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Perrin
EAN : 9782262082178
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Nam Phuong

La dernière impératice du Vietnam

Date de parution : 17/10/2019
La dernière impératrice du Vietnam : des mondanités à l'exil français.
Pour quelle raison la tombe de la dernière impératrice du Vietnam se trouve-t-elle à Chabrignac, un petit village de Corrèze ? Pour lever ce mystère, l’historien François Joyaux, fort de sa connaissance de l’Extrême-Orient, dont il est l’un des meilleurs spécialistes, se fait enquêteur et remonte le fil d’une vie dont... Pour quelle raison la tombe de la dernière impératrice du Vietnam se trouve-t-elle à Chabrignac, un petit village de Corrèze ? Pour lever ce mystère, l’historien François Joyaux, fort de sa connaissance de l’Extrême-Orient, dont il est l’un des meilleurs spécialistes, se fait enquêteur et remonte le fil d’une vie dont le destin est lié à celui de l’Indochine.
L’impératrice Nam Phuong naît en 1913, dans l’ancienne Cochinchine française, d’une famille riche et profondément catholique. À 20 ans, elle épouse l’empereur Bao Daï et obtient, en dépit des traditions annamites, un mariage catholique et un statut d’épouse unique. À ses côtés, elle travaille à la modernisation politique et sociale du pays, notamment en favorisant l’accès à l’éducation et le travail des femmes. Mais cette ambition se heurte bientôt aux malheurs de la guerre, de l’occupation japonaise et de la révolution communiste. En 1947, elle se réfugie sur la Côte d’Azur avec ses cinq enfants et son mari bientôt devenu chef de l’État vietnamien. Mais pourquoi alors se retirer subitement dans un village éloigné de tout ?
François Joyaux met en lumière avec talent la vie aussi extraordinaire que tragique de la dernière impératrice du Vietnam, et fait renaître sous sa plume l’histoire d’un empire aujourd’hui disparu.
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EAN : 9782262082178
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Ninilechat Posté le 11 Avril 2020
    Décidément, elle inspire les auteurs, cette jolie femme, impératrice triomphante.... puis déchue (comme Farah Diba....). Jolie, elle l'était comme on le voit sur la photo de couverture, prise le jour de son sacre. Visage sérieux..... mais pas vraiment heureux. Il y a moins de deux ans, Tran Thi Hao publiait un "récit romancé" de la vie de Nam Phuong, récit que François Joyaux balaie d'un revers de main, de façon un peu désinvolte (pas très confraternelle en tous cas). Il est vrai que le présent ouvrage, écrit par un professeur de civilisation de l'Asie du Sud-Est à l'INALCO ainsi qu'à l'ENA et à Sciences Po, est infiniment plus sérieux et documenté. Et c'est en cela que je le recommande à tous les amateurs de géopolitique contemporaine: on a, en trois cent pages, un spectaculaire panorama d'un demi siècle d'influence française dans le sud du Viet Nam, du rôle joué par les catholiques..... et de la déliquescence de ces dynasties annamites éclatées entre l'encroûtement dans des traditions médiévales et leur abandon pour courir derrière une mauvaise copie de l'occident. ... Décidément, elle inspire les auteurs, cette jolie femme, impératrice triomphante.... puis déchue (comme Farah Diba....). Jolie, elle l'était comme on le voit sur la photo de couverture, prise le jour de son sacre. Visage sérieux..... mais pas vraiment heureux. Il y a moins de deux ans, Tran Thi Hao publiait un "récit romancé" de la vie de Nam Phuong, récit que François Joyaux balaie d'un revers de main, de façon un peu désinvolte (pas très confraternelle en tous cas). Il est vrai que le présent ouvrage, écrit par un professeur de civilisation de l'Asie du Sud-Est à l'INALCO ainsi qu'à l'ENA et à Sciences Po, est infiniment plus sérieux et documenté. Et c'est en cela que je le recommande à tous les amateurs de géopolitique contemporaine: on a, en trois cent pages, un spectaculaire panorama d'un demi siècle d'influence française dans le sud du Viet Nam, du rôle joué par les catholiques..... et de la déliquescence de ces dynasties annamites éclatées entre l'encroûtement dans des traditions médiévales et leur abandon pour courir derrière une mauvaise copie de l'occident. Disons que si l’on admire sans réserve le travail factuel, on ne prendra pas forcément pour parole d’évangile –c’est le cas de le dire- les interprétations de l’auteur. Il est évident qu’il a beaucoup, mais alors beaucoup plus de sympathie pour les cathos que pour le Vietminh… L’intérêt de l’auteur, écrit-il, est venu un peu fortuitement de la découverte de la tombe de Nam Phuong dans un petit village de Corrèze, Chabrignac. Comment est-elle arrivé là ? Et François Joyaux remonte le cours d’une vie… Mariette nait en Cochinchine, colonie française (l’Annam et le Tonkin étaient des protectorats). Dans cette colonie déjà développée économiquement, le catholicisme est bien implanté. Le père de la future impératrice, Pierre Nguyen Huu Hao a un grand oncle béatifié, qui sera même ultérieurement canonisé par Jean Paul II…. Le garçon peut faire quelques études grâce aux puissantes Missions étrangères. Puissantes et riches : les premières plantations d’hévéas ont bénéficié des capitaux des Missions. Le jeune homme devient régisseur de Philippe Le Phat Dat, grand propriétaire foncier et fervent chrétien. La famille Le Phat représente, avec la famille Ngo (d’où sera issu Ngo Dinh Diem), l’aristocratie catholique du pays. Et elle accepte, cependant, que la jeune Marie épouse Pierre malgré son origine assez modeste. De cette union naitront deux filles, Agnès, future baronne Didelot, et Mariette. Dans ces familles, une bonne éducation ne saurait se faire qu’en France, et la petite fille se retrouve au très chic Couvent des Oiseaux…. Un de ses oncles vivaient par ailleurs à Paris. C’est une petite fille travailleuse, polie, contemplative. Elle ne passe pas le bac cependant. Que ferait-elle d’une feuille de chou ? C’est une vraie parisienne qui revient donc dans son pays natal…. Pendant ce temps en Annam, à Hué, subsistait une dynastie fantoche, le gouverneur général de l’Indochine ayant tous les pouvoirs réels. Le résident supérieur Charles, de retour à Paris, est chargé de veiller sur le futur Bao Dai pendant ses études. Etudes : un bien grand mot. Le jeune homme aime surtout les voitures, le jeu, les jolies filles. Les Charles, en accord avec le gouverneur général Pasquier, se préoccupent de marier leur protégé devenu empereur, et se disent que ce serait une bonne affaire que de le marier dans une famille catholique, profondément attachée à la France. Mariette fera l’affaire. Les jeunes gens se rencontrent, jouent au tennis, au golf, se parlent en français, et, semble t-il, se plaisent réellement. Tout va bien, sauf qu’il est hors de question que la très croyante Mariette ne se marie pas à l’église, et ne fasse pas baptiser ses enfants, ce que la cour impériale refuse obstinément. Il est aussi hors de question d’accepter la polygamie de l’empereur, la présence de seconde épouse ou de concubines. Voilà qui est inacceptable pour la cour impériale.... La reine mère Tu Cung est particulièrement virulente. Cette ancienne domestique du gynécée, devenue concubine, a été la seule à avoir réussi à faire un enfant à l’empereur Khai Dinh, notoirement impuissant… Tu Cung et Nam Phuong se haïront consciencieusement pendant des décennies. Il y a de nombreux chrétiens influents dans l’aristocratie mandarinale mais, malgré tout, ils sont mal vus par leurs collègues. Le Vatican s’en mêle…. Finalement Bao Dai accepte tout, le mariage monogame, le fait de ne reconnaître comme légitimes à la succession que les enfants nés de ce mariage, et décerne à Mariette le titre d’impératrice. Il semble bien, cependant, que le mariage catholique n’ait été célébré que plusieurs mois après le mariage officiel, et il n’est pas du tout certain que le prince héritier Bao Long ait été baptisé…. Peut être pour qu’il n’ait pas de difficultés au moment de la succession impériale ? En tous cas pour sa cérémonie de présentation du 100e jour, l’enfant est porté par madame Graffeuil, épouse du résident supérieur, ce qui en dit long sur la subordination du jeune couple aux instances coloniales ! Le couple aura trois filles et deux garçons. Ce sont les belles années. Le couple vit plus souvent à Dalat qu’à Hué, au palais Kien Trung où la jeune femme a fait installer un court de tennis et une piscine. Il y a aussi une villa à Quy Nhon…. Et le château Thorenc, à Cannes. Nam Phong sacrifie cependant à tous les rites de la cour. Et encourage nombre d’œuvres de bienfaisance. Elle crée à Dalat une filiale du Couvent des Oiseaux. Son secrétaire est Nguyen Tien Lang, mandarin très cultivé et également journaliste. Il écrit dans une revue littéraire Nam Phong (Vent du Sud), dirigée par Pham Quynh, (qui deviendra son beau-père), ministre, chantre de l’évolution vers une monarchie constitutionnelle et franc-maçon. En fait, le très francophile Pham Quynh (il sera plus tard exécuté par le Viet Minh…) défend la littérature nationale, la culture nationale… en vue du jour à venir de l’indépendance. #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Elle partage avec Bao Dai l’idéal d’une modernisation de l’état. On peut la voir, simple spectatrice sur le bord de la route, photographiant son mari en palanquin pour la fête de Nam Giao…… Comme nous autres aurions pu le faire en bons touristes friands d’exotisme… #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Quant à l’indépendance…. Elle va tomber sur la tête des tourtereaux immatures. En 1940, le conflit sino-japonais déborde au Tonkin et la France vichyste, via le nouveau gouverneur général, l’amiral Decoux, collabore avec les Japonais. Le couple princier entretient des relations amicales avec les Decoux (encore des bons cathos ceux-là…), fait une grande visite au Cambodge et Bao Dai commence à afficher ses maitresses de façon éhontée. En 1945 commencent les massacres de Français par les troupes japonaises. Et lorsque, revenant de chasse (!!!) Bao Dai trouve les Nippons occupant son palais de Hué, il est prêt à coopérer dans le cadre d’une « sphère de co-prospérité » autrement dit un nouvel empire colonial… mais jaune ! Qu’en pense Nam Phuong ? Que pense t-elle du massacre des cathos par les nouveaux occupants ? En tous cas, après Hiroshima, le Vietnam unifié est censé être indépendant et le gentil destin de la dynastie se porte très mal… Et pendant ce temps -là, les US, histoire de s’opposer à la présence française, soutiennent Hô Chi Minh. Le chef de cabinet de Bao Dai, Pham Khac Hoe, lui conseille d’abdiquer. Ce qu’il fait, par un texte qui se termine par « Vive l’indépendance du Vietnam, vive notre République démocratique ! » La famille se replie à Hué, au palais Anh Dinh. Nam Phuong fait profil bas. Elle cherche avant tout à protéger ses cinq enfants, redoutant peut-être un Ekaterinenbourg asiatique. Et l’attitude de Bao Dai, comment l’expliquer ? Conviction profonde ? Pusillanimité ? Lâcheté… La question restera sans réponse. Il accepte, en tous cas, d’être le « conseiller suprême » du gouvernement communiste. La France installe l’amiral d’Argenlieu au sud, et Jean Sainteny au nord, chargé de discuter avec le Viet Minh #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Nam Phuong aimait les bijoux et en a acheté beaucoup. Elle en donne une partie pour soutenir l’effort de guerre indépendantiste. Elle signe une « lettre ouverte » où il est question de « la cupidité d’un groupement de colonialistes français aidés par les manœuvres criminelles de quelques militaires anglais » Pendant ce temps, l’empereur entretient des danseuses et a avec Mong Diep des relations suffisamment fortes pour que la reine mère trouve sa revanche en la traitant comme une « seconde épouse » Nam Phuong reprend alors contact avec les responsables français pour restaurer la monarchie avec, à sa tête, le prince héritier Bao Long. Elle sera désormais protégée par l’armée française, sans pour autant adhérer à la politique de d’Argenlieu qui a proclamé la République autonome de Cochinchine. C’est probablement le seul point sur lequel Bao Dai et Nam Phuong avaient une opinion claire : il fallait préserver l’unité du Viet Nam. Et il ne leur restait plus qu’à fuir en France…. #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; A Cannes, Nam Phuong retrouve une de ses activités favorites : choisir des bijoux somptueux chez Boucheron, Cartier, Boivin. Elle achète des appartements aussi, des tableaux de Renoir ou de Bernard Buffet, des Ferrari dont son époux raffole. N’en déplaise à François Joyaux, la très pieuse jeune femme, consacrée au Sacré Cœur et expertes en œuvres de charité (elle souffrait, nous dit-il, de la misère du peuple vietnamien…) n’avait pas lu le passage des Evangiles où il est dit qu « il est plus difficile à un riche d’entrer au Royaume des Cieux qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille » Bao Dai, lui, est directement impliqué dans le scandale du « trafic des piastres » et le couple achète des biens au Maroc et au Congo, au Sénégal…. #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; L’insubmersible Bao Dai, le fantoche préféré des Français, repart alors en Cochinchine en tant que chef d’état, sauf quand il chasse à Dalat ou fréquente les tables de casino cannoises. Certaines autorités françaises poussent la jeune femme à rentrer au pays avec Bao Long. Ngo Dinh Diem appuie dans ce sens, des responsables américains aussi. Mais rien n’y fait… Certes, lorsque Bao Dai est en France, le couple désuni continue à se montrer à certaines réceptions officielles. L’empereur fantoche assiste à la conférence de Genève, mais les débats le barbent, alors pour se changer les idées il va s’acheter la Rolex la plus chère du monde…. #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Le bon catholique Ngo Dinh Diem est nommé premier ministre, avec la bénédiction de Nam Phuong, et s’empresse de faire destituer Bao Dai, et de proclamer la République. Adieu, l’avenir impérial de Bao Long. On sait comment finit l’Indochine française… #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Et quant à notre héroïne, bien loin de ses prestigieux débuts, elle termine sa vie dans une pitoyable caleçonnade de boulevard. Nam Phuong tombe en effet amoureuse d’André Mourand, le masseur du "tout-Cannes." C’est alors que les amants trouvent un nid d’amour à Chabrignac, en Corrèze. Ah, il y a aussi la femme d’André pédicure et pas jalouse. Il arrive à Bao Dai, pas jaloux non plus (il est vrai qu’avec sa propre vie, c’eût été malséant…) de rencontrer « Mourand » qui l’appelle « Majesté »… #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Hasards d’une réalité qui dépasse la fiction : le château de Chabrignac appartient en effet à la fille d’Ham Nghi ! Ham Nghi, encore une personnalité romanesque mais, à mon avis, bien plus intéressante et intellectuellement bien supérieure aux héros du présent récit. Tandis que, pas très loin, la petite fille de l’empereur Minh Man terminait modestement sa vie au camp de Sainte –Livrade… #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; A noter que Bao Dai se remariera avec une française…. Et se fera baptiser. Triomphe posthume de Nam Phuong. #8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203;#8203; Je vous recommande donc très vivement cette biographie qui fourmille de personnages entrevus dans les pages politiques de l’époque, de noms, de dates, d’anecdotes, et cela de façon moins austère que dans un livre d’historien proprement dit. A condition, comme je l’ai écrit, de déchausser les lunettes roses de l’auteur et de faire la part de son parti-pris, c’est passionnant !
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