Lisez! icon: Search engine
La Découverte
EAN : 9782348042683
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 320
Format : 135 x 220 mm

Héritocratie

Les élites, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020)

Collection : SH / L'envers des faits
Date de parution : 26/08/2021
Pour relancer un « ascenseur social » interminablement en panne, les grandes écoles affichent depuis quelques années leur ouverture à la « diversité » et leur volonté de renouer avec la méritocratie qu’elles auraient incarnée par le passé. Certains les accusent au contraire d’instaurer des critères étrangers au mérite, quand... Pour relancer un « ascenseur social » interminablement en panne, les grandes écoles affichent depuis quelques années leur ouverture à la « diversité » et leur volonté de renouer avec la méritocratie qu’elles auraient incarnée par le passé. Certains les accusent au contraire d’instaurer des critères étrangers au mérite, quand d’autres dénoncent une volonté de sceller le sort des universités, reléguées à la gestion des flux étudiants. Mais, de la IIIe République à nos jours, les grandes écoles ont-elles jamais récompensé le mérite ?
En retraçant les controverses oubliées et les choix politiques qui ont garanti les prérogatives de ces établissements et ainsi légitimé un haut niveau de reproduction sociale, cette enquête sociohistorique montre que rien n’est moins sûr. Si l’évocation rituelle de figures emblématiques de boursiers entretient le mythe d’un âge d’or méritocratique, l’histoire de ces filières d’excellence révèle la pérennité d’un système héritocratique, grâce auquel des élites résolues à défendre leurs frontières et leurs intérêts parviennent à consacrer leur héritage comme un privilège mérité.
Replacée dans des rapports de force qu’occulte la croyance en l’égalité des chances, l’introuvable démocratisation des grandes écoles ne s’explique pas par un complot de caste, mais par une succession de luttes dont les élites en place sont régulièrement sorties victorieuses. Face aux perspectives de changement et aux projets de réforme, elles ont su se mobiliser pour restaurer l’ordre qui était sur le point de s’ébranler. Des lendemains de la Commune au Front populaire et à la Résistance, de la Libération à Mai 68 et aux années Mitterrand jusqu’à Parcoursup et la refonte de l’ENA, la continuité qui s’observe derrière les secousses éphémères et les évolutions structurelles ne relève donc pas d’une mécanique implacable – ni d’une fatalité politique.
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782348042683
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 320
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Une vaste enquête sur les élites, leur fabrique, leur repères et leurs stratégies sur 150 ans, qui vient de paraître à La Découverte et qui tient du tour de force.
Chloé Leprince / France Culture

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Ana_Kronik Posté le 26 Novembre 2021
    On a beaucoup parlé des premiers de cordée, des exemples que l'on loue à l'envie pour instiller l'idée que tout le monde peut y arriver. "Yes you can", ça vous rappelle quelque chose? Tout le monde peut-il vraiment s'élever dans les classes sociales, ce terme fort opportunément banni du vocabulaire de la classe dirigeante et des partis autrefois progressistes? Paul Pasquali montre que la réponse à cette question est évidemment non. Il s'agit d'une tromperie, d'un récit opportunément mis en avant pour masquer le fait que la méritocratie n'a jamais vraiment existé. De Polytechnique à l'ENA, de Centrale à l'école normale de la rue d'Ulm, des travaux de recherche ont montré que les enfants d'ouvriers, d'employés et d'agriculteurs n'ont jamais dépassé 10% au total. Et que l'on est plutôt vers les 1 à 2% pour chacune de ces trois catégories. Bref, l'ascenseur social n'est qu'un mythe. Les postes importants sont toujours monopolisés par les enfants des classes aisées: patron, avocat, médecin, haut fonctionnaire... Pire encore peut-être, le discours dominant autour de la méritocratie a l'inconvénient de passer sous silence un autre problème: le fait que la classe moyenne n'a guère de chance de voir sa situation s'améliorer au cours de son... On a beaucoup parlé des premiers de cordée, des exemples que l'on loue à l'envie pour instiller l'idée que tout le monde peut y arriver. "Yes you can", ça vous rappelle quelque chose? Tout le monde peut-il vraiment s'élever dans les classes sociales, ce terme fort opportunément banni du vocabulaire de la classe dirigeante et des partis autrefois progressistes? Paul Pasquali montre que la réponse à cette question est évidemment non. Il s'agit d'une tromperie, d'un récit opportunément mis en avant pour masquer le fait que la méritocratie n'a jamais vraiment existé. De Polytechnique à l'ENA, de Centrale à l'école normale de la rue d'Ulm, des travaux de recherche ont montré que les enfants d'ouvriers, d'employés et d'agriculteurs n'ont jamais dépassé 10% au total. Et que l'on est plutôt vers les 1 à 2% pour chacune de ces trois catégories. Bref, l'ascenseur social n'est qu'un mythe. Les postes importants sont toujours monopolisés par les enfants des classes aisées: patron, avocat, médecin, haut fonctionnaire... Pire encore peut-être, le discours dominant autour de la méritocratie a l'inconvénient de passer sous silence un autre problème: le fait que la classe moyenne n'a guère de chance de voir sa situation s'améliorer au cours de son existence. Les peu ou pas diplômés, qui pendant les trente glorieuses pouvaient espérer s'élever dans la hiérarchie, n'ont plus cet espoir aujourd'hui. Une situation potentiellement explosive...
    Lire la suite
    En lire moins
ABONNEZ-VOUS À LA LETTRE D'INFORMATION DE LA DÉCOUVERTE
Nouveautés, extraits, agenda des auteurs et toutes les semaines les sorties en librairie !