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Par Pocket, publié le 18/03/2021

Mamma Maria : escale solaire dans une Italie aux deux visages

Portée par le succès de son premier roman, Serena Giuliano retrouve le Sud de l’Italie pour un récit d’une grande générosité, nourri par les voix de deux femmes en questionnement. S’y déploie aussi une réflexion sur un pays en crise face à la question des migrants. Serena Giuliano signe avec Mamma Maria un récit aussi réjouissant que réfléchi, plein des merveilles transalpines dont se régalent ses personnages.

Alors que paraît le même jour son nouveau roman, Luna, la pétulante Serena Giuliano illumine les éditions Pocket de son deuxième livre remarqué, le réjouissant Mamma Maria. Installée dans un village gorgé de soleil, l’intrigue se déploie en une narration à deux voix : celle de Sofia, jeune traductrice qui a quitté Paris pour retrouver ses racines dans le Sud de l’Italie, et celle de Maria, charismatique gérante du bar local. Deux femmes qui dressent un portrait nuancé de l’Italie contemporaine, d’autant plus quand débarque subitement Souma, une migrante enceinte, sans ressource et mère d’un enfant en bas âge. Sa situation extrêmement précaire va exacerber les qualités et travers des uns et des autres – car rencontrer l’altérité, c’est se questionner sur la personne que l’on est, sur l’endroit d’où l’on vient. La générosité dont faisait jusque-là preuve Maria se voit mise à mal par la présence de cette personne dont elle ignore tout et face à laquelle elle se sent désarmée.

Trois femmes donc, qui se racontent dans leur exil, dans le chemin qu’elles parcourent. C’est une Italie en questionnement que Serena Giuliano dépeint en creux dans ce nouveau roman, un pays où l’extrême-droite est arrivée au pouvoir lors des dernières élections. Si Sofia a choisi de quitter la France pour retrouver son pays natal, en savourer toutes les nuances et explorer ses véritables aspirations, c’est une autre forme de déracinement, beaucoup plus âpre, que vit Souma. Serena Giuliano sait amener ces sujets polarisants avec subtilité, en donnant à ses personnages une belle amplitude, l’espace de se réinventer, et en affrontant sans peur la vérité de l’Italie contemporaine. Elle allie descriptions généreuses de la dolce vita fantasmée et réflexions plus graves sur son pays d’origine, dans un vrai plaisir pour la joute verbale entre ses personnages. Irrésistiblement optimiste, l’auteure transalpine – qui continue d’éclairer les réseaux sociaux de ses facéties – fait se rencontrer de savoureux tempéraments dans un roman polyphonique aussi drôle qu’émouvant.

 

Mamma Maria
Sous le coup d’une déception amoureuse, Sofia a quitté Paris pour son petit village natal de la côte amalfitaine. Là, la jeune traductrice respire enfin. Attablée à sa place habituelle, sur la terrasse du Mamma Maria, le bonheur est simple comme un espresso au soleil ou une chanson d’Adriano Celentano… Ce caffè, c’est le cœur du village, le rendez-vous des jeunes, des vieux, dans le généreux giron de la patronne, Maria, leur mère à tous. Or ce matin-là, pour la première fois depuis des lustres, il s’est glissé comme une fausse note dans la partition. Le vieux Franco ne s’est pas présenté pour son éternelle partie de scopa… La fin de la dolce vita ?
 
« Un roman savoureux comme un bon plat de pasta ! » Maxi

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