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La Découverte
EAN : 9782348057120
Code sériel : 289
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Quand les femmes auront disparu

L'élimination des filles en Inde et en Asie

Bénédicte MANIER (Auteur, Postface)
Date de parution : 27/02/2020

Cent millions de femmes de moins que d'hommes en Asie: ces « femmes manquantes » sont ces petites filles qui n'ont pas pu naître, celles tuées à la naissance ou qu'on a laissé mourir en bas âge. Une enquête de terrain saisissante.

Entre 1990 et 2005, l'Asie a vu le nombre de « femmes manquantes » passer de 100 millions à 163 millions : toutes ces absentes sont des petites filles qui n'ont pas pu naître, qui ont été tuées à la naissance ou qu'on a laissées mourir en bas âge.
L'Asie...

Entre 1990 et 2005, l'Asie a vu le nombre de « femmes manquantes » passer de 100 millions à 163 millions : toutes ces absentes sont des petites filles qui n'ont pas pu naître, qui ont été tuées à la naissance ou qu'on a laissées mourir en bas âge.
L'Asie rejette les filles au nom de préjugés liés à l'honneur, de croyances religieuses et de plus en plus, de calculs économiques qui font des garçons un investissement pour l'avenir et des filles une charge. En Inde, par exemple, la dot nécessaire à leur mariage en fait un insupportable fardeau financier. Echographie et avortement sont donc utilisés à grande échelle pour se débarrasser des fœtus féminins, tandis qu'infanticides et abandons de bébés filles sont loin d'avoir disparu.
Fruit d'une longue enquête de terrain, ce livre rend compte de cette impressionnante réalité. Bénédicte Manier relate l'élimination organisée des petites filles et ses répercussions, en particulier en Inde : femmes obligées d'avorter, célibataires ne trouvant plus d'épouses, fiancées vendues et « partagées » entre plusieurs hommes…
Cette nouvelle édition, enrichie d'une postface dévoilant les données les plus récentes, décrit l'émergence en Asie d'une génération de plusieurs dizaines de millions d'hommes seuls. Et ce déficit de femmes, inédit dans l'histoire de l'humanité, aura des conséquences sociales difficiles à imaginer…

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EAN : 9782348057120
Code sériel : 289
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Milleliri Posté le 3 Octobre 2020
    La première chose à dire sur cette enquête de Bénédicte Manier, c’est qu’elle prend à la gorge. Vu son sujet : « l’élimination des filles en Inde et en Asie » dit son sous-titre, j’aurais dû m’attendre à sa violence. Et pourtant dès la préface, j’en ai pris plein la tête et me suis retrouvée étourdie. En tant que femme, c’est une lecture très difficile, mais qui pousse à la réflexion et à l’action. Comme les mémoires de Gloria Steinem, le livre rappelle que la lutte contre les violences faites aux femmes et pour leurs droits ne peut que s’inscrire dans un mouvement d’émancipation plus global de nos schémas de société actuels. L’exemple le plus flagrant, dans le cas de l’Inde, c’est les effets pervers de la modernisation et de la très forte croissance économique… qui encouragent des pratiques multiséculaires féminicides. On ressort de là épouvanté, pour tout dire. En tout cas c’est une enquête, qui rapporte et établit des faits, et qui le fait très bien. L’énormité des chiffres avancés est en soi un cri d’alarme. Mais je trouve qu’il manque quelque chose à ce livre, qui est peut-être essentiel : la voix des femmes et des hommes. Hormis quelques brefs passages,... La première chose à dire sur cette enquête de Bénédicte Manier, c’est qu’elle prend à la gorge. Vu son sujet : « l’élimination des filles en Inde et en Asie » dit son sous-titre, j’aurais dû m’attendre à sa violence. Et pourtant dès la préface, j’en ai pris plein la tête et me suis retrouvée étourdie. En tant que femme, c’est une lecture très difficile, mais qui pousse à la réflexion et à l’action. Comme les mémoires de Gloria Steinem, le livre rappelle que la lutte contre les violences faites aux femmes et pour leurs droits ne peut que s’inscrire dans un mouvement d’émancipation plus global de nos schémas de société actuels. L’exemple le plus flagrant, dans le cas de l’Inde, c’est les effets pervers de la modernisation et de la très forte croissance économique… qui encouragent des pratiques multiséculaires féminicides. On ressort de là épouvanté, pour tout dire. En tout cas c’est une enquête, qui rapporte et établit des faits, et qui le fait très bien. L’énormité des chiffres avancés est en soi un cri d’alarme. Mais je trouve qu’il manque quelque chose à ce livre, qui est peut-être essentiel : la voix des femmes et des hommes. Hormis quelques brefs passages, qui sont des propos rapportés par les professionnels interrogés par l’autrice, pratiquement à aucun moment on n’entend… eh bien, les gens, en fait. Des statistiques sur l’avortement sélectif, l’augmentation des viols et du trafic sexuel intercontinental, le pourcentage d’hommes non-mariés, etc, etc… Mais que pensent tous ces hommes et toutes ces femmes ? Ont-ils peur de l’avenir ? Ont-ils peur tout court ? Comment les hommes vivent-ils l'immense pression religieuse, économique et sociale qui leur échoit ? (qui ne peut que les tenir en échec à mon avis) J’aurais aimé les entendre, eux, les gens, et pas seulement des chiffres. Je ne doute pas que l’autrice ait pris tous les contacts nécessaires pour préparer son livre, auprès notamment des ONG qui sillonnent l’Inde et les autres pays concernés d’Asie du Sud-Est. Mais d’une certaine façon, ça donne l’impression qu’elle-même n’a pas quitté son bon siège français. Et si elle prend soin de rappeler dès la préface qu’il ne s’agit pas de diaboliser d’un bloc une ou des civilisations entières, ça donne toujours un peu l’impression de l’Occidental qui vient donner des leçons… J’imagine que ce livre ne serait pas une référence chez nous s’il avait été écrit par un.e Indien.ne… mais bon. Il n’en reste pas moins, à mon avis, un livre édifiant et important, sur un phénomène démographique qui ne peut manquer d’avoir un fort impact sur l’ensemble de nos sociétés pour notre génération et les suivantes.
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  • 4car Posté le 4 Novembre 2014
    Béatrice Manier nous livre ici un livre impressionnant , résultat d'années d'enquêtes en Asie de l'est , et principalement la Chine, et en Inde . Le sujet de ces enquêtes ? Une génération de millions d'hommes célibataires émerge actuellement , des hommes qui ne trouvent pas de femmes . On évalue à 100.000.000 ( cent millions !) et peut-être même 163.000.000 , le nombre de" filles et femmes manquantes" dans ces régions . Ces femmes sont des bébés que l'on n'a pas laissé naître , qu'on a tués à la naissance ou qu'on a choisi de ne pas nourrir , ni de soigner . Les raisons de cette " disparition "? En Chine , la politique de l'enfant unique et la préférence culturelle selon laquelle seule la naissance d'un garçon assure une vieillesse heureuse à ses parents font que les petites filles ne naissent pas ( fœticides après échographie ) ou sont tuées à la naissance ( ce peut être une clause du contrat de la sage-femme : elle remplit d'eau une cuvette , si le bébé est un garçon , il sera lavé , si c'est une petite fille , elle sera noyée .) En Inde , la dot , initialement payée par l'époux est désormais... Béatrice Manier nous livre ici un livre impressionnant , résultat d'années d'enquêtes en Asie de l'est , et principalement la Chine, et en Inde . Le sujet de ces enquêtes ? Une génération de millions d'hommes célibataires émerge actuellement , des hommes qui ne trouvent pas de femmes . On évalue à 100.000.000 ( cent millions !) et peut-être même 163.000.000 , le nombre de" filles et femmes manquantes" dans ces régions . Ces femmes sont des bébés que l'on n'a pas laissé naître , qu'on a tués à la naissance ou qu'on a choisi de ne pas nourrir , ni de soigner . Les raisons de cette " disparition "? En Chine , la politique de l'enfant unique et la préférence culturelle selon laquelle seule la naissance d'un garçon assure une vieillesse heureuse à ses parents font que les petites filles ne naissent pas ( fœticides après échographie ) ou sont tuées à la naissance ( ce peut être une clause du contrat de la sage-femme : elle remplit d'eau une cuvette , si le bébé est un garçon , il sera lavé , si c'est une petite fille , elle sera noyée .) En Inde , la dot , initialement payée par l'époux est désormais le dû de la famille de l'épouse ( qui doit se considérer heureuse de caser leur enfant ). Cette famille s'endette très lourdement pour payer cette dot, d'autant que , non seulement le fiancé mais ses parents , les frères , oncles et cousins se font régaler sans vergogne en montres , voitures et mets délicats , n'hésitant pas à revoir leurs exigences à la hausse ( et à rompre le contrat si besoin .) À ce tarif-là , on comprendra aisément que le " nimby " ( not in my back yard , pas de ça chez moi ), soit la philosophie de tout bon père de famille : des filles , oui mais chez le voisin . L'émergence d'une classe moyenne a encore accéléré le processus : grâce à la technologie ( échographie ) , on ne court pas le risque de mettre au monde une fille peu rentable qui mettrait la fortune acquise récemment en danger . Les conséquences ? Elles sont terribles : drames et crimes familiaux , déséquilibre démographique catastrophique, criminalité ( commerce humain , prostitution , viols , rapts ) et ruine des familles qui n'arrivent pas à " caser " leurs garçons . Attention , nulle part il n'est dit que l'échographie est une mauvaise chose , c'est son utilisation perverse qui est monstrueuse .
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