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La mécanique raciste

La Découverte
EAN : 9782707194718
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 128
Format : 125 x 190 mm
La mécanique raciste

Pierre TEVANIAN (Auteur, Préface), Saïd BOUAMAMA (Postface)
Collection : Cahiers libres
Date de parution : 06/04/2017
En France, tout le monde ou presque se croit antiraciste. Pourtant les discriminations se perpétuent, de génération en génération, et les discours mettant violemment en cause les minorités se propagent en toute impunité. La mécanique raciste démonte les rouages de ce racisme systémique et en décortique les pièges. L’« intégration », le « vivre-ensemble » et autres mascottes de l’antiracisme d’État, plaide Pierre Tevanian, sont des leurres qui minent une nécessaire politique d’égalité.
Tout le monde ou presque se dit antiraciste. Pourtant, les discriminations se perpétuent dans des proportions massives, et en toute impunité. La Mécanique raciste met à nu, chiffres à l’appui, cette remarquable contradiction. À rebours des discours complaisants faisant du racisme une simple pathologie individuelle ou un réflexe de «... Tout le monde ou presque se dit antiraciste. Pourtant, les discriminations se perpétuent dans des proportions massives, et en toute impunité. La Mécanique raciste met à nu, chiffres à l’appui, cette remarquable contradiction. À rebours des discours complaisants faisant du racisme une simple pathologie individuelle ou un réflexe de « peur de l’autre » naturel et compréhensible, Pierre Tevanian souligne son caractère systémique et son enracinement dans notre culture. Soucieux de « connaître pour mieux combattre », il prend le racisme au sérieux et analyse ses ressorts logiques, esthétiques et éthiques, comme il est d’usage de le faire pour tout système philosophique – à ceci près qu’il s’agit ici de déconstruire une manière perverse de raisonner, de percevoir l’autre et de se concevoir soi-même.
L’objectif de ce livre n’est pas tant de « retourner » des racistes convaincus que de questionner et armer l’antiracisme. À l’heure où se construit un consensus phobique autour du « voile islamique », du « problème des Rroms » et de la « crise migratoire », il constitue un outil précieux. Concis, précis, implacable, il démasque le « racisme vertueux » des bons « républicains » et démonte les faux-semblants de l’« antiracisme d’État » – la « tolérance », l’« intégration », le « vivre-ensemble » – pour nous ramener à l’essentiel : une question simple mais sans cesse évacuée, celle de l’égalité. 
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EAN : 9782707194718
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 128
Format : 125 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Apoapo Posté le 30 Août 2016
    « À gauche comme à droite et des ministères aux bancs de l'Assemblée nationale, en passant par les porte-parole autorisés de la société civile (associations antiracistes, artistes engagés, animateurs de télévision...), une même philosophie sous-tend l'engagement antiraciste, qui repose en fait sur les fondements logiques, esthétiques et éthiques du racisme : - le postulat d'une incompatibilité entre égalité et différence (et d'une nécessaire modération de l'une par l'autre) ; - la réduction du racisme à ses formes haineuses, laissant impensées ses formes les plus massives (l'intégration, la relégation et l'invisibilisation, la bienveillance paternaliste), l'enfermement des racisés dans une image de corps infirme, incapable d'énoncer lui-même le tort qu'il subit et de prendre part à la lutte contre ce tort ; - la préservation du privilège blanc, et le refus catégorique de la moindre réflexivité sur ce privilège. » (p. 98) Trois chapitres relativement indépendants traitent donc ces trois aspects ponctuels de la notion de racisme, entendue de manière élargie dans cet essai, inclusive du phénomène massif de la « discrimination systémique » ainsi que, justement, de « l'antiracisme d'État ». Le premier, « Égalité e(s)t Différence », avec la rigueur d'un syllogisme, se penche sur la dialectique complexe entre « égalités » (juridique, socio-économique,... « À gauche comme à droite et des ministères aux bancs de l'Assemblée nationale, en passant par les porte-parole autorisés de la société civile (associations antiracistes, artistes engagés, animateurs de télévision...), une même philosophie sous-tend l'engagement antiraciste, qui repose en fait sur les fondements logiques, esthétiques et éthiques du racisme : - le postulat d'une incompatibilité entre égalité et différence (et d'une nécessaire modération de l'une par l'autre) ; - la réduction du racisme à ses formes haineuses, laissant impensées ses formes les plus massives (l'intégration, la relégation et l'invisibilisation, la bienveillance paternaliste), l'enfermement des racisés dans une image de corps infirme, incapable d'énoncer lui-même le tort qu'il subit et de prendre part à la lutte contre ce tort ; - la préservation du privilège blanc, et le refus catégorique de la moindre réflexivité sur ce privilège. » (p. 98) Trois chapitres relativement indépendants traitent donc ces trois aspects ponctuels de la notion de racisme, entendue de manière élargie dans cet essai, inclusive du phénomène massif de la « discrimination systémique » ainsi que, justement, de « l'antiracisme d'État ». Le premier, « Égalité e(s)t Différence », avec la rigueur d'un syllogisme, se penche sur la dialectique complexe entre « égalités » (juridique, socio-économique, des capacités objectives, et égalité subjective) et « différences », les contraires de ces deux concepts étant respectivement « inégalités » et « homogénéité » : la conclusion de la démonstration est qu'à l'encontre de la doxa de « l'excès du droit à la différence », l'égalité et la différence ne sont pas antinomiques et que leurs revendications, opportunes et nécessaires, n'en font qu'une. Le second, « Le corps d'exception et ses métamorphoses » distingue entre trois types de regards racistes sur le corps racisé : corps furieux, corps invisible et corps infirme ; les métamorphoses dans le temps et les éventuelles superpositions entre les trois sont également considérées – ex. les femmes voilées : corps invisibles tant qu'elles occup(ai)ent des positions sociales subalternes, corps infirmes, lorsqu'on les suppose victimes d'une oppression patriarcale et religieuse, corps furieux, lorsqu'on les tient quand même pour responsables de leur exclusion de l'école publique (pour ne pas avoir retiré leur vêtement) et qu'on estime « qu'elles le méritent bien »... Le troisième, « La question blanche », reproduit une intervention qui répond à la question « Qu'est-ce qu'être Blanc dans la France de 2006 ? » et pose la problématique de la triple réaction possible face à la position du détenteur de privilèges indus (qui peuvent être aussi bien raciaux que sociaux, de genre, d'orientation sexuelle comme de capital culturel) : l'adhésion cynique, la dénégation de mauvaise conscience ou la conscientisation entraînant la « traîtrise ». Le chapitre conclusif « En finir avec l'antiracisme d'État » constitue un texte de synthèse très efficace, de plus large souffle tout en étant mieux étayée par des exemples concrets et connus ; placé sous l'égide d'une belle citation d'Aimé Césaire : « Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. » (p. 97), ce chapitre prône un antiracisme « paradoxal et radical » qui se décline dans les points suivants : « 1. Le racisme n'est pas une peur de l'inconnu, mais une peur du "bien-connu". […] 2. Ce n'est pas la différence qui provoque le racisme mais le racisme qui construit la différence. […] 3. La peur de l'autre n'est pas une pulsion naturelle que la culture doit contenir, c'est une construction culturelle qui ne peut être déconstruite que par une contre-culture. […] 4. Loin de s'opposer, l'égalité et la différence désignent une seule et même réalité. […] 5. Lutter contre le racisme, ce n'est pas affirmer que les races n'existent pas, mais reconnaître qu'elles existent. […] 6. La tolérance n'est pas une vertu antiraciste, mais une vertu raciste. […] 7. La tolérance est une vertu raciste mais elle doit être valorisée en tant que telle, et même conçue comme une condition nécessaire au dépassement du racisme. […] 8. La haine n'est pas le fondement du racisme, mais le signe d'une crise du racisme. ». Enfin, un post-scriptum quantitatif fournit des données chiffrées des discriminations au travail : différentiels d'embauche, de licenciement, de rémunération, absence de sanctions contre celles parmi ces pratiques qui sont déjà délictueuses, laquelle, s'ajoutant à la « discrimination légale » de 30% des emplois disponibles, légitime une « préférence nationale » qui est loin d'être l'apanage du discours lepéniste...
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