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Par Fleuve éditions, publié le 03/01/2024

« Écrire est un métier d'explorateur » Sonja Delzongle

Après Thanatea, un texte aussi puissant que singulier paru chez Fleuve Éditions en 2023, Sonja Delzongle se réinvente une fois de plus avec son nouveau roman, Noir comme l’orage. Un polar dont elle nous parle en avant-première…

Noir comme l'orage
Après une nuit d’orage, alors que la saison touristique commence à peine, des corps sont découverts sur l’île d’Oléron et ses alentours, attachés à des pieux métalliques plantés dans le sable face à l’océan, foudroyés. Sept dépouilles au total. Et des modes opératoires très proches.
Le capitaine Max Fontaine, en poste à la PJ de La Rochelle, va aussitôt être chargé de l'affaire. Sa priorité : trouver le lien qui unit les victimes pour espérer remonter jusqu’à leur assassin. Il ne se doute cependant pas de la douloureuse épreuve personnelle qu’il s’apprête à traverser, ni de la solitude, de l’impuissance et de la rage qui vont l’habiter durant cette enquête. Car de nombreux obstacles se dresseront sur sa route avant qu'il puisse accéder à la vérité.

Cette année encore, vous proposez à vos lecteurs de plonger dans un univers original, riche et très visuel où l’orage tient une place centrale. La foudre, les fulgurés, les chasseurs d’orage… Qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à ces sujets ?

Les trois appartiennent au même phénomène, ou du moins en découlent. Un phénomène naturel d’une puissance parfois exceptionnelle qui effraie beaucoup d’humains et d’animaux et qui a toujours fasciné aussi bien l’artiste en moi que la « scientifique » en puissance.

Un génie d’origine serbe, Tesla, s’y est intéressé afin d’y puiser et d’en étudier les mécanismes qu’il a su reproduire à plus petite échelle avec ses fameuses bobines entre lesquelles passait un champ électromagnétique provoquant des éclairs. Je l’évoque déjà dans Le Dernier Chant (Denoël, 2021 ; Folio, 2022), qui aurait pu aussi s’intituler « Le Dernier Champ »…

Dans l’intrigue de Noir comme l’orage, qui reste avant tout un thriller, l’orage a un rôle aussi prépondérant que singulier. Il accompagne les personnages et notamment les enquêteurs tout du long, jusqu’au bouquet final. Dans mon roman, l’orage n’est pas seulement vu comme un phénomène naturel, mais également comme une métaphore de nos orages intérieurs, de nos coups de foudre, de nos nuages et de nos tempêtes. Là encore, comme je le montre dans mon avant-dernier roman Abîmes (Denoël, 2022 ; Folio, 2023) avec le langage de la montagne, on utilise volontiers le vocabulaire qui s’applique à l’orage pour décrire nos émotions, nos sentiments…

Bref, c’est un sujet inépuisable !

Vous ancrez votre intrigue sur l’île d’Oléron, La Rochelle et les alentours. Est-ce qu’il s’agit d’un choix purement romanesque ou cette région a-t-elle une résonance particulière pour vous ?

Les deux. J’ai découvert Oléron et La Rochelle il y a plus de dix ans et, outre leurs merveilles et leur histoire, l’environnement est idéal pour y projeter une intrigue basée sur le mystère et le crime. D’ailleurs, il s’est produit en 2016 un crime assez terrifiant à Oléron, le meurtre d’une jeune fille de quinze ans, Alexia, tuée par un adolescent de seize ans qui a fini par avouer. L’île a donc été malgré elle le théâtre d’une tragédie. Mais l’intrigue de Noir comme l’orage ne se passe pas seulement à Oléron et La Rochelle, même si ce sont les lieux principaux du roman… les îles voisines deviennent elles aussi des scènes de crime.

Par ailleurs, je me suis documentée sur les points les plus orageux et tempétueux de cette côte atlantique française… Là où le nombre d’impacts de foudre est l’un des plus élevés.

Si Thanatea se rapprochait du roman noir par sa construction et son atmosphère, Noir comme l’orage utilise des ressorts qui le rangent clairement dans le genre du thriller avec des meurtres, une enquête policière, des suspects. Y a-t-il une volonté de votre part de sans cesse surprendre votre lectorat, notamment en explorant des registres différents ?

En effet, aussi bien dans ma vie personnelle que dans mon écriture, je n’aime pas la routine que je cherche souvent à casser ou, en tout cas, à dévier de son petit chemin tranquille. Je veux éviter de tomber dans le procédé et se renouveler à tout prix peut aussi en être un. Écrire est un métier de funambule. Toujours garder l’équilibre pour ne pas tomber, d’un côté ou de l’autre. Et c’est aussi un métier d’explorateur, un autre aspect qui me passionne. Je marche également à l’instinct. Et puis, je suis auteure de polar, terme générique qui regroupe le roman noir, le policier et le thriller. Il n’est donc pas étonnant de flirter avec tous ces genres d’un roman à l’autre.

Fleuve éditions
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