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Par Sonatine, publié le 20/01/2020

Kate Mosse : le mot de l'auteure de La Cité de feu

Kate Mosse, auteure de Labyrinthe (Editions Lattès, 2005), débute une nouvelle tétralogie avec La Cité de feu (Sonatine Editions). Envoutée par Carcassonne et sa région, elle nous explique comment elle est tombée amoureuse de cette ville et de ces paysages.

Il y a trente ans, nous avons acheté une minuscule maison à l'ombre des remparts de Carcassonne. Je ne savais rien du Languedoc : c'était juste le hasard, la chance, la vie qui nous avaient amenés là. J'ignorais complètement la façon dont des siècles de guerres de Religion avaient marqué, modelé, modifié le paysage au fil des générations et les histoires qui s'y étaient déroulées. Mais dès la seconde où je suis descendue du train et entrée dans la Bastide Saint-Louis, j'ai eu l'impression de connaître Carcassonne. Plus que cela, je m'y suis sentie chez moi. Nous avons continué notre marche sous un ciel bleu et froid - ou gris et mouillé - jusqu'au Pont-Vieux. Là, pour la première fois, j'ai vu la stupéfiante ville fortifiée qu'est la cité et ç'a été le coup de foudre. Le début d'une histoire d'amour scripturale qui n'a jamais perdu de sa vigueur.

 

Carcassonne est l'histoire de deux villes : la Bastide Saint-Louis, bâtie dans les marais par les réfugiés expulsés de l'enceinte au XIVe siècle ; et la célèbre citadelle médiévale du XIIIe siècle. Une double conronne de pierre perchée sur la colline, contemplant l'Aude du haut de quelque cinquante-deux tours et tourelles, avec entre ses deux remplarts les lices poussiéreuses où les chevaliers se retrouvaient pour jouter. Magnifique, imposante, impossible. De notre jardin en contrebas, nous pouvions voir, entre les pommiers, les vignes et les plants de tomates poussant sur les pentes des jardins maraîchers, le château comtal, où vivaient autrefois les seigneurs de Carcassonne. Les diverses strates d'histoire de la ville - romaine, wisigothe, croisée, huguenote - étaient toutes là, inscrites dans la pierre.

 

Au fil de cet hiver et des années qui ont suivi, cette impression d'appartenir à Carcassonne n'a fait que grandir. J'ai lu guides touristiques et livres d'histoire. J'ai exploré les châteaux dans le ciel de Montségur et de Puivert, dans les contreforts des Pyrénées. J'ai suivi des chemins dans les bois. J'ai visité bibliothèques, archives et musées de la superbe Toulouse, la Ville Rose. Je n'avais pas l'intention d'écrire des romans inspirés de l'histoire de cette extraordinaire partie de la France. Pas à l'époque. Je voulais juste étudier les choses en profondeur.

Les chuchotements dans le paysage se sont faits plus insistants, plus séducteurs. L'âme du lieu, le sentiment que, dans le Languedoc, la véritable histoire vivait dans le paysage s'est accentué : du scintillement blanc des Pyrénées en hiver aux couleurs cuivrées de la garrigue et des vignes à l'automne, du jaune des genêts au printemps à l'ombre verte des bois ancestraux en été, les couleurs du passé étaient partout.

 

L'action de La Cité de feu se déroule à Carcassonne, Toulouse et Puivert. Elle commence à la Bastide en 1562, à la veille des guerres de Religion qui allaient déchirer la France en deux et causer l'emprisonnement, la déportation, l'exécution et l'exode aux quatre coins du monde de millions de personnes. C'est l'histoire de deux familles, un roman de mystère et d'aventure qui parle de relique volée, d'amour interdit et de vengeance. L'amour et ses conséquences, la foi et ses conséquences, ce que cela signifie d'être chassé de chez soi. Ce sont là des histoires qui, encore maintenant, hantent le paysage du Languedoc.

Sonatine
Sonatine Editions

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