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Par Philéas, publié le 29/10/2020

Michel Bussi : "Je suis fan de BD depuis toujours, et la BD me le rend bien"

À l’occasion de la sortie de l’adaptation du roman Gravé dans le sable, Michel Bussi, Jérôme Derache et Cédric Fernandez, respectivement auteur, scénariste et illustrateur se sont livrés sur les coulisses de leur collaboration.


L’histoire de Gravé dans le sable comporte des flashbacks de la Seconde Guerre Mondiale, la mise en images de cette période a-t-elle nécessité une documentation spécifique ?

Michel Bussi : En tous les cas, pour mon roman, j’ai fait très peu de recherches, Internet n’existait pas encore quand je l’ai écrit (oui, c’était au millénaire dernier !), et j’ai presque tout inventé, sauf Washington que je connaissais assez bien.

Jérôme Derache : Pareil pour moi, ma documentation était essentiellement le roman... Celui qui a le plus eu de travail dans le domaine c'est Cédric !

Cédric Fernandez : Pour toutes les périodes, il est indispensable de s'appuyer sur une documentation conséquente si on ne veut pas retomber sur les clichés de l'imaginaire commun. De mon côté, le dessin, je passe une grosse partie de mon temps de travail à la recherche de documentation. Les paysages, les tenues, les objets, etc. Cela permet d'enrichir l'univers et de le rendre crédible, d'ailleurs lors des recherches on tombe souvent sur des designs d'objets et des décors que l’on n’aurait jamais imaginés.

Selon vous, quelle plu value apporte la BD par rapport au roman ?

MB : En écrivant ce roman, j’avais beaucoup d’images, qui correspondaient aux années 60, en Normandie et aux États-Unis… C’était pour moi assez fantasmé, donc la mise en BD joue vraiment sur cet imaginaire très fort, dans des lieux grandioses, et qui correspond aussi à un certain âge d’or du cinéma américain.

C.F : Le roman et la bande dessinée sont deux médias avec leurs particularités propres. La narration n'est pas la même, et là où l'un va faire appel à l'imagination de son lecteur, l'autre lui propose quelque chose de plus "visuel". La relation entre les deux médias et le lecteur est très différente finalement.

Est-il possible de concilier adaptation et créativité lors de la mise en images d’un roman ?

MB : Je l’espère. J’ai laissé Jérôme et Cédric très libre de le faire ! Je pense en particulier aux visages de mes deux héroïnes, Lison et Alice.

CF : Effectivement, Michel a eu la gentillesse de nous laisser assez libre au niveau des visuels. Bien sûr, nous avons échangé pour être sur la même longueur d'onde et pour rester fidèle à l'idée qu'avait Michel de ses personnages et de l'ambiance du récit. Une fois les bases posées, il reste encore une grande part de créativité. Je ne me suis absolument pas senti frustré, bien au contraire, que ce soit les décors grandioses des États-Unis, les côtes normandes, les voitures d'époque ou encore les costumes des personnages... Je me suis régalé !

JD : Oui oui, on peut concilier les deux. Une adaptation, aussi fidèle soit-elle, reste une interprétation d'un scénariste et d'un dessinateur, donc une création, juste plus orientée qu'à l’accoutumée Michel nous a effectivement laissé très libre et j'ose croire que s’il nous a laissé cette liberté c'est qu'il a pu constater que nous étions, nous aussi, respectueux de son œuvre. J'ai proposé ma mise en scène, mes dialogues et Cédric lui a assuré le casting des personnages, des lieux, des atmosphères, des couleurs... Alors, bien sûr, dans le cadre d'une adaptation on ne part pas d'une feuille blanche mais il y a bel et bien un vrai travail de création ou de recréation si vous préférez.

Michel Bussi, vos œuvres ont été adaptées de nombreuses fois et sous différents formats (bandes dessinées, séries télés…), jusqu’à maintenant, est-ce qu’un type d’adaptation en particulier à votre préférence ?

MB : Je suis vraiment fan de BD, depuis toujours, et la BD me le rend bien, puisque beaucoup de mes romans sont adaptés ou en cours d’adaptation. La BD permet de rester très fidèle au roman, notamment au texte et à la linéarité du récit, tout en condensant extraordinairement le temps de lecture. C’est assez fascinant d’arriver à un résultat aussi fidèle qui peut être lu en deux heures. L’adaptation en série télé n’a pas ce pouvoir !

Compte tenu de la taille du roman, faire des coupures a été inévitable. Comment décidez-vous des éléments à couper de l’intrigue pour l’adaptation ?

MB : Là ce n’est pas de mon registre… mais je trouve que ces coupes ont vraiment été légères, et presque invisibles !

JD : La réponse de Michel me fait très plaisir ! L'objectif est effectivement qu'un lecteur du roman puisse retrouver toute l'intrigue, tous les éléments qui lui ont plu dans le roman. Donc oui, il y a eu des coupes, forcément, mais le but est qu'elles soient les plus discrètes possibles...

CF : La BD permet avec l'image de faire passer rapidement des choses que le roman va mettre plusieurs lignes à décrire, cela nous donne déjà une petite marge pour baisser le nombre de pages. Bien sûr, il faut faire le deuil de certaines subtilités, mais l’histoire a été vraiment respectée et l'image permet d'ajouter un autre niveau de lecture. Ce n'est pas vrai pour tous les romans mais Gravé dans le sable se prête bien à une adaptation en BD. Le roman faisant déjà référence à une imagerie forte.

Quelques mots à propos de cette adaptation aux lecteurs assidus de Michel Bussi ?

MB : J’en suis vraiment très fier ! Les lecteurs vont enfin savoir à quoi ressemblent Nick, Lison, Alice, Miss Arlington… Je trouve qu’il émane vraiment de cette BD l’atmosphère qui règne dans mon livre, une sorte de plongée mystérieuse dans le passé, et de va et vient entre un petit coin perdu de Normandie et les grands espaces américains. Sans oublier la surprise de la révélation… Et la scène finale que j’avais tellement visualisée dans ma tête. Bravo à Cédric et Jérôme !

CF : Nous avons vraiment tout fait pour respecter le roman original, je pense que les lecteurs de Michel prendront du plaisir à cette nouvelle proposition. C'est une histoire riche qui prend une autre ampleur en bande dessinée. Pour ceux qui n'ont pas encore lu le roman, la BD peut être une porte accessible sur l’œuvre de Michel.

JD : Chers lecteurs de Michel Bussi, tu aimes ses romans ? Nous aussi ! Alors va vite découvrir notre album... Allez, plus vite que ça, tu devrais déjà être chez ton libraire préféré !

 

Gravé dans le sable
Quel est le prix d’une vie ? Pour Lucky, joueur ayant la chance du diable, la mort est un jeu comme un autre. Alors, en juin 1944, à la veille du débarquement en Normandie, il n’hésite pas à miser sa vie pour une hypothétique fortune. Lucky va perdre la vie, persuadé que sa sublime fiancée Alice Queen empochera la mise… Mais ce n’est que 20 ans après la mort de son amour qu’Alice va découvrir des bribes de vérité… Et encore, comment le prouver ?

De la Normandie aux États-Unis, Alice se lance en quête du rétablissement de la mémoire de son homme… au risque de réveiller les démons du passé. Autour d’elle, chacun croit détenir la vérité et semble résolu à tuer pour la protéger.



Gravé dans le sable, paru en 2014, est la réédition du premier roman écrit par Michel Bussi, Omaha Crimes.
 

Philéas

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