Lisez! icon: Search engine
Pocket
EAN : 9782266254779
Code sériel : 7189
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Les Furies de Boras : et autres contes horrifiques

Carine BRUY (Traducteur)
Date de parution : 14/01/2016
Monstre tentaculaire, dieux anciens et femmes fatales chuchotent à votre oreille, s'immiscent dans votre esprit. Avides de vie, de sang et de chair. Inutile de leur résister, leur charme trompeur parle à vos instincts les plus primitifs.
Ces créatures contre-nature hantent les marais ou parcourent les villes, se dissimulent sous terre...
Monstre tentaculaire, dieux anciens et femmes fatales chuchotent à votre oreille, s'immiscent dans votre esprit. Avides de vie, de sang et de chair. Inutile de leur résister, leur charme trompeur parle à vos instincts les plus primitifs.
Ces créatures contre-nature hantent les marais ou parcourent les villes, se dissimulent sous terre ou se parent des atours les plus séduisants. Dangereuses, elles vous emportent de votre plein gré aux portes de l'horreur. Votre perte en paraît plus douce. Vous laisserez-vous tenter ?

« Il se passe des choses curieuses dans les campagnes du sud de la Suède... Les Furies de Borås serait un peu série Z si Anders Fager n'avait de l'humour noir et un talent... monstre. » Arnaud Gonzague – Le Nouvel Observateur

« Le Suédois glace le sang sans effets de manches. » Alexis Brocas – Le Magazine littéraire
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782266254779
Code sériel : 7189
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« Il se passe des choses curieuses dans les campagnes du sud de la Suède... Les Furies de Borås serait un peu série Z si le Suédois Anders Fager n'avait de l'humour noir et un talent... monstre. » Arnaud Gonzague, Le Nouvel Observateur
« Un auteur différent pour une œuvre intelligente, suggestive et très spécifique, mon coup de cœur de début d'année auquel je souhaite un bel essor. » Eric Vernassière, L'Express.fr
« Un écrivain suédois cultissime. Un régal horrifique. » Jean-Pierre Fontana, L'Ecran fantastique
« Dans ce recueil, le Suédois glace le sang sans effets de manche. Chez Lovecraft, les héros sont, pour la plupart, des marionnettes interchangeables dont la seule vocation est de narrer et d'éprouver une horreur sans mesure. Anders Fager lui, veut rendre ses héros attachants - plus douloureuse sera leur perte. » Alexis Brocas, Le Magazine littéraire
« En treize nouvelles, Anders Fager fait une entrée fracassante dans le haut du panier. Et sa manière d'inscrire son folklore magique scandinave dans le cadre d'une chronique sociale réaliste et angoissée est tout bonnement géniale. » Jérémy Bernède, Midi Libre

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • hellrick Posté le 29 Novembre 2019
    Petit recueil ayant retenu l’attention de la critique à sa sortie, LES FURIES DE BORAS s’apparente à une relecture des grands mythes du fantastiques de façon souvent très rentre-dedans. Le style de l’auteur (qualifié de « Lovecraft suédois sous acide ») s’avère simple et les phrases paraissent souvent éructées : courtes et hachées elles usent d’un vocabulaire volontiers familier pour plonger le lecteur au cœur d’une action frénétique. Si l’influence de Lovecraft se montre patente dans les intrigues, Fager s’éloigne cependant du reclus de Providence dans son traitement et se place à l’opposé du puritanisme de son inspirateur. Nous sommes davantage proche d’Edward Lee pour ce mélange d’horreur cosmique, de thématiques contemporaines, de gore, de drogues diverses et de sexe explicite. La première nouvelle, « les furies de Boras », donne le ton avec cette bande de gonzesses excitées s’en allant baiser dans les bois avant d’offrir en sacrifice un jeune homme aux Grands Anciens. Tentacules phalliques, foutre et sang, Fager ne fait pas dans la dentelle mais le côté brut de son écriture compense la prévisibilité de l’intrigue. La nouvelle suivante nous plonge en pleine guerre au XVIIIème siècle avec toute la violence attendue avant l’intervention d’une célèbre entité... Petit recueil ayant retenu l’attention de la critique à sa sortie, LES FURIES DE BORAS s’apparente à une relecture des grands mythes du fantastiques de façon souvent très rentre-dedans. Le style de l’auteur (qualifié de « Lovecraft suédois sous acide ») s’avère simple et les phrases paraissent souvent éructées : courtes et hachées elles usent d’un vocabulaire volontiers familier pour plonger le lecteur au cœur d’une action frénétique. Si l’influence de Lovecraft se montre patente dans les intrigues, Fager s’éloigne cependant du reclus de Providence dans son traitement et se place à l’opposé du puritanisme de son inspirateur. Nous sommes davantage proche d’Edward Lee pour ce mélange d’horreur cosmique, de thématiques contemporaines, de gore, de drogues diverses et de sexe explicite. La première nouvelle, « les furies de Boras », donne le ton avec cette bande de gonzesses excitées s’en allant baiser dans les bois avant d’offrir en sacrifice un jeune homme aux Grands Anciens. Tentacules phalliques, foutre et sang, Fager ne fait pas dans la dentelle mais le côté brut de son écriture compense la prévisibilité de l’intrigue. La nouvelle suivante nous plonge en pleine guerre au XVIIIème siècle avec toute la violence attendue avant l’intervention d’une célèbre entité « qui marche sur le vent ». Encore une fois le côté outrancier et agressif de l’écriture compense un récit très classique. « Trois semaines de bonheur » pourrait être la nouvelle la plus réussie du recueil, l’auteur dépeignant avec beaucoup de subtilité sa principale protagoniste dont il dévoile peu à peu la monstruosité. Comme les autres récits, celui-ci mélange horreur aquatique poisseuse et déviance sexuelle mais de manière moins frontale. Cette relative retenue rend le résultat plus convaincant et marquant avec une « héroïne » pathétique et attachante en dépit de sa différence. En dépit d’une réelle originalité, plusieurs nouvelles laissent malheureusement une impression mitigée par leurs fins ouvertes qui semblent parfois inachevées. « Encore ! Plus fort ! » constitue ainsi un texte érotico-fantastique original dans lequel deux amants s’étranglent durant l’acte sexuel afin d’atteindre les contrées du rêve (ils ne devaient pas posséder la clé d’argent de Randolph Carter) mais le tout échoue à offrir une conclusion satisfaisante. « Un pont sur Vasterbron » décrit de façon très détachée une situation extraordinaire ayant mené au suicide de très nombreuses personnes âgées. L’auteur ouvre quelques hypothèses mais laisse au lecteur le soin de trancher. Le climat fantastique et la complète étrangeté de l’histoire s’avère toutefois intéressante. Même constat pour « L’escalier de service » qui nous ramène aux débuts de la psychothérapie, du temps où les médecins soignaient l’hystérie par le laudanum et les « massages » intimes afin de relâcher les tensions. Un récit très efficace jusqu’à une conclusion un peu trop attendue, pas à la hauteur de ce qui précède. Ce qui s’applique également au dernier récit de ce recueil. Si LES FURIES DE BORAS déçoit parfois, nul doute que le recueil possède une véritable force accentuée par les « fragments », de très courtes nouvelles (plutôt des tranches de vie) amenant le lecteur à accepter la résurgence, dans la Suède du XXIème siècle, des manifestations des Grands Anciens. Au final, une lecture agréable qui offre un regard neuf sur les horreurs lovecraftiennes.
    Lire la suite
    En lire moins
  • bdelhausse Posté le 17 Janvier 2018
    Anders Fager a un style très personnel. Quelque chose de direct, de cash, de moderne, où se mêlent l'humour, le sexe, la drogue, le banal qui cache l'innommable... Il revisite de manière actuelle le mythe de Cthulhu, avec des sectes, des sorciers, des smartphones, des réseaux sociaux et des créatures glauques tapies dans l'ombre qui ne rechignent pas à persuader des enfants de se laisser manger la main ou de balancer un ami dans le trou. Que ne doivent pas faire les Grands Anciens ou leurs rejetons pour survivre... J'ai commis l'erreur de lire La Reine en Jaune avant Les Furies de Boras... J'avais été scotché, littéralement explosé, par La Reine en Jaune. Dès lors, je ne sais pas trop si ce recueil-ci est réellement plus faible ou si l'effet de surprise est passé et que je suis moins sensible à la technique d'Anders Fager... Car on se rend compte, à force, qu'il recycle pas mal. Il démarre fort avec un sacrifice humain, passant d'une boîte de nuit à la lande, et mélangeant sexe, effets gore et viagra... cette petite touche d'humour noir qui fait le charme de Fager. Et ensuite, la qualité du recueil ne cesse de diminuer ou presque. Le voeu... Anders Fager a un style très personnel. Quelque chose de direct, de cash, de moderne, où se mêlent l'humour, le sexe, la drogue, le banal qui cache l'innommable... Il revisite de manière actuelle le mythe de Cthulhu, avec des sectes, des sorciers, des smartphones, des réseaux sociaux et des créatures glauques tapies dans l'ombre qui ne rechignent pas à persuader des enfants de se laisser manger la main ou de balancer un ami dans le trou. Que ne doivent pas faire les Grands Anciens ou leurs rejetons pour survivre... J'ai commis l'erreur de lire La Reine en Jaune avant Les Furies de Boras... J'avais été scotché, littéralement explosé, par La Reine en Jaune. Dès lors, je ne sais pas trop si ce recueil-ci est réellement plus faible ou si l'effet de surprise est passé et que je suis moins sensible à la technique d'Anders Fager... Car on se rend compte, à force, qu'il recycle pas mal. Il démarre fort avec un sacrifice humain, passant d'une boîte de nuit à la lande, et mélangeant sexe, effets gore et viagra... cette petite touche d'humour noir qui fait le charme de Fager. Et ensuite, la qualité du recueil ne cesse de diminuer ou presque. Le voeu de l'homme brisé nous ramène dans le passé, lors d'une période trouble de l'Histoire de la Suède. Certaines scènes très crues sont rendues avec brio par l'auteur. Mais j'ai eu du mal à m'impliquer. Joue avec Liam met aux prises un enfant et ses amis et une créature affamée tapie au fond d'un trou, et prête à tout pour manger de la chair humaine. Cela reste fort bien écrit, mais présente quelques longueurs. Trois semaines de bonheur nous montre le quotidien d'une jeune fille qui partage de nombreux traits communs avec les poissons qu'elle élève. D'ailleurs, elle les nourrit de manière très ... personnelle... Il faut lire pour comprendre. C'est glauque et malsain, intime et personnel, et présenté de manière fort directe. Un Pont sur Västerbron détaille de manière très factuelle un suicide collectif. Ce qui m'a gêné, c'est justement ce côté factuel, qui empêche de savoir réellement si on est dans un rapport de police, dans un article de journal, dans une évocation avec un narrateur omniscient, etc. La banalité des descriptions, sur l'âge, les activités des victimes... fait naître (c'est le truc de Fager) l'horreur en filigrane, en creux... Encore, Plus fort! montre les efforts de deux amants pour avoir une vision de l'au-delà en s'étranglant durant l'acte sexuel. Il y a une tension, pendant les deux tiers de la nouvelle, puis j'ai trouvé que la fin se bâclait un peu et n'était pas à la hauteur des attentes suscitées. L'Escalier de Service nous montre l'horreur d'une situation racontée à un psychiatre. Le rêve récurrent raconté par la patiente se révèle bien réel et montre que même les Profonds ou ce genre de créatures à tentacules éprouvent le besoin de laisser une descendance. C'est assez convenu mais correct. Le bourreau blond nous ramène une des Furies de la première nouvelle, chargée d'un contrat dans un home. C'est intéressant. Mais excessivement long, lent et parfois lassant. Ajoutons que des textes courts, appelés Fragments, s'intercalent entre les nouvelles et mettent en scène des personnages rencontrés par ailleurs, ou éclairent d'une nouvelle manière les situations présentées dans les nouvelles. Ainsi, la femme-poisson apparaît de manière fortuite. Ou des Furies... Le génie (osons le mot) d'Anders Fager vient des références croisées entre les textes. Y compris avec les textes de La Reine en Jaune. Le home de la dernière nouvelle de ce recueil est abondamment présent dans le second recueil, par exemple. Idem pour un sorcier. Et ainsi de suite. Cette aptitude à entremêler ses personnages, les lieux, les événements crée un univers très personnel, fort, glauque, désespéré, mais aussi cocasse par les situations et les problèmes très terre-à-terre que connaissent les monstres présentés. Je suis fan.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Charybde2 Posté le 26 Mars 2017
    L’horreur mythologique guette, dans les creux d’un quotidien scandinave complice ou inconscient. Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/03/26/note-de-lecture-les-furies-de-boras-anders-fager/
  • pupucing Posté le 21 Août 2016
    Un groupe de jeunes filles en (chaleur) en sortie boîte de nuit se déchaînent sur un seul mec; un suicide collectif chez des plus de soixante ans fait plus de cent cinquante victimes; une météorite s'écrase une étrange et affamée créature en émerge; un enfant de six ans s'ennuie à l'école il fait le mur et s'invente un jeu où il doit nourrir une créature coincée dans une faille; vous êtes férus d’aquariophile ? j'ai une bonne adresse à vous donnez, la proprio est plus proche du poisson que de l'humain .... Treize nouvelles, choisies avec soins dans trois recueils différents, c'est gore, c'est cru, c'est sensuel parfois carrément cul, teinté d'un immense humour noir, un mix entre mythologie, folklore nordique, litté fantastique et horrifique. C'est parfois du grand n'importe quoi, mais c'est très bon, jouissif, c'est incroyablement fou et violent, c'est que du bonheur !! Et quand je lis sur la quatrième "Auteur culte, comparé à Stephen King dans ses œuvres les plus sombres, à un John Ajvide Lindqvist sous stéroïdes ou au maître de l'horreur H.P.Lovecraft", moi, ça me fait un truc dans le bide et je sais que je vais aimer, trois auteurs que j'affectionne(même si JAL se fait... Un groupe de jeunes filles en (chaleur) en sortie boîte de nuit se déchaînent sur un seul mec; un suicide collectif chez des plus de soixante ans fait plus de cent cinquante victimes; une météorite s'écrase une étrange et affamée créature en émerge; un enfant de six ans s'ennuie à l'école il fait le mur et s'invente un jeu où il doit nourrir une créature coincée dans une faille; vous êtes férus d’aquariophile ? j'ai une bonne adresse à vous donnez, la proprio est plus proche du poisson que de l'humain .... Treize nouvelles, choisies avec soins dans trois recueils différents, c'est gore, c'est cru, c'est sensuel parfois carrément cul, teinté d'un immense humour noir, un mix entre mythologie, folklore nordique, litté fantastique et horrifique. C'est parfois du grand n'importe quoi, mais c'est très bon, jouissif, c'est incroyablement fou et violent, c'est que du bonheur !! Et quand je lis sur la quatrième "Auteur culte, comparé à Stephen King dans ses œuvres les plus sombres, à un John Ajvide Lindqvist sous stéroïdes ou au maître de l'horreur H.P.Lovecraft", moi, ça me fait un truc dans le bide et je sais que je vais aimer, trois auteurs que j'affectionne(même si JAL se fait trop rare en France), la question qui se pose est la suivante : dois-je me mettre au Suédois pour lire la totalité des nouvelles de ce fabuleux auteur ou puis-je espérer que Mirobole va publier le reste ? Ce qui, je ne vous le cache pas, m'arrangerait plus :)
    Lire la suite
    En lire moins
  • Guixxx Posté le 9 Août 2016
    Récemment un client m’a demandé « que lisez-vous de beau en ce moment ? ». Je savais en mon fort intérieur que mes lectures ne correspondraient pas à son interprétation de « beau », même si je vous assure qu’il y a une certaine beauté dans la monstruosité tentaculaire et visqueuse des récits des Furies de Boras, de Anders Fager. Alors quand je lui ai dit que ce n’était peut-être pas très beau mais que je prenais beaucoup de plaisir à lire un roman horrifique nordique, j’ai senti qu’il continuait de me faire la conversation pour la forme, en regrettant de m’avoir posé la question. Je lui ai expliqué que c’était un recueil de nouvelles d’horreur, mêlant histoire contemporaine et folklore suédois, que c’était très intéressant, gardant pour moi les rituels de chair et de sang, les cultes démoniaques, les prédatrices sexuelles mi-femmes mi-monstres et les enfants adeptes de tyrannosaures mythiques mangeurs de SDF. Ce sont des choses qui ne se disent pas à certaines personnes. Aurais-je piqué votre curiosité ? Et il ne s’agit que d’une poignée de nouvelles parmi ce recueil foisonnant d’idées. Les Furies de Boras, parlons-en, donc. Avis aux âmes sensibles, à ceux qui préfèrent de «... Récemment un client m’a demandé « que lisez-vous de beau en ce moment ? ». Je savais en mon fort intérieur que mes lectures ne correspondraient pas à son interprétation de « beau », même si je vous assure qu’il y a une certaine beauté dans la monstruosité tentaculaire et visqueuse des récits des Furies de Boras, de Anders Fager. Alors quand je lui ai dit que ce n’était peut-être pas très beau mais que je prenais beaucoup de plaisir à lire un roman horrifique nordique, j’ai senti qu’il continuait de me faire la conversation pour la forme, en regrettant de m’avoir posé la question. Je lui ai expliqué que c’était un recueil de nouvelles d’horreur, mêlant histoire contemporaine et folklore suédois, que c’était très intéressant, gardant pour moi les rituels de chair et de sang, les cultes démoniaques, les prédatrices sexuelles mi-femmes mi-monstres et les enfants adeptes de tyrannosaures mythiques mangeurs de SDF. Ce sont des choses qui ne se disent pas à certaines personnes. Aurais-je piqué votre curiosité ? Et il ne s’agit que d’une poignée de nouvelles parmi ce recueil foisonnant d’idées. Les Furies de Boras, parlons-en, donc. Avis aux âmes sensibles, à ceux qui préfèrent de « belles lectures », sachez que Les Furies de Boras peut déconcerter, dégoûter, voire marquer un peu profondément vos nuits. Car oui, il y est question de tout ce que j’ai cité au-dessus, et bien plus. Anders Fager utilise le fantastique d'une manière bien à lui. Chaque nouvelle commence simplement : un groupe de jeunes adolescentes surexcitées qui descendent d’un bus pour s’éclater dans une petite boîte de nuit de province, un petit garçon qui passe par le trou du grillage de la maternelle pour observer un lapin, une jeune femme casanière qui sort à la recherche de contacts humains, deux amants aux jeux sexuels débridés ou encore une jeune femme de la bonne société qui décide de suivre une psychanalyse pour évacuer les rêves terrifiants qui sapent son humeur et ses forces. Anders Fager inscrit ses nouvelles dans un contexte historique ou contemporain de la Suède, dans les méandres des grandes villes, dans les familles recomposées de la classe moyenne, dans les provinces reculées du pays, lors de la grande guerre du Nord et de ses avancées sanglantes, reflétant ainsi d’abord l’image de son pays, de son histoire et de son folklore. Puis vient le moment où l’étrange apparaît, où une ambiguïté imprègne le texte, où le lecteur sent une tension s’installer et sait que d’un moment à l’autre tout peut basculer, les masques tomber et les monstres se révéler. Orgies rituelles pour déités païennes, sociétés secrètes de sorciers sans âge, créatures millénaires avide de sang ou de vengeance, appelées par les hommes ou tombées du ciel, l’horreur s’installe dans l’univers de Fager et tranche brutalement l’herbe sous les pieds du lecteurs, qui ne s’attendait pas à de tels retournements de situation. En tout cas, je peux dire que la violence inattendue de certaines nouvelles m’a profondément marquée, il m’arrive encore parfois d’y penser plusieurs heures et jours après, au boulot ou à la maison. Je repense au choc des mots de l’auteur contre ma raison, à leur violence et à leur magie propre, celle de rendre réel, tangible, un panthéon démoniaque de déités cruelles sans visages. Je repense aux personnages, à la fois excités et désespérés, esclaves de leurs monstres, intérieurs et extérieurs. Et je me dis que Les Furies de Boras, c’est bigrement bien foutu comme recueil de nouvelles d’horreur, parce qu’y en a certaines qui continuent de me foutre les chocottes quand j’y repense, que j’ai eu plus d’une fois le poil des bras hérissés durant sa lecture, et surtout parce qu’il ne tombe jamais dans l’outrance, sait s’arrêter au moment approprié pour maîtriser l’émotion de son lecteur et varie les styles d’écriture avec un talent indéniable d’une nouvelle à l’autre. Un succès, vous dis-je. Alors, amateurs de fantastique et d’horreur laissez-vous tenter par ce recueil à la beauté glaciale. On compare souvent son auteur à Lovecraft ou Stephen King. Pourquoi pas, moi je trouve qu’il a son propre style, plus sexy que Lovecraft, plus rock’n’roll encore que King, et cette fois avec l’imaginaire et le folklore nordique, presque plus brutal et glaçant que ses confrères américains. Remercions donc les éditions Mirobole, jeune maison d’édition bordelaise, pour la traduction de ce recueil. J’ai déjà parlé d’eux en évoquant le roman de S.G. Browne, Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour, cette fois-ci un roman fantastique américain, parodie de roman de zombie dont l’humour m’avait étiré les muscles zygomatiques de la première à la dernière page. Mais Mirobole nous offre des romans fantastiques ainsi que des polars venus des quatre coins du globe, des russes, des polonais, des américains, des suédois, et même des moldaves ! Le tout avec des couv’ au graphisme léché qui donne envie de les collectionner dans sa bibliothèque. De la qualité, donc, de l’objet jusqu’au contenu de l’œuvre. Alors, suivez mon conseil : découvrez Mirobole.
    Lire la suite
    En lire moins
Avec la newsletter Pocket, trouvez le livre dont vous rêviez !
Chaque semaine, riez, pleurez et évadez-vous au rythme de vos envies et des pages que nous vous conseillons.