remarquable d’accompagner le lecteur dans des dédales où il pourrait aisément se perdre.

2017, à Londres. Professeur d’université proche de la retraite, Helen Watt est contactée par un ancien élève afin d’étudier des documents en hébreu découverts dans une maison du XVIIe siècle. Très vite, elle est intriguée par l’auteur de ces manuscrits, un certain « Aleph », dont elle va vouloir déterminer l’identité. En entreprenant la traduction de ces documents, Helen se voit confrontée à son propre passé, où s’échelonnent douleurs et échecs. 1660, Amsterdam. Ester Velasquez est une jeune femme d’une intelligence et d’une culture exceptionnelles. Secrétaire bien-aimée d’un rabbin aveugle fuyant l’Inquisition espagnole, elle le suit à travers l’Europe et jusqu’à Londres, au moment où la ville est touchée par la peste. Entravée par les rôles sociétaux liés à son sexe, Ester va devoir choisir entre le cœur et la raison.

"Un écrivain béni, avec un sens de la nuance et de la narration qui n’a d’égal que son penchant pour la passion", disait d’elle la grande et regrettée Toni Morrison. Il y a en effet chez Rachel Kadish un sens de la passion qui pénètre les mots et les pages de manière singulière. Une façon de lier le lecteur aux personnages de façon totale et résolue. Et puis, au-delà des époques où se situe l’action, De sang et d’encre approche des thèmes qui demeurent tout à fait actuels : la discrimination raciale, la recherche de la vérité, la réflexion autour de la foi et de la religion, mais aussi le traitement politique qui se joue autour d’une pandémie. L’auteure américaine n’oublie pas de saluer le travail minutieux et essentiel des traducteurs, dans leur rapport quasi-divin aux textes. Un roman à porter en étendard.


De sang et d'encre
2017, Londres. Professeur d’université proche de la retraite, Helen Watt est contactée par un ancien élève afin de venir étudier des documents en hébreu récemment découverts dans une maison du XVIIe siècle. Très vite, elle est intriguée par l’auteur de ces manuscrits, un certain « Aleph », dont elle va vouloir déterminer l’identité.
 
1660, Amsterdam. Ester Velasquez est une femme d’une intelligence et d’une culture exceptionnelles. Secrétaire bien-aimée d’un rabbin aveugle fuyant l’Inquisition espagnole, elle le suit à travers l’Europe et jusqu’à Londres, au moment où la ville est touchée par la peste.
 
Récit à la construction étourdissante, louvoyant entre les lieux et les époques, De sang et d’encre est aussi une brillante méditation sur la religion, la philosophie, et la place de la femme dans l’Histoire.

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