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Par Slalom, publié le 05/05/2021

Entre passé et présent, guerre et confinement, découvrez l'histoire poignante de Nina, Nathan et Arlette

Dans L’Étrange garçon qui vivait sous les toits, les auteur.rice.s Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez nous entraînent dans le récit poignant d’une rencontre qui défie le temps entre un jeune garçon caché par sa famille en 1942 et une ado confinée en 2020.

Losque son père médecin l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans avec une connexion internet vacillante, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements. Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier. Nina a-t-elle rêvé ? Parviendront-ils à découvrir ce qu’il s’est réellement passé 78 ans plus tôt ? Les trois auteur.rice.s reviennent sur l’écriture de ce roman à six mains durant le premier confinement.

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire un roman à six mains ?

Pendant le premier confinement, nous avons effleuré l’idée d’écrire ensemble. Christine nous a envoyé quelques pages qui exprimaient, à travers les yeux d’une adolescente, notre saisissement, notre sidération face à cette situation inédite. Très vite, nous avons décidé d’en faire une histoire. Écrire était important à ce moment-là, et écrire ensemble encore plus : nous étions isolés les uns des autres, cette création collective nous a permis de restaurer un lien essentiel. Quand on est empêché de partager la réalité, rien ne nous empêche de partager nos imaginaires. C’était notre manière, une de nos manières, de faire face à l’anxiété, à la colère, au torrent d’émotions qui nous submergeait chaque jour.

 

Aviez-vous chacun.e vos tâches attitrées ? Vous concertiez-vous sur tous les aspects de l’écriture ?

D’après mes souvenirs, nous avons parlé de tout ! Du contexte historique, des prénoms, de la distribution des appartements dans l’immeuble… au point de les dessiner ! Ce roman est vraiment le résultat d’un travail collectif. Au niveau de l’écriture, nous avons systématiquement relu et corrigé nos chapitres avant d’écrire le nôtre, ce qui a permis de donner une unité à notre travail. « Je me souviens être montée sur le toit de mon immeuble pour vérifier que du sixième étage on pouvait vraiment voir quelqu’un qui se trouvait dans une cuisine du rez-de-chaussée, une remarque de Fabien qui m’avait perturbée ! » (Christine) « Nous avons construit notre intrigue ensemble, en nous contraignant à suivre plus ou moins un plan, ce que Fabien a eu raison de nous conseiller. » (Charlotte). « Et j’ai commencé par écrire Natan, avant que nous échangions avec Christine et que je me glisse dans la peau de Nina » (Fabien).

 

Les chapitres du roman alternent le point de vue de trois personnages : Nina, Arlette et Natan. Comment avez-vous chacun.e incarné votre personnage ?

La répartition des personnages s’est faite assez naturellement. Charlotte a aussitôt adopté Arlette, et après discussion, les duos Fabien/Nina et Christine/Natan étaient eux aussi assez évidents. (Un clin d’œil à celles et ceux qui pensent qu’un garçon ne peut incarner qu’un garçon et une fille, une fille).

« Je me suis sentie très proche de Natan. Sa vie sous l’Occupation me renvoyait aux récits de mes parents, c’était très émouvant. » (Christine) « Arlette, ses animaux et son militantisme me sont venus assez rapidement. Pour son vocabulaire, je me suis souvenu de mots de ma grand-mère qui à l’époque m’avaient choquée, comme si une grand-mère était obligée de parler correctement. “Qu’est-ce qu’il m’emmerde !” » (Charlotte) « Pour ma part, peut-être est-ce le fait d’avoir déjà écrit le scénario d’Ayati, mais Nina l’adolescente dynamique est rapidement devenue une évidence dans l’écriture. » (Fabien)

 

Le point de départ du roman est le confinement de Nina en mars 2020, qui l’amène à faire des recherches sur la cache des Juif.ve.s en France durant la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi avez-vous souhaité rapprocher ces deux époques dans un même roman ?

En fait, c’est venu assez naturellement. Nous avions une adolescente d’aujourd’hui et un fantôme qui se trouvait dans une situation de confinement forcé. Le parallèle sautait aux yeux. Cela nous a permis d’aborder nombre de thèmes qui nous tiennent à cœur, comme la solidarité et les dénonciations anonymes, par exemple. Et cela nous donnait aussi la possibilité d’avoir trois personnages très différents qui se construisaient mutuellement, en esquivant le schéma très américain du groupe de colocs dans un même appartement, ce qui n’aurait pas donné la même dynamique narrative.  

 

L’Étrange Garçon qui vivait sous les toits parle aussi d’amour, un amour au-delà des barrières et des difficultés. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Qu’y a-t-il à dire, à part que l’amour ne devrait connaître ni barrières ni difficultés ? Nous avons fait un peu de chemin depuis la Seconde Guerre mondiale, mais pas assez, et pas partout. L’histoire d’Arlette et de Line se répète actuellement un peu partout dans le monde. Sans compter le nombre d’agressions « décomplexées », ces dernières années en France. C’est insupportable. Nous ne serons jamais assez nombreu.x.ses pour dénoncer ceux qui persécutent les personnes LGBTQI et pour faire avancer les choses. Et en plus de cela, c’est cet amour qui relie les deux époques, ce qui nous permet de conclure, peut-être, qu’il est éternel.

 

Que souhaitez-vous dire à un.e lecteur.rice qui s’apprêterait à lire L’Étrange Garçon qui vivait sous les toits ?

« Même à 93 ans, n’oublie jamais ce que tu es aujourd’hui. Il y a du boulot, alors, bonne chance :–)))) » (Christine) « Se fier à l’intelligence du cœur, c’est important… » (Charlotte) « Il est important de construire ses rêves, tout autant que d’aider les autres à construire le leur en chemin, même à 93 ans ». (Fabien)

 

L'Étrange Garçon qui vivait sous les toits - Roman Seconde Guerre mondiale - collaboration - confinement - dès 12 ans
Lorsque son père médecin l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements. Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.
Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée. Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ? Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

Slalom