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Plon
EAN : 9782259305174
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 384
Format : 140 x 225 mm

Place aux immortels - Prix du roman de la Gendarmerie nationale

Date de parution : 18/03/2021
Un texte magnifique sur une dimension mal connue de la Grande Guerre ; bouleversant d'humanité, il a enthousiasmé le jury et remporté le prix à l'unanimité.
Prix du roman de la Gendarmerie nationale 2021.
Au printemps 1915, Léon Cognard, lieutenant de gendarmerie bourlingueur et anticonformiste, quitte sa brigade bretonne pour rejoindre le front de Picardie et prendre le commandement d’une prévôté de division d’infanterie. Sa nouvelle position est des plus délicates entre une bureaucratie tatillonne et l’hostilité légendaire des fantassins à l’égard des gendarmes,... Au printemps 1915, Léon Cognard, lieutenant de gendarmerie bourlingueur et anticonformiste, quitte sa brigade bretonne pour rejoindre le front de Picardie et prendre le commandement d’une prévôté de division d’infanterie. Sa nouvelle position est des plus délicates entre une bureaucratie tatillonne et l’hostilité légendaire des fantassins à l’égard des gendarmes, ces empêcheurs de tourner en rond considérés comme des planqués.
Lorsqu’il est confronté à un suicide suspect au sein de l’unité dont il doit assurer la police, Léon traite l’affaire avec son opiniâtreté habituelle. Mais celle-ci l’entraîne dans un engrenage qui risque bien de faire trembler la Grande Muette sur ses fondements…
Certains crimes ne doivent-ils pas demeurer impunis ?
À la guerre, y a-t-il encore de la place pour l’idéalisme ?
Et surtout, quelle valeur reste-t-il à la vérité quand seule compte la victoire ?

Le prix du roman de la Gendarmerie nationale récompense un roman inédit, littéraire, historique ou policier, dans lequel la gendarmerie ou le métier de gendarme occupe une place prépondérante.
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EAN : 9782259305174
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 384
Format : 140 x 225 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • PorteuseDePluie Posté le 12 Septembre 2021
    L'histoire Dans ce roman historique, nous suivons le personnage principal, Léon Cognard, gendarme breton et anticonformiste notoire lorsqu'il est muté à la tête d'une prévôté, sur le front, en Picardie.  Les gendarmes ont un statut particulier : en effet, ils n'allaient pas directement dans les tranchées, et étaient responsable du maintien de l'ordre et de la loi, notamment vis-à-vis des soldats, qui les considèrent comme des planqués. Après avoir été appelé pour constater le suicide d'un soldat, plusieurs éléments le troublent. Il refuse donc de suivre les ordres de sa hiérarchie qui lui demande d'abandonner ses investigations. Impressions J'ai trouvé ce livre très enrichissant. J'ai fait des études d'histoire, mais je ne connais que très peu cette période en dehors des très grandes lignes, et je connais encore moins celle de la gendarmerie. J'apprécie particulièrement cette façon de découvrir l'Histoire, au travers l'histoire de particuliers et de gens dont, au final, on ne se rappellera pas les noms. Le style de Patrice Quélard est tout à fait adapté à l'exercice. Intelligente, mais pas pompeuse, l'écriture est efficace et prenante. Place aux immortels est en effet un de ces romans que l'on ne lâche que très difficilement, et dans lequel l'action, le contexte et le décor... L'histoire Dans ce roman historique, nous suivons le personnage principal, Léon Cognard, gendarme breton et anticonformiste notoire lorsqu'il est muté à la tête d'une prévôté, sur le front, en Picardie.  Les gendarmes ont un statut particulier : en effet, ils n'allaient pas directement dans les tranchées, et étaient responsable du maintien de l'ordre et de la loi, notamment vis-à-vis des soldats, qui les considèrent comme des planqués. Après avoir été appelé pour constater le suicide d'un soldat, plusieurs éléments le troublent. Il refuse donc de suivre les ordres de sa hiérarchie qui lui demande d'abandonner ses investigations. Impressions J'ai trouvé ce livre très enrichissant. J'ai fait des études d'histoire, mais je ne connais que très peu cette période en dehors des très grandes lignes, et je connais encore moins celle de la gendarmerie. J'apprécie particulièrement cette façon de découvrir l'Histoire, au travers l'histoire de particuliers et de gens dont, au final, on ne se rappellera pas les noms. Le style de Patrice Quélard est tout à fait adapté à l'exercice. Intelligente, mais pas pompeuse, l'écriture est efficace et prenante. Place aux immortels est en effet un de ces romans que l'on ne lâche que très difficilement, et dans lequel l'action, le contexte et le décor sont parfaitement équilibrés. Les personnages sont profondément humains, jusqu'à dans leur absence d'humanité. On s'attache très facilement à certain, tout comme on déteste certain tout aussi rapidement. Le grand nombre de personnages n'a pas été difficile à suivre, chacun étant régulièrement replacé dans son contexte. La partie historique a été très travaillée, et les lecteurs qui ne connaissent que peu cette période n'auront malgré tout aucune difficulté à se faire une image très précise de la situation, aussi bien politique au sein de l'armée, qu'au fond des tranchées. Il y a là un énorme travail de recherche de la part de l'auteur pour nous rendre cette histoire crédible et accessible. J'ai également apprécié (comme je l'avais déjà noté dans Catharsis) que l'auteur ne sombre pas dans le manichéisme. Pas de "gentils gendarmes" contre les "méchants soldats", rien n'est tout noir ou tout blanc, tout est dans les subtiles nuances. Un grand merci de m'avoir permis de découvrir ce roman !
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  • llamy89 Posté le 30 Août 2021
    Un roman de Patrice Quélard, c'est d'abord beaucoup d'humanité. Comme pour "Fratricide", l'histoire de Léon Cognard et ses camarades n'y déroge pas. Force détails vous imprègnent de l'époque et des lieux pour vous accompagner pleinement dans la découverte des personnages : Jouannic, Bellec, Testard, Tanguy et les autres. Léon Cognard, son nom n'est pas un hasard, frappe fort les esprits et dérange ses supérieurs comme ses subalternes par son anticonformisme. Un "cogne" qui n'applique pas le règlement sans avoir réfléchi d'abord, c'est tout de même hors normes. Jouannic ne vous dira pas le contraire. Y a-t-il des morts justes en temps de guerre ? Le contexte donne-t-il devoir aux gendarmes de regarder ailleurs lorsqu'une mort est suspecte ? « Il est plus désirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi. » – Henry David Thoreau. Épris de justice, Léon aurait pu faire sienne cette maxime. Les personnages livrés sont justes et captivants, le Bourru Jouannic, le sage greffier Bellec. Léon et son acharnement à obtenir vérité et justice pour ceux qui restent, malgré la multitude de morts qui l'entourent, vont lui valoir la haine farouche de la hiérarchie militaire. Il comprend mais ne lâche rien. Un roman captivant, tendu par... Un roman de Patrice Quélard, c'est d'abord beaucoup d'humanité. Comme pour "Fratricide", l'histoire de Léon Cognard et ses camarades n'y déroge pas. Force détails vous imprègnent de l'époque et des lieux pour vous accompagner pleinement dans la découverte des personnages : Jouannic, Bellec, Testard, Tanguy et les autres. Léon Cognard, son nom n'est pas un hasard, frappe fort les esprits et dérange ses supérieurs comme ses subalternes par son anticonformisme. Un "cogne" qui n'applique pas le règlement sans avoir réfléchi d'abord, c'est tout de même hors normes. Jouannic ne vous dira pas le contraire. Y a-t-il des morts justes en temps de guerre ? Le contexte donne-t-il devoir aux gendarmes de regarder ailleurs lorsqu'une mort est suspecte ? « Il est plus désirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi. » – Henry David Thoreau. Épris de justice, Léon aurait pu faire sienne cette maxime. Les personnages livrés sont justes et captivants, le Bourru Jouannic, le sage greffier Bellec. Léon et son acharnement à obtenir vérité et justice pour ceux qui restent, malgré la multitude de morts qui l'entourent, vont lui valoir la haine farouche de la hiérarchie militaire. Il comprend mais ne lâche rien. Un roman captivant, tendu par une intrigue policière glissée au coeur d'une fresque historique richement documentée. L'histoire d'un destin forgé dans la grande Histoire. Un hommage à tous ces hommes qui ont été les précurseurs de la gendarmerie d'aujourd'hui, chargée de s'assurer que les règles et lois soient appliquées, même juste derrière la ligne de front. Léon qui ne manque pas de lucidité, n'hésite pas à se comparer à Don Quichotte. Son fidèle destrier Rossinante, espiègle, au caractère bien trempé comme lui, l'accompagne dans son périple picard et champenois. Son humour désarmorce bien des situations que ses subalternes ne comprennent pas. Il a pourtant gagné leur respect, par ses décisions, ses actes et son acharnement à voir justice rendue. Léon, c'est le chevalier blanc de son époque, habité d'un esprit de camaraderie et de corps, idéaliste et ancré dans la réalité pour autant. Un personnage juste et sage dont on imagine qu'il essaime dans la gendarmerie d'aujourd'hui qui accorde un prix bien mérité à son histoire. Ce roman est une vraie belle réussite pour ses informations historiques, la touche d'humour, la force de ses personnages. C'est aussi une belle manière de rendre hommage à ceux qui doivent rester immortels dans nos mémoires pour le sacrifice qu'ils ont consenti pour notre liberté. Un coup de coeur en ce qui me concerne !
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  • Pris Posté le 27 Juillet 2021
    Remarquable! Place aux immortels est un excellent roman. L'enquête policière à proprement parler ne démarre que tardivement dans le récit. Patrick Quélard prend le temps de poser les personnages et le cadre de ce récit: Albert dans la Somme en 1915. La guerre fait alors rage à une vingtaine de kilomètres de kilomètres de la petite ville. L'auteur décrit avec une grande justesse la vie quotidienne des gendarmes: les insultes qu'ils subissent de la part des appelés, l'indifférence et les ordres stupides voire les brimades de la part de la hiérarchie militaire. Le personnage principal, Cognard, est très humain et se dépeint comme un Don Quichotte qui lutte pour faire respecter la justice malgré le carnage environnant. Mais que vaut la justice des hommes face à l'impératif de gagner la guerre?
  • Scribe Posté le 21 Juillet 2021
    Place aux immortels de Patrice Quelard Ce livre a reçu le prix du roman de la Gendarmerie Nationale 2021 ! Un livre que je devais absolument lire ayant un passé avec cette belle Institution. Au printemps 1915, dit l'auteur, Léon Cognard, lieutenant de gendarmerie, bourlingueur et anticonformiste quitte sa brigade bretonne pour rejoindre le front de Picardie en tant que commandant d'une unité prévôtale de division d'infanterie. La Gendarmerie hier comme aujourd'hui sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l'étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. Actuellement environ 80 gendarmes Officiers de Police judiciaire sont déployés à l'étranger. Mais revenons à notre roman. Nettement moins exposées que les troupes en première ligne, les unités prévôtales, sont mal considérés et rencontrent une franche hostilité parmi les soldats et officiers, considérés comme des planqués, des empêcheurs de tourner en rond. Raillés sous le nom d'immortel car considérés comme des planqués, des militaires qui se prétendent militaires mais ne vont pas au front, tuer et se faire tuer. Le lieutenant Léon Cognard dont vous retrouverez en italique... Place aux immortels de Patrice Quelard Ce livre a reçu le prix du roman de la Gendarmerie Nationale 2021 ! Un livre que je devais absolument lire ayant un passé avec cette belle Institution. Au printemps 1915, dit l'auteur, Léon Cognard, lieutenant de gendarmerie, bourlingueur et anticonformiste quitte sa brigade bretonne pour rejoindre le front de Picardie en tant que commandant d'une unité prévôtale de division d'infanterie. La Gendarmerie hier comme aujourd'hui sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l'étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. Actuellement environ 80 gendarmes Officiers de Police judiciaire sont déployés à l'étranger. Mais revenons à notre roman. Nettement moins exposées que les troupes en première ligne, les unités prévôtales, sont mal considérés et rencontrent une franche hostilité parmi les soldats et officiers, considérés comme des planqués, des empêcheurs de tourner en rond. Raillés sous le nom d'immortel car considérés comme des planqués, des militaires qui se prétendent militaires mais ne vont pas au front, tuer et se faire tuer. Le lieutenant Léon Cognard dont vous retrouverez en italique ses commentaires qui ne manquent pas de sel, fort en gueule, ne se laissera pas marcher sur les pieds quelque soit l'officier supérieur qu'il rencontrera. Cela commence par sa présentation au colonel Testard, chef d'état major du Général Bouyssou, lors de sa prise de fonction. «  Celui-ci me charge de vous souhaitez la bienvenue de sa part, mais il n'a pas le temps de vous recevoir dans l'immédiat... Ce que Cognard traduit par ni dans l'immédiat ni demain, ni jusqu'aux calendes grecques, et si jamais il souhaite vous recevoir un jour, ce ne sera sûrement pas pour vous accrocher une médaille. » Or, voilà que le lieutenant Léon Cognard va être confronté au suicide suspect du caporal Guyader. Léon et son adjoint Bellec va alors avec opiniâtreté enquêter sur cette mort, trop vite classée en suicide par le commandant de ce régiment. Souvent, lorsque l'on cherche l ! On trouve . Bien entendu cela ne fait pas que des heureux et là l'enquête ouverte par Léon Cognard va faire trembler la Grande muette sur ses fondements ! Certains crimes ne doivent pas demeurer impunis et quelle valeur à la vérité quand seule compte la victoire ! Interroge Patrice Quelard dans son livre place aux immortels . Vous allez découvrir une figure, comme l'on dit, celle de Léon Cognard, ne manquant ni humour, ni sens du terrain , ni de l'enquête sur son cheval Rossinante. Vous découvrirez autour de lui, des personnages haut en couleur dont même les détails physiques vous seront précisées. Vous verrez un homme, un officier de gendarmerie dans son rôle d'encadrant, veillant à la santé physique des hommes placés sous ses ordres, vous ressentirez cet esprit de corps qui l'anime et vous le retrouverez en duel sur une plage de Bretagne, le 7 octobre 1917. Ce livre et précis, réaliste, détaillé par son auteur qui n'est pas un gendarme, mais on aurait pu le penser, livre un regard sur les missions de la gendarmerie prévôtale lors de cette première guerre mondiale avec bonhomie, humour et sens du service . Ce livre Place aux Immortels, prix du roman de la Gendarmerie 2021, je vous invite à le découvrir. C'est un bel hommage aux gendarmes prévôtaux à cette époque est une belle histoire criminelle.Vous aurez sûrement un peu de nostalgie a quitté ce Capitaine Léon Cognard ce 30 juin 1919, dans sa brigade d'Etel alors qu'il recherche sur son bureau la circulaire pour une demande de volontaire pour la prévôté au Levant dans l'empire Ottoman. Ou le voir partir, «  voir des aras bleus en liberté ça c'était un projet fondateur! Quelle plus belle destination d'aventure que l'Amérique du Sud, pour un ingénieux hidalgo sur son fringant destrier ! » Bonne lecture ! Bien à vous.
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  • Alfaric Posté le 20 Juillet 2021
    Merci à l'auteur, merci à l'éditeur, ils savent pourquoi. Pour me faire une idée j'avais lu les cinquante premières pages et j'avais beaucoup aimé, spécialement le personnage de Léon Cognard Don Quichotte breton perdu dans le petit monde de l'entre soi de l'élitisme sans élite. Mais je me suis ensuite perdu dans un autre livre qui a tué en moi tout envie de lecture, avant que le ciel me tombe sur la tête IRL. Un jour je vous raconterai tout cela, et on parlera des collabos pétainistes qui n'ont toujours pas compris que la WWII était belle et bien finie parce qu'ils sont couverts depuis les années fric triomphantes par une « hiérarchie » qui cultive le suprématisme managérial. J'ai repris ma lecture, j'ai terminé le livre, et j'ai terminé ma chronique. Et là je me suis aperçu que j'avais quasiment réalisé un copier-coller de celle de "Fratricide" le précédent ouvrage de Patrice Quélard… Damned, tout était à refaire ! Nous sommes en France en 1915, et après un passage par les brigades mobiles Léon Cognard et son hongre Rossinante rejoignent la prévôté pour officier sur la ligne de front de la WWI. On suit les heurs et malheurs du bonhomme pris entre l'enclume... Merci à l'auteur, merci à l'éditeur, ils savent pourquoi. Pour me faire une idée j'avais lu les cinquante premières pages et j'avais beaucoup aimé, spécialement le personnage de Léon Cognard Don Quichotte breton perdu dans le petit monde de l'entre soi de l'élitisme sans élite. Mais je me suis ensuite perdu dans un autre livre qui a tué en moi tout envie de lecture, avant que le ciel me tombe sur la tête IRL. Un jour je vous raconterai tout cela, et on parlera des collabos pétainistes qui n'ont toujours pas compris que la WWII était belle et bien finie parce qu'ils sont couverts depuis les années fric triomphantes par une « hiérarchie » qui cultive le suprématisme managérial. J'ai repris ma lecture, j'ai terminé le livre, et j'ai terminé ma chronique. Et là je me suis aperçu que j'avais quasiment réalisé un copier-coller de celle de "Fratricide" le précédent ouvrage de Patrice Quélard… Damned, tout était à refaire ! Nous sommes en France en 1915, et après un passage par les brigades mobiles Léon Cognard et son hongre Rossinante rejoignent la prévôté pour officier sur la ligne de front de la WWI. On suit les heurs et malheurs du bonhomme pris entre l'enclume de ses subordonnés et le marteau de ses supérieurs. Mais autant ses subordonnés finissent par l'apprécier sinon l'adorer, autant ses supérieurs finissent par l'avoir en horreur… On se demande bien pourquoi ? Ben oui, il existait, il existe, et il existera toujours des gens bienveillants qui cultivent la liberté, l'égalité et la fraternité (ils sont toujours mal vus par la « hiérarchie »), et les gens malveillants qui passent leur temps à lécher le cul de ceux qu'ils jugent « supérieurs » et à pourrir la vie de ceux qu'ils jugent « inférieurs » (eux par contre sont toujours bien vus par la « hiérarchie »). En bref il y a ceux qui sont humains, et ceux qui ne le sont pas ou ne le sont plus (et le reagano-thatchéro-macronisme cultive très bien cette distinction, pour le plus grand malheur de l'humanité)... Autant vous le dire de suite, dans l'édition que j'ai lu l'élément déclencheur du récit survient à la page 200 sur 380. Avant d'en arriver là je m'étais fait à l'idée du récit succession de tranches de vie d'une gendarmerie sur la ligne de front durant la WWI. Et franchement cette idée n'était pas déplaisante du tout, et le roman aurait pu (aurait dû ?) aller plus loin dans cette voie. Car j'aurais bien vu le récit glisser d'un personnage à un autre dans cette « comédie » humaine, qui en fait est une « tragédie », avec le greffier Bellec, le maréchal des logis Jouannic, ou les gendarmes Bodiguel, le Goff, Guillevic, Bourhis, Tellier, Flohic et tutti quanti... (un dramatis personnae SVP, cela ne coût qu'une page de plus alors que cela facilite tellement les choses pour les lecteurs et les lectrices) En plus des crimes de droits communs et de la multiplication des affaires d'adultère, la gendarmerie doit gérer les problèmes de couvre-feu, des laissez-passer sécuritaires, de marché noir, de désertion, et de jauge dans les débits de boisson. Sans parler des manquements à l'hygiène publique qui se transforment systématiquement en corvées de latrines. Et évidemment les premiers contrevenants appartiennent aux élites autoproclamées qui se croient au-dessus des lois qu'elles ont elles-mêmes édictées… Soupirs… Le personnage principal tient beaucoup du "Don Quichotte" de Miguel de Cervantes, pas mal du "Cyrano" d'Edmond Rostand, et un peu du "Cid" de Pierre Corneille. Il se heurte encore et encore aux préjugés de classe d'une « hiérarchie » qui préférait crever que de reconnaître qu'elle a tort : ces pseudo élites brassent beaucoup d'air, c'est les moulins contre lesquels ils se bat vainement. Avec autant d'inhumanité, comment voulez-vous que l'humanité progresse ? Et quelles sont les réponses de la « hiérarchie » ? Suspension et mutation, révocation et radiation : plus les crimes sont graves et plus les peines sont faibles, car ils sont commis par « ceux qui sont tous », et plus les crimes sont faibles et plus les peines sont fortes, car ils sont commis par « ceux qui ne sont rien »... Un jour voilà la Team Cognard convoquée pour constater un suicide. Sauf que c'est tout sauf un suicide, et qu'en investiguant à peine une autre affaire dans la même section passe de « mort au front » à « froidement assassiné par ses compagnons ». Les preuves sont accablantes, mais la « hiérarchie » refuse d'entendre quoi que se soit (et pour cause, vue qu'elle est complice voire ordonnatrice de moult crimes qui feraient scandales s'ils étaient révélés). Mais Léon Cognard 50% Pierre Fresnay ("La Grande Illusion") et 50% Colonel Dax ("Les Sentiers de la Gloire") ne veut rien lâcher, donc cela ne se finit pas du tout comme certains hauts placés l'aurait souhaité… [masquer]ATTENTION SPOILERS. le face à face final à la fin de la guerre entre le justicier et le meurtrier est aussi glaçant que déprimant. On a tellement bourré le crâne de pauvres gens que même sans y croire vraiment ils se sont ralliés à l'idéologie des riches et des puissants. N'importe quelle fin, aussi insignifiante fût-elle, justifie absolument tous les moyens, aussi abominables fussent-ils. « Ceux qui ne sont rien » ne sont que des ressources humains corvéables et sacrifiables à merci, sur l'autel d'une sacro-sainte « efficacité » qui ne représente rien du tout à part une marche de plus sur l'escalier du pouvoir dans les délires de « ceux qui sont tout »… FIN SPOILERS...[/masquer] On referme le livre avec un goût particulièrement amer dans la bouche. Et de la colère, beaucoup de colère, pour ne pas dire de la fureur qui donne envie de tout casser... D'un côté on a « les premiers de cordées » : ceux qui seraient tout car persuadés qu'ils seraient au-dessus de tout. Mais qui sont-ils ces gens à part les représentants d'un élitisme sans élite : 50% des généraux on été limogés dès l'automne 1914 parce qu'ils ne savaient pas lire une carte ! D'un autre côté on a « les premiers de corvées » : ceux qui ne seraient rien et qu'on peut se permettre d'envoyer dans les tranchées contre leur volonté. Où est l'Union Sacrée quand on exécute sommairement ceux qui refusent de se faire massacrer, qu'on envoie en prison ou qu'on fusille sans aucune hésitation les récalcitrants, que les désertions deviennent légions, et que l'armée manquent de soldats au point de reporter toutes les peines de prison commuées en retour au front (y compris ceux accusés du crime odieux de désertion). On en est arrivé à un point où les soldats calculent les probabilités d'assaut sur le front pour être en prison à ce moment-là (donc de commettre le crime qui leur permettra d'y être en temps et en heure). Montrez moi les grandes différences entre la gentille démocratie libérale française et la méchante dictature communiste, car j'ai bien du mal à distinguer l'une de l'autre !!! "Fratricide" avait écrit en plusieurs points de vue mais aurait sans doute été plus efficace avec un seul point de vue. "Place aux Immortels" qui finalement développe exactement les mêmes thèmes a été écrit du point de vue de Léon Cognard mais aurait sans doute été plus efface avec davantage de points de vue. Dans tous les cas Patrice Quélard a retravaillé sa plume pour être plus direct, mais il reste encore à la croisée des romans sérieux et stylés et des romans cool et fun. Ici il a donc les qualités de ses défauts, et les défauts de ses qualités. Il pourrait facilement donner dans le page turner, mais est-ce vraiment son ambition ? Quels que soient ses choix, j'ai hâte de savoir à quel sera le sujet / le cadre de sa prochaine oeuvre… J'aimerais qualifier ce livre de bon roman policier, mais je crois bien que l'enquête n'est qu'un prétexte. J'aimerais qualifier ce livre de bon roman historique, mais malgré un travail de reconstitution impeccable j'ai bien peur que le propos de l'auteur soit plus important que son cadre. C'est clairement un livre coup de poing, et franchement il faut plisser des yeux très très fort pour voire la différence entre les officiers du début du XXe siècle qui envoyaient des millions de gens à la mort pour quelques kilomètres de plus sur une carte, et les managers du début du XXIe siècle qui envoient des millions de gens à la précarité et la pauvreté pour quelques chiffres de plus sur un tableur excel. Plus les choses changent et plus elles restent les mêmes, n'en déplaisent aux reagano-thatchéro-macronistes avides de pseudo modernité, de réformes régressives et de i-machins qui ne servent à rien… Je ne pourrais donc honnêtement vous le conseiller pour les vacances estivales car on parle de choses beaucoup trop graves et beaucoup trop poignantes pour se divertir. Mais je vous recommande vivement de le lire avant la fin de l'année, car il remet sacrément les idées en place face aux infox d'en haut et d'en bas qui racontent n'importe quoi pour nous déporter dans une réalité qui n'est pas la nôtre…
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