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Julliard
EAN : 9782260021360
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

La Petite femelle

Date de parution : 18/08/2015

Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands,...

Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands, a été tondue, avant d’assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n’est-elle, au contraire, qu’une jeune fille libre qui revendique avant l’heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ? Personne n’a jamais voulu écouter ce qu’elle avait à dire, elle que les soubresauts de l’Histoire ont pourtant broyée sans pitié.
Telle une enquête policière, La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d’un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, où l’on retrouve son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.

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EAN : 9782260021360
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • clarmac Posté le 7 Septembre 2020
    La vie de Pauline Dubuisson est décortiquée. On apprend à la connaître au fil des pages et on s'attache à elle. Alors évidemment, il y a un parti pris, une empathie de l'auteur pour cette jeune femme. Il a voulu démontrer que son procès avait été indigne et à charge. Après La Serpe c'est le deuxième ouvrage de Philippe Jaenada que je lis et j'aime cette manière qu'il a, de nous happer, de nous faire vivre la vie du protagoniste. L'écriture de Philippe JAENADA, on aime ou pas. C'est une écriture particulière, qui part très souvent en digression, qui nécessite une certaine concentration et une régularité dans la lecture. Lecture suivante....
  • PtitVincent Posté le 14 Août 2020
    Après avoir lu il y a déjà quelques années le roman de Jean-Luc Seigle sur le même thème (« Je vous écris dans le noir »), je me suis attaqué à ce livre de Philippe Jaenada nous décrivant en détail le parcours tragique de Pauline Dubuisson. Cette jeune femme fut accusée et condamnée au début des années 50 pour le meurtre de son ex-amant, évitant de peu la guillotine. La particularité de cette affaire étant la violence des accusations envers la jeune femme, à la fois de la part des juges, mais aussi des journaux et de la société civile. Pauline Dubuisson fut traînée dans la boue dès son arrestation. Et le procès fut loin d’être équitable. Il faut dire qu’on sut très tôt que la demoiselle avait couché, adolescente encore, avec un (ou plusieurs) officier allemand. Sans approfondir la question, tout le monde décida alors que Pauline Dubuisson était le Mal incarné. Voulant coller au plus près de la réalité (mais avec l’ambition de réhabiliter la jeune femme), l’auteur décrit en détail le parcours de l’accusée, depuis son enfance jusqu’au jour du meurtre. Puis il décrira le procès en détail, et ce qu’il adviendra de Pauline Dubuisson dans... Après avoir lu il y a déjà quelques années le roman de Jean-Luc Seigle sur le même thème (« Je vous écris dans le noir »), je me suis attaqué à ce livre de Philippe Jaenada nous décrivant en détail le parcours tragique de Pauline Dubuisson. Cette jeune femme fut accusée et condamnée au début des années 50 pour le meurtre de son ex-amant, évitant de peu la guillotine. La particularité de cette affaire étant la violence des accusations envers la jeune femme, à la fois de la part des juges, mais aussi des journaux et de la société civile. Pauline Dubuisson fut traînée dans la boue dès son arrestation. Et le procès fut loin d’être équitable. Il faut dire qu’on sut très tôt que la demoiselle avait couché, adolescente encore, avec un (ou plusieurs) officier allemand. Sans approfondir la question, tout le monde décida alors que Pauline Dubuisson était le Mal incarné. Voulant coller au plus près de la réalité (mais avec l’ambition de réhabiliter la jeune femme), l’auteur décrit en détail le parcours de l’accusée, depuis son enfance jusqu’au jour du meurtre. Puis il décrira le procès en détail, et ce qu’il adviendra de Pauline Dubuisson dans les années qui suivirent. Multipliant les témoignages et documents, avec souvent une certaine subjectivité que l’on peut comprendre de nos jours, tant la société patriarcale de l’époque nous paraît lointaine, Philippe Jaenada n’oublie pas les apartés qui sont la particularité de son écriture (scènes autobiographiques souvent cocasses, réflexions et remarques acerbes sur ce que l’on découvre de de l’affaire, l’auteur n’hésite pas à interpeller des intervenants de l’époque) et alterne entre le tragique de ce fait-divers et son humour parfois potache. L’ensemble m’a paru malgré tout un peu longuet et pourtant, j’aurais souhaité qu’il détaille plus ce qui est arrivé à Pauline Dubuisson après le procès et sa libération ! Avis donc mitigé pour cet ouvrage, tout comme son précédent, « Sulak », également centré sur un fait-divers. Ce qui ne m’empêchera pas de lire également « La serpe » sur les meurtres dont Georges Arnaud, l’écrivain du « Salaire de la peur », fut accusé. Contradictions, quand tu nous tiens !
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  • Takalirsa Posté le 1 Août 2020
    Le destin tragique d’une jeune femme au caractère trop fort et indépendant pour son époque. Je ne connaissais rien de l’affaire Dubuisson lorsque j’ai entamé la lecture de ce roman. Qui était Pauline, ce qu’elle avait fait, ce qui lui avait valu un procès retentissant dans les années 1950. Je me suis laissée porter par l’enthousiasme de l’auteur qui aborde son histoire « avec un mélange de bienveillance et de détachement (il me semble que c’est ce qu’on doit s’efforcer de faire avec tout le monde) », s’évertuant à réhabiliter cette femme « tondue, meurtrie, humiliée, honnie, exilée ». A travers l’enquête minutieuse qu’il a menée durant des années, on navigue entre le Dunkerque de la Seconde Guerre mondiale pour la partie historique et la condition féminine bien avant l’obtention de son émancipation. Adolescente pendant l’occupation nazie, Pauline a intimement fréquenté les Allemands, c’est sûr. On saura bien le lui reprocher et ce, toute sa vie. Ce que l’on oublie, c’est le rôle de son père. L’éducation qu’il lui a donnée (« Bravo papa, bon boulot, la petite écrase tout le monde et tout le monde la déteste »), le fait qu’il lui demande de traduire les échanges commerciaux avec ses « clients », qu’il invite des Allemands chez eux.... Le destin tragique d’une jeune femme au caractère trop fort et indépendant pour son époque. Je ne connaissais rien de l’affaire Dubuisson lorsque j’ai entamé la lecture de ce roman. Qui était Pauline, ce qu’elle avait fait, ce qui lui avait valu un procès retentissant dans les années 1950. Je me suis laissée porter par l’enthousiasme de l’auteur qui aborde son histoire « avec un mélange de bienveillance et de détachement (il me semble que c’est ce qu’on doit s’efforcer de faire avec tout le monde) », s’évertuant à réhabiliter cette femme « tondue, meurtrie, humiliée, honnie, exilée ». A travers l’enquête minutieuse qu’il a menée durant des années, on navigue entre le Dunkerque de la Seconde Guerre mondiale pour la partie historique et la condition féminine bien avant l’obtention de son émancipation. Adolescente pendant l’occupation nazie, Pauline a intimement fréquenté les Allemands, c’est sûr. On saura bien le lui reprocher et ce, toute sa vie. Ce que l’on oublie, c’est le rôle de son père. L’éducation qu’il lui a donnée (« Bravo papa, bon boulot, la petite écrase tout le monde et tout le monde la déteste »), le fait qu’il lui demande de traduire les échanges commerciaux avec ses « clients », qu’il invite des Allemands chez eux. Même pendant les attaques alliées en 44, alors que tout le monde fuit la ville, André Dubuisson reste à Dunkerque (« comme si une fille de dix-sept ans pouvait être tenue pour responsable des actes de sa famille »). La petite est précoce, intellectuellement et physiquement, « ne vit qu’avec de grandes personnes » et « son corps va lui servir d’outil de pouvoir ». On oublie aussi un peu vite le contexte de la guerre : à 13 ans, Pauline est « perturbée, choquée par la mort et la souffrance qui l’entourent ». Si elle travaille à l’hôpital allemand, c’est qu’elle a décidé « de passer sa vie à soigner les gens » (d’ailleurs elle entamera plus tard des études de médecine). Enfin, loin de se livrer au libertinage, elle a réellement aimé les hommes qu’elle a fréquentées. Bref « on a transformé et alourdi tout ce qu’elle a fait » alors que son père, « puissant et respecté avant-guerre, n’a jamais été bousculé ni même critiqué directement au sujet de ses relations ». Clairement on est dans un monde où pour l’instant la grande majorité des femmes n’a guère de liberté. Au moment de la Libération, Pauline est tondue et lynchée. Aucun viol collectif n’a été officiellement signalé mais des éléments tendent à penser que la jeune femme en a été victime. Victime, elle le restera toute sa courte vie : elle ne se défera jamais de son passé. Pourtant elle quitte la région, part à Lyon puis étudie à la faculté de médecine de Lille. C’est là qu’elle rencontre Félix Bailly, étudiant comme elle. Ils se retrouveront au cœur d’un fait divers sordide. Au cours du procès, on ressort à charge le brûlant dossier allemand. C’est là que l’énorme travail de recherche de l’auteur prend toute son ampleur. Philippe Jaenada a tout décortiqué. Les témoignages orientés, les remontrances déguisées et sans preuve, la déformation du rapport policier par les médias, la fragilité des témoignages indirects, les inventions et les contradictions, l’indécence souvent grossière des trois inquisiteurs de l’accusation, le roman de Serge Jacquemard et ses « améliorations romanesques » : tout ce que l’opinion publique a retenu, ce sont les versions fausses de la réalité, une véritable « réécriture de la vie de Pauline Dubuisson »… Le procès est une imposture, un immonde travail de sape : « Plus je m’enfonce dans l’histoire de Pauline, plus je suis consterné par tout ce qu’on a prétendu ou affirmé sur son compte ». On sent beaucoup de passion chez Jaeneda qui est littéralement parti sur les traces de Pauline, retournant dans les lieux qu’elle a fréquentés, lisant les mêmes livres qu’elle, rejouant la scène fatale avec son épouse, afin de se mettre dans l’état d’esprit de la jeune femme tandis qu’il avance consciencieusement l’écriture du texte. Celui-ci est truffé de commentaires et d’apartés, souvent drôles, parfois pénibles, ce qui rend le récit particulièrement vivant. Il fait littéralement renaître Pauline, la vraie Pauline, tout en nuances, pas ce monstre sans cœur que la presse à scandale nous a vendu. Si Pauline a servi de bouc émissaire, c’est qu’elle « ne ressemblait pas à toutes ces jeunes filles sages de bonne famille ». Dans sa dernière partie, le roman regorge de portraits (à la Bellemare!) d’autres femmes qui ont croisé son chemin, condamnées « parce que trop faibles ou trop fortes, intelligentes ou stupides, indomptables ou matées mais en tout cas écartées comme elle ». L’auteur les évoque avec la même affection. C’est ce qui a certainement le plus manqué à Pauline dans sa vie, une tendresse durable, au lieu de cet acharnement qui l’a poursuivie bien après les faits (« Je crois bien que ma famille est maudite et moi aussi. »). Chaque fois qu’elle a cherché à partir, à recommencer, à se faire oublier, on lui a rebalancé des faits anciens. Mais grâce à ce roman, elle est, d’une certaine manière, toujours vivante et surtout, réhabilitée.
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  • manonlitaussi Posté le 25 Juin 2020
    La petite femelle est un livre qui dort dans ma PAL depuis deux ans je dirais. Et c'est le podcast bookmakers dans lequel Philippe Jaenada prend la parole qui a relancé ma curiosité. Apparemment on lui reproche ses petites dérives dans son histoire dans lesquelles il parle de lui. Et déjà en écoutant le podcast je mesurais l'ampleur de son travail de recherche.  Ce travail titanesque se révèle aussi à la lecture. Mais voilà la rencontre n'a pas été des plus fluides pour moi. Ca a été une lecture en dents de scie. J'ai apprécié le travail de "réhabilitation" de Pauline accusée d'avoir tué avec préméditation un de ses amants, ancien fiancé. Pauline dont le caractère fougueux et ses moeurs décrites comme "légères" ne lui laissaient pas une grande chance pour sa défense. Pauline a eu des amourettes avec l'ennemi au cours de la deuxième guerre mondiale et, plus tard, Pauline, ca ne la dérangera pas de coucher à droite à gauche et de profiter de faveurs en échange. Après la guerre, elle se lance dans des études de médecine. Pauline est intelligente, ambitieuse et c'est pour cela qu'elle ne veut pas épouser Félix car elle ne veut pas abandonner ses... La petite femelle est un livre qui dort dans ma PAL depuis deux ans je dirais. Et c'est le podcast bookmakers dans lequel Philippe Jaenada prend la parole qui a relancé ma curiosité. Apparemment on lui reproche ses petites dérives dans son histoire dans lesquelles il parle de lui. Et déjà en écoutant le podcast je mesurais l'ampleur de son travail de recherche.  Ce travail titanesque se révèle aussi à la lecture. Mais voilà la rencontre n'a pas été des plus fluides pour moi. Ca a été une lecture en dents de scie. J'ai apprécié le travail de "réhabilitation" de Pauline accusée d'avoir tué avec préméditation un de ses amants, ancien fiancé. Pauline dont le caractère fougueux et ses moeurs décrites comme "légères" ne lui laissaient pas une grande chance pour sa défense. Pauline a eu des amourettes avec l'ennemi au cours de la deuxième guerre mondiale et, plus tard, Pauline, ca ne la dérangera pas de coucher à droite à gauche et de profiter de faveurs en échange. Après la guerre, elle se lance dans des études de médecine. Pauline est intelligente, ambitieuse et c'est pour cela qu'elle ne veut pas épouser Félix car elle ne veut pas abandonner ses études. L'histoire de Pauline est très intéressante, femme très complexe mais considérée comme volage pour l'époque. Les intrusions de la vie de l'auteur ainsi que ses réflexions, parfois familières, ont eu raison de ma concentration. Il y avait trop de détails, qui révèlent aussi un très gros travail. J'ai largement préféré la deuxième partie du livre consacré au procès, aux échos médiatiques, aux comportements des avocats et procureur face à Pauline. L'auteur décrit également quelques procès de l'époque. C'est la partie que j'ai préférée parce qu'elle m'a semblée plus fluide mais aussi parce que  c'est là que se révèle la bienveillance de l'auteur pour cette femme (qui reste certes une meurtrière mais qui a été jugée surtout pour ses moeurs un peu légères pour l'époque, voilà moi aussi je finis par mettre des parenthèses à force d'en voir trop dans ma lecture) qui reste courageuse face à ses messieurs de la cour qui font preuve de mépris envers cette femme en se permettant par exemple d'être vulgaires. Je suis contente d'avoir lu ce livre et même si j'ai un avis mitigé, j'ai très envie de lire la serpe.
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  • latina Posté le 6 Juin 2020
    « Les moindres actes d’une vie, anodins ou pas sur le moment, sont épinglés sur nous comme des poids de plomb le jour où on déraille et où tous les regards se tournent vers nous ». Pour Pauline Dubuisson, née en 1927 à Malo-les-Bains, près de Dunkerque, cette affirmation se vérifie tout à fait. C’est vrai qu’elle a eu une enfance très spéciale, entre une mère molle et un père très autoritaire imbu de Nietzche et de sa fille ; c’est vrai qu’elle a connu au sens biblique quelques Allemands durant la guerre et pour cela a été tondue à la libération ; c’est vrai qu’elle se voulait libre, sans les attaches du mariage, avec au cœur un rêve : devenir pédiatre. Malheureusement pour elle, les hommes pétris de principes, de supériorité et d’autoritarisme se sont acharnés sur elle alors après qu’elle ait tué son ex-fiancé, un jeune homme bien sous tous les rapports (ce n’est pas moi qui le dis). Les hommes et quelques femmes, dont une chroniqueuse judiciaire. « Toute vie, pour être approchée, exige le recueillement. Ce procès ne fut que tumulte et ricanements » (Jacques Vergès, qui deviendra avocat 2 ans plus tard) La presse, l’appareil judiciaire, le... « Les moindres actes d’une vie, anodins ou pas sur le moment, sont épinglés sur nous comme des poids de plomb le jour où on déraille et où tous les regards se tournent vers nous ». Pour Pauline Dubuisson, née en 1927 à Malo-les-Bains, près de Dunkerque, cette affirmation se vérifie tout à fait. C’est vrai qu’elle a eu une enfance très spéciale, entre une mère molle et un père très autoritaire imbu de Nietzche et de sa fille ; c’est vrai qu’elle a connu au sens biblique quelques Allemands durant la guerre et pour cela a été tondue à la libération ; c’est vrai qu’elle se voulait libre, sans les attaches du mariage, avec au cœur un rêve : devenir pédiatre. Malheureusement pour elle, les hommes pétris de principes, de supériorité et d’autoritarisme se sont acharnés sur elle alors après qu’elle ait tué son ex-fiancé, un jeune homme bien sous tous les rapports (ce n’est pas moi qui le dis). Les hommes et quelques femmes, dont une chroniqueuse judiciaire. « Toute vie, pour être approchée, exige le recueillement. Ce procès ne fut que tumulte et ricanements » (Jacques Vergès, qui deviendra avocat 2 ans plus tard) La presse, l’appareil judiciaire, le peuple, tous les bien-pensants de la Nation y vont de leur petite opinion vengeresse. Veulent-ils s’absoudre de leurs désastres intimes en faisant ployer une pauvre fille mal aimée, mal élevée, mal dans sa peau ? « De la rue (la vraie vie, les témoins) à la rue (l’opinion publique façonnée par la presse) en passant par le filtre de l’enquête et de la procédure, une fille comme une autre se transforme en créature de l’Enfer ». Philippe Jaenada signe ici un livre personnel, stupéfiant de vérité, criant de psychologie, flamboyant. Il retrace les étapes de la vie de Pauline Dubuisson de manière très détaillée, après avoir fait sa propre enquête, après avoir parcouru les mêmes rues, après avoir lu les documents de l’époque, du commissariat au procès, en passant par l’hôpital et la chambre. On ne peut que vivre la vie de Pauline avec lui, on ne peut qu’adhérer à ses propres opinions. D’autant qu’il narre cette vie ratée en y intercalant des anecdotes de sa propre vie qui permettent de se détendre (et je peux vous assurer que c’est hilarant !) ; en y ajoutant des tonnes de parenthèses montrant ses propres réactions face aux nombreuses aberrations, abominations des témoins de la vie de Pauline ; et enfin en posant comme jalons ici et là les autres procès de l’époque. Je vous recommande à tout prix la lecture de ce livre-choc, qui relate à la perfection la vie d’une « créature de l’Enfer », se voulant libre avant l’heure, en cette époque (1940-1960) où les femmes n’ont qu’un seul seigneur et maître : l’homme.
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