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Les Escales
EAN : 9782365695831
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 140 x 225 mm

Cette nuit-là

Alice DELARBRE (Traducteur)
Collection : Domaine étranger
Date de parution : 06/05/2021
Près de dix ans après la publication de L’Île des oubliés, Victoria Hislop redonne vie aux personnages qui ont ému plus d’un demi-million de lecteurs français.
Le 25 août 1957, la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne à Plaka, en Crète, avec son mari, le docteur Kyritsis. Mais alors que la soirée de célébration pour fêter leur retour bat son plein, sa sœur Anna est assassinée par Andreas, son mari,... Le 25 août 1957, la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne à Plaka, en Crète, avec son mari, le docteur Kyritsis. Mais alors que la soirée de célébration pour fêter leur retour bat son plein, sa sœur Anna est assassinée par Andreas, son mari, lorsqu’il découvre qu’elle a pour amant son cousin Manolis.
Ce drame aura des effets dévastateurs pour toute la communauté de Plaka. Manolis quitte la Crète pour la Grèce ; loin de son île, il s’efforce de se reconstruire. Andreas tente d’expier son crime en prison. Maria, quant à elle, choisit le chemin du pardon en rendant visite à Andreas.
C’est ce drame qui révélera finalement Manolis, Maria et Andreas à eux-mêmes.
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EAN : 9782365695831
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 140 x 225 mm

Ils en parlent

« Un voyage palpitant avec des personnages inoubliables. »
H. R. / Version Femina

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Clotilde55 Posté le 28 Septembre 2021
    Tout comme le premier roman de la série (L'ïle des oubliés), Cette nuit-là est une très belle découverte. J'ai aimé partager ce petit air de vacances en Grèce avec les personnages. Les suivre durant leur vie a été un pur bonheur que les quelques longueurs n'ont nullement gâché.
  • Olivia-A Posté le 24 Septembre 2021
    A peine L’Île des oubliés terminé, je me suis lancée dans cette suite qui n’en est pas vraiment une, puisqu’il s’agit plutôt d’un zoom sur ce qu’il s’est passé après la fameuse nuit du 25 août 1957. Victoria Hislop explore dans ce second opus les vies de ceux qu’elle avait laissés de côté à la fin du premier ouvrage : Manolis, Andreas et Maria. Nous suivons le premier dans sa fuite, et accompagnons la dernière rendre visite au second en prison, sans être véritablement surpris de ce qu’ils vivent, chacun de leur côté. Ce fut, pour moi, un plaisir de pouvoir vivre encore un peu aux côtés de ces personnages que j’ai tant appréciés dans L’Île des oubliés, mais je dois dire que je n’ai pas été très convaincue par Cette nuit-là. A la lecture, j’ai cru relever plusieurs incohérences, venant contredire les propos du premier tome afin de rendre plus dramatique le second. J’ai trouvé qu’il était trop manifeste que ce récit n’était pas prévu à la base, et que l’autrice l’a probablement écrit pour surfer sur le succès du premier et, à tous les coups, satisfaire son éditeur. Elle intègre ces fameuses visites de Maria à Andreas, visites absolument... A peine L’Île des oubliés terminé, je me suis lancée dans cette suite qui n’en est pas vraiment une, puisqu’il s’agit plutôt d’un zoom sur ce qu’il s’est passé après la fameuse nuit du 25 août 1957. Victoria Hislop explore dans ce second opus les vies de ceux qu’elle avait laissés de côté à la fin du premier ouvrage : Manolis, Andreas et Maria. Nous suivons le premier dans sa fuite, et accompagnons la dernière rendre visite au second en prison, sans être véritablement surpris de ce qu’ils vivent, chacun de leur côté. Ce fut, pour moi, un plaisir de pouvoir vivre encore un peu aux côtés de ces personnages que j’ai tant appréciés dans L’Île des oubliés, mais je dois dire que je n’ai pas été très convaincue par Cette nuit-là. A la lecture, j’ai cru relever plusieurs incohérences, venant contredire les propos du premier tome afin de rendre plus dramatique le second. J’ai trouvé qu’il était trop manifeste que ce récit n’était pas prévu à la base, et que l’autrice l’a probablement écrit pour surfer sur le succès du premier et, à tous les coups, satisfaire son éditeur. Elle intègre ces fameuses visites de Maria à Andreas, visites absolument pas abordées dans L’Île des oubliés alors que c’est Fontini, meilleure amie de Maria qui raconte l’histoire de sa famille à Alexis. De même, Andreas est ici condamné à la prison à perpétuité, alors qu’il est mentionné précédemment qu’il sortira quand sa fille aura quinze ans, ce qui n’arrive jamais puisqu’il se suicide en prison. Ce n’est, malheureusement, que quelques exemples parmi d’autres. C’est dommage, à mon sens, d’avoir voulu exploiter ce filon à tout prix, quitte à desservir le premier livre, bien meilleur et largement suffisant à lui-même. Victoria Hislop a une imagination débordante et une excellente connaissance de la Grèce et de ses alentours, et elle aurait mieux fait, je trouve, de les dédier à une nouvelle histoire.
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  • Djustinee Posté le 4 Septembre 2021
    J'adore l'auteure. Elle est une de mes auteures favorites. Si je ne devais n'en citer qu'une, il pourrait bien s'agir de Victoria Hislop. Quand je suis face à ses bouquins je suis tiraillée : vais-je le lire de suite ou vais-je faire durer le suspense ? L'île des oubliés est sans conteste l'une des meilleures lectures de toute ma vie de lectrice alors une suite ? Allons-y ! Un remède contre la lèpre est trouvé. La colonie de lépreux de Spinalonga va pouvoir être soignée. Le 25 août 1957, les lépreux quittent l'île. Maria, la sœur d'Anna rentre à Plaka où une fête est organisée. Ce même soir, Andreas, le mari d'Anna, décide de tuer sa femme après avoir découvert qu'elle avait un aimant ; Manolis. Pour se reconstruire, Manolis quittera la Crète. Andreas sera envoyé en prison et Maria décidera d'emprunter la voie du pardon. On est donc sur un tout autre récit que L'île des oubliés. Je peux même dire que les deux romans peuvent se lire indépendamment. Je retrouve ici la magnifique plume de Victoria Hislop et je la laisse m'emmener dans son nouveau roman que j'ai beaucoup aimé même si l'atmosphère de L'île des oubliés me manque cruellement. Je vous... J'adore l'auteure. Elle est une de mes auteures favorites. Si je ne devais n'en citer qu'une, il pourrait bien s'agir de Victoria Hislop. Quand je suis face à ses bouquins je suis tiraillée : vais-je le lire de suite ou vais-je faire durer le suspense ? L'île des oubliés est sans conteste l'une des meilleures lectures de toute ma vie de lectrice alors une suite ? Allons-y ! Un remède contre la lèpre est trouvé. La colonie de lépreux de Spinalonga va pouvoir être soignée. Le 25 août 1957, les lépreux quittent l'île. Maria, la sœur d'Anna rentre à Plaka où une fête est organisée. Ce même soir, Andreas, le mari d'Anna, décide de tuer sa femme après avoir découvert qu'elle avait un aimant ; Manolis. Pour se reconstruire, Manolis quittera la Crète. Andreas sera envoyé en prison et Maria décidera d'emprunter la voie du pardon. On est donc sur un tout autre récit que L'île des oubliés. Je peux même dire que les deux romans peuvent se lire indépendamment. Je retrouve ici la magnifique plume de Victoria Hislop et je la laisse m'emmener dans son nouveau roman que j'ai beaucoup aimé même si l'atmosphère de L'île des oubliés me manque cruellement. Je vous conseille ce livre.
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  • lettres_et_caracteres Posté le 22 Août 2021
    Acheté à sa sortie, j’ai conservé Cette nuit-là bien au chaud dans ma bibliothèque jusqu’à l’instant parfait pour le lire : un nouveau séjour en Crète. C’est en sillonnant les routes menant d’Heraklion à Fodele puis de ce petit bout de plage jusqu’à la sublime La Canée que j’ai renoué avec les familles Petrakis et Vandoulakis. J’ai pris cette suite de L’île des oubliés pour ce qu’elle ait : un cadeau que nous fait Victoria Hislop. Parfois la vie envoie des signes qu’il faut savoir saisir comme le relate Victoria Hislop dans la postface de Cette nuit-là. En quelques lignes elle revient sur cette découverte qui a changé sa vie en 2001. Alors en vacances en Crète avec sa famille, elle écume les sites touristiques de la région, ce qui l’amène à visiter un peu par hasard Spinalonga. L’île est alors en cours de restauration et Victoria ignore tout de son histoire au moment où elle embarque sur le petit bateau chargé d’y déposer les touristes pour une heure de contemplation de ce village de lépreux, déserté et en ruines. Au moment de traverser le tunnel qui mène du débarcadère au village, une émotion indescriptible l’envahit. L’émotion dont il est question... Acheté à sa sortie, j’ai conservé Cette nuit-là bien au chaud dans ma bibliothèque jusqu’à l’instant parfait pour le lire : un nouveau séjour en Crète. C’est en sillonnant les routes menant d’Heraklion à Fodele puis de ce petit bout de plage jusqu’à la sublime La Canée que j’ai renoué avec les familles Petrakis et Vandoulakis. J’ai pris cette suite de L’île des oubliés pour ce qu’elle ait : un cadeau que nous fait Victoria Hislop. Parfois la vie envoie des signes qu’il faut savoir saisir comme le relate Victoria Hislop dans la postface de Cette nuit-là. En quelques lignes elle revient sur cette découverte qui a changé sa vie en 2001. Alors en vacances en Crète avec sa famille, elle écume les sites touristiques de la région, ce qui l’amène à visiter un peu par hasard Spinalonga. L’île est alors en cours de restauration et Victoria ignore tout de son histoire au moment où elle embarque sur le petit bateau chargé d’y déposer les touristes pour une heure de contemplation de ce village de lépreux, déserté et en ruines. Au moment de traverser le tunnel qui mène du débarcadère au village, une émotion indescriptible l’envahit. L’émotion dont il est question je la connais pour l’avoir ressentie l’an dernier lorsqu’à mon tour j’ai visité Spinalonga. Elle est difficile à décrire mais elle saisit la plupart des visiteurs lors de cette fameuse traversée. La jeune Anglaise ne s’est pas contentée de s’intéresser au lieu, le temps d’une visite touristique. Elle a ressenti une pulsion et une certitude : elle devait écrire une histoire sur cette île, en faire son premier roman. Il lui a fallu quelques visites en Crète et à Spinalonga pour s’imprégner de la culture crétoise et de ses subtilités et pas mal de recherches sur la lèpre et sur l’histoire de cette léproserie à ciel ouvert avant de parvenir à écrire son roman. Aujourd’hui elle est sans aucun doute la plus grecque des Anglaises et a même obtenue la nationalité grâce à son incroyable apport à la culture de l’île et au développement touristique de Spinalonga et des alentours. L’histoire de Victoria Hislop est presque aussi incroyable que celle de ses personnages, les Petrakis. Son parcours contient une part de magie que l’on retrouve dans son roman. Ce genre de roman que l’on quitte, le coeur lourd à l’idée de ne plus avoir l’occasion de côtoyer ses personnages. Heureusement, l’auteure vient de nous gratifier d’une suite qui est un véritable enchantement. Pas tant par l’histoire qu’elle nous raconte car il s’agit au fond plus d’une réécriture de la fin de son premier roman pour y apporter de la consistance et des détails, qu’une réelle suite. C’est assez étonnant sur le coup car Cette nuit-là démarre par des scènes que le lecteur connaît déjà mais à bien y réfléchir il lui était impossible de faire autrement dans la mesure où L’île des oubliés offrait une fin fermée qui ne prêtait pas à interprétation. Passé l’étonnement, j’ai lu cette suite comme une histoire de famille que l’on connait dans les grandes lignes mais qu’un aïeul décide un jour de nous narrer dans les moindres détails pour nous livrer tous ses secrets. Et c’est ainsi que j’ai pu retrouver Anna et Maria Petrakis ainsi que la famille Vandoulakis à laquelle leur sort est étroitement lié. Les traits de personnalité de chaque personnage se sont affinés, les choix faits par les uns et les autres ont été expliqués, leur destin s’est à nouveau joué sous mes yeux. J’ai découvert beaucoup de choses, j’ai revu ma position sur certains membres de ces familles, j’ai compris ou au contraire blâmé certaines décisions : j’ai revécu pendant un fugace instant dans cette famille alors même que je foulais leurs terres. Je n’en dirai rien de plus sur l’histoire pour ne pas spoiler les lecteurs qui n’auraient pas encore découvert L’île des oubliés mais je peux indiquer à ceux qui seraient intéressés par ce second volume qu’il faut l’apprécier pour ce qu’il a à offrir : plus de temps avec des personnages qui nous ont cruellement manqué, une nouvelle plongée dans l’ambiance crétoise des années 50 et 60, un magnifique plaidoyer pour cette Crète que je vous encourage de tout mon coeur à découvrir. Pour la deuxième année consécutive j’ai passé mes vacances en Crète, en compagnie d’un livre de Victoria Hislop (l’année dernière j’avais lu son touchant recueil de nouvelles : Une nuit en Crète dont vous trouverez également mon avis ici) et j’ai eu le sentiment de bénéficier des conseils de la meilleure guide touristique qui soit. Grâce à elle qui aime plus que tout cette île et ses habitants, j’ai eu l’impression de bénéficier d’un sens supplémentaire à mettre en éveil pour profiter de tous les charmes de la vie crétoise. Rarement dans ma vie de lectrice, un livre aura eu une telle répercussion dans mon existence : la Crète et moi c’est une histoire d’amour faite pour durer, grâce entre autres à Victoria Hislop qui m’aura donné l’envie d’aller à sa rencontre en passant de taverne en kafenion, en m’arrêtant à l’ombre d’un olivier pour lire quelques pages, en partageant un raki avec de drôles de personnages rencontrés par hasard (mention spéciale pour notre copain de l’année rencontré à Fodele : Sophoklis, un Grec installé au Canada, soit-disant cousin germain de Justin Trudeau et soutien inconditionnel du premier ministre canadien jusqu'à recouvrir son pick-up de photos de l'homme politique et de drapeaux grec et canadien. Avouez qu’il fallait le trouver…), en gratifiant d’un sourire tous ces Crétois anonymes que j’ai pu croiser et qui nous ont accueillis si chaleureusement. Me voilà déjà nostalgique de tout cela. Victoria, à quand la suite, de la suite de L’île des oubliés ?
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  • Cancie Posté le 21 Août 2021
    Plutôt que de définir Cette nuit-là comme étant la suite de L’Île des oubliés, mieux vaut lire les quelques lignes de la quatrième de couverture : Près de dix ans après la publication de L’Île des oubliés, Victoria Hislop redonne vie aux personnages qui ont enthousiasmé plus d’un demi-million de lecteurs français. En effet, c’est à une remontée dans le temps que nous assistons pour retrouver les personnages du premier roman quelques années avant cette date mémorable du 25 août 1957, date à laquelle la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga fermera ses portes, un traitement ayant été trouvé pour soigner cette maladie. Anna, l’épouse de Andreas Vandoulakis vient de donner naissance à Sofia et quand celui-ci lui propose que le parrain, le nonos, soit Manolis, son cousin, Anna a bien du mal à contenir sa joie. Elle va enfin, après des mois de séparation, revoir son amant ! Quand l’évacuation de Spinalonga est annoncée, les habitants de Plaka, en Crète, décident de célébrer le retour des malades et d’organiser une panegyri. Beaucoup de gens du coin ont vu leur existence bouleversée par la maladie d’un proche. Il en est ainsi pour Giorgos, le père d’Anna, dont la femme est décédée de... Plutôt que de définir Cette nuit-là comme étant la suite de L’Île des oubliés, mieux vaut lire les quelques lignes de la quatrième de couverture : Près de dix ans après la publication de L’Île des oubliés, Victoria Hislop redonne vie aux personnages qui ont enthousiasmé plus d’un demi-million de lecteurs français. En effet, c’est à une remontée dans le temps que nous assistons pour retrouver les personnages du premier roman quelques années avant cette date mémorable du 25 août 1957, date à laquelle la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga fermera ses portes, un traitement ayant été trouvé pour soigner cette maladie. Anna, l’épouse de Andreas Vandoulakis vient de donner naissance à Sofia et quand celui-ci lui propose que le parrain, le nonos, soit Manolis, son cousin, Anna a bien du mal à contenir sa joie. Elle va enfin, après des mois de séparation, revoir son amant ! Quand l’évacuation de Spinalonga est annoncée, les habitants de Plaka, en Crète, décident de célébrer le retour des malades et d’organiser une panegyri. Beaucoup de gens du coin ont vu leur existence bouleversée par la maladie d’un proche. Il en est ainsi pour Giorgos, le père d’Anna, dont la femme est décédée de cette terrible maladie et dont l’autre fille Maria a également été atteinte par la lèpre, la forme la moins grave, Maria qu’il s’apprête à retrouver. Mais alors que les festivités battent leur plein, un drame éclate, Anna est assassinée par son mari qui a découvert que Manolis était son amant. Les effets vont être dévastateurs pour toute la communauté de Plaka. Pour Manolis, « Anna était morte à cause de lui et il devrait désormais apprendre à vivre sans elle . » Il fuit la Crète pour la Grèce continentale où il se sentira exilé et où il tentera de se reconstruire en travaillant dans le chantier naval du Pyrée. Andreas, lui est arrêté et conduit en prison à Neapoli. Jugé, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Quant à Maria, avec son mari le docteur Kyritsis, ils recueillent la petite Sofia, l’élèvent comme leur fille et Maria choisit le chemin du pardon en rendant visite à Andreas en prison. Cette fameuse nuit où a eu lieu le drame, cette nuit-là, va, en fait, permettre à ces trois personnages que sont Manolis, Andreas et Maria de se révéler à eux-mêmes. Par le biais de ces personnages aux personnalités très affirmées et bien différentes, Victoria Hislop met en scène des sentiments multiples comme la honte, le déshonneur, la compassion, le pardon, tous reliés ici à l’amitié et à l’amour. Pour nombre de Crétois, « Philotimo ! L’honneur ! », ne justifiait-il pas d’ailleurs le meurtre d’une épouse infidèle ? Elle nous plonge à nouveau, de la fin des années 1950 jusqu’au début des années 1970, dans cette magnifique Crète, aux décors de rêves où le ciel et le mer, d’un même bleu, sont un enchantement, n’hésitant pas, en parsemant le récit de mots grecs, notamment de mots tendres, à nous faire pénétrer au cœur même de cette âme crétoise. Ce sont les années où l’île commence à découvrir le tourisme, et où les chantiers navals et la construction sont en plein essor. C’est avec intérêt que j’ai suivi les cheminements individuels des trois personnages principaux, surprise un peu par celui de Manolis, ce jeune homme assez volage mais sincèrement épris d’Anna, qui par sa force morale parvient peu à peu à faire son deuil. De belles pages sont accordées à la place importante de la musique dans l’extériorisation des sentiments. Maria, personnage quasi parfait, parvient, elle, à trouver le courage de rendre visite en prison à Andreas, l’assassin de sa sœur, par compassion envers celui qui est le père de Sofia qu’elle adore. Visites au cours desquelles outre la puanteur quasi insoutenable qui règne en ces lieux, elle doit affronter le machisme et la lubricité des gardiens qui prennent tous les droits. Néanmoins, elle parviendra à tenir bon. La religion orthodoxe a une place prépondérante en Crète et c’est elle qui guide Maria et Andreas dans leurs comportements mais j’ai trouvé que l’auteure lui avait donnée trop d’importance dans le récit. Des allusions sont faites au contexte politique de la période pendant laquelle se déroule le roman. Victoria Hislop glisse au passage la situation à Chypre et les propositions pour l’indépendance. Elle évoque le coup d’état armé en Turquie de 1960, n’omettant pas de dire et c’est toujours d’actualité « Tout ce qui se passait à Ankara affectait la vie politique à Athènes. » Et, à la fin du roman, Manolis révèle que deux ans plus tôt, des colonels s’étaient emparés du pouvoir et que le pays est placé sous une dictature militaire. Nous sommes donc en 1969. Ce roman dramatique est absolument captivant et passionnant même si l’on ne retrouve pas le cachet de L’île des oubliés avec cet extraordinaire récit sur Spinalonga. La postface datée d’octobre 2020, dans laquelle Victoria Hislop raconte comment elle a eu la révélation de l’écriture de cette histoire est particulièrement intéressante et même bouleversante. Un récapitulatif sur la lèpre au XXIe siècle termine cet ouvrage qui a eu le mérite d’inscrire cette maladie au cœur d’un roman d’amour en nous faisant prendre conscience de tous les préjugés qui l’entourent encore.
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